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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 20:59

L équipière Syl, et second du bord, vient de fêter ses 2 fois 25 printemps début décembre…

 

Alors, pour l’occasion, nous lui avons donné une grande fête lors de laquelle elle a été entourée de toute sa famille, et de ses amis…

 

Une soirée rythmée, riche en émotions, et en partages…en chansons et en surprises…

 

Une soirée qui a détourné le capitaine du blog de ciao pendant quelques semaines, (peut-être même un peu plus), le temps des préparatifs.

 

Et tiens, voilà Noel arrive dans quelques jours !

Il tient la main au réveillon du nouvel an…

 

Mais après le passage de ces deux là, c’est la préparation de la croisière 2012 qui s’installera au premier plan.

 

C’est un joli morceau « La croisière 2012 ». Elle consiste à prendre en mains le catamaran nouvellement acheté dans les environs de Marseille, et à le convoyer de Marseille à Hendaye… en passant par les Baléares, l’Andalousie, Gibraltar, pour remonter les côtes du Portugal, saluer les îles Cies, puis passer le remuant Cap Finisterre, et finalement longer la côte Nord Espagnole jusqu’au pays Basque.

 

Une ballade de 1700 milles, (un peu plus de 3000 km), sur un Louisiane 37 de 1986 sur lequel nous avons tout à découvrir , quelque part à la belle saison.

 

Auparavant, nous devrons compléter ses équipements par la pose d’un radar, et aussi d’un moyen (encore à définir) de recevoir une météo à jour à bord. Des articles plus techniques témoigneront certainement de ces opérations.

 

Pour le reste, comment regarder cette croisière 2012 ? Juste un bout de vacances ?

 

Ou est-ce là, la mise en jambes et la préparation d’un grand voyage ensuite ?

 

Sincèrement nous l’ignorons à ce stade.

 

Le nouveau Ciao est prometteur, certes ; il nous promet d’ailleurs de faire la part du rêve et de la réalité…

 

A très bientôt donc sur ce chemin…

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:22

Fin de saison ! C’est l’heure des bilans…

Bilan… Le mot est fort, mais un petit point sur le vécu de cette saison semble bienvenu…

 

Allez, un petit avis sur la région de navigation que nous découvrons pour la 2ème saison estivale :

 

Ah ! La baie de Hendaye ! La corniche, la falaise, les rouleaux qui se fracassent sur les récifs ! Personnellement, je n’en taris pas d’éloges. Je suis toujours émerveillé par le côté exotique, (oui je dis bien exotique de ce lieu). La mer la montagne en arrière plan, les coteaux verts, la vaste baie de Txingudi ! Les averses exotiques aussi, mais plus fraîches que celles des Tropiques… Bon ! Ca fait partie du paysage !

Parfois je me demande d’ailleurs pour quelle bonne raison, on la quitte la baie de Hendaye, pour aller vers on ne sait quelle destination à consonance hispanique…

Pour le plaisir de changer de lieu sans doute, et de découvrir « un ailleurs »…

 

D’accord ! Go vers l’ouest !

 

Plutôt naturellement joli, agréable, rocheux, escarpé, sont les mots qui me viennent pour décrire ce trait de côte entre Hendaye et Santander ; j’ajouterais aussi « souvent nature » et « parfois très industriel »… A l’image des implantations immobilières, qui plâtrent parfois le littoral de grandes barres d’immeubles inesthétiques au possible, ou qui se résument un peu plus loin en quelques charmantes petites maisons de pêcheurs accrochées au relief… Parfois le mélange des deux genres… Là c’est carrément la hantise du photographe !

Curieuse logique d’aménagement du territoire, en Espagne, ou absence de toute logique ?

Que penser des architectes qui ont conçu et réalisé l’adjonction d’un ascenseur moderne, métallique et vitré accroché à une église gothique (à Ondarroa) ? Et ce n’est qu’un exemple…

 

Bref, dans tous les cas, le dépaysement est assez rapide une fois la frontière passée.

 

A bord de Ciao, nous aimons particulièrement les multiples petits ports de pêche, les rias (embouchures des fleuves) pour mouiller en relative tranquillité, et aussi le fait que la fréquentation touristique soit très discrète.

Mais où sont les touristes ?

Certains points de la côte un peu plus aménagés, comme Guétaria, Lekeitio, Santander, provoquent des agglutinations bruyantes sur la plage ; mais ailleurs, vu de la mer, on pourrait se croire en Bretagne au mois de Mai…

 

Bonne ballade donc… Belle expérience en bateau…

 

« Mais » … (on le sentait arriver celui-là)

 

Mais…

Si j’ajoute mentalement quelques calanques, un bleu plus intense au ciel, 2 ou 3 degrés à la température de l’eau, je constate que l’indice de satisfaction, y aurait gagné des points…

Jamais content !

Va falloir aller plus loin !

 

Quoi de neuf à bord de Ciao ?

 

Nous avons « rempli le contrat » qui était de nous tester sur des navigations plus longues, des navigations de nuit avec quarts, des prises de repas simples mais chauds en mer, et aussi de nous affranchir du mal de mer dans des conditions dites « normales ».

 

Nous avons également validé nos capacités à utiliser au minimum les marinas, au profit de nuits au mouillage, ou en abris non équipés pour la plaisance. C’est ainsi que sur 25 nuits, nous n’avons fait que 3 escales payantes ; et nous en sommes ravis.

 

Bien sûr, nous avons eu recours à la douche solaire (poche d’eau douce qui réchauffe sous les rayons du soleil), aux lingettes bébé, et à quelques approvisionnements en eau sans avoir besoin de prendre une place au port.

 

Ciao s’est révélé un compagnon efficace, parfaitement adapté à ce programme semi-nomade avec 2 personnes à bord, sur une période d’un peu moins d’un mois…

 

Un bilan clairement positif donc…

 

 

L’équipage ?

 

En 2010, l’équipage de Ciao s’essayait ; il tâtonnait, se questionnait…

 

En 2011, Il semble avoir trouvé les réponses aux questions de l’an passé, mais voilà qu’il a trouvé d’autres questions ; des nouvelles … La vie (sans question) serait triste non ?

 

 

La question en vogue en ce moment, est : monocoque ou catamaran ?

 

Lorsqu’il est question d’envisager d’aller plus loin, plus longtemps, il apparaît clairement que Ciao montre ces limites. Ce n’est pas le bateau par lui-même, ce sont surtout ses capacités de « stockage ».

Sur un 8,50 mètres, pourtant bien aménagé, on ne peut guère envisager emmener plus que 100 litres d’eau, 50 litres de Gasoil, et des vivres pour une semaine environ.

Les vêtements, les affaires personnelles, les livres, trouvent leur place dans la couchette avant qui n’est pas utilisée ; cette solution est satisfaisante tant que nous ne sommes que deux à bord, et l’est moins dès qu’il est nécessaire d’accéder aux coffres sous la couchette (là où est rangé le petit outillage, et le matériel utile à une maintenance minimale du bateau).

 

Un 12 mètres conviendrait mieux au niveau d’une autonomie de longue durée :

(voir la page Avril 2011 - Tentation au Salon de l'Occasion de Port Camargue, le 22 Avril 2011.  )

 

Ou encore (l’idée est récente) un petit catamaran, de 10 ou 11 mètres, parmi les premiers sortis des chantiers dans les années 80, pour rester dans un budget accessible et comparable au monocoque de 12 mètres d’occasion…

 

Franchir le pas, du monocoque au catamaran est à la fois tentant et perturbant.

 

 

Tentant…

 

Par le volume du bateau, les deux coques plus la nacelle, sans compter les multiples coffres… Finis les problèmes de rangement !

 

Aussi par le confort de navigation « à plat », dans un  cockpit plus large, ou à l’abri de la nacelle...

 

Par le fait qu’un catamaran va nettement plus vite qu’un monocoque, donc permet de faire plus de distance entre deux escales.

 

Le fameux trampoline et le potentiel de siestes qu’il recèle …

 

Un faible tirant d’eau pour aller dans les petites rias peu profondes…

 

Par son côté « grand voyageur » qui invite cette fois clairement à « mettre les voiles », et à l’équiper correctement pour une autonomie maximale…

 

Par la possibilité qu’il offrirait d’accueillir des invités ou la famille à bord…

 

 

 

Perturbant…

 

Par la difficulté de sentir les efforts dans le gréement, et donc de gérer les limites du bateau ; son légendaire risque de retournement…

 

Par le manque de sensations à la barre en l’absence de gite.

 

Par son encombrement au port, et les coûts plus importants qu’il risque de générer…

 

 

Finalement je remarque qu’il y a 7 lignes dans le premier paragraphe contre 3 dans le second… Hum…

 

                                                                     __________

 

Des visites étaient prévues cet automne… Sur deux coques… Pour voir…

Subitement un coup de cœur s’est présenté, le cupidon des bateaux a frappé juste !

 

Yes ! Nous naviguerons désormais sur deux coques…

 

Pour l’heure, il faut vendre Ciao ! L'annonce ici :  Octobre 2011 - Ciao, Feeling 850 Quillard est à vendre...

La suite au prochain numéro …

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:11

Au gré du vent…

 

 

Mieux qu’un long texte…

Neuf minutes d’images, qui laissent filtrer le feeling et l’ambiance de plus de trois semaines passées à bord de Ciao, sur la côte nord espagnole…

 

 


 
 

 

Au départ de Hendaye fin juillet, vers l’Ouest, et sans trop savoir jusqu’où aller…

 

Au début, retardés par la technique et ses aléas, puis bercés par les flots d’une mer d’huile, accompagnés et salués par les dauphins, pour être un peu plus tard arrêtés par des vents forts et contraires, et à un moment tentés de faire demi-tour…

 

Toujours charmés par les petites villes espagnoles naturellement festives, étonnés de naviguer sur un rivage finalement peu fréquenté, tantôt isolés au mouillage dans une vaste baie, parfois à couple d’autres (plutôt rares) voiliers, sans oublier les escales colorées accostés au cœur de port de pêche à conjuguer la longueur des amarres et les heures de marée…

 

Navigations au moteur par calme plat, d’autres plus sportives toutes voiles dehors, gités et « agités » par une houle atlantique de plusieurs mètres ; les quarts à la barre au clair de lune, les fréquentes tentatives de pêche pour ne prendre qu’un seul poisson sur toute la croisière,  les divers débarquements hasardeux et humides en annexe, et autres… bronzages, baignades frisquettes, soirée tapas, bouquins, quelques sons de guitare, parties de scrabble, partages, bilans et projets sur la comète…

 

L’adieu au mal de mer aussi…

L’envie d’un peu plus grand, un peu plus loin, un peu plus chaud…

 

 

Ce sont là les couleurs d’une belle et heureuse ballade …

 

 

 

 

 

Pour ceux qui aiment les détails, prochains articles à paraître : 

 

 

-          comment une panne électrique aléatoire peut tromper le diagnostic, faire passer de nombreuses     heures de recherches, et engager des frais inutiles…

 

-          La remontée de l’Abra de Bilbao jusqu’au centre-ville (10 km)…

 

-          La fiesta de Castro Urdiales le 14 et 15 Août…

 

-          La baie de Santoña

 

-          Santander vu de loin…

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 19:18

FORTUNE DE MER

 

 

                 J’ai pris comme titre « fortune de mer » …Quelle idée !

 

 

Quoi qu’il en soit, en ce début de mois de Juillet,

il y a réellement eu : Fortune de mer sur Ciao !

           

 

« Fortune de mer » c’est un terme qui m’a toujours semblé étrange, puisqu’il désigne un naufrage, une avarie, une perte en mer… Alors d’où vient le terme de « fortune » ?

 

J’ai cherché ; il vient du latin « fortuna » qui signifie : sort, hasard… donc chance et malchance. Tout s’explique donc !

 

 

Cet article, c’est donc le récit d’une fortune de mer, vécue essentiellement par le capitaine de Ciao, sachant qu’elle ne peut pas être sans un écho sur le concept entier du voyage en bateau, le programme, l’équipage...   

  

C’est une fortune dans le sens d’une chance, je pourrais dire aussi qu’il s’agit d’une fortune qui signifie « grande richesse » aussi.

Pourtant, je n’ai pas gagné au loto, ni hérité d’un tonton d’Amérique quelconque…

 

  

Le bénéfice est ailleurs, à l’intérieur… Et c’est le meilleur !

Tiens c’est marrant ça rimerait facilement avec bonheur …

 

  

De quoi s’agit-il ?

En quelques mots :

 

Il y a quelques jours, je suis simplement allé faire quelques courses au supermarché voisin…

Je traversais d’un pas rapide le rayon des livres, pour aller un peu plus loin chercher des fournitures de bureau. Mon regard a été attiré sur ma droite, par un petit livre de poche, posé là parmi des centaines d’autres, sans qu’il soit mis en évidence par le marketing (forcément) aiguisé du chef de rayon…

En couverture, un arbre, simple, un tronc, un feuillage épanoui, un fond blanc, et c’est tout.

Son titre : « le pouvoir du moment présent » ; pas de quoi faire hérisser les poils…

L’auteur, Eckhart Tolle. Jamais entendu parler jusqu’à présent.

 

Pourtant j’ai attrapé ce livre en passant… Celui-là, et aucun autre…

 

Je l’ai pris en mains, ouvert au hasard, et en quelques mots de lecture, dix secondes tout au plus, j’ai su que ce livre m’était destiné. J’étais étonné et en même temps conscient de mon étonnement ; mon pouce a laissé glisser quelques dizaines de pages, et j’ai lu rapidement un autre passage, comme pour me convaincre de quelquechose…

J’ai ferme le livre, et l’ai déposé dans le chariot, avec la certitude interne inexplicable, et tout autant incontestable que son contenu m’était précieux.

 

J’ai lu ce livre, comme on boirait un jus de fruits très frais un soir d’été ; à petites gorgées, en le posant un moment, le temps d’intégrer ; puis un autre petit chapitre, avant de faire une nouvelle pose…

 

Cette lecture vient pourtant après de très nombreuses autres, en matière de psychologie, de développement personnel, et d’évolution, mais curieusement elle s’est révélée d’une efficacité qui me surprend encore lorsque j’y pense... C'est autre chose...

 

Elle est arrivée à point, au moment où j’en intègre tous les termes, toutes les profondeurs, qui en fait ne sont finalement qu’évidences...

L’ouvrage a été traduit en 33 langues, et édité à plusieurs millions d’exemplaires depuis 2005. Comment suis-je passé à côté tout ce temps ?

 

Le résumer serait maladroit, déformant, désuet ; je vais éviter...

 

Je ne peux témoigner que de son effet sur mon vécu, et ma perception de la vie, et constater que finalement, ça change tout de tout !

  

Peu importe les mots, et les phrases que j'ai lues ; voici ce qu'il en reste :

  

  

Une perception claire et limpide qui met en relief (mieux que la 3D du cinéma), l’essentiel, et tout le reste, (ce qui ne l’est pas) en arrière plan.

 

  

 Le choc a été assez fort lorsque j’ai intégré réellement que ma vie tournait jusqu’à lors tout autour de l’essentiel, en le voulant tellement... sans jamais vraiment l’atteindre, pour le chercher encore… Un jeu de serpent qui se mord la queue… Il fait un joli cercle sans jamais aller au centre...

 

Ce projet de voyage en bateau, tel qu’il est exprimé dans le blog de Ciao en témoigne précisément…

J’ai toujours su que le bateau, la mer, le voyage, approchaient davantage mon essentiel que tout autre sujet…  

 

Un rêve de lointains horizons, autour de la planète...

Un espace illimité...

Sans contrainte du temps...

En des lieux de beauté, en compagnie choisie...

et en recherches de chaleureuses rencontres…

 

Un essentiel, certes, mais en rêves…

 

Tout restait à découvrir...

 

 

 

C’est d'ailleurs ce qui explique l'existence de ce blog et son feeling :

« Voyages au long cours, voyages intérieurs » …

 

 

Sans le savoir, j’effleurais d’un peu plus près le concept dans mon précédent article,

(Juin 2011 - En Vrai, fais ce qu'il te plait ) qui parlait de suivre les perceptions du vécu au « moment présent »…  

 

J’effleurais…

 

Après cette saine lecture, je suis au cœur du sujet maintenant... Miracle ? Magie ?

Non ; un pas de plus, certainement …

 

Je viens d’ouvrir une porte qui m'a fait ressentir « le pouvoir du moment présent ».

Il contient tout, vraiment tout. Il suffisait juste de le percevoir réellement en essence...

 

 

 

Pleine conscience et présence...

 

   

Délivré, et donc libre, à présent ; libre de partir quand même, mais différemment, avec une autre impulsion de base, en sachant que ce n’est ni un besoin, ni une attirance irrésistible ; juste un moment de vie exactement comme celui-ci, où j’écris ces mots. Un moment plein, entier, qui n’attend rien ; qui se vit pleinement.

 

Il vient d’y avoir un virage dans le sillage de Ciao, sans même avoir besoin d’être à bord !

Dorénavant, Ciao naviguera, mais il ne naviguera plus de la même manière...

 

 

Il va probablement naviguer cet été, mais nul ne sait maintenant vers où il va…

Au gré du vent assurément…

 

 

Initialement, je prévoyais très concrètement d’aller cet été vers les îles Cies au nord du Portugal, (voir l’article Mai 2011 - Motivation... préparation... ).

 

Les Iles Cies sont aussi nommées « iles des Dieux »… C’est loin de Hendaye... 400 milles (720 Km) environ en route côtière directe, et près de 500 Milles (900 km) en faisant les contours de côtes et quelques escales…

Mais, dans les Iles des dieux … Ciao semble y être déjà…

 

 

Vers où le vent nous emmènera-t-il alors ?

  

 

Quand on a lu (et reçu) le message de ce livre, on se rend compte que même cette question est de trop…

 

A une prochaine vague donc…

Largage des amarres imminent… Pour un vécu au jour le jour… 

 

 



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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 12:16

En Vrai, fais ce qu’il te plait…

 

 

 

Je constate que j’ai davantage de difficultés que d’ordinaire pour écrire ces quelques lignes.

Voici une quinzaine de jours que je pose petit à petit toutes les phrases qui constituent cette page, que je les relis, et que je n’en suis pas satisfait.

Je les corrige, les relis, et même constat…

 

Je m’interroge, et je m’aperçois que suis partagé entre les deux aspects de ce que je cherche à exprimer…

 

-          D’un côté la simplicité d’un vécu, tellement simple qu’il pourrait sembler sans intérêt ; par exemple au regard des récits extraordinaires d’aventures exotiques au bout du monde ou de traversées insensées aux limites de l’exploit humain… Et je me dis : à quoi bon écrire des banalités, mieux vaut ne rien écrire du tout…Et je ferme ma page.

 

-          De l’autre côté, la riche conscience que tout l’intérêt réside dans la simplicité des choses et dans la manière de les vivre simplement ; c’est important pour moi et je constate en observant autour de moi que cette apparente évidence est souvent complexe à appréhender. Alors, je reste dans mon sens, et dans  le sens de ce blog... Et je ré-ouvre ma page…

 

 

               __________________

 

Voyons …

           

 

Nous sommes sur le concept suivant : l’équipage de Ciao souhaite harmoniser et développer son expérience, dans l’axe de futures navigations plus conséquentes, plus loin, plus longtemps, plus libre… C’est un vieux rêve du capitaine, un rêve comme il en existe d’ailleurs dans beaucoup de têtes…

Il y a aussi Sylvie, propulsée à l’évidence « second du bord », qui après avoir découvert le labyrinthe des songes du capitaine, découvre depuis un an maintenant, le concret : la mer, le bateau, la navigation, la voile, le mode de vie… Elle le découvre avec intérêt, et curiosité, et y amène en même temps et régulièrement des notions de relativité.

 

 

Zoom sur ce mois de Mai 2011, où un programme sur 8 à 10 jours est mis en place ; plusieurs objectifs se sont posés naturellement en parallèle :

 

·         Retrouver les réflexes en mer, et se ré-amariner en ce début de saison,

·         Vérifier si l’anti-fouling tout neuf glisse bien,

·         Dans le cadre de la préparation à de plus longues croisières, faire au moins une navigation de nuit ; ce qui serait une première pour le second… Afin de voir si la nuit en mer, c’est  vrai qu’on n’y voit rien… (même si la phrase n’est pas facile à comprendre)

·         Faire une virée en Espagne, vers Lekeitio (escale que nous avions appréciée l’an dernier, et qui est distante de 35 milles de Hendaye).

·         Passer une semaine agréable. (non exprimé, mais ça va de soi…)

 

 

Avant toute chose, nous décidons de faire un petit tour devant Hendaye, pour remettre les pendules à l’heure, si besoin.

 

Un petit vent de force 3 nous accueille et nous souhaite la bienvenue. Il mollit assez rapidement à 2 et même un peu moins ensuite, et il nous confie à la houle du large qui se charge de nous bercer de son amplitude qui atteint les 2 mètres.

 

Nos centres de l’équilibre comprennent aussitôt qu’ils doivent se mettre au travail activement, et nous constatons qu’ils se souviennent plutôt bien de leurs acquis de l’an dernier. C’est déjà çà ! Nous notons au passage que le fait de séjourner sur le bateau au mouillage, participe discrètement, à intégrer le côté mouvant de l’environnement ; une sorte d’apprentissage passif, plus conséquent qu’il n’y paraît…

 

Sur ce constat serein, Sylvie se demande par ailleurs (parmi les grandes questions de la vie prolongée à bord) comment on peut bien réussir à dormir en mer avec ces balancements incessants, et bien que nous soyons en plein après-midi, elle se propose d’essayer la couchette de navigation dans le carré, histoire de voir ce que ça lui fait...

 

Pendant ce temps de mon côté, je projette de regagner le mouillage à la voile ; le vent paraît suffisant pour nous amener à destination sans l’aide du diesel.  A chacun son petit exercice…

 

Sitôt dit, sitôt fait, Sylvie disparaît donc dans le carré, en ajoutant sur un ton (pourtant) convainquant « appelle-moi, à l’arrivée au mouillage, je viendrai t’aider ».

  180 180 BLANC

Grand largue, 5 nœuds, et petits surfs, Ciao escalade et redescend la houle en douceur, en se rapprochant lentement des jetées de Hendaye.

 

Rapidement le silence qui s’est installé à bord, témoigne que les essais de couchette semblent être concluants… Une demi-heure se passe, et je retarde le moment d’appeler l’équipage sur le pont…

L’approche se déroule agréablement au vent portant.

 

Entre les jetées, la houle disparaît, la coque chuchote à peine quelques bulles, trace un sillage bien net, et une impression de glisse se dégage de notre déplacement. Malgré que le génois soit roulé entièrement, nous progressons à bonne vitesse sous grand-voile seule.…

 

En parlant bien fort à l’entrée du carré, je préviens que nous sommes en fin du chenal d’entrée… « Eho du bateau !!! On arrive !!! Tout le monde sur le pont !!! »

 

Nous arrivons en effet dans la baie de Txingudi où mouillent environ 450 bateaux ; c’est pour l’heure, ici qu’habite Ciao…

180 180 NOIR copie

 

 

-          Eho du bateau !!!

-          Silence radio…( ?)

-          Tu dors ?

-          …zzz…

 

 

  

 

Bon ! Ce n’est plus le moment pour moi de quitter la barre à présent, je dois gérer la grand voile, l’erre du bateau et sa trajectoire sinueuse entre les bouées et les autres embarcations au mouillage dans la baie. Je ferai donc la manœuvre en solo…

 

   

J’aurais bien aimé partager avec Syl ce véritable régal de se glisser sur le plan d’eau calme, presque sans un bruit, avec une vitesse d’environ 3 à 4 nœuds, et d’évoluer avec la majesté d’un grand cygne sur un lac. Je la laisse à ses songes certainement tout aussi doux…

 

 

Nous approchons en un slalom nécessaire mais fluide, et rapidement j’aperçois la bouée marquée « Ciao ». Je décris une jolie boucle pour arriver face au vent, je choque la grand-voile, place la barre dans l’axe, saisis la gaffe, et file à l’avant ; La vitesse chute, la voile claque comme un drapeau, le bateau s’arrête à 1 mètre de la bouée. Hop ! Une aussière est remontée à bord et tournée au taquet ; c’est fait !

 

Manoeuvre simple finalement, presque évidente, et qui me remplit dans son élégance, dans le sens où elle s’inscrit dans le pur style traditionnel de la voile, en harmonie avec l’environnement, en connivence avec lui. A refaire plus souvent…

 

Ciao est à sa place, et j’entreprends aussitôt d’affaler la voile lorsqu’une tête sort du roof avec une allure un peu ailleurs, cheveux en bataille, et un regard dont l’auto-focus semblerait en panne…

 

- Qu’est ce qui se passe ? On est où ? 

- Amarrés à notre place !

- Je n’ai rien entendu, j’ai été réveillée par des bruits de pas au dessus, et dans mon rêve je croyais que c’était la voisine avec ses talons…

 

L’essai est concluant ; on dort bien sur la couchette du carré. La question qui se pose désormais serait plutôt : « comment fait-on pour se réveiller quant on doit prendre des quarts, la nuit ? »

 

Petit sourire amusé, et la tête disparait…

Je constaterai après avoir remis le pont en ordre, que le second est à nouveau en mode « stand-by » ; en train de savourer le deuxième épisode du feuilleton « plus de son, plus d’image ».

 

Sylvie m’expliquera plus tard, comment les bruissements de l’eau sur la coque, en même temps que d’être bercée dans sa bannette lui ont évoqué une sensation de bien être qui certainement, pourrait se rapprocher de sensations prénatales.

Engramme physiologique ou fruit de l’imaginaire ? On ne sait pas…

 

Dans tous les cas c’est une illustration de la manière avec laquelle Sylvie peut transformer une navigation en méditation profonde, et un simple plaisir en sensation de bien-être généralisé.

Pour ma part, je n’aurais pas échangé ma place, préférant cette fois-là, le toucher de l’écoute de grand voile, à celui de l’oreiller…

 

 

Les siestes ont ceci de bon, qu’elles promettent des fins de journées plus toniques, débarrassées de la fatigue résiduelle…

En soirée, je propose de faire une petite sortie de nuit ; la température est douce, et l’idée est séduisante.

 

Après le repas, à 22 heures 30, nous quittons le mouillage.

Le temps est calme, il n’y a pas de vent. La nuit a pris toute sa place à présent. Le ciel moyennement couvert laisse filtrer un timide premier quartier de lune ;

Nous naviguerons au moteur pour cette sortie initiatique, même si le charme du grand cygne est rompu….

 

En quittant la baie, je sensibilise Sylvie aux repères qui nous seront utiles lorsque nous rentrerons. Les bouées vertes, les rouges, les feux scintillants… Ce sont autant d’indications qui d’ordinaire nous échappent totalement dans les navigations diurnes. Malgré quelques zones totalement noires, les axes principaux sont finalement très identifiables.

 

Une demi-heure plus tard, Ciao est en mer.

 

L’horizon apparait comme une toile tendue en fond de scène d’une immense salle obscure. La mer est noire, le ciel est d’un gris très profond.

Au large, de gros halos luminescents soulèvent l’horizon en direction du Nord Nord/Ouest. C’est le grand large dans cet axe, et nous comprenons que ces lueurs témoignent de la présence de gros bateaux que nous ne voyons pas ; ils sont derrière la ligne d’horizon, et le halo de leur éclairage se révèle dans l’humidité ambiante.

 

Ces bateaux, dont nous ne soupçonnerions pas la présence de jour, sont parfaitement repérables ce soir. Il y en a 4 ou 5 à intervalles réguliers ; des cargos ? C’est assez improbable, il n’y a pas de grand port de commerce à proximité… Des pêcheurs, alors ? De grosses unités en tous cas, très éclairées.

Nous n’avons pas de radar à bord de Ciao, et nous validons l’utilité de cet équipement, car sans ces conditions de visibilité ce soir, nous serions à notre insu entourés de toute une flotte invisible et potentiellement dangereuse en matière de risque de collision si nous faisions route au large. Un  radar positionné assez haut dans le mat permettrait de les visualiser, de définir leur trajectoire et donc de sécuriser la zone autour de nous. J’ignorais qu’il y avait autant de trafic ici.

 

Nous nous accoutumons à l’obscurité, l’environnement nous apparaît maintenant tout en teintes de gris foncé ; le trait de côte est visible, souligné par une dentelle claire formée par l’écume des vagues qui se brisent sur les rochers.

 

Nous croisons la route de quelques petites embarcations de pêcheurs et en profitons pour réviser le positionnement des feux de route des autres par rapport aux nôtres – « Vert sur Vert tout est clair – Rouge sur Rouge rien ne bouge ! »

  source-technique 5745

 

Le second confirme ses galons, en ne manifestant aucune crainte, et en adoptant le principe que « si on ne voit rien devant, c’est qu’il n’y a rien ». Ce n’était pourtant pas gagné d’avance, en tant que terrien habitué aux phares puissants de la voiture et aux boulevards éclairés, à la lumière omniprésente…

 

Conclusion : naviguer de nuit - par temps calme - ne pose pas de problème, il restera à renouveler l’opération sous voiles et sur une plus longue navigation…

 

Nous rejoignons le mouillage un peu après minuit, guidé par les bouées rouges à bâbord, et les vertes à tribord…

 

Nous sommes satisfaits de cette journée, riche d’enseignements et de validations. Jusque là, nous collons au programme prévu. Nous pourrions faire une coche verte dans la case devant « essai nav de nuit OK »…

 

 

Avant de partir en Espagne, nous avons besoin d’une journée à la marina, pour l’avitaillement, et aussi pour faire la vidange du moteur, réparer un coulisseau de grand-voile, recharger en eau et électricité...

 

Enfin, c’était prévu comme ça, mais  en milieu de journée, alors que nous venons de prendre notre place au port, les drisses des bateaux voisins se mettent à claquer gaiement sur les mats, tandis que les palmiers de la jetée nous font de grands signes insistants, en sifflant … « Eho Ciao ! Y a du vent !!! »

 

Comment ignorer ces appels de la nature ? Le plaisir l’emportera-t-il sur la raison ?

Questions qui d’ailleurs, ne se posent même pas…

Le programme « bricolage, courses et le reste» est immédiatement revoté et remplacé à l’unanimité par « sortie en mer » ; on verra plus tard pour le reste.

 

Et voilà comment Ciao dévie du droit sillage !

 

Grand-voile haute et génois complet, Ciao se glisse au près, tout contre un vent de Nord de force 4, pratiquement constant. La coque est fraîchement carénée, la glisse est excellente, et nous comptons bien améliorer les 7,01 nœuds enregistrés l’an dernier (en fin d’été) comme meilleure vitesse sous voiles, et après avoir étalonné le loch, précisons-le. 

 

A peine les voiles sont elles en place, que le loch affiche 7,30 - 7,40 très régulièrement...

Hum… Ce temps c’est du caviar pour Ciao !

Et contrairement à ce qu’on raconte habituellement sur les pontons de plaisance (que le vent souffle soit trop fort, soit trop faiblement, soit dans le mauvais sens) les conditions aujourd’hui, sont parfaites…

 

Un petit réglage supplémentaire des voiles, et c’est un 7,98 qui récompense illico Sylvie qui se régale à la barre, arborant un sourire démesuré ; pour être complet dans mon propos, je dois mentionner qu’elle adore jouer, lancer des défis, donner la réplique, et si possible, tenir la tête des résultats, et ce, quelque soit l’activité…

 

Elle a pourtant fait connaissance avec le bateau depuis peu, et déjà elle le mène au doigt et à l’œil ; totalement concentrée, dans le but de gratter les 0,1 nœuds supplémentaires que le capitaine aura certainement du mal à égaler …

Quelle compétitrice !

 

Bon allez ! Fini de rigoler ! Changement de barreur…

 

Mille sabords ! La chose n’est pas facile ! 7,98, ca va être chaud !

 

7,40 – 7,20 – 6,60 – 6,50  - Grrr ! La honte me guette, le discrédit, la faillitte !

 

-          Le vent mollit un peu ? Les voiles sont mal réglées ?

-          Bla bla bla pas d’excuse Capitaine ! les chiffres parlent d’eux mêmes…

 

Moment de solitude…

 

-          C’est sûr le vent mollit maintenant…

 

Quoique …

 

6,50 – 7,20 – 7,47 – Ah ? Ah ?

 

-          Les affaires reprennent !

 

8,01 – 8,24 !!

 

-          Yes !

 

Foule en liesse ! Champagne ! Feux rouges à mains, comme à l’arrivée du Vendée-globe ! Non ! je reviens sur terre ! Mais je suis content de moi et du bateau que je découvre encore, car ce n’est que la deuxième saison avec Ciao.

C’est vraiment une vitesse très honorable pour un voilier de 8,50 mètres naviguant au près bon plein. Je comprends qu’à son époque de jeunesse ce type de bateau était au départ de toutes les régates de club, et à l’arrivée en tête de tableau.

 

Cette fois, c’est le capitaine qui détient le record, mais de peu car il a été taquiné un peu plus tard à 8,14  « tout de même »!

 

En rentrant, nous nous sentons remplis du grand air, des vagues, des sourires, et plaisirs que nous avons partagés. Nous remercions les palmiers de nous avoir invités à sortir en mer, et nous nous remercions nous-mêmes, aussi d’avoir su modifier nos plans pour prendre ce moment de petit bonheur.

Nous ferons les courses, et la vidange du moteur demain… Nous partirons après-demain…

 

Voilà l’important qui émerge du tout simple ;

Une validation qui  n’était pas au programme vient de s’imposer d’elle-même : nous avons vérifié que nous privilégions souvent la perception du moment présent, à tout programme établi, et que ceci nous est finalement profitable.

Cette souplesse qui fait partie de notre manière de voir les choses en général, est aussi notre façon d’envisager les expériences sur le bateau, à moyen comme à long terme. Ce n’est pas le tout de le dire ; là, nous l’avons vécu ; sur un point de détail certes, mais quel plaisir !

Nous avons remarqué que cette ouverture a pour nous l’avantage de générer d’une part, beaucoup plus de moments « plaisir », et d’autre part, de faire naître des sensations plus intenses, car imprévues, et vécues comme des cadeaux…

 

L’inconvénient, si on en cherchait un, serait une certaine inconstance apparente… Ca change toujours d’avis à bord de Ciao, ca navigue à vue, au gré du vent… En même temps c’est normal pour un voilier non ?

 

C’est quand-même vrai que lorsqu’il est question de conjuguer cette souplesse d’adaptation aux prévisions météo, qui sont parfois plus nébuleuses qu’une nuit dans le brouillard, nous passons par des réflexions où il devient difficile de prendre une décision, à moins d’avoir recours au « pile ou face »...

 

Ce qui a failli être le cas pour décider de notre départ vers Lekeitio (qui se trouve à 6 ou 7 heures de navigation plein Ouest).

Côté prévisions météo, les vents s’annoncent dès lors plutôt faibles mais contraires (quoiqu’ils oscillent en direction), le temps sera couvert avec semble-t-il des risques d’averses (prévision espagnole), sans mention de pluie (météo française)…

De notre côté, pour l’expérience, nous avons envie naviguer de nuit, et nous avons à l’origine, très envie d’aller en Espagne.

 

Sans devoir faire appel à des dons extralucides, je pressens que nous bénéficierons vraisemblablement d’une visibilité mauvaise.

 

Une petite phrase parasite passe par là : « finalement nous aurions peut-être dû partir vers l’Espagne, un jour ou deux plus tôt… La météo aurait été meilleure… »

 

Peut-être… Mais la question ne se pose plus…

Je décide de prendre un départ en fin de nuit, vers 3h ou 4 heures, ce qui nous laisse un bon compromis, car nous serons en zone connue pendant les heures d’obscurité, et nous aurons quand même notre expérience de navigation nocturne vers une destination fixée. Nous pourrions être à Lekeitio avant midi.

 

Réveil, petit déjeuner, check-list de départ, largage des amarres…

03 heures 30.

 

C’est un véritable ballet de bateaux de pêche qui croisent dans tous les sens dès la sortie du chenal. La vigilance est maximale, et le décryptage des feux rouges et verts est permanent.

Sylvie aime ce nouveau jeu qui consiste à deviner vers où vont les bateaux, et vers où on doit aller pour les éviter ; et sachant que les bateaux de pêche changent constamment de direction pour les nécessités de leur pratique, les discussions à bord de Ciao, vont bon train…

 

La nuit est noire, sans lune, le temps est couvert comme prévu…

Le ciel et la mer sont exactement dans la même palette de noir profond, nuance « encre de chine »…

S’il n’y avait pas les bateaux au loin, on ne devinerait pas l’horizon. S’il n’y avait pas ces autres bateaux plus proches, on ne pourrait pas situer le plan d’eau par rapport à notre position. L’équilibre à bord, se révèle difficile sans repère visuel.

Seule la côte sur bâbord, est visible, le phare du Cap Higuier, quelques lampadaires…

 

La houle est forte, et de travers ; on ne voit pas arriver les vagues, pourtant elles sont puissantes et très proches les unes des autres ce soir.

 

Nous devons nous propulser au moteur, car le vent est faible, exactement de face dans l’axe de notre route ; tirer des bords sous voiles, reviendrait à faire du surplace…

 

Nous progressons à 5 nœuds à peine, et le bateau se vautre régulièrement sous l’effet de vagues plus hautes qu’il nous est impossible d’anticiper ; la vitesse chute à 3,5 nœuds parfois, puis reprend. A l’intérieur, pourtant bien rangé, des choses tombent ; la porte de la couchette s’est libérée et bat régulièrement, le réchaud à gaz tape en butée.

Un petit tour dans le carré pour calmer le jeu, et j’ai l’impression d’être une bulle dans un shaker.  Je ressorts vite fait au grand air, c’est meilleur, mais avec le sentiment d’être debout sur les pédales d’un vélo trop grand pour moi, et d’essayer de rétablir l’équilibre.

Il n’y a aucun danger, aucune crainte, mais un inconfort maximal, qui petit à petit nous fait perdre le sens de cette navigation. Mais pourquoi est-ce qu’on se fait brasser comme çà ?

Ce qui laisse échapper : « Putain c’est loin le Maroc ! » (une future destination envisagée ; mais c’est une autre histoire…)

 

L’obscurité quant à elle, est totalement gérée ; nous suivons notre route au GPS, nous la reportons sur la carte, en contrôlant avec les repères visibles à terre ; l’expérience est positive de ce côté-là.

 

Régulièrement toutes les minutes un train de vagues plus marqué, continue de malmener le bateau, dans des mouvements désordonnés et difficiles à amortir.

Nous continuons notre route en silence, si on élimine mentalement le ronronnement du moteur…

Nous surfons chacun sur nos pensées… Je me demande si ce serait plus facile au large ; certainement, mais nous éloigner de 10 ou 15 milles rallongerait considérablement le trajet, donc le temps d’inconfort…Déjà que nous n’avançons pas très vite…

 

L’espace de quelques secondes, j’ai une perception bizarre, on n’y voit rien, et c’est comme si un voile encore plus noir était venu nous caresser, nous envelopper, nous, le bateau, et tout ce qu’il y a autour. Je m’interroge sur ce ressenti… La fatigue peut-être ?

Il m’a semblé que c’était différent juste après ce passage encore plus obscur ; ca me semble redevenu un peu moins noir maintenant… je me dis que je dois avoir des hallucinations…

Je scrute tout autour, pour comprendre, pour voir si un effet de lumière quelconque a pu produire cet effet ; je regarde le ciel, et je comprends aussitôt en distinguant tout à peine quelques traces d’un noir moins intense sur le ciel…

En quelques minutes ces traces deviennent grises, puis blanchâtres entre les nuages.

C’est le jour qui se lève…

 

C’est curieux cette manière dont j’ai vécu ce passage de la nuit aux premiers rais de lumière du jour…

Sylvie remarque avec moi ce changement à présent, mais ne fait pas d’autre commentaire.

 

La houle continue de nous secouer ; nous pouvons la voir maintenant, courte, croisée elle est certainement désorganisée par le rebond sur le relief côtier assez proche ; c’est une marmite très désagréable que nous pensons devoir supporter au minimum 6 ou 7 heures encore, car notre vitesse moyenne est inférieure à la prévision…

Nous savons que cette houle venant de très loin au large, n’a aucune raison de disparaître subitement…

 

Nos regards se croisent, interrogateurs… Qu’est ce qu’on fait ? On continue ?

Pfff, je n’ai pas de plaisir dans cet instant ; Sylvie visiblement, non plus…

De plus, il semble que nous allions effectivement vers une zone de pluie…Le ciel est d’un gris plombé devant nous, l’horizon est bouché… La prévision météo espagnole se confirme.

 

-          Faisons une escale à San sébastien ? C’est à une heure d’ici…

-          Non  ce n’est pas une bonne idée ! Un renforcement du vent est prévu demain, à force 5 ou 6 avec des rafales supérieures, et le mouillage sera vraiment inconfortable.

 

-          Demi-tour alors ?

 

Vote à main levée…Enfin non, parce qu’on se cramponne à deux mains…

 

En verbal alors :

Demi-tour ! Adopté à 100 %.

 

Barre à tribord toute, entre deux vagues, Ciao fait un 180 °-

Le phare du Cap Higuier est loin devant à présent ; il marque l’arrivée à Hendaye. Il faut refaire pratiquement 2 heures dans ce sens…

La houle est toujours aussi détestable, et le vent qui est au portant maintenant, est ressenti comme insignifiant. Il ne nous incite pas à établir une voile pour nous caler un peu… Elle ne ferait que claquer sous les mouvements du bateau ; à moins de tangonner le génois… Pas envie de faire l’acrobate… Nous restons au moteur.

 

Nous prenons notre mal en patience, contents de notre expérience nocturne, contents de notre décision de demi-tour, même si la houle imprime cette fois un comportement de culbuto au bateau, avec un roulis sévère, qui se révèle contrariant pour les estomacs, et nous oblige à gérer le désagrément en pompant sur les jambes pour essayer de garder un semblant de verticale.

 

Cette étrange gymnastique permanente pendant deux heures, nous ramène à Hendaye.

 

En rentrant au petit jour, nous faisons un constat étrange : nous avons tous les deux l’impression que nous ne connaissons pas ce lieu… Nous pourrions presque affirmer que nous n’y sommes jamais venus…

Bizarrement tout nous paraît immense, très large, démesuré… Les jetées sont incroyablement longues, et écartées, les immeubles du côté espagnol, éclairés par le soleil levant prennent une place que nous n’avions jamais remarquée. A croire que notre vision de jour est déformée par le fait d’avoir scruté chaque détail dans le noir… Je n’avais jamais fait ce constat auparavant ; c’est une sensation très curieuse, amplifiée vraisemblablement par l’état un peu second dans lequel nous sommes.

 

  Bouée

 

07 h 40, nous sommes revenus au point de départ, à notre chère bouée « Ciao ».

 

 

 

 

Arrêt moteur… Soulagement… Le niveau sonore était finalement assez présent ; il nous a littéralement engourdi la cervelle…

Les interrupteurs des instruments de bord se coupent un à un…

Une urgence se profile ; nous lançons un « COC »  :

Couchette, Oreiller, Couette !

 

A 13 heures 50, à l’heure où j’écris ces quelques lignes sur le livre de bord, je constate que les effets somnifères de la houle sont toujours présents dans le métabolisme de mon second, qui est profondément concentrée sur une rythmique  caractéristique d’une saine récupération…

 

Quelques heures plus tard, la plage de Hendaye, nous accueillera jusque tard dans la soirée sous un soleil bien doux, qui ne nous fait pas regretter les menaces de pluies de Lekeitio, même si son petit port sympathique, la petite île San Nicolas, et le dépaysement du lieu avaient charmé nos projets…

 

Alors que nous sommes allongés sur le sable, nos reflexes croient bon de nous faire encore tanguer ; nos corps, parfaitement immobiles nous transmettent des fortes sensations de balancement, comme si cette houle refusait de nous laisser en paix. Le mal de terre ?

 

En fin de journée, nous décidons de partir le lendemain vers Saint Jean de Luz, (à 2 heures de mer seulement, côté Est).

 

Avec un vent du Nord, force 4, donc de travers cette fois, Ciao file fièrement, arrosant régulièrement le pont de quelques pointes d’écume qu’il soulève depuis l’étrave. C’est une navigation agréable pour moi, même si sous l’effet de la houle encore bien présente, les coups de gîte sont plus marqués, et rendent les positions difficiles à trouver dans le cockpit. Sylvie aime un peu moins trouvant certains mouvements du bateau trop prononcés à son goût ; nous imaginons les avantages que procurerait un cockpit plus grand, une barre à roue, etc…

 

Nous naviguons assez vite et parcourons la douzaine de milles, en un peu moins de 2 heures.

L’idée d’un mouillage en baie de Saint Jean de Luz est rapidement abandonnée, car la houle s’y infiltre suffisamment pour le rendre inconfortable et rouleur.

 

Le port de Ciboure est au fond de la baie de Saint Jean de Luz ; il est tout petit et il n’y a que quelques rares places de passage ; un appel à la VHF à la capitainerie nous confirme que nous pouvons entrer.

 

Nous y faisons une escale qui se révèlera pour nous, finalement assez exceptionnelle.

Pourquoi ? Comment ?

Difficile de répondre si ce n’est que le temps s’est suspendu de lui-même…

Dès notre arrivée, nous profitons pleinement de la plage, des petites boutiques… Nous sommes en totale décontraction, entre séances bronzage, lectures et petites siestes…

Juste le plaisir d’être là, mais pleinement là… Conscience d’avoir fait un choix heureux, l’autre nuit… Pas l’ombre d’un regret, ni d’une déception… Bien au contraire ; ce n’est pas une réduction de programme que nous vivons, mais un recentrage sur une opportunité qui se révèle excellente.

 

Sur notre satisfaction, nous prolongeons d’une nuit, notre séjour au port de Ciboure.

 

Je note pour l’anecdote une soirée passée à la terrasse d’un  petit restaurant dans une rue en pente, où la vue de la table inclinée (certainement interprétée par le cerveau comme la gite du bateau) a réactivé très fortement et pour tous les deux en même temps, la sensation de mal de mer… Incroyables réflexes que même l’apéritif n’a pas réussi à dissiper…

Comment nos sens peuvent-ils nous tromper d’une manière aussi flagrante ?

Ces sensations disparaitront peut-être à mesure que nous amarinerons davantage…

 

 

De retour à Hendaye, nous faisons le point.

Le bilan de cette semaine a été excellent au niveau de notre ressenti ; l’un des meilleurs.

Pourtant nous sommes restés assez loin de ce que nous avions programmé…

 

Excellent, malgré (ou grâce à) la simplicité de ce que nous avons vécu ; c’est d’ailleurs ce qui me crée une difficulté à le traduire sur papier, ou à le transmettre… J’espère y être vaguement parvenu…

 

Définitivement, nous savons que le plaisir n’est pas lié à l’accomplissement de ce qui a été décidé, ni au côté spectaculaire des évènements, pas davantage aux coûts matériels en jeu, mais uniquement au plein accompagnement des circonstances qui se présentent à nous…

 

Sylvie et moi sommes bien en phase à présent sur ce point.

C’est une navigation de vie, en finesse, que j’ai apprise auprès d’elle petit à petit.

 

Auparavant j’avais l’impression que d’abandonner un programme était un peu comme céder à une facilité, conduisant à terme, à ne plus rien faire d’intéressant ou de conséquent dans sa vie…

Selon mes anciens réflexes, ne rien faire d’intéressant ou de conséquent, c’était perdre son temps…

 

Je sais aujourd’hui que c’est l’inverse.

Tout semble venir à point, et ce qui se vit, se vit pleinement ; c’est précisément cela qui procure une sensation de bonheur entier ; et en avoir conscience, c’est la cerise sur le gâteau…

 

Etrangement, nous remarquons que le temps passe moins vite dans le quotidien. Une semaine (comme celle-ci) peut très bien nous sembler en avoir duré le double, et une année en contenir plusieurs… C’est pratique !

 

Je savais que les notions de temps sont subjectives (déjà au lycée une heure de maths semblait plus longue qu’une heure de récré ou de sport) ; et combien de fois ai-je entendu qu’en vieillissant le temps semble s’accélérer…

Je me souviens de cette sensation, je l’ai eue aussi. Elle est totalement disparue.

A mon avis elle est engendrée par nos projections vers le futur, j’en avais beaucoup, et tant d’années y ont été aspirées…

 

Même si les rêves sont les bienvenus, et que de ceux-ci naissent des projets, je suis maintenant convaincu que les projections vers le futur dévorent le présent…

 

Dans l’attente d’avoir (ou dans la crainte de ne pas avoir), on oublierait d’Etre ?

 

Je ne ressens plus l’accélération du temps aujourd’hui, au contraire. L’espace temps se détend, comme moi, pour mieux vivre le moment présent...

Cette semaine à bord de Ciao en est une démonstration de plus.

 

Ce n’est certainement pas un hasard si le mot  - « présent » - est utilisé aussi dans le sens « cadeau »…

Et ce n’est pas un hasard non plus, si parfois son contraire c’est : « absent »…

 

 

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:19

La motivation c’est la graine !

 

Graine :

 

je ne comprends plus ce monde modélisé, dirigé par le profit individuel ; mercantile dans ses moindres recoins, qui petit à petit, fait des troupeaux de pseudos humains lobotomisés, portable à la main, écouteurs sur les oreilles.

Un tour en ville ou dans le tram… Vertige…

Mais que font-ils tous (ou presque) ? Où est la conscience de chacun ?

Ils déambulent…Mêmes démarches, mêmes looks, (il y a quelques variantes pour noyer le poisson, pour que chacun ait l’impression d’être original).

 

Je vois comme un théâtre de marionnettes, dans une pièce étrange dont le scénario serait :

 

Discrètement, et sans que ses membres s’en aperçoivent, toute une société est amenée à oublier son Sens ; elle est incitée à accumuler des biens matériels (de marque si possible), et à les sécuriser au maximum, à payer des redevances croissantes pour la possession de ces biens ; elle se sent obligée de consommer ; elle est sous emprise. Chacun travaille beaucoup pour y avoir sa place et y être reconnu…

 

Propos sévère ? Propos lucide ?

J’étais une marionnette, il y a peu de temps encore…

Mes ficelles se sont emmêlées (et finalement tant mieux !) alors aujourd’hui, une à une, je les ai coupées, et récemment j’ai dit  : « Ciao » !

 

La voilà la graine !

 

Bouh ! Mauvaise graine ! C’est une fuite ! Disent les marionnettes bien programmées…

 

Yes ! Bienvenue au club disent les autres ! (celles qui s'attaquent aux ficelles)... 

 

 

La préparation :

 

c’est laisser le temps à la graine de germer, de pousser d’avoir un climat propice ; favoriser son épanouissement, entretenir le terrain, pour que cette pousse devienne une jolie plante, ou peut-être un arbre…

 

Parfois je me demande ce que je fais là à tapoter mon clavier pour écrire les pages de ce blog, en ce printemps, alors que le temps est au beau, et que je pourrais être sur le bateau, et commencer à organiser concrètement les étapes…

 

J’arrose la graine ?

Non, même pas ! J’évite surtout de tirer sur le germe pour qu’il grandisse plus vite !

 

Je lis ici et là que beaucoup de gens (de plus en plus, et c’est un signe qui me plaît…) nourrissent un projet similaire de voyage, ou de grand départ ; Il est vrai que parfois les motivations sont différentes.

Parmi les candidats, selon mes lectures, on distinguerait grossièrement trois grandes catégories ; c'est certainement réducteur, mais ça m'inspire ...

   

-          Ceux qui partent un peu brusquement, et qui se préparent en cours de route tant bien que mal ; en gérant les surprises, les désagréments, les enseignements, dans le vécu…

C’est le genre : Tiens ! Un arbre pousse dans une jardinière, sur un balcon ! Faudrait le replanter quelque part… Parfois il reprend, parfois il pousse tordu, parfois il meurt…

 

-          Ceux qui se préparent longtemps…Longtemps, dans les moindres détails, et trouvent toujours quelque chose à mettre au point avant de partir, et de ce fait ne partent jamais… A trop arroser la graine, on la noie !

 

-          Ceux, qui suivent un planning de préparation daté, avec une liste d’actions, et qui gèrent le timing comme une entreprise gère ses commandes, et le jour « J » larguent les amarres, conformément aux prévisions. Jardiniers confirmés !

      Et puis le jour  prévu, ils rentrent.

 

 

Par réflexe, je m’apparenterais volontiers au troisième groupe, mais le cadre rigide me gêne (listes, planning…)… Mais moi j'y verrais encore assez facilement des ficelles de marionnette ; et le projet, peut-être une manière de les cacher… Jugement personnel ? C'est possible... 

 

Ca me résonne un peu comme s’il était nécessaire de mettre un cadre pour garantir le bon déroulement des choses, éviter les dérapages, servir de garde-fou...

 

Non ; je n'ai pas envie de rentrer dans cette vision-là du concept... J’appartiens certainement à un quatrième "profil", bien représenté lui aussi, vraisemblablement plus flou dans son organisation, (on ne sait pas trop où ça commence, où ça va, et combien de temps dure le voyage)... Mais C'EST... et c'est déjà beaucoup) ;

  

D’ailleurs pourquoi y aurait-il deux étapes ; avant départ – et – après départ ?

 

Dès que la graine est en terre le coup d’envoi est déjà donné, non ?

 

Pourquoi ne pas vivre le tout, en un immense voyage…

 

C’est déjà un grand chemin à parcourir que de partir d’une vie conventionnelle avec une maison, un travail, une vie sociale bien rangée, vers la conception, puis l’acceptation et finalement le projet d’une existence plus ou moins nomade, justement non cadrée, où le confort matériel s’oublie, où rien n’est établi…

 

Le voyage dont je parle, celui qui m’habite, c’est comme un végétal naturel, en pleine nature ; il s’est mis à pousser tout seul, pas parce qu’on l’a semé, mais simplement parce qu’un jour j’ai débroussaillé autour, parce que je l’ai enfin laissé respirer…

 

Plus haut, je me demandais ce que je fais là, à tapoter mon clavier pour écrire les pages de ce blog, en ce printemps, alors que le temps est au beau ?

 

J'ai la réponse ; je lui fais de la place à cette jolie pousse…

 

De l’intérieur, j’observe son terrain ;

Comment se fait-il que je n’ai pas « cultivé » plus tôt cet endroit de moi ?

Qu’est ce qu’il fait là dans ma vie ?

Est-ce qu’il n’est pas trop tard ?

Aura-t-il le temps de grandir ?

Il ne faudrait-pas que la végétation m’envahisse quand-même !

Comment çà se taille pour lui donner une jolie forme ?

 

 

 

 

Dans le concret, c’est autre chose :

 

J’extériorise ma vision des choses par ce blog, et çà m’aide…

 

Je concocte un petit programme de navigations pour cet été (pour l’entrainement physique et les compléments d’expériences).

vers les iles CiesCe sera au départ de Hendaye, forcément, vers l’Ouest, logiquement ; trois semaines en tout ; pour d’abord atteindre La Corogne, et ensuite si les conditions météo laissent passer Ciao, le Cap Finisterre, (extrémité nord ouest de l’Espagne) et idéalement un peu plus au sud, avant la frontière portugaise, les îles Cies au large de Vigo.

Une semaine là-bas et retour sur Hendaye.

Le programme est jouable en théorie, parfois venté et chahuté paraît-il...

 

Cependant il est attrayant ; il paraît que les îles Cies aussi appelées « îles des Dieux » sont superbes et encore peu fréquentées. Cet objectif implique de longues navigations, quelques nuits en mer, la gestion des repas en navigation, bref tout ce qu’il est besoin de valider…

Pas d’enjeu cependant, on verra au moment…

 

Ce serait sympa quand même, car cette croisière est sur la route d’un autre voyage qui se profile pour un peu plus tard ; celui-ci serait sur les côtes sud du Maroc, à Sidi-Ifni, où un ami nous y a invité, tel un défi, ou un challenge… Et de Sidi Ifni aux Canaries il n’y a qu’un pas… Alors …

 

 

 

Aussi, j’envisage sérieusement de changer de bateau pour un plus grand…

Etape nécessaire dont je m’occuperai l’hiver prochain. (j’y regarde déjà) – voir la page Tentation au Salon de l'Occasion de Port Camargue, le 22 Avril 2011.

 

Je glane des informations sur internet, sur des sites de voyageurs ; Il y a d’excellentes sources ; je viens de commencer une page de liens sur ce blog, à l'usage d'autres qui s'égareraient par ici... page :  Partages : J'ai lu.... Je clique...

 

J’étudie la météo, les particularités climatiques ici et là, la lecture des cartes isobariques, les nuages, lire le ciel… Météo - Sud Ouest - Côte basque - Côte nord Espagne

 

Je bosse aussi la technique (branchements de panneaux solaires, mise en place de régulateurs d’allures, les moyens de communication divers…)

 

 

 

 

Une à une, les pièces de puzzle se rassemblent, le projet se met en place, à son rythme, sereinement.

 

 

Il me plait à penser (*) que l’univers s’organise autour de chacun de nos souhaits profonds, comme pour y répondre ; ou plutôt, pour mieux nous permettre d’y répondre…

 

Croyance ? Peut-être…

 

Loi de la Vie ? Qui sait ?

 

 

 

 

(*) L’avantage pour le marionnettiste (et il le sait), est que les marionnettes ne pensent pas...

 

Dans ce cas l’Univers ne peut rien pour elles … Ca c'est certain !  

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Feeling Du Blog

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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

à travers le monde,  

et l'homme qui se regarde avec un peu de recul, déplie son rêve, l'observe, et tente d'exprimer

sa propre découverte...

 

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Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

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