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Marmitako à Castro Urdiales…

 

Au cours de notre ballade estivale 2011, nous composions assez difficilement avec les vents qui étaient, soit d’Est soit d’Ouest, mais souvent à l’inverse de nos souhaits, nous avons fait un parcours en zig zag, (ou plutôt en va-et-vient) et nous sommes passés trois fois devant le petit port de pêche de Castro Urdiales, sans y faire escale...

Nous ne nous sommes pas arrêtés, parce que nous le savions charmant, d’après les documents touristiques et les « radio-pontons » et que nous voulions y consacrer un peu de temps lors du retour…

 

C’est le 14 Août, en début d’après-midi que nous nous y sommes entrés, après 7 heures de navigation, en provenance de Santander…

 

D’abord, nous recherchons vaguement une bouée sur laquelle nous accrocher, dans ce large bassin qui n’est pas équipé pour la plaisance ; aucune n’est libre, elles sont réservées aux espagnols locaux…

Nous remarquons que trois ou quatre voiliers de passage ont mouillé l’ancre à l’entrée du port.

 

Nous trouvons plus pratique d’accoster le long du grand quai Nord, destiné normalement aux chalutiers. Il est totalement libre, et notre petit bateau se fera discret…

Approche, observation, comme toujours en lieu inconnu…

 

Bien que ce soit pleine mer dans un peu plus d’une heure, le quai de béton est encore à environ trois mètres au dessus de nous, ce qui semble bien haut. Nous choisissons de nous placer juste devant une échelle rustique en métal rouillé encastrée verticalement dans le mur de béton, et qui nous permettra d’aller à terre.

Nous passons nos amarres avec beaucoup de longueur, en prévision de la descente des flots, plus tard, vers la marée basse.

 

L’endroit est assez remuant, et je suis contraint de jeter l’ancre à bâbord afin de tenir l’avant du bateau éloigné du mur, que je trouve un peu agressif par moments…

 source-technique-6097.jpg

Nous voilà posés, devant une carte postale d’un petit port typique espagnol. Un lieu qui a su mettre en valeur son patrimoine, préserver une esthétique et aussi qui sait charmer le voyageur avec ses quais animés de petits restaurants et commerces…

 

Il y a particulièrement beaucoup de monde en ce jour bien que le temps ne soit pas très engageant. Le ciel est plombé, à la limite des précipitations, et la température correspond davantage à celle d’un mois de Mai.

 

Nous voyons des groupes de jeunes, visiblement en équipes qui déambulent dans les rues, en chantant ; ils semblent se réunir sur un terrain surplombant la mer. Ils sont très nombreux, plus d’un millier vraisemblablement… L’ambiance est bon enfant, ils chantent, sourient, s’amusent avec beaucoup de complicité.

Ce sont tous des ados, le plus âgé ne doit pas dépasser les 22 ans environ.

Ils boivent un breuvage jaune clair qui semble avoir des vertus euphorisantes…mais pour l’heure, sans excès.

 

Quelle est cette fête ?

Nous demandons à quelques jeunes filles quel en est l’objet. Il s’agit d’une fête annuelle baptisée « Marmita 2011» cette année. Elle dure 48 heures d’affilée. Le premier jour, les équipes se forment, déambulent dans les rues, se font remarquer, se démarquent des autres, s’amusent entre elles. La soirée est animée par les bandas qui sillonnent la ville, et une soirée dansante en plein air sur les quais tient tout ce petit monde jusqu’aux petites heures du matin.

 

Ils feront nuit blanche, et le lendemain matin, ils confectionneront par équipe la recette culinaire basque le « marmitako ».

A mi-chemin entre potage et un ragoût de thon mijoté avec des légumes en morceaux, ce plat sera ensuite soumis à un jury, pour départager les gagnants…

 

Forts de ces explications, nous poursuivons notre petit tour de reconnaissance et nous nous posons à la terrasse d’un restaurant, espérant vaguement être encore dans le créneau du service à table. Il est environ 16 heures, et bien que ce soit « l’heure espagnole », le serveur n’est pas très enthousiaste…

Qu’à cela ne tienne, nous réservons pour le service du soir, vers 20 heures, là nous serons vraisemblablement parmi les premiers à être servis…

 

Nous faisons quelques pas sur un promontoire face à l'océan, où l'église Santa Maria de la Asuncion (XIIIe siècle) et un château (XIIIe siècle) dominent les ports et la ville ; nous rejoignons doucement le bateau ensuite.

 

Les passants, sont nombreux sur le quai ; beaucoup s’arrêtent au niveau de Ciao, et profitent de leur point de vue plongeant car la marée redescend maintenant doucement, et le quai nous surplombe encore un peu plus. Ils commentent en espagnol ; nous ne comprenons pas…

Nous sommes étonnés de l’intérêt qu’ils nous portent, imaginant que ces personnes soient habituées aux voiliers de passage… Peut-être ceux qui prennent place le long du quai sont ils rares ?

 

Tant qu’on ne nous jette pas de cacahuètes, il n’y a aucune raison de s’inquiéter…

 

Nous débarquons un peu avant 20 heures, par la repoussante échelle rouillée, qui nous demande une escalade d’environ 4 à 5 mètres maintenant… C’est un réel exercice pour Sylvie, mais elle s’en sort honorablement, même si je remarque qu’elle semble aimer le contact avec les barreaux métalliques, tant elle serre l’objet tout en remontant…

 

La soirée « resto » est agréable ; beaucoup de monde gravite sur la petite place, et sur les quais ; vers 22 heures, nous rejoignons lentement le bateau, en longeant de multiples stands organisés pour l’occasion. 

Tonnelles, parasols, chaises de jardins, glacières, réchauds à gaz, ustensiles de cuisines… Nous observons chaque petit groupe qui s’est installé dans un carré de quelques mètres de côté. Ils sont joyeux, toniques, dynamiques, animés ; ils rient, et parlent fort, mais aucun ne semble en excès ; ce qui nous étonne, par rapport à nos repères des ambiances de férias, côté français.

 

Lorsque nous arrivons en face de Ciao, une sorte de vertige s’installe en le regardant se balancer. Nous sommes à basse mer maintenant et il se trouve à environ 7 mètres sous nos pieds. Autant dire que la tête de mât est plus beaucoup plus proche de nous que le pont…

En observant l’échelle dans sa partie basse, je la vois chargée de moules, d’huitres et d’algues sur les derniers échelons, puis je distingue le bas de l’échelle (la fin… Il n’y a plus de barreaux)  alors que le bateau est encore un peu plus bas…

Euh... Là il y a un problème…

 

Descendre dans ces conditions ne ravit absolument pas mon équipière, et je dois dire que je ne suis moi-même, guère motivé.

 

Rapide Calcul malgré l’heure tardive, et les effluves du repas :

 

Le niveau va descendre encore un peu, pendant environ trois quart d’heures, pour atteindre l’étale de basse mer ; donc dans une heure et demi, (le double) il sera revenu comme maintenant…

Si nous voulons retrouver la même position que lorsque nous avons débarqué, il faudra attendre environ 3 à 4 heures…

Il est 22 h 00 + 4 h00 … çà veut dire que nous pouvons aller faire la fiesta jusqu’à au moins 2 heures du matin…

 

Sitôt dit, sitôt fait… Demi-tour !

Nous rejoignons les rues à l’ambiance chaude de la ville, et emboîtons le pas des bandas (fanfares) qui défilent dans les rues ; elles s’arrêtent ici et là pour une aubade spécifique, généralement face à un café …

Nous oublions le bateau, l’heure, et le poids de notre repas, et nous vivons la partie festive de « la marmita » auprès de ces espagnols joyeux…

 

Un groupe musical de Bilbao, occupe un podium sur les quais, et envoie très fort une musique pop-rock sur laquelle nous nous glissons agréablement dans le rythme, et rejoignons la piste de danse.

Il fait chaud finalement…Nous retrouvons la « légèreté », et la « dynamique », nécessaires pour suivre les morceaux qui s’enchaînent, comme si la fatigue n’était plus de ce monde…

Nous donnons sans compter, jusqu’à la dernière note de musique…

 

Lorsque le rideau tombe sur le podium, nous réalisons qu’il est déjà presque 3 heures ;

Nous allons pouvoir envisager rejoindre notre couchette, maintenant…

Les jeunes sont toujours là, entre eux, sur les quais… Ils discutent, jouent aux cartes, écoutent de la musique…

 

Ciao est fidèle au rendez-vous, « à la hauteur », comme un bon bateau qui se respecte…

 

Dans la matinée du 15 Août, chaque marmite de chaque équipe concocte cette savante recette de Marmitako, à laquelle nous aurions volontiers goûté… Mais nous n’avons pas trouvé l’occasion de concrétiser cette envie.

Vers 13 heures, nous entendons sur les hauts parleurs le jury qui commente et dépouille les résultats… Nous ne comprenons pas grand chose ; les conversations sont animées… les gagnants sont mis à l’honneur.

 

En début d’après-midi, petit à petit, les jeunes semblent de moins en moins en forme ; leurs tenues sont relativement défraîchies, les coiffures en bataille, et les regards bien vagues… Certains sont avachis à même le sol, endormis. C’est le relâchement général.

 

Puis progressivement, les éclaircies aidant, les esprits se réveillent, l’un saute à l’eau depuis le quai, suivi d’un autre, puis encore un. Rapidement c’est une pluie de jeunes espagnols qui s’abat dans le port, de part et d’autre du bateau. Nous commençons à être inquiets pour leur sécurité, prenant conscience qu’une chute sur le bateau serait gravissime…source-technique-6111.jpg

 

Nous rejoignons Ciao, lorsque nous sommes interpellés par la sécurité, qui nous demande de quitter immédiatement l’emplacement, et de nous placer au mouillage dans le bassin. En effet les esprits se sont animés, des morceaux de fruits issus de la sangria atterrissent sur les bancs du cockpit, ainsi que quelques tâches rosées d’une pluie assez spéciale, sucrée, alcoolisée… Cà chahute vraiment là-haut !

 

Nous larguons  rapidement les amarres, mais au moment de quitter le quai, l’ancre reste coincée entre deux rochers sous le bateau… Impossible de la sortir, même par traction sur l’orin prévu à cet effet.

Les hommes du zodiac de la sécurité nous aident, à tirer la chaîne dans une autre direction, mais sans résultat.

L’ambiance est à son plein maintenant, on ne compte plus les jeunes qui sautent à l’eau ; sans cesse ils s’élancent dans le vide, amerrissent en fracas, et remontent aux échelles pour recommencer.

Nous sommes sur le point d’abandonner l’ancre, tant il nous paraît assez urgent de quitter l’endroit…

 

La sécurité essaye vaguement d’éloigner les jeunes de la zone pendant que nous tentons une dernière manœuvre aidés cette fois d’un bateau à moteur plus puissant.

Le point de blocage cédant assez rapidement cette fois, nous quittons les lieux promptement avec une sensation de soulagement.

 

Mouillage dans le bassin pour terminer cette journée… L’ancre disparaît à plus de 15 mètres sur fond de vase… S’il le temps est calme, ça tiendra…

 

 source-technique 6120

 

Il nous semble comprendre à postériori, l’étonnement des passants en bordure de quai, lorsqu’ils s’arrêtaient à la hauteur de Ciao la veille. Il devaient connaître les habitudes locales, et trouver notre emplacement bien original en cette circonstance… Ils devaient s’imaginer la suite…

Nous avons certainement eu un peu de chance ; rien de problématique n’est tombé sur le bateau.

 

Moralité :

 

Si vous aussi vous passez par Castro Urdiales le 14 ou 15 Août, ne ratez pas l’ambiance de la « Marmita », c’est génial ; faites escale !

Mais évitez de vous amarrer au quai, sous les stands, cette idée là, n’est pas la meilleure qui soit…

 

 

Recette du Marmitako :

 

Préparation : 15 min
Cuisson : 35 min

 

Ingrédients (pour 6 personnes ) :

- 800 g de thon rouge 
frais
- 2 gros oignons

 - 10 piments rouges doux
- 10 piments verts doux
- 4 belles tomates

 - 2 gousses d'ail

 - 6 pommes de terre

 - huile d’olive
- sel, poivre

- 1 bouteille de bon vin blanc sec

 - laurier

Préparation :

Couper le thon en petits morceaux, ainsi que les piments et les tomates. Emincer ail et oignons.

Faire revenir le tout dans 5 cuillères à soupe d’huile d’olive. Le récipient idéal, est une grande cassolette en terre.

Lorsque l'oignon
est blond, incorporer les pommes de terre taillées en dés. Bien mélanger et assaisonner. Mouiller avec le vin blanc et un verre d’eau.

Pour éviter que le goût ne soit trop corsé, il est conseillé de flamber le vin avant son addition à la préparation.

Recouvrir le plat et laisser cuire sur feu doux, une bonne demi-heure. Servir chaud.

 

 

 

 

 

Source : http://www.marmiton.org/recettes/recette_thon-marmitako-pays-basque_11826.aspx

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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