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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 16:16

Carte de Noël

 

Ici, pas de rennes, pas de paysage enneigé ; bien qu’avec un peu d’imagination, la couleur de la neige soit représentée par le plumage des mouettes, et les quelques boules de mie de pain que je jette par-dessus bord… J’en ai compté 54 à tournoyer et à se poser autour du bateau lançant des cris stridents pour s’assurer cette prise, pourtant facile, en tentant d’éloigner les autres.

Un cormoran guette au loin, depuis la plage de « l’île aux oiseaux », il ne tente même pas sa chance. Trop indépendant peut-être, à moins qu’il n’apprécie pas que le bénéfice de la situation revienne à celui qui fait le plus de bruit… Plus certainement préfère-t-il un poisson frétillant qu’il ira se choisir lui-même un peu plus au large, comme il en a le secret… A chacun son sens…

Ici les guirlandes scintillantes flottent en larges filets dorés sur la surface de l’eau. C’est parce que le soleil est très présent en cet après-midi de mi-décembre. Le spectacle est éblouissant, aveuglant même. Mille reflets et bien davantage, diffusant toutes les teintes chaudes du jaune à l’orangé s’offrent à nous des heures durant… C’est d’une simplicité sublime, et il n’y a pas de foule pour s’en émerveiller, comme si la représentation se donnait en catimini.

Une douce chaleur m’imprègne le visage, jusqu’à filtrer doucement au plus profond.

C’est un instant privilégié d’en prendre conscience, les yeux fermés. Pas un bruit ; ou presque.

A bien y prêter attention je discerne quelques cliquetis de cordages sur les mats des bateaux voisins, un clapotis léger contre la coque qui oscille de quelques millimètres ; plus loin encore le léger ronronnement d’une barque de pêcheur qui passe, puis le bruit du moteur s’estompe pour laisser libre tout l’espace. Un moment qui pourrait durer une éternité…

C’est cette ambiance, essentiellement marine c’est vrai, empreinte au sens général d’une nature à première vue encore sereine, qui m’a soufflé l’impulsion de vous souhaiter de cette manière-là, de passer de belles fêtes de fin d’année…

Soyez donc remplis, si vous le pouvez, de cette même et paisible chaleur en vous-même ; puis comblés par la réalisation de tous vos vœux pour l’année qui arrive…

Le charme aurait pu brusquement s’interrompre par l’insoutenable déchirement sonore, le « boucan d’enfer » aurait dit un certain chanteur, qui accompagne le décollage d’un avion depuis la piste espagnole à quelques centaines de mètres de nous. Il semble frôler les mats, avant de se cabrer et de s’imposer aux lois de la gravité atomisant au dessus de nos têtes quelques milliers de litres de carburant. Quelques minutes de souffrance auditive, et avec elle l’illustration d’une réalité hurlante qui met en relief tous les contrastes en présence…

Je me force à avoir l’esprit sélectif, et ce que je grave vous l’aurez deviné, c’est bien sûr le silence qui a précédé, et les sensations qu’il a générées ; certainement aussi, mais d’une manière plus spontanée, la résolution du cormoran…  ;-)

JOYEUX NOËL !

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 16:45

Un peu plus d’un mois déjà que nous sommes à bord.

Jusque-là, bien que nos journées soient assez semblables, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Le « rythme » de vie est essentiellement dicté par le temps qu’il fait. Nous scrutons les prévisions météo chaque jour, et organisons nos travaux, nos courses, nos sorties en conséquence.

Pour être efficaces, nous avons réparti les choses à faire sur deux listes : « travaux intérieurs » et « travaux extérieurs ». Inutile de préciser que nous sommes régulièrement concentrés sur la liste réservée aux jours de mauvais temps car il pleut vraiment souvent sur Hendaye en cette saison. Nous avons aussi des listes d’articles à acheter suivant les magasins. Chaque descente à terre est ainsi pleinement rentabilisée (sauf lorsque nous égarons les fameuses listes).

En dehors des jours de pluie continue, nous scrutons le ciel à la recherche de la moindre trouée nuageuse qui pourrait permettre au soleil plus ou moins voilé de nous atteindre. Il n’est pas question de bronzer mais plutôt d’exposer au mieux nos trois panneaux solaires, espérant voir ainsi la magie de quelques ampères couler vers les batteries ;  c’est de la gestion de notre énergie électrique dont il est question. Le frigo, l’éclairage, les pompes à eau dégustent chaque jour leur cota, et nos 4 grosses batteries couplées essayent d’y faire face le plus longtemps possible, aidées au mieux par nos comportements économes en la matière.

Côté théorique, nous renouons de fait avec les problèmes arithmétiques d’antan ; on se souvient des robinets qui remplissaient les baignoires en même temps qu’elles se vidaient… En combien de temps seront-elles vides ? Casse-tête certes, mais qui avait au moins le mérite d’avoir une solution.

C’est à peu près pareil pour les batteries, sauf qu’en cours de calcul il semble que plus de la moitié des ampères se volatilisent on ne sait où, dans les batteries qui seraient proches de leur fin de vie. Les conclusions sont hasardeuses, puis convergent au fil des jours vers la décision que nous aurions eu envie de reporter très loin dans le temps. Il va falloir changer ces satanées batteries… Investissement imminent donc.

Côté pratique, suivant que l’éclaircie vient de tribord ou de bâbord, nous devons déplacer la bôme en conséquence, pour éviter quelle ne fasse de l’ombre aux  précieuses cellules photovoltaïques. Ca occupe et çà réchauffe ! D’autant que dans la baie il y a de nombreux courants qui font tourner le bateau sur lui-même plusieurs fois par demi-jour…

 

En dehors de ces préoccupations hautement stratégiques, les aménagements que nous avions prévus avancent bien, même si pratiquement chaque jour, nous devons faire face en parallèle à la sacro sainte règle de la vie en bateau : un jour = une panne. Une foule de petites interventions imprévues ici ou là, du genre : une entrée d’eau de pluie, une pompe qui ne marche plus, une porte de frigo qui se détraque, la condensation qui ruisselle dans les éclairages, etc…

Sachant que toute action prend énormément plus de temps qu’à terre :

-          par le manque de place pour agir, qui par voie de conséquence nécessite le rangement assez rapide de tout objet utilisé, 

-          par l’eau tout autour de nous ; nous sommes au mouillage au milieu de la baie, et coupés de la facilité d’aller spontanément chercher la petite pièce qui manque à la boutique du coin, le tube de colle spéciale, ou le seul outil qui n’est bizarrement pas à bord. Bien sûr il y a l’annexe, mais il faut la mettre à l’eau, la démarrer, et aimer avoir les fesses au frais…

-          par le fait que pour utiliser un outillage électrique (ou bien la machine à coudre), il y a une bonne demi-heure de préparation, qui consiste à sortir le groupe électrogène, les rallonges, les accessoires etc, mettre en marche, brancher, faire le petit boulot et repasser une demi-heure à tout remettre en place.

C’est ainsi que nous sommes régulièrement surpris par la tombée de la nuit, étonnés de constater qu’un jour de plus vient de s’échapper, ce qui me ramène tout logiquement à mon titre : « un mois déjà » !

Nous nous faisons souvent la réflexion que la vie sur le bateau ressemble à celle que vivaient nos ancêtres au fond des campagnes reculées, avec peu de confort, peu de facilités, et en compensation beaucoup d’ingéniosité. Curieusement nous ressentons une sensation de sérénité, en nous sentant moins dépendant du « système », en redevenant plus autonome donc.

Nous sommes en phase tous deux par rapport à ce sens de vie, certainement en référence à des souvenirs d’enfance bien ancrés, partagés avec nos grands parents respectifs. Heureusement dirais-je, car j’imagine assez mal ce que je pourrais lire dans le regard d’une compagne « pure citadine », au sortir du cabinet de toilette où il ne fait que 6 ou 8 degrés (on ne peut pas assurer le chauffage dans tout le bateau) et dans lequel l’eau semble sortir d’une machine à glaçons.

Alors c’est vrai que de temps en temps, nous nous offrons le luxe d’une vaisselle à l’eau chaude, et parfois même une escale dans la marina, où il nous semble que ce soit la fête : Electricité 220V, 19 degrés partout, douches chaudes, wifi à bord ; comme à la maison quoi !

Bon ; avec quelques dizaines de mètres carrés en moins quand-même !

Mais avec vue sur mer, ou sur l’aquarium géant selon que l’on mette le nez sur un hublot extérieur, ou ceux qui sont sous les coques…

-          Bon d’accord ! relativise Syl :

C’est vrai mais il y a aussi un groupe électrogène avec lequel on peut chauffer le cumulus et se prendre une bonne douche chaude, c’est aussi ce qui me fait apprécier ce bateau, et puis on n’est pas sensé vivre tous les hivers à Hendaye !!!

  Quelques images capturées ici et là :

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 13:40

Voilà une jolie formule qui s’assortit bien avec une autre, que l’on voit fleurir sur presque toutes les lèvres qui cherchent à parler zen : le « lâcher prise »…

C’est à la mode, et en théorie c’est très simple.

En l’occurrence, pour nous il s’agit ici de lâcher ce à quoi l’on tient (ou l’on se tient), de vider l’espace que l’on a rempli depuis plus d’un demi-siècle, de se détacher des contingences matérielles superflues, de sélectionner le strict essentiel.

C’est en fait plus compliqué et plus profond qu’il n’y paraît…

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Au seuil du projet de « grand voyage » tel que nous le concevons (c'est-à-dire sans aucune limite de temps définie à l’avance), et avant de pouvoir « lâcher la fameuse prise », nous avons d’abord entrepris de la « débrancher ».

Lorsque nous avons pris la décision de partir nous avons commencé par vérifier que nous réunissions certaines conditions indispensables, (santé, moyens de subsistance, autonomie…) puis nous nous sommes rapidement confrontés à la nécessité de désamorcer nos propres jugements, et aussi de regarder nos doutes et nos peurs bien en face. Le travail c’est fait petit à petit. Puis nous avons trouvé le bateau…

Maintenant, concrétiser le départ sous-entend de se libérer réellement de tous les liens à terre, et ils sont si familiers qu’on ne les voit même plus.

Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des « liens »… Ils attachent dans le meilleur des cas et parfois ils ligotent, ou ils entravent.

En matière de liens principaux, le maître est certainement « l’administratif » qui comprend la notion de domicile (et son fameux justificatif), la situation fiscale, la sécurité sociale, les assurances, le courrier…

Suivent de près les questions liées aux moyens matériels et financiers  et l’éventualité de conserver ou de rechercher une activité rémunératrice ; et comment la gérer ? Dans quel cadre ? Comment procéder avec les diverses cotisations de retraite et autres…

D’une importance non négligeable dans la tresse qui nous retient : les liens de cœur, liens de famille, sphères amicales, et autres douceurs que bien-sûr, nous n’aimerions pas rudoyer…

Nos questions ne trouvent pas toujours de réponses formelles. Le statut de « grand voyageur » n’est pas encore totalement entré dans les « mœurs » ; il surprend, il étonne, il inquiète, il fascine, il dérange, et c’est pourtant  tout naturellement qu’il existe…

Lorsqu’il s’agit de partir pour 3 mois ou pour un an, chacun envisage bien comment faire ; ce sont de très grandes vacances. C’est au-delà que les choses se compliquent.

Il faut nécessairement être créatif et trouver ses propres aménagements. Le vertige n’est pas loin, car nous manquons de références, d’informations claires, de témoignages. Il y a bien quelques récits sur les blogs, mais les globes-flotters restent assez discrets sur certains choix. C’est bien légitime, et nous devrons d’ailleurs faire de même. Certaines choses se disent, certains tuyaux s’échangent certainement, mais ne s’écrivent pas…

Petit coup d’œil autour de nous : quand on évoquait l’idée de partir en bateau, personne n’émettait quoi que ce soit de vraiment remarquable… En fait, nous avons constaté que jusque-là personne ne réalisait vraiment. Il a suffit que le bateau soit acquis, que l’appartement soit en vente pour que les questions deviennent plus précises, plus pertinentes aussi, et plus pressantes…

Les passions s’animent dans certains regards, les peurs et angoisses en voilent d’autres…

La préparation du départ est à elle seule une expérience de vie singulière !

Tout s’est subitement mis en mouvement depuis cet été. Nous prenons nous-mêmes la mesure de ce que nous venons d’initier.

Choisir de voyager au gré du vent, des découvertes et des rencontres, caresser les rivages enchanteurs, choisir de vivre sur un bateau, semble être un projet tout doux, mais c’est finalement très radical dès la première étape : il va falloir couper le cordon terrestre ! Le seul que nous connaissons, notre unique repère… Nous avons à peine quelques mois pour le faire.

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Quitter le confort d’une résidence spacieuse et bien aménagée, s’affranchir de la sécurité des structures sociales, s’éloigner du cocon médical, s’exposer sur des investissements non conventionnels, réduire les possibilités de communication, appréhender un nouvel élément naturel pas toujours clément, et aussi accepter d’être nomade…

Bref ! Oublier la sacro-sainte sécurité de tout, et en tout, qui à bien y réfléchir, nous enrubanne jusqu’à nous momifier sans même que nous en soyons conscients.

Ce n’est pas une petite fantaisie, ce départ ; c’est une totale remise en question !

Et « cerise sur le bateau », il faut commencer par éliminer l’extraordinaire redondance de nos possessions matérielles, (pourtant il semble que nous fassions partie des gens qui ayons assez peu de biens mobiliers) pour ne partir qu’avec l’essentiel.

C’est notre actuel challenge. Faire le vide ! Voilà qui est concret.

 

Au début çà va vite à orchestrer ! Exit le grand écran télé, la sono, la bibliothèque, le canapé, les poufs, la table basse, l’armoire, le surplus de vaisselle, les deux ordinateurs fixes, la chambre… Tout çà, nous savons qu’en faire, les enfants en auront besoin. Plutôt facile !

Le mobilier de style, les œuvres  d’art classées, çà va encore plus vite ; il n’y en a pas.

Quoi d’autre ?

Vient alors « l’objet» qui a son Histoire avec un grand « H » (tiens je me souviens lorsque nous l’avons acheté… je l’ai depuis … J’ai fait ci… et çà avec…) par exemple : une simple paire de baskets rouges archi usées d’avoir foulé (il y a une quinzaine d’années) le sol de l’oncle Sam : un demi-drame…

Nous avons en définitive chacun nos objets avec des grands « H », selon nos sensibilités. Il faut aller doucement. Peser les « pour et les contre », les « avec et les sans ». Décider.

Puis vient l’heure des objets de déco (ah ! mais çà c’était un cadeau… Et là aussi).

Les rideaux confectionnés à la main… Ahhh !

Et le bureau (qu’on s’était dessiné et fabriqué)... Pffff...

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Le meuble gris, recherché durant des mois, enfin acheté en version « bois brut », puis peint et patiné, et touche par touche personnalisé jusqu’à ce qu’il porte une signature unique d’un chez nous qui est bon à ressentir à chaque fois que nous rentrons. (Aïe… aïe… aïe… çà coince un peu).

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Le dressing, les « fringues », les chaussures, et là-bas les superbes plantes vertes, (là c’est trop dur ; petites larmes chaudes… Mais dans quoi on s’embarque ? J’espère qu’on ne fait pas une connerie…)

Les cartons de souvenirs, les photos, les papiers, que dis-je ? Les-dizaines-de-kilos-de-papiers, les écritures amoncelées dans le passé restées comme des témoins des moments les plus durs, les plus doux, les plus significatifs… (Encore heureux ! Pour les moments normaux il n’y a pas d’écrit...)

Les archives « perso » pour lesquelles on avait dit : « çà je garde »…

Les outils, les peintures, les tissus, les morceaux de bois, les fournitures diverses que l’on entasse car « on ne sait jamais, çà peut servir »…

Bref, tout le monde a compris - et nous aussi : on ne peut rien emmener de tout cela !

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Alors on se motive : à quoi bon faire des conserves de son passé ?

Pourtant c’est le passé qui fait ce que nous sommes.  Oui, mais pas les possessions… Ah !

Et  je me souviens de ma formation de coaching : « La carte n’est pas le terrain ». Alors plusieurs fois nous nous répétons « La carte n’est pas le terrain » et nous poursuivons…

 

Confusion, questions, tris, organisation… Allers-retours à la benne de recyclage (pour les papiers).

Transporter, donner aux enfants qui construisent leur propre nid, comme nous l’avions fait dans d’autres temps ; leur confier parfois « LE » symbolique objet dont on ne pourra vraiment pas se séparer (mais pas trop, pour ne pas les encombrer)

Mettre des annonces, vendre quelques bricoles, déplacer, réunir, emballer, donner, faire en sorte que quelqu’un puisse en profiter, et jeter le moins possible…

Réduire encore, car tout ce qui pourra aller dans le bateau devra tenir dans le coffre de la voiture… (D’ailleurs la voiture, il faudra penser à la mettre en vente…)

 

Mais de quoi semble-t-on se plaindre ? Nous l’avons choisi ! C’est vrai, et personne ne se plaint, au contraire… 

Cette étape a été une expérience très positive, nous permettant de relativiser notre démarche, par rapport à ce que seraient les mêmes actions dans un contexte d’obligation (pour des raisons graves de santé ou familiales, par exemple…).

Mais reconnaissons que c’est parfois difficile de ressentir ces montées d’émotions authentiques, devant tous ces objets que nous avons accumulés, et auxquels nous sommes attachés uniquement parce qu’ils portent et évoquent le souvenir de notre vécu. Dans ce travail, (parce que c’est un travail sur soi, oui !) nous apprenons à nous centrer sur l’Etre et non sur l’Avoir, nous apprenons à revenir pleinement au présent, laissant le passé uniquement dans nos mémoires.

C’est çà  faire le vide! Et pour faire le vide il nous a fallu réellement lâcher prise.

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Progressivement, nous avons eu le plaisir de sentir monter en nous un sentiment de légèreté, et avec lui la sensation d’être prêts à partir. « Faire le vide » a eu pour effet de créer un espace neuf, vide, et maintenant prêt à accueillir cet inconnu qui s’ouvre à nous…

 

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Avant de partir, nous avons eu l’agréable surprise de ressentir une adhésion, un soutien généreux et énormément de sympathie de la part de quelques-uns de nos voisins d’immeuble… Nous avons reçu profondément chacune de leurs attentions qui font chaud au cœur.

 

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Un grand merci à vous. 

 

 

 

 

Et moi Michel, ma conscience est totale ; c’est moi qui ai initié ce départ. Je le rêvais depuis l’adolescence. C’est une longue, très longue gestation, qui a connu d’ailleurs quelques hibernations…

La vie m’a fait rencontrer Syl. Elle m’a souvent entendu parler de ce rêve de voyage au cours de ces dernières années ; elle sait ce que signifie cette petite flamme au fond... Elle le sait tellement ! Elle en avait une semblable, qui l’a amenée sur les scènes de la région dix ans durant, sa guitare à la main, ses chansons dans le cœur, puis gravées en albums « Même Si », et « Battements de Syl »…

Pour Syl, il n’y a pas de doute, ce genre de petite flamme s’écoute ; alors « on va le faire ! » a-t-elle dit…

Même si elle n’attend rien en retour, le moment est venu de lui rendre hommage ; à son écoute, à son respect, à son énergie, à sa présence, à son accompagnement, à son envie de participer à la réalisation « d’un rêve de gosse », à son investissement, à la générosité de cette âme qui vibre à l’authentique, à ses choix et à tout le remue-ménage qui en ont suivi…

« Merci » est un mot bien trop petit, et ma reconnaissance est bien trop grande pour tenir sur un blog…

J’ai donc là un problème d’expression ! Et je compte bien trouver en route de quoi y remédier…

 

A l’heure de ces lignes nous prenons place sur le bateau, au mouillage ; tout est là autour de nous, tout ce dont nous avons besoin ; très peu de choses finalement, mais tout est là !

Durant l’hiver nous ferons quelques aménagements complémentaires jugés essentiels sur le bateau. J’aurai l’occasion d’y revenir.

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Dans le même temps, nous peaufinerons en parallèle, le nécessaire détachement en douceur de quelques points de dentelle sur les fibres sensibles de la tresse affective…

Et dans quelques mois, aux beaux jours après plusieurs sorties de prise en mains, d’essais, de réglages, lorsque nous serons prêts, nous lâcherons le bord de la piscine.

Nous laisserons Hendaye dans notre sillage, pour aller faire ce que nous appelons, non pas un tour du monde, mais plutôt « un tour dans le monde ».

Nous le partagerons ici tel que nous le vivrons…

Et si le cœur vous dit de nous suivre (où de nous rejoindre) nous vous disons : «  Bienvenue dans l’aventure de Ciao, et/ou Agur » puisque par chance, ces deux noms ont la même signification…

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Dimanche 27 Octobre 2013                                 Lundi 28 Octobre 2013

24 ° Soleil - vent faible Sud                                  19° Pluie – Vent F6 Ouest

Journée plage                                                       Journée blog !!!

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 22:30

Cet article se veut d’abord être une mémoire fidèle d’un vécu quelque peu surprenant… C’est un écrit qui en grave les détails que nous trouvions invraisemblables à mesure qu’ils se sont révélés… C’est comme une lettre à nous-mêmes pour nous rappeler (s’il en était besoin), qu’à l’aube du projet que nous entreprenons, la Vie semble étonnamment répondre (mais pourquoi donc s’en étonner ?) aux demandes que nous lui faisons…

Le 26 Juin 2013, dans un feu d’artifice de signes (tellement visibles que le plus irréductible des incrédules commencerait à se remettre sérieusement en question), l’étrange - l’Etre-Ange ? - que j’appelle « Sérendipity (* ) » nous a fait son grand show !

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J’avais mis le catamaran Louisiane « Ciao » en vente depuis un mois environ ; c’était davantage pour sentir ce que donnait le marché de l’occasion du bateau en cette période économiquement perturbée, que pour le vendre rapidement… Et parallèlement nous cherchions (assez activement, mais sans précipitation) à cerner sur quel type de bateau nous pourrions un jour prendre le départ… Cette recherche évoquée dans le précédent article, fastidieuse, coûteuse en énergie et en déplacements restait jusque là infructueuse…

ciao avant la vente

Dès la parution des annonces de mise en vente du Ciao, quelques appels, une première visite, et quelques autres qui se sont enclenchées très vite me faisaient comprendre que Ciao serait vraisemblablement (et assez facilement) vendu ; probablement même avant l’été…

 

C’est un bon bateau, avec un bon prix, ceci explique cela…

En conséquence, si Ciao s’engageait rapidement à la vente, les mois de Juillet et Août, laisseraient alors une large période estivale durant laquelle, cette année nous ne ferions vraisemblablement pas de bateau… Quelque part tant mieux, je me sentais lassé de la région Sud-ouest et de son climat extrêmement pluvieux de ce printemps 2013.

Sur ce constat, une idée a émergé de je ne sais où…

Si nous avons de la disponibilité mais pas de bateau, dis-je à Sylvie, pourquoi ne ferions-nous pas une marche sur le chemin de Compostelle ? Pas de connotation religieuse, mais une  pause au milieu de la nature, une démarche intérieure certainement, un challenge physique inévitablement… Il me semblait qu’il y avait un sens, à cette idée, une sorte de préparation utile à notre projet de grand voyage. Nous disposerions au moins de 3 ou 4 semaines contigües, et nous pourrions partir par exemple de Oviedo en province des Asturies ; 300 kilomètres à parcourir à travers plaines et montagnes espagnoles, avec sac à dos, tente, et dans une autonomie que l’on souhaiterait la plus complète.

-          Ca te dit Syl ?

-          Ah ouiiii ! C’est bien çà ! Fut sa réponse.

Même si quelques jours plus tard, en prenant la mesure de ce que pourrait être l’effort physique à fournir, elle s’est mise à douter de ses capacités… Quelques sorties d’entraînement sur des distances d’une quinzaine de kilomètres ont dissipés tous les doutes, et au contraire ont allumé chez Syl, un plaisir jusqu’alors insoupçonné pour la marche en milieu naturel.

De mon côté, je cherchais, pour éclairer ma réflexion, le livre de Paulo Coelho « Le pèlerin de Compostelle ». Paulo Coelho est d’ailleurs aussi l’auteur de « l’Alchimiste », ouvrage particulièrement intéressant de l’illustration d’un parcours initiatique…

J’ai appris que Sylvie possédait justement une édition du « Pèlerin de Compostelle » depuis longtemps ; je n’avais pas eu l’occasion de lui en parler avant ...

Aussitôt retrouvé, aussitôt entamé de le lire ; et Sylvie renouant avec l’esprit de cet écrit a entrepris de le relire en même temps que moi. Il y avait donc 2 marques-pages dans le livre, j’avais d’ailleurs assez souvent une cinquantaine de pages de retard par rapport à elle…

Nous échangions assez souvent à propos d’un passage du livre que nous venions d’aborder. Cet ouvrage contient beaucoup d’évocations de ce que sont nos hésitations dans la vie, de nos peurs plus ou moins fondées, de nos évolutions possibles, des contradictions humaines, nos chances à saisir etc…

26 Juin 2013

Nous sommes à Hendaye sur le bateau ; à Hendaye je me lève souvent tôt ; ce jour-là vers 7 heures le besoin de sommeil est évanoui depuis longtemps déjà… Il faut dire que ce soir nous attendons la visite de Olivier ; c’est  l’acquéreur potentiel du bateau, rencontré ce dimanche ; il doit venir signer le compromis de vente vers 20 heures.

Nous lui avons fait essayer le bateau, nous lui avons expliqué une foule de détails ; c’est quelqu’un de très précis, j’aimerais qu’il se sente en confiance, mais nous nous connaissons à peine…

Ma nuit de sommeil a été ponctuée de rêves parasités de toutes les préoccupations matérielles liées à la vente du bateau. J’imaginais par exemple, qu’idéalement (pour qu’il soit en confiance) Olivier puisse rencontrer Grégory l’acheteur de notre précédent voilier avec lequel nous avions vécu une transaction particulièrement sereine et agréable il y a 2 ans… Nous n’avons pas revu Grégory depuis l’an dernier lors de notre arrivée sur Hendaye…

Je viens donc de revisiter cette nuit, la précédente vente de bateau au travers de la cession de Ciao… Bref, je confirme que je sors d’une courte nuit plutôt agitée…

Juste après mon petit déjeuner solitaire, alors que Sylvie prolonge son repos, je reprends tranquillement la lecture du « pèlerin de Compostelle ». J’aime particulièrement ces moments du petit matin, très calmes, dans la lumière chaude du soleil levant. Le plan d’eau de la baie est comme un lac, rien ne vient distraire ma paisible lecture…

Le texte est riche de symboles et d’enseignements. « Comment meurent nos rêves » est un  passage parlant sur la manière qu’aurait l’humain de se couper lui-même de beaucoup de ses possibles. Bien sûr il ne se rend compte de rien…

Page après page, mon signet se rapproche de celui de Sylvie.

Je m’imprègne de cette écriture qui me parle, j’alterne la lecture et quelques moments de réflexion, jusqu’à ce que le soleil commence à chauffer le carré du bateau, et soudain, au moment précis où je tourne la page qui découvre le signet de Sylvie, elle apparait dans le coin de porte, les yeux en tirelire, la chevelure ébouriffée... Souvent, j’appelle cet état un peu hagard, que nous avons tous plus ou moins au sortir des couchettes : « brut de couette »…

Son visage est éclairé par un sourire rempli de douceur…

J’ai bien aimé cet instant qui semblait avoir été réglé au millimètre comme une petite cascade de comédien.

Il y a des jours comme çà, qui commencent bien, contrairement à d’autres que nous connaissons tous, de renverser son bol dès les premières minutes de la journée, où de se cogner la tête sur le coin du placard en ramassant ses chaussettes… « Oh ! P……. »

C’est donc dans la sérénité de ce matin prometteur, que nous échangeons quelques minutes sur « comment meurent nos rêves »… Et surtout sur « comment leur permettre de vivre »…

La journée est ensuite majoritairement consacrée au rangement du bateau et au regroupement de nos affaires personnelles que nous devrons débarquer prochainement… Nous avons compris que la vente pourrait bien se concrétiser rapidement maintenant.

Dans l’après-midi nous avons aussi prévu de descendre à terre afin de nous connecter à internet dans un cyber-café où nous avons nos habitudes, et par la même occasion nous prévoyons de passer un moment avec ma fille Olivia, de passage quelques heures dans le secteur…

Jusque-là tout se déroule assez normalement.

Alors que nous traversons la baie à bord de notre petite annexe pour rejoindre le ponton, mon regard se pose sur un catamaran accosté, et sur l’avant duquel rebondissent des gerbes d’eau. J’aperçois quelqu’un qui l‘asperge copieusement au nettoyeur haute pression.

En approchant, je reconnais le catamaran qui est ordinairement amarré à une bouée dans la baie, à l’opposé de là où se trouve Ciao. Jamais nous n’avions vu personne à bord ; et d’ailleurs il y a plus de six mois, nous en avions fait plusieurs fois le tour en annexe, par curiosité. J’avais un peu de difficulté à reconnaître le modèle, plutôt rare sur nos côtes. C’est une fabrication Sud-Africaine. Peu importe, je l’estimais trop grand, trop récent (donc trop cher) pour faire partie des modèles à sélectionner… A l’époque, nous aurions cependant aimé apercevoir ses occupants pour avoir quelques informations sur leur organisation à bord, et peut-être solliciter une visite…

Il semble donc qu’il puisse devenir possible aujourd’hui, de le voir de plus près…

Un rapide coup d’œil sur l’horaire ; nous disposons d’environ une heure… -

-          On prend le temps de voir le cata en passant ?

-          Ben oui Pourquoi pas…

Nous nous en approchons à quelques mètres ; une musique espagnole, un rien agressive, se mêle au bruit du karcher ; plusieurs personnes s’activent au nettoyage, à l’intérieur comme à l’extérieur. En restant bien à distance pour éviter de recevoir de l’eau, nous lançons un « bonjour ! » auquel il nous est répondu un « hola ! » souriant et interrogateur.

Sylvie connecte immédiatement avec son répertoire hispanique de plus de 50 mots (là, je suis mauvaise langue ! Elle se fait très bien comprendre) et prend alors les choses en mains…

Nous sommes aussitôt invités à monter à bord… Notre interlocuteur indique très rapidement à Sylvie qu’il nettoie son bateau pour le mettre prochainement en vente.

« Boum !» Nous recevons cette information comme le parachutage d’un gros sac de points d’interrogations et de questions qu’il nous est impossible d’intégrer dans l’immédiat. C’est quoi ce bateau ? C’est quel modèle ? Combien de long ? Combien de cabines ? Est-ce qu’il pourrait convenir ? A quel prix ? Son état ? Des travaux ?

Nous faisons rapidement le tour des aménagements, et finalement la première impression est très bonne.

Léopard 38 vue arrière

Il a une bonne tête de gagnant ce catamaran !

38 pieds (11, 30 mètres), 3 cabines, 1 douche, 2 cabinets de toilette, un grand cockpit, joli carré, cuisine de belle taille, des moteurs neufs ;

En sa défaveur : des traces d’humidité intérieure, des voiles fatiguées, un entretien complet à remettre à jour ; ce bateau n’a pratiquement pas été utilisé ni habité depuis 2 ans…

-          El precio por favor ?

 

Pour vérifier qu’il n’y ait pas d’erreur de traduction sur l’élément assez central qu’est le prix de vente, nous demandons au vendeur d’écrire le chiffre…

regardsNos regards se croisent et se comprennent ; Syl et moi avons au même moment identifié une réelle opportunité ; on ne sait pas encore comment nous pourrions gérer la suite, mais ce bateau est à notre mesure, au bon endroit, au bon prix, en relative bonne condition…

Juste un tout petit peu trop tôt ! Peut-être ! Quoique !!

Nos neurones s’excitent, et fabriquent certainement les fameuses substances chimiques qui donnent la sensation d’être sur un nuage, la perception que tout est possible, que tout est accessible, que tout se goupille bien…

Euh… Quand-même… C’est juste la signature du compromis de Ciao ce soir… et le reste du financement ? Et l’appartement qui n’est même pas encore en  vente…

Au milieu de ce champ de questionnements, nous prenons conscience que nous avons consommé l’heure de disponibilité… Nous griffonnons nos coordonnées sur un bout de papier, et promettons de reprendre contact dans les jours prochains…

Nous quittons le ponton, jetant plusieurs fois un regard par-dessus l’épaule en nous éloignant, et en forçant notre attention sur nos occupations initialement prévues cet après-midi. Difficile quand-même de se vider la tête…

Connexion Wifi, et petite glace partagée avec Olivia, dans une atmosphère un peu survoltée. (Désolé ma fille… Tu dois trouver que ton père est décidément trop souvent distrait par ses occupations…)

A 20 heures précises Olivier apparait sur le parking, souriant, visiblement heureux ; il affiche son plaisir sans retenue… Nous nous saluons et lui laissons le choix :

- Est-ce que nous regagnons Ciao pour rédiger les compromis, ou est-ce que nous prenons un pot quelque part ?

- Ah mais j’espère bien que l’on va partager le repas ! dit-il, et que je puisse graver cet instant par quelques photos… C’est un moment que j’ai envie de garder joliment en mémoire…

Qu’à cela ne tienne, nous l’invitons !

Olivier serait tenté par le restaurant qui est à 20 mètres de nous et qu’il connait bien pour y être déjà venu en famille ; mais nous avons plutôt envie de lui faire découvrir une autre table sympathique à 500 mètres de là, avec (sauvegardons l’essentiel !) vue sur la baie…

Nous nous apprêtons à prendre place en voiture lorsque quelqu’un arrive derrière moi et me tape sur l’épaule :

-          Michel ! Michel ! Comment çà va ?

Je tourne la tête et découvre la mine réjouie de Grégory (l’acquéreur de mon précédent bateau il y a deux ans)…

-          Greg ! Incroyable, je pensais à toi ce matin ! çà alors !

-          Je suis sur Hendaye avec des copains ce soir, et je viens de t’apercevoir ! Cà va bien ?

-          Super Greg ! Heureux de te revoir ! Comment çà va le bateau ? Tes projets ?

-          Excellent ! On a beaucoup navigué depuis l’an dernier, il est super ce bateau et ma compagne se met vraiment à aimer la navigation, les mouillages, les vacances à bord… Je suis vraiment ravi…

Je suis en train de réaliser mon souhait bien improbable de présenter Olivier à Grégory et réciproquement.

Evidemment Olivier questionne aussitôt:

-          Alors, ils sont comment mes vendeurs de bateau ?

Sans surprise, Grégory nous couvre d’éloges, et échange quelques anecdotes avec Olivier qui se conforte vraisemblablement dans ses (plutôt bonnes) impressions… 

Je reste quelques secondes un peu spectateur de cette rencontre tant elle revêt un côté particulièrement fortuit ; j’en prends toute la conscience, et je me surprends à sourire « au moment » tout simplement…

Dix minutes plus tard, nous quittons Grégory et emmenons Olivier à la terrasse du restaurant « L’Odyssée »… Le soleil couchant inonde la baie sur laquelle nous localisons Ciao à quelques centaines de mètres…

Nous partageons rapidement avec Olivier le déroulement de cette journée assez riche lorsque quelqu’un vient prendre notre commande... Ne sachant pas porter un choix précis sur le vin qui accompagnera notre repas, je laisse le soin à la serveuse de le faire au mieux, en fonction de nos menus…

Mon regard stupéfait croise celui de Syl lorsque la dame dépose sur la nappe une bouteille de vin du domaine viticole de Saint Mont. L’étiquette représente une coquille Saint Jacques sous l’appellation « le cru du pèlerin de Compostelle»…

Clin d’œil ? De qui ? De quoi ? Pourquoi ?

----------

 

« Non ! »  je ne verse pas subitement dans le mysticisme à deux balles !

Et pourtant « Oui ! » je suis particulièrement surpris du contenu de cette journée du 26 Juin 2013.

Je ne comprends pas tout… Je note un faisceau d’éléments concentrés sur ce jour et qui constituent vraisemblablement un aiguillage de notre vie… Des signes, des coïncidences, une force, une fluidité…

Surfons la vague…  

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Quelques jours plus tard nous avons sollicité une sortie d’essai en mer avec le nouveau catamaran, nous l’avons inspecté sur tous ses aspects, et nous avons fait une proposition au vendeur.

Sylvie a mené la négociation en espagnol ; elle fut parfaite à en juger le résultat ! Un compromis s’est engagé le 9 Juillet, avec quelques conditions suspensives, car nous n’avions pas encore réuni la totalité du financement, et à vrai dire, nous ne savions pas exactement comment le réunir rapidement…

Nous allions donc devoir initier la vente de l’appartement et nous mettre en recherche d’un prêt relais…

Un prospectus publicitaire d’une agence immobilière avait été glissé dans la boite aux lettres parmi le courrier, quelques semaines auparavant ;  nous l’avions mis de côté au cas où... L’enchainement qui a suivi nous a laissés un certain vertige : appel téléphonique à l’agence – visite du commercial – mandat de vente - parution d’une annonce - présentation du premier client – et …

Compromis de vente de l’appartement !!!

Tout cela a pris moins de 15 jours …

 

Ca y est la machine s’est mise en marche ! Elle est puissante, rapide, d’une efficacité redoutable… Nous nous sommes laisser porter ; osant à peine en parler autour de nous, sauf à quelques proches…

Une amie fidèle de Syl (elle se reconnaîtra) vibrant comme nous au récit de notre vécu, s’est proposée spontanément pour un prêt amical en substitution de la banque (qui d’ailleurs a mis le dossier à l’étude, puis l’a refusé… J’en tire un enseignement : les écureuils épargnent, mais ne prêtent guère les noisettes de leur caisse…)

Merci à toi très chère amie de Syl, nous aimerions si tu l’acceptes, que tu sois la marraine du bateau, et quoiqu’il en soit tu as gagné tes vacances océanes à vie…

 

La vente de Ciao s’est conclue le 14 Août.

L’achat du nouveau catamaran s’est conclu le 19 Août.

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Il y a encore « un détail » qu’il me faut noter ici pour être complet et fidèle dans mon récit :

Nous ne connaissions absolument pas la signification du mot « AGUR » (prononcer AGOUR), et si vous lisez ces lignes (à moins d’être né dans le pays basque) vous ne la connaissez certainement pas non-plus…

J’ai recherché sur internet, une vague traduction de ces quatre lettres, en Espagnol, en Portugais, sans résultat… avant de trouver la réponse dans la langue locale ; très locale ! « Agur » est en effet un mot Basque.

« Agur » c’est le nom du bateau que nous avons acheté, il a été baptisé ainsi par ses tous premiers propriétaires en 1999…

Notre surprise a été totale en constatant que « AGUR » signifie exactement : « CIAO ! ». Cà ne s’invente pas !

Nous avons demandé confirmation à des résidents locaux, et effectivement, dans la région on dit « Agur ! » pour saluer sur un ton convivial que ce soit pour dire bonjour ou au-revoir ; c’est le « Ciao » régional !

Ce bateau nous était-il destiné ? Nous l’avons cherché loin, très loin, et il était discrètement à quelques centaines de mètres du nôtre à Hendaye, sous un pseudo farceur…

Cette situation géographique nous apporte un énorme avantage pour l’aménager avant le départ, pour conserver un contact facile et régulier avec la famille, et elle se convertit directement en une réduction des coûts de déplacement non négligeable…

Nous sommes heureux de ces circonstances…

Même si la cascade de dominos s’est déclenchée subitement, comme si le coup d’envoi était parti tout seul…

Même s’il nous faut à présent faire vite, très vite pour régler les affaires courantes, vider l’appartement jusqu’à ses menues petites choses qui ne peuvent pas trouver leur place à bord…

GOPR0531

Notons au passage que ce n’est somme toute, pas si simple de passer du mode « terrestre », organisé, sécurisé, où nous sommes depuis toujours, entourés d’une quantité surabondante de ressources matérielles, (objets utiles tels que les ustensiles de cuisine, l’outillage, parfois redondants, d’objets de décoration, d’autres matérialisant de multiples souvenirs sur quelques décennies), au mode « globe-flotter » avec le strict minimum pour aller, qui plus est, affronter un milieu et nombre de circonstances inconnus… 

 --------

En finalité nous ne sommes  pas allés à Santiago de Compostelle, ce n’était pas possible d’en trouver le temps ; bien que nous ayons entrepris de nous équiper et continué de nous entraîner, nous avons dû y renoncer…

Nous en avons conclu que ce projet de marche initiatique a vraisemblablement trouvé sa version symbolique au travers des évènements vécus cet été, les étapes, des questionnements, les réponses que nous avons cru bon y apporter, et tels que j’ai tenté de les relater au plus juste, ci-dessus…

Nous avons commencé à marcher et nous nous apprêtons à priori à marcher longtemps sur ce nouveau chemin de vie, dont nous ne savons pas grand chose…

 

Où nous conduira-t-il ?

Que nous apprendra-t-il ?

Qu’en retirerons-nous ?

Quelles seront nos épreuves ?

Quelles seront nos joies ?

 

(*) « Sérendipity » ; je ne vise pas la signification précise de ce mot ; j’appelle Sérendipity, l’art de rencontrer exactement au moment opportun une circonstance remarquable, qui répond pleinement à ce que, globalement nous cherchons, alors qu’à ce moment précis nous ne cherchions pas…

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 12:03

C’est décidé depuis plus de deux ou trois mois ; mais il fallait le temps de s’habituer à l’idée, ou plus exactement il fallait le temps d’être certain de ne pas avoir à regretter cette décision…

Quelques méditations plus loin, et quelques discussions pour être sûr -d’être sûr -, le catamaran Louisiane 37 « Ciao » a été mis en vente.

 

Bon, ça voulait dire en même temps que si jamais un amateur se présentait au mois de Juin, les projets sur l’eau de cet été, étaient à l’eau…  Ben… Faut savoir ce qu’on veut !

De toute façon, vu la météo de ce printemps, les projets étaient plutôt « sous l’eau »…

 

Dans le même temps, (vu qu’on ne pouvait pas mettre le nez dehors) les recherches sur internet avançaient pour cerner quel serait le nouveau prétendant… Pas trop grand, sinon le budget ne suivrait pas, et pas trop petit non plus, sinon ce n’était  pas la peine de changer…

A ce jeu de la recherche du bateau idéal « en bon état et bien équipé » au prix idéal qui se situe autour de : « pas trop cher », beaucoup avant nous ont grillé du carburant sur les routes de France ou d’ailleurs, augmentant d’ailleurs sensiblement le prix de revient de la nouvelle acquisition…

Nous avons commencé comme ça… Un aller-retour à Sète (Hérault) en Avril ; verdict : Fiasco !

Les photos étaient belles, le budget aussi, mais le bateau, non ! Inutilisé depuis plusieurs années, voire même délaissé, tout à refaire, odeur insoutenable… On oublie… Ca calme un peu… Mais…

Une autre grande tournée en méditerranée nous a vite démangé ; c’est ainsi que nous sommes repartis pour un autre tour de reconnaissance entre Sète et Tarragone en Espagne, début Juin ; 2500 kilomètres parcourus. Le bilan est meilleur, nous avons mieux organisé nos visites, nous avons pris des contacts intéressants, visité des modèles qui seraient « dans les clous ».

On apprend vite finalement… Mais on se rend compte que choisir un bateau se résume à une vaste histoire de compromis. Idéalement il faudrait pouvoir faire un mix de 3 ou 4 types de bateaux différents pour en avoir un qui corresponde parfaitement à ce que l’on veut. Bien heureux (à priori) ceux qui peuvent faire construire sur mesure leur propre bateau… (Il doit bien y avoir d’autres déconvenues…)

Ce deuxième grand tour sur les côtes de la grande bleue (qui recèle incontestablement davantage de catamarans d’occasion que le littoral atlantique) n’a cependant rien amené de déterminant… Nous  avons amassé des photos, des débuts de calculs, des hypothèses, des scénarios, mais rien de vraiment « open ».

Alors  « clics souris »… Ca coûte moins cher que l’autoroute, et c’est reparti tous azimuts, les petites annonces, les forums, les échanges par mail avec d’autres qui ont voyagé avant nous, les contacts avec les professionnels…

Il faut refaire le tri, écarter les modèles réputés « à problèmes », les trop lourds, les fragiles, les modèles trop récents et trop chers, les trop vieux et potentiellement pourris…

Tiens ! Un enseignement étrange semble se dessiner : plus le bateau est loin de là où nous sommes, et plus il semble accessible (en prix, je veux dire), et plus il a de chance d’être disponible.  ( ??!!??). Certains conseils nous dirigent vers le marché de l’occasion antillais par exemple, qui offrirait davantage de diversité ; d’autres nous invitent à regarder chez les professionnels de la plaisance en Polynésie, en Australie…

Il y aurait plusieurs raisons à celà  :

-         La majorité des prétendants au départ de grands voyages sont ici en Europe ; ils voyagent un an ou davantage, ne reviennent pas forcément là où ils sont partis. Beaucoup de bateaux se retrouvent en vente au bout de leur périple,  en Polynésie, en Nouvelle Calédonie, en Australie car la suite de la route, incluant la traversée de l’Océan Indien, qui consiste à esquiver les pirates au Nord, et les dépressions au Sud, n’est pas à priori la partie du voyage la plus recherchée…

-         Beaucoup de bateaux issus des bases de location exotiques sont mis sur le marché de l’occasion, là où ils ont exploités quelques années.

-         Les différents régimes de défiscalisation notamment dans les Antilles ont incité beaucoup d’investisseurs à acheter des voiliers là-bas ; quelques années plus tard ils revendent ces bateaux qui doivent rester hors des zones maritimes européennes sauf à payer de lourdes taxes.

Comme toujours, c’est la loi de l’offre et de la demande qui s’applique :

Sur les côtes françaises, beaucoup de demandes et peu de bateaux, les prix sont hauts.

Sous les cocotiers, saturation du marché ; pour vendre il faut baisser … Et çà rime !

 

Qu’à cela ne tienne, comme me le conseillait un professionnel :

- Votre bateau ! Allez le chercher dans l’hémisphère sud !

- Ben voyons… C’est à quel arrêt de tram ?

 

Ca donne le tournis tout çà… On y perdrait facilement son latin… Voire même à la longue, l’envie de partir… Tout semble lourd et fastidieux…

 

Avis aux familles : si vous apprenez que vos proches, (candidats au grand voyage en voilier) sont partis à 10 000 km de là où ils habitent pour aller voir un bateau d’occasion, ne déclenchez pas le Samu, ce n’est pas qu’ils développent une nouvelle pathologie ; c’est tout à fait normal ; en 2013, on va faire ses courses de l’autre côté de la planète!

Soyez pas rétros !

---------------

Malgré tout çà…   (chuuuut ! c’est entre-nous)

Nous avons trouvé !

C’est encore un peu trop tôt pour le partager ici ; les tractations sont en cours, et « il ne faut pas vendre le chapeau de l’ours avant de l’avoir troué » (enfin quelque chose comme çà …)

Ciao a trouvé son acquéreur… et nous, nous avons  -enfin-  trouvé le successeur de Ciao…

A très bientôt donc, pour un autre article sur le blog de Ciao.

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 11:11

 

Il peut paraître incohérent d’acheter un catamaran en Méditerranée, ensuite faire 2000 Milles autour de l’Espagne, pour le ramener dans le pays basque, et projeter de le revendre un an plus tard …

En effet la démarche ne paraît pas réfléchie, ou pas très logique, et pourtant …

 

En 2011 nous avions deux grandes questions ; chacun la sienne…

-          Comment connaître les sensations de navigation en catamaran lorsqu’on a toujours navigué en monocoque et lequel des deux privilégier ? Cette question-là était la mienne.

 

-          Est-ce que le style de vie à bord d’un bateau sur un moyen ou long terme est envisageable, est-ce qu’elle me plairait, comment appréhender le milieu marin ?  Ceci était le questionnement de Syl.

Nous avions donc nécessairement besoin d’une expérience significative sur un catamaran représentatif, c'est-à-dire de taille suffisante, un bateau aux qualités marines reconnues, et que l’investissement financier soit minimal.

Le Louisiane 37 de Fountaine Pajot, 11 mètres par 6, plutôt léger (4 Tonnes lège) et profilé pour évoluer rapidement et en sécurité, m’est apparu comme un excellent, et même le meilleur rapport qualité prix en la matière. Son esthétique certes assez loin des choux à la crème que l’on voit flotter aujourd’hui dans certaines marinas, n’avait rien de rédhibitoire, au contraire ; un cata oui, mais qui reste avant tout un voilier, avant d’être un appartement.

Nous avons donc croisé le sillage de ce Louisiane 37 qui revenait d’un tour de méditerranée de 6 mois avec un jeune couple et un enfant, et ce fut le coup de foudre. Adéquation totale avec le cahier des charges. Et nous avons organisé son convoyage entre le 15 Mai et le 15 Août 2012 pour le ramener de Port St Louis du Rhône (13) à Hendaye (64) son nouveau port d’attache.

Par rapport au monocoque  nous avons immédiatement apprécié l’espace à bord, un pont dégagé qui reste horizontal et sur lequel on peut se déplacer à l’aise, les volumes de rangements 3 fois supérieurs à un mono de même longueur,  la facilité des manœuvres sous voiles, et sa vitesse d’évolution.

L’intérêt que représente un catamaran au mouillage, a été une explosion d’évidence.

Il y a bien eu quelques bémols au global, comme l’absence du plaisir d’un bon bord à la gite, ou comme le désagrément des mouvements plus saccadés dans une mer formée au près, mais finalement est-ce que cela remettrait en question notre choix du catamaran ? Clairement : non !

Ce sont les bases sur lesquelles, le choix « catamaran » s’est confirmé pour chacun de nous. Je l’ai progressivement adopté en ce qui me concerne, pendant que Syl validait qu’elle ne pouvait pas concevoir la vie à bord autrement. En résumé pour elle : la descente et la vie « au sous-sol » d’un mono, pas question ! En catamaran tout (ou presque) est « open ».

 

Alors si Ciao donne toute satisfaction pourquoi penser à changer de bateau ?

La réponse tient en peu de choses pour nous, les hésitations et les réflexions ont été longues.

Nous avons envisagé plusieurs scénarios : partir 6 mois en méditerranée, ou même faire une boucle atlantique sur an, et dans cette perspective, nous garderions Ciao. En effet l’optimisation des rangements permet de l’envisager, son autonomie aussi, et il est possible de concevoir le séjour d’un couple (famille ou amis), en préservant l’intimité de chacun. (Deux coques, deux espaces de vie distincts).

Mais pour toutes les autres hypothèses au-delà de ce programme, musarder dans les îles, s’attarder un peu ici ou là au gré des découvertes et des rencontres, nous laisser pousser par les alizés, concevoir que la durée du voyage n’est pas nécessairement fixée à l’avance, nous sentons bien que nous aurions envie d’avoir à notre disposition davantage de choses personnelles à bord, des possibilités de loisirs créatifs, un aménagement encore plus généreux… 

Dans ce cas il faudrait effectivement passer dans un volume un peu supérieur…

 

Cette expérience à bord du Louisiane 37 a été une étape de progression nécessaire.

Nous le remettons à présent sur le marché de l’occasion, à la disposition d’un autre projet, et nous repartons en quête d’une nouvelle embarcation sur laquelle nous sentirons que nous avons tous les choix de destination et de durée, sans pour autant préjuger de ce que nous en ferons…

 

L’ironie du sort nous conduira peut-être encore en méditerranée pour trouver le digne successeur de Ciao, ce qui sous entendrait un autre convoyage autour de l’Espagne…

Chiche ?  Ca semble être un bon révélateur finalement…

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 17:24

Il y a une majorité de bleus dans le blog de Ciao, mais le précédent article « co-gitons » écrit dans le marasme d’un retour, est en effet certainement un peu gris … Du même coup, il a été de nature à déranger ou à inquiéter certaines personnes qui l’ont reçu uniquement dans sa note sombre…

Pourtant,

 « Un peu gris » c’est encore de la couleur… Ce n’est pas éteint, bien au contraire.

Lorsqu’un un nuage passe, le soleil est encore derrière, il est même surtout derrière !

 

Et observons au passage que …

C’est souvent dans l’absence que l’on mesure l’importance…

 

Tout va bien maintenant ; disons que Ciao s’accommode de son sort.

Le mois de Décembre est arrivé, la période des fêtes approche et tente de capturer l’attention de l’équipage, sans y parvenir complètement (surtout le capitaine) ; il fallait s’y attendre …

Il y a toujours un bataillon de neurones en veille sur le programme de Ciao 2013 qui n’est pas encore fixé ; les débats sont ouverts sur plusieurs possibilités :

 

-          Aller vers le Nord (La Vendée, la Bretagne) -

Hum… ça ne m’enchante guère ; la région est intéressante, mais la fréquentation estivale du littoral est vraiment un obstacle ; je sais que les mouillages sont bondés, et les marinas qui répugnent à recevoir les catamarans trop encombrants adaptent leurs tarifs en conséquence… Alors…

De toute façon, sincèrement, aller vers le Nord en bateau représente pour moi quelque chose d’assez « contre nature »…

 

-          Revisiter la côte Nord Espagnole entre Hendaye et La Corogne ; elle présente aussi beaucoup de lieux sympathiques que nous n’avons pas encore vus ; c’est donc une « possible éventualité », mais la météo estivale de la région (plutôt humide et fraîche) a un peu de mal à me faire scintiller les pupilles…

 

-          Filer plus loin, plein Ouest et rejoindre le Portugal jusque Porto par exemple, est déjà plus tentant ; découvrir un peu plus le pays et la sensibilité des habitants, car lors de notre passage 2012 nous n’en n’avions pas eu le temps, mais nous en avions très envie…                                                                       

Ca résonnerait bien ça ! Sachant dans ce cas que nous renouerons avec quelques grandes navigations…

Ca résonne bien aussi finalement.  

Quand j’ai évoqué l’idée, Syl a répondu :

 «Ouh là ! Si on repasse la Corogne et qu’on redescend le Portugal, moi, je ne remonte plus… » 

Ah ! Vu comme ça, ça me va, mais n’est-ce pas un peu prématuré au regard de quelques dossiers « terrestres » encore ouverts ?

 

-          Allez disons : un programme qui se situerait peut-être un peu entre les deux dernières options, selon le vent…

Ce qui constitue, j’en conviens, un projet diplomate… Mais il a l’avantage d’être souple et évolutif…

 

 

En attendant je continue ma formation théorique sur tous sujets touchants de près ou de loin à la navigation entre les deux tropiques, et pour cette zone je dois avouer que je sens ma motivation très nettement supérieure…

Symptôme connu, tout à fait normal et signe d’un bon équilibre psychologique chez un navigateur (même de plaisance).

 

En tout état de cause, 2013 sera une année de transition pour Ciao, une année pour explorer sous un angle différent les modalités du mode de vie sur l’eau, c'est-à-dire sans la contrainte temps et en tirer toutes conclusions pour la suite…

 

Indépendamment du présent article, deux nouvelles pages ont été crées dans le blog de Ciao à l’attention d’autres équipages qui seraient intéressés par des informations complémentaires :

 

-          « 2000 milles en catamaran Louisiane  la vie à bord et son comportement en mer » 

 ou qui chercheraient à se situer par rapport au :

-          « Mal de mer... (mal qui ne concerne que « les autres » bien sûr, mais pour lequel beaucoup de monde cherche à se renseigner...)

-           

 

Passez de chaleureux moments en famille en cette fin d’année.

Ciao vous dit à bientôt…

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 18:51

A défaut de giter, je cogite…

 

C’est vrai que çà fait un certain temps qu’il n’y a pas eu d’article dans le blog de Ciao…

Pourtant des choses à écrire, j’en ai plein ; trop, peut-être…

 

Elles sont parfois contradictoires, décalées par rapport au vécu… Alors ça se bouscule à la sortie…Ca boucle et ça reboucle…

 

Tiens, là, aujourd’hui, j’aimerais écrire que la traversée vers Madère s’est bien passée, suivie de celle vers les Canaries qui s’est déroulée sans encombre, qu’il fait beau et chaud, que l’humeur est légère, et que nous avons rejoint Papyrus, Marjalou, Renaissance (bateaux et équipages avec lesquels nous correspondons).

Que nous nous préparons à traverser vers les Antilles cet hiver, lorsque les alizés seront là, et lorsque les cyclones ne seront plus là…

Que nous mettons au point notre itinéraire sous les tropiques…

Qu’il y a l’appréhension et l’excitation en même temps…

Qu’il reste quelques petites bricoles à régler sur le bateau avant de poursuivre…

 

L’imaginaire va vite et loin…

Mais visiblement, il y a un temps pour tout, et mon horloge mentale a parfois un décalage horaire important avec la réalité…

 

Certaines horloges retardent… Je pense à certaines personnes qui sont orientées vers le passé, les souvenirs, la belle époque…

La mienne par contre, avance et pas qu’un peu…

Ce n’est pas nouveau ; même en me replaçant régulièrement en conscience dans le temps présent, elle s’échappe systématiquement. C’est sa petite fantaisie, sa liberté, alors parfois je la laisse faire.

 

Nous avons encore du chemin à courir avant de nous placer avec Ciao au départ de la route des Alizés, (j’ajoute pour ceux qui froncent les sourcils : si toutefois c’était au programme un  jour), des décisions à prendre, de l’expérience à acquérir, des choses à régler à terre…

 

Aujourd’hui les faits sont ce qu’ils sont :

les étraves de Ciao louchent sur la bouée rouge-vif qui porte son nom, solidement amarrée dans la grande baie de Txingudi à Hendaye ; Il tourne un peu en rond, selon le vent et les courants ; il ressemble à un bon cheval de randonnée qui broute au pré, en attendant qu’on le selle à nouveau...

 

Septembre, Octobre, l’hiver approche, les possibilités de naviguer agréablement à la voile au fond du golfe de Gascogne s’éloignent. Ciao va hiverner, bon joueur, et nous laisser lui préparer un programme pour l’été prochain.

 

De mon côté, pour tenter de remettre ma pendule à l’heure, j’en suis à examiner l’empreinte de notre croisière toute récente et bien concrète celle-là.…

 

Des jours, des nuits, des navigations, des escales, du bleu, du rouge, des joies, du plaisir, du bonheur, des rencontres, de la solitude, des petites galères, du bien-être, des grosses fatigues, des « on ne sait jamais…», des envies de toujours…

 

 Si un bon vin révèle ses arômes quelque temps après l’avoir dégusté, offrant d’autres saveurs plus subtiles à qui sait les apprécier, on peut supposer qu’il en est de même après une expérience, un vécu, un voyage…

 

Alors je me demande si Monsieur Voyage ferait apparaître après-coup la « colombe magique », la révélation, le sens de tout çà ?

Humm… J’aimerais bien voir pointer quelques traces de son duvet blanc…

 

Enfin comprendre pourquoi je fais partie des quelques « pour cents » de gens qui rêvent de « globe-flotter »…

Mais jusque-là tout reste encore bien nébuleux… Pas de colombe, pas de réponse claire…Le magicien n’en serait donc pas vraiment un…

 

 Retour à la case départ, et sans naviguer 20 milles…

 

Car, c’est précisément « la case départ » que j’aimerais éclaircir… Comme par exemple :

 

-          Qu’est ce qui me pousse depuis l’adolescence à arpenter les pontons de tous les ports de plaisance qui me tombent sous la semelle, pour regarder, détailler les bateaux et me projeter à bord ?

Me tenir mentalement à la barre, puis sur l’avant, m’imaginer à l’abri dans le cockpit, jusqu’à ne plus être là, jusqu’à être loin, très loin en pensées…En mer, mais aussi sur des terres inconnues, vers des populations différentes, des autres cultures…

Jusqu’à passer des heures et des jours le nez dans des bouquins, des revues nautiques ou des sites internet de voyageurs…

 

-          Mais qu’est ce qui peut bien m’attirer vers l’océan, vers l’Ouest, vers les îles ?

 

-          Et du même coup, qu’est ce qui me conduit à aller m’installer un peu à l’étroit, sur une embarcation, prêt à lutter contre les éléments, le mal de mer, les pannes en tous genres, et les aléas d’un long voyage, sans même savoir précisément ce que j’y vais chercher, et jusqu’où j’en suis capable ?

 

Tic tac… tic tac…

 

Si j’en juge par le nombre de « nomades aquatiques, le nombre de ceux qui se préparent à l’être, et ceux qui le voudraient mais y renoncent, je ne suis apparemment pas le seul dans ce cas de figure…

 

Trois pas en arrière, prendre un peu de recul… Ah oui ! Le bon vin, les arômes…

 

Je regarde notre « bout de voyage », je revois les images, encore et encore…Elles sont dans ma tête, sur les films, les photos, j’entends les musiques qu’elles portent, les sensations qu’elles transportent…

Il y en a beaucoup, elles sont très différentes les unes des autres.

Certaines évoquent le bonheur et appellent des certitudes ; d’autres sont dans la gamme des inconforts, de l’indésirable, et font équipe avec les doutes…

 

Cacophonie à l’intérieur…

 

Pourtant il y a un aspect, simple, qui prédomine, et qui me parait évident, facile à décrypter : le contexte marin est un  environnement dans lequel je me plais.

Je m’y complais même, je m’en fabriquerais volontiers un cocon de douceur de vivre même s’il est parfois hostile ; je m’en imprégnerais jusqu’à l’habiter pour pleinement exister…

Et sans que je ne sache vraiment comment, il m’est familier, Il me nourrit.

 

Une nourriture de réalité, de force, de grandeur, d’humilité et de beauté, comme si, dans nos mondes de façade et d’apparats, ces basiques ne pouvaient être que trop rarement réunis.

 

A moins que ce ne soit simplement, l’appel de « La Nature » ?

Peut-être…

Il paraît qu’elle reconnecte l’homme à ses émotions.

 

 Revenons au voyage ;

Il y a eu le retour, la rentrée au bercail, et son flot de ressentis…

Lourds, pas agréables et difficilement explicables…

 

Dans la tête, il y a des pensées bien construites qui acceptent, qui se raisonnent, qui essayent de convaincre l’Etre tout entier que c’est « comme çà ».

A grands renforts de «  on n’a pas à se plaindre »… « Peu de gens peuvent prendre 3 mois de vacances en bateau »… « C’est déja une belle expérience »… etc…

 

Mon mental raisonne… Mais au fond rien de résonne…

 

Sur la fin du voyage, à mesure que Ciao remonte vers le Nord, mon physique parle ; il va mal, il est fatigué, il est tendu, il maigrit.

A l’arrivée il paraît que j’ai une tête maladive. Après avoir quitté le bateau c’est encore moins bien.  

 

J’hésite à conclure entre coïncidence, et concordance…Lier le malaise au retour, serait un cliché facile…

Consultation médicale, traitement antispasmodique… Totalement inefficace…La tension reste là, insondable…

Qu’est ce qui se passe ?

J’héberge un virus ? Un parasite ?

Je suis inquiet de me voir comme çà…Sans énergie… J’ai la sensation d’avoir pris 10 ans d’un coup, en même temps que j’ai perdu 5 kilos…

 

Et puis je revois les images, encore et encore…Les films, les photos…Je les organise pour en réaliser un montage vidéo, c’est long, c’est difficile de faire des choix ; que conserver ? Que faut-il écarter ? Chacune des images porte des sensations, des émotions ; il y a toute la gamme…

Il faudrait presque tout garder, être fidèle à ce que nous avons vécu. Il y aurait trop de longueurs…

Alors sauvegarder l’ambiance, l’idée, l’esprit ? L’impression qui reste en final ?

Je laisse mûrir…

 

Courant Septembre, nous passons à nouveau 10 jours à Bord de Ciao ; c’est un vaccin de rappel en quelque sorte…Au mouillage, je passe beaucoup de temps sur le trampoline, en introspection, en recentrage,  en siestes aussi…

 

Imperceptiblement après quelques jours, il semble que le malaise se dissipe un peu et laisse la place à un regard sur l’aménagement du bateau ; ce qu’il faudrait ajouter, changer, améliorer…

J’envisage les modifications sous un angle concret, technique … Je les partage avec Syl.

 

Sans m’en rendre compte, j’initie une nouvelle dynamique...

Sans m’en rendre compte, je nourris quelque chose d’autre…

Un goutte à goutte qui semble assez vital circule à nouveau.

Je me sens un peu mieux… Coïncidence encore ?

 

Les idées pour le film vidéo reviennent (c’est en cours).

 

Les écrits pour le blog prennent forme (la preuve).

 

Maintenant deux mois plus tard, j’ai retrouvé mon poids et la forme presque normale ; ouf...

J’ignore encore ce qui m’est tombé dessus, et d’ailleurs si c’est totalement écarté,  je me sens mieux à présent, sauf que la qualité de mon sommeil est restée quelque part en vacances…

 

Quand je ne suis pas immergé dans les images du voyage, je m’initie au dessin, à la peinture ; je découvre que c’est une activité qui serait bien en harmonie avec le concept de voyage en mer…

 

Voyager pour voyager n’a pas de sens pour moi. Voyager pour découvrir, interpréter, retranscrire, transmettre, partager, oui.

 

En même temps mes pensées s’embrouillent… J’avais prévenu en début d’article… je cogite ferme !

Photographier, filmer, peindre, dessiner…

C’est comme…

Faire ma propre représentation du monde qui m’entoure…

Ne saisir que le beau pour ne plus voir le reste ?

Ce serait donc une fuite alors…

Ou une quête, selon que l’on regarde vers l’arrière ou vers l’avant… Pfff ;

 

Allez, j’arrête de penser…

Selon un pote j’aurais le mal de terre…

S’il a raison, l’avenir se révèle compliqué… En mer j’ai le mal de mer, et à terre…

 

 A la réflexion (la dernière pour aujourd’hui),

Ce petit voyage de 3 mois, ce vécu du retour, ces milliers de perceptions et de sensations sont autant d’indices qui attisent malgré moi une flamme à l’intérieur : mon envie de chercher encore et encore, partout et tout le temps s’il le faut, sur cette petite planète agitée, chacune des pièces du puzzle…

 

Puzzle, Graal, Sens de vie… appelons-le comme on veut …

 

De toute façon il m’est inconcevable de rester bien assis au chaud, dans un fauteuil devant la télé…

 

J’ai de plus en plus de mal à regarder en face l’actualité ; elle m’empoisonne avec ses vapeurs de crise, de conflits, de délinquance, de souffrances, avec ses nouvelles recettes de démesure technologique, ses relents d’ineptie mercantile, de destruction d’environnement, et ses remèdes miracles pour sauver un système constitué de leurres en tous genres…

 

Alors ? Laisser batifoler ma pendule au futur, dans un autre départ en guise d’antidote ou de sérum de vie ?

Pourquoi pas…

 

Et même si le quotidien du voyage comporte aussi ses longueurs, ses tracasseries, ses galères et son lot d’indésirables…

 

Et même s’il ne reste au final, sur le tamis, que quelques minutes de bonheur authentique…

 

Alors, juste pour celles-là…

 

La récolte ultime non ?

Un trésor de paix il me semble…

 

Je compte déjà mes premières pépites ;

Et il me semble que j’ai repéré le gisement ;

 

Alors je me prépare, et je repars…

 

Ça te parle Syl ?

 

Apparemment ça lui chante …et depuis longtemps…

 

 

 

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  • : le blog de Ciao...
  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

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et l'homme qui se regarde avec un peu de recul, déplie son rêve, l'observe, et tente d'exprimer

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Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

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