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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 19:53

Quand le beau temps est là, c’est un peu comme quand on a la jeunesse, la santé, ou lorsque les amours vont bien ; moi j’ai l’impression que ce sera toujours comme ça… Immuable… Eternel quoi !

J’ai dû déjà me « faire avoir » (au moins) cent fois, mais j’y crois toujours….

 

Alors un beau matin, je me demande bien pourquoi, quelqu’un a dû mélanger le jeu !!

 

Par exemple, à Majorque, en partant de Porto Cristo, on voudrait aller vers le sud, et « curieusement » le vent est fermement tourné vers le Nord, tonique, déterminé, inflexible, comme s’il nous montrait du doigt la direction à prendre. Bon je sais bien qu’en voilier, il faut adapter sa direction à celle du vent, ou attendre que le vent vienne à tourner pour enfin aller là ou on voudrait…

C’est la théorie.

En pratique, nous sentons le calendrier sournoisement avancer en arrière-plan, et nous n’avons pas envie d’attendre ni d’aller en sens inverse…

 

Et pourtant…

 

 

Nous avions initialement envisagé d’effectuer de contourner Majorque dans le sens des aiguilles d’une montre (distance la plus courte pour nous placer au sud, prêts à traverser vers Ibiza).

Nous aurions longé sa côte la plus urbanisée de Majorque, la plus aménagée en hébergements touristiques…

Nul ne sait si elle nous aurait plu sous cet angle, mais Il y a assez peu de chance selon nos premières perceptions ; et nous aurions vraisemblablement traversé rapidement vers l’île de Ibiza, et ses petits ilots rattachés qui semblent plus attirants.

 

Nous avons choisi d’obtempérer aux ordres du vent, espérant qu’il nous accompagne fidèlement jusqu’au bout… Nous décidons de faire le grand tour par le Nord… Mauvaise pioche ?

 

Après un départ fulgurant (allure de nature à mettre à l’épreuve les (menus) biceps du second qui tenait la barre) toutes voiles dehors, Ciao avale facilement et rapidement les 25 milles qui nous amènent au mouillage de la Cala Aguila, derrière la Pointe Nord Est de l’Ile (Cabo de Pera).

Nous avons la surprise et le plaisir d’y revoir un couple de canadiens (Michel et Martine) sur leur bateau rouge « La foret d’eau ». Nous les avions croisés sur la plage de Porto Cristo, en débarquant avec l’annexe. C’est en voyageurs davantage intéressés que curieux, nous avions réciproquement échangés les grandes lignes de nos projets… Ils sont partis du Canada depuis 2 ans, avec un seul regret disent-ils… De ne pas l’avoir fait plus tôt…la foret d eau

Personnages sympathiques, qui portent sur eux, tout en couleur, les 2 ans d’aventure qu’ils viennent de vivre à la quelle ils adhèrent, arborant fièrement qu’ils se déplacent à 95 % à la voile (c'est-à-dire en composant avec le vent ou l’absence de vent et en utilisant le moteur qu’exceptionnellement… Bravo pour l’exploit ! Sur Ciao, si nous tenons les 50 % ce sera pas mal…); ils nous évoquent une année en escale aux Açores, les mouillages du Portugal employant des qualificatifs qui s’échappent de leurs lèvres avec engouement…

Nous faisons des parallèles avec notre vécu du voyage, jusqu’à ce jour, et nous constatons que le temps nous manque pour pouvoir envisager de musarder ici ou là, et d’attendre le vent …

 

Le lendemain, d’un autre bond tout aussi rapide et glissé, (Eole est fidèle au rendez-vous) « Ciao le brave » pointe ses étraves vers le Cap Formentor (Pointe Nord-Ouest de l’île), et nous pose juste avant le cap, dans la cala « En Gossalba ».

J’avais repéré l’existence de cette cala en lisant le blog du voilier « Renaissance », et il faut rendre à César ce qui est à César : merci à Christelle et Jean-Rémi, d’avoir mis sur la route de Ciao un lieu aussi riche en vécu et en ressentis.

 

Jusque-là : « bonne pioche » !

Un écrin de pierre orné d’arbustes, un théâtre de falaises, comment dire… un endroit où on hésite à entrer en se demandant si c’est autorisé tellement c’est beau et nature… Il n’y a personne lorsque nous arrivons…

La crique se termine par deux petites plages de galets, donnant immédiatement envie d’y débarquer. De vagues sentiers se dessinent parmi les roches et les pins accrochés au relief. Quelques chèvres sauvages commentent entre-elles notre arrivée…

Ciao trône au beau milieu de l’étroite crique. C’est donc tout bonnement royal !!en gossalba

 

L’endroit est magique, des poissons tournent autour du bateau. A peine arrivés, nous mettons une ligne à l’eau avec un morceau de fromage, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous remontons une jolie « oblade », puis une autre, plus grosse encore…

Ensuite plus rien ; qu’importe, notre repas du soir est assuré.

Sans doute attirés par notre présence (un bateau au mouillage en appelle souvent d’autres) plusieurs embarcations sont venues près de Ciao, puis en fin de journée elles nous ont rendu l’exclusivité du lieu… Sublime soirée intimiste, début de nuit impressionnante, noire comme de l’encre entre les murailles avant que la lune ne se lève… Silence spatial… Moments d’éternité…

 

J’ajoute pour les voyageurs qui, au hasard des clics, liraient ces lignes ;  si vous passez par là, enfoncez-vous à pieds en suivant le sentier qui part de la plage et remonte le torrent à sec. Au terme d’une marche d’environ 45 minutes, parmi les pins, les petits palmiers, les rochers et les chèvres, vous arriverez sur les sommets de l’île, avec un point de vue vertigineux sur le cap Formentor et ses abords. C’est la cerise sur le gâteau de cette escale de charme !

 

Dans la nuit, quelqu’un a encore mélangé le jeu… Le mouillage s’est agité, laissant entrer une houle assez forte. Nous avons très mal et très peu dormi ; j’ai dû aller vérifier plusieurs fois si l’ancre tenait bon. Excès de précaution certainement, mais c’est ainsi que l’expérience s’acquiert…

 

A partir de là, « la pioche » devient moins bonne…

 

Plusieurs fois, nous entamons des navigations que nous sommes contraints d’écourter car le vent s’est inversé en cours de route, ou au contraire il nous a malmenés avec des courtes vagues de 2 à 3 mètres dans tous les sens comme c’est le secret de la méditerranée… Nous faisons de nombreuses escales intermédiaires, inconfortables elles-aussi…

La fatigue s’accumule, et pendant ce temps le calendrier feuillette ses pages bruyamment.

 

Le bateau se comporte bien, dans les surfs, le GPS enregistre notre vitesse maxi jusqu’alors, de 11, 2 nœuds... (pour donner un repère aux terriens, en voilier de croisière, quand on avance à 6 ou 7 Nœuds on est content, 8 est presque un luxe !)

 

D’escales en escales, nous trouvons que décidément le tour de Majorque se révèle bien long même si la côte Ouest se révèle superbe… C’est un dédale rocheux, abrupt, insolent, sauvage, inhabité et inhabitable, impossible à accoster sauf à de très rares endroits (comme Porto Soller par exemple)…

 

Après 8 jours dont le programme n’a pas été réellement choisi, Nous sommes à Andraitx (petit port avec zone de mouillage, au sud de Majorque) un créneau se dessine pour traverser et aller vers Ibiza, mais il est court ; il faut jongler entre deux rotations de vent, c'est-à-dire faire confiance à la météo… La durée de la traversée est d’environ 12 heures… Nous constatons que si « par hasard » la fin du créneau s’avançait de quelques heures, nous serons au milieu de la traversée avec du vent fort et contraire (impossible à remonter en catamaran). Situation pas très tentante…

 

Concertation de l’équipage, pour admettre que indépendamment de notre envie d’avancer il y a encore beaucoup de fatigue résiduelle…

 

Nous changeons alors de lieu, pour trouver un refuge plus calme et mieux orienté que Andraitx. A 1 heure de là, nous jetons l’ancre à Camp de Mar. Très bon abri pour les vents de Nord Ouest, et nous y attendons que les conditions soient plus stables pour traverser vers Ibiza. Bonne option finalement. Nous récupérons sainement, déplorant d’être arrivés dans une « crique poubelle » qui a accumulé des sacs de plastique par dizaines. Pas de baignade donc…

 

Nous venons de passer 8 jours sur Majorque avec la sensation de ne pas avoir réellement fait de choix ; nous nous sommes simplement adaptés, avec parfois de bonnes surprises, mais sans globalement y trouver vraiment notre compte…

Et notre « crédit temps » aux Baléares touche à sa fin ; nous savons que nous allons inévitablement devoir écourter la visite à Mélissa, métisse d’ Ibiza…

 

Go ! Au terme de 12 heures de navigation paisible, nous atterrissons sur l’ilot Tago Mago au nord-Est d’Ibiza ; petit caillou qui nous offre un abri de la houle pour la moitié de la nuit, et nous laisse profiter de l’agitation la seconde moitié, le vent s’étant encore inversé…

 

Passer à Ibiza (l’île) sans voir Ibiza (la ville) ce serait dommage… disait Syl !

Me ralliant ainsi à son envie de découverte de ce lieu, nous décidons de rentrer au port d’Ibiza pour être au cœur du sujet.Ibiza

 

J’aurai envie de m’attarder plus tard sur ce ressenti et ce vécu de 24 heures à Ibiza, et je lui consacrerai certainement une page ultérieurement…

En synthèse, je peux écrire que nous en emportons un souvenir marqué, qui justifie pleinement notre décision d’escale dans cette ville où rien n’est vraiment comme ailleurs…   

En quittant Ibiza, nous descendons rapidement sur l’île de Formentera.

 

Formentera ; c’est précisément là où nous aurions aimé nous attarder quelques jours ; selon les informations disponibles sur internet, et divers récits, cet endroit isolé, semblait  avoir conservé des mouillages clairs et tranquilles, de possibles lieux de paix et de sérénité où nous comptions fermer le volet des îles Baléares.

 

La bonne blague !

Les lieux sont sympathiques certes, l’eau cristalline et chaude, sans aucun doute mais la chose a dû s’ébruiter…

Nous sommes effarés de constater qu’il y a pratiquement autant de bateaux au mouillage que de voitures sur le parking d’un centre commercial un samedi… J’exagère à peine !

Les lieux sont saturés de fréquentation, et nous ne sommes qu’à la mi-juin…

Le spectacle est saisissant ; Il y a bien quelques « petits bateaux » mais nous slalomons essentiellement entre des vedettes plus somptueuses les unes que les autres ; plus loin, un « fameux-trois-mâts-fin-comme-un-oiseau-hisse-et-oh-Santiano ! »… yachtPuis un yacht, un navire, appartenant à on ne sait quel milliardaire, nous observons au passage le manège des membres d’équipage au service de cette personnalité… Sur quelle planète sommes-nous ?

 

Bien évidemment, avec notre Ciao aux allures de 4x4 des mers, nous tentons de nous poser à l’écart de tout cet étalage, par 2 mètres de fond, et nous profitons des 26 °de l’eau de cette immense piscine…

Nous serons délogés un peu plus tard suite au passage d’un des ferries desservant le port de « La Savina » ; ce monstre se déplaçant à une vitesse hallucinante, lève des vagues qui arrivent sur Ciao sans que nous ayons le temps de réagir. Basculement latéral, une coque, puis l’autre, et on recommence ; les tasses à café sortent de leurs rangements, la cafetière se retourne, le frigo s’ouvre, tout se qui n’est pas rangé décolle, et notre Syl est cramponnée dans le cockpit convaincue qu’elle va passer par-dessus bord… Ciao n’en fait rien, (il tient trop à son équipière), mais si nous voulons conserver un peu de vaisselle intacte, il semble raisonnable d’aller ailleurs…

 

Moins de 5 minutes plus tard, nous levons l’ancre et rejoignons le « parking du supermarché » le temps d’étudier les cartes et définir un autre point de chute loin, malheureusement très loin des charmes rêvés de Formentera ou le hors-saison se situe vraisemblablement autour du 32 février…

 

A l’heure de ces lignes, nous sommes en escale à Alicante ; les îles sont loin derrière, et en ce qui me concerne, je reconnecte pleinement avec le concept du voyage en bateau ; nous avançons au fil des possibilités, découvrons des lieux moins fréquentés, moins apprêtés, ou la part d’inconnu est plus vaste, tout simplement parce qu’on en attend rien. Je préfère, et de loin…

 

A Alicante, le thermomètre affiche 36,9 degrés dans le carré du bateau ; nous sommes écrasés par la chaleur, et nous sommes à l’heure espagnole attendant la relative fraîcheur de la soirée et c’est l’occasion de finaliser ces lignes.

 

AlicanteCe soir, à Alicante, démarre la fête du Solstice d’été ; du 20 au 24 Juin ce seront 4 jours de fiesta à l’espagnole, les rues du centre-ville sont bloquées ; tels des chars de Carnaval, des réalisations artistiques de dizaines de mètres sont érigées aux quatre coins des quartiers représentant des personnages historiques ou des figures de dessins animés… Les terrasses couvrent des rues entières, les podiums musicaux à peine distants les uns des autres promettent une nuit à un niveau élevé de décibels.

 

Nous ne resterons qu’un soir !

Et le prochain article dans ce blog, dépendra de notre capacité à gérer cette tempête d’un autre genre…

 

A bientôt…

 

 

 

 

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 14:20

05 Juin – Minorque, ici Minorque…

 

Eh bien, les amis, les mots sont en vacances, le blog fait la sieste, et les images se dorent au soleil…

 

Ca veut tout simplement dire que tout se passe bien, comme des vacances au soleil et que le capitaine a également les « neurones écrivains » en dilettante…

 

Allez soyons sérieux, voici quelques lignes toutes fraîches…

 

D’abord, constatons que nous avons pris nos repères sur le bateau maintenant ;

les manœuvres de mouillages, les demi-tours « au centimètre » dans les ports pour tenter de faire un plein d’eau, sont devenus presque aussi simple qu’un créneau en ville.

Le second du bord manie les manettes du moteur comme un officier marinier, pendant que le capitaine gambade sur le pont ou sur le trampoline, avec, selon le cas, les amarres, les pare-battages, ou la commande du guindeau pour un ancrage quasi chirurgical entre deux rochers par des fonds bleus clairs dignes des piscines 5 étoiles (je ne sais pas si ça existe ?)

 

En mer, depuis que nous sommes sur les côtes de Minorque, c’est le calme plat, la méditerranée est un lac, et notre vent du moment s’appelle « Yamaha 9,9 Chevaux », pas gratuit, ni écologique, mais un mal nécessaire, pour rester à peu près dans nos dates et nos prévisions de trajet… 

 

 

CALA PUDENT 09Nous avons fait des sauts de puces, de calas en calas, en nous imprégnant de la particularité de chaque lieu ; ici un village de pêcheur, là une simple crique dans les rochers qui constitue un abri pour la soirée et la nuit, ailleurs une plage déserte aux allures de Robinson ; tout doucement, nous prenons le ton du voyage au long cours… 

 

ISLA DEN COLOM

 

Quant aux poissons, ils sont morts… - de rire certainement - car au bout de la ligne de pêche c’est le néant, quasiment le vide sidéral…

Je dis « quasiment » car 3 petits égarés d’une espèce très commune ont accepté de jouer le jeu, en se précipitant sur une ligne de palangrotte posée, au fond… PREMIERE PECHE

Ils se sont dévoués comme pour faire honneur à nos multiples efforts, ils sont montés à bord, puis se sont allongés dans la poêle, donnant un petit sens à nos quelques dizaines d’heures d’action de pêche, sans rien pêcher d’autre qu’un bidon de plastique égaré…

 

L’épuisette quant à elle, reste toute neuve…

Ceci veut aussi dire que notre marge de progression dans cette pratique est infinie…

 

Après un peu plus d’une semaine, nous avons salué Minorque le 4 Juin pour rejoindre sa grande sœur Majorque au terme de 8 heures de traversée.

 

De Minorque il nous reste une sensation mitigée, faite des plaisirs d’avoir découvert des lieux très naturels et charmants (d’ailleurs très recherchés aussi) et de l’agacement de voir parfois implantés des bâtiments monstrueux, hôtels ou résidences de tourisme, en dépit de toute logique esthétique sur des bords de plage superbes. Cala Macarella 19

Minorque la petite dernière à se faire coloniser par l’industrie touristique, semble curieusement à la fois y céder et y résister en même temps… ES GRAU 08

Sa configuration naturelle, contribue à relativiser sa fréquentation, évoquant parfois les paroles dans la chanson de Louise Attaque « elle est pas vraiment belle, elle est pas moche non plus… » Cala Macarella 04

J’ajouterai « mais elle est intéressante à découvrir », en dehors des sentiers battus ; peut-être aurions-nous aimé y passer un peu plus de temps…

 

Cala Galdana 01

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ISLA DEN COLOM 02

 

 

 

 SANDY BAY 05Cala Macarella 27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Majorque nous est apparue assez majestueuse de loin, avec un relief très marqué ; une vraie tête d’île !

Mais à mesure que la côte Est s’est dessinée plus nettement, les barres d’immeubles, et les concentrations urbaines se sont dévoilées en même temps, avec pour effet de nous inciter à ne pas trop nous attarder sur Majorque… A moins que les jours prochains atténuent cette première impression.

 

Nous nous sommes posés pour une nuit à Porto Cristo, petite enclave portuaire au cœur d’une ville de moyenne importance.

 

Pour l’anecdote, au mouillage, devant la plage, nous avons réalisé l’un des rêves de Syl :

 

2, 5 mètres de fond, eau claire, sable fin …Un plouf  depuis le bateau ! Et rejoindre le sable doux et chaud de la plage en quelques brasses à peine… Humm… Le vrai plaisir de la croisière quoi…

 

Mais, bien sûr, comme tout rêve, à un moment, le réveil est parfois brusque ;

En conséquence, ce matin vers 8 h 30, alors que l’équipage de Ciao est encore loin dans son abandon nocturne, un ferme et retentissant « Ban ! Ban ! Ban ! » ébranle le calme de la cabine, obligeant de capitaine à chausser en une seconde et demie, une tenue minimaliste …

 

Késako ???

Oups ! malgré la lumière aveuglante , deux silhouettes à casquette se dessinent à contre-jour ; dans un zodiac  avec inscription « Police du gouvernement de Majorque »…

Pas de doute, j’ai beau écarquiller les yeux, je vois toujours 2 policiers en uniforme, et un employé du port… (j’aurais aimé un petit déj au lit, mais je crois que c’est autre chose, je ne vois pas les croissants…)

 

On est « mal garés » peut-être…

 

« Passeport, imatriculacioooonnn de la barca  !!! »  No fondéar aqui ! Bla bla bla bla –

Euh, en fait, je crois qu’on est trop près de la plage… Il y avait une bouée jaune à ne pas dépasser, et elle est loin devant… Ben oui, mais le rêve de la Syl alors !!!!

 

Bon ; après avoir noté tous les numéros de tous les papiers, l’adresse, et le nom du capitaine (comme par hasard uniquement du capitaine…), nous sommes fermement invités à sortir de l’endroit… Ok ok.

 

J’ignore à ce stade si je recevrai, au retour un courrier aux couleurs espagnoles, avec en bas à droite un chiffre en Euros…

 

Il y a parfois des questions qu’il vaut mieux ne pas poser…

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 13:41

Que dire si ce n’est que nous avons approché la perfection lors de cette navigation…

Le rêve du plaisancier, le caviar du voilier, seraient des qualificatifs tout à fait de circonstance.

 

Nous sommes partis de Banyuls au petit matin, le Jeudi 24 mai, sur « une queue de Tramontane », vent violent qui souffle du Nord-Ouest dans la région du Languedoc –Roussillon, en ayant pris la précaution d’attendre que sa puissance soit sur le déclin.

 

Le départ a été énergique pendant quelques heures, poussés par un souffle encore bien présent, et des trains de vagues ayant retrouvé des hauteurs raisonnables (autour de 1 m, 1m 50)…

Le cap Creus, bête noire de la région s’est passé «comme une lettre à la poste » ; nous l’avons respectueusement salué, à bonne distance, tout ayant conservé (au cas où) une réduction de voilure, permettant de faire face à un « coup de gueule » de Môssieur le Cap.

Il n’en fit rien…

 

Rapidement, ensuite, nous avons trouvé un vent stable en direction, régulier en puissance, ni trop, ni trop peu, et notre compagnon Ciao, s’est mis à glisser élégamment sur une mer de plus en plus plate…

Entre 15 heures le Jeudi, et l’arrivée en baie de Fornels sur l’île de Minorque le lendemain à 13 heures, nous n’avons eu pratiquement aucun réglage de voile à effectuer, restant sur une allure de « près bon plein, tribord amures » (c'est-à-dire à environ 60 degrés d’un vent venant de notre droite). Tel un train sur ses rails, notre fier Ciao a tendu ses étraves sur le même point de l’horizon, jusqu’à ce qu’en sortent dans la brume du matin, les pointes rocheuses de l’ile.

 

Au menu de la soirée et de la nuit en mer, il nous a été copieusement servi  :

 

-          Un délicieux coucher de soleil doré et limpide,

 

Suivi de

 

-          Nuit sous une voûte d’étoiles magnifique, avec vision de la voie Lactée, et des constellations mythiques parmi lesquelles j’essayais de repérer le Sagittaire plein Sud, L’aigle avec Altaïr, Saturne dans la Vierge… avec une inévitable pensée vers nos ancètres dont les étoiles étaient les seules pouvant les guider…

 

-          Caresse légère et permanente du vent d’Ouest,

 

-          Aube délicate à peine fraîche, apportant dans ses premiers instants une étrange lueur métallique à la mer…

 

Pour le dessert,

 

-          Tour de magie de l’ami soleil, qui est réapparu à l’opposé de là où il s’était caché, flamboyant et gaillard, visiblement heureux d’avoir éclairé quelques milliards de nos semblables de l’autre côté de la planète…

 

Et en supplément, surprise de Neptune : Ballets de dauphins aux premières heures du matin

 

    


 
                                           

 

Bref un enchantement de croisière, pendant laquelle nous nous sommes relayés à la surveillance de la route, esquivant largement de temps à autre la trajectoire d’un cargo, où d’une embarcation de pêcheurs.

Le pilote automatique, « Mimi » s’est cette fois admirablement comporté, nous permettant d’effectuer une veille à l’intérieur, bien calés dans les banquettes du carré.

 

Nous voici, pour commencer, en escale sur l’île de Minorque, en baie de Fornels (au Nord de l’île), avec au programme de la semaine prochaine de nombreux petits mouillages dans les calas (calanques) rocheuses dont nous vous dévoilerons les couleurs dans un prochain texte…

 

Je referme cette page avec des pensées vers vous qui nous lisez, et qui êtes peut-être au travail, vers nos jeunes qui passent leurs examens, les parents, les enfants, nos voisins et nos amis, vous tous, dont les petits mots en commentaires, font des étoiles supplémentaires dans notre ciel.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 10:09

22 Mai 2012 - Ciao pause en Roussillon…

 

 

Tout comme un papillon trouve une jolie fleur, un bateau en croisière se pose naturellement dans une petite crique, ou un petit port typique, coloré, chaud ; l’équipage à peine débarqué goûte alors l’ambiance des vacances, au gré d’un petit marché animé, ou d’une terrasse ombragée…

Quelques jours plus tard, le papillon déploie ses voiles et avance vers un autre nectar sucré, d’autres façades inondées de soleil, des petites places sous les palmiers et autres icônes exotiques synonymes de dépaysement, et du plaisir de voyager...

 

Ce serait alors l’été, la saison des jupettes, des « petits hauts » chers à ces dames, des shorts et tee-shirts…

La mer à peine ridée, serait d’un bleu turquoise, un petit air viendrait rafraîchir les sourires, agiter les boucles des brunes, et leur faire danser les paréos…

Une petite glace ? Un tour à la plage ?

Humm…

 

Normalement ce serait comme cela…

Mais il semblerait que 2012, (année, paraît-il, de bouleversements) ait décidé en ce début de saison, de placer la Côte d’Azur en Alsace, et l’Ecosse en Roussillon…

 

Voyons …

 

A l’issue de notre première navigation, nous avions trouvé abri à Port-Vendres et nous y sommes restés deux jours au quai des pêcheurs, sous un ciel maussade, gris, plombé.

Séjour aux allures britanniques, où jeans, pulls, et blousons sont restés de rigueur...

 

-          Un temps de février ! Disaient les commerçants…

 

Bon ! Pas grave ! Nous avions besoin de récupérer, peu importe le temps qu’il a fait !

 port vendres

 

                                          Ciao à Port-vendres

 

Le jour le plus favorable (ou le moins mauvais) pour quitter Port-Vendres étant à priori Dimanche 20 mai, Ciao a largué ses amarres à 06 h 30 le matin, l’équipage vaillant et reposé.

 

Ce jour-là, dès notre réveil, nous nous trouvions déjà sous une pluie nordique ; et c’est vêtus de tous les polaires disponibles, vêtements imperméables, bottes, veste de quart, que nous avons appareillé.

Sous l’effet des coups de vents au large, la méditerranée était houleuse et grise, donnant le triste reflet du ciel tourmenté…

L’orage grondait sur la montagne ; l’horizon était bouché, laissant le loisir à quelques éclairs de déchirer la sombre grisaille au large… Pas engageant…

Un seul papillon a été aperçu en mer, et il rentrait s’abriter précisément là, d’où nous sortions…

 

Subitement la radio du bord a émis un bulletin spécial un peu nébuleux, annonçant une dégradation générale dans le courant de journée, contredisant ce qui avait été annoncé la veille ; il est vrai que ces jours derniers, les prévisions météo se sont montrées très changeantes.

C’est dire que de toute évidence les ordinateurs de météo-France et d’ailleurs n’y comprennent pas grand-chose à ce début 2012…

 

A peine étions-nous en mer, que l’idée de poursuivre dans ces conditions ne me ravissait plus du tout ;

Sur la route du Sud, il y a le cap Creus à passer, et sa réputation n’est plus à faire.

Je sais par ma petite expérience que si le temps se gâte sous les orages, nous allons vivre des moments pour lesquels j’estime que nous ne sommes pas encore suffisamment préparés : notre connaissance du bateau est insuffisante, notre amarinage n’est peut-être pas encore achevé.

 

Ce principe que m’enseignait mon grand père : « dans le doute abstiens-toi », est-il encore valable ?

En ce qui me concerne, et lorsqu’il s’agit de partir en mer : « oui ».

Syl plus confiante aurait volontiers poursuivi, se référant peut-être à Publius Syrius, (esclave conduit à Rome puis affranchi) : « le courage croît en osant, la peur en hésitant »…

 

La responsabilité revenant de fait au capitaine, Ciao est entré dans le port de Banyuls après 2 heures de navigation…

 

banyuls

 En saluant les bouées rouge et verte de l’entrée, nous savons que nous serons certainement bloqués ici plusieurs jours…

 

A Banyuls aussi il pleut.

 

La baie est plutôt jolie, avec ses maisons à flans de coteaux, son petit port niché dans un  recoin de la côte. Il n’y a pas de touristes. Nous apprendrons que nous sommes le seul bateau de passage.

 

Quelques instants nous réexaminons nos choix…

« Peut-être aurions-nous dû continuer ? » 

« Mais jusqu’où ? »

La côte espagnole a également pris des airs de côte bretonne, toute la région méditerranéenne est sous le mauvais temps… Les îles Baléares sont hors d’atteinte pour le moment, les vents sont contraires…

 

 

De toute façon, pour l’heure, l’option est prise : Escale à Banyuls.

 Alors vivons-la pleinement et faisons contre mauvaise fortune bon cœur…

 Que nous manque-t-il ?

 Nous avons chaud, nous sommes au sec, de quoi manger, en bonne santé…

 La vie est belle !

 

 

BANYULS 02

C’est l’occasion de bouquiner, de recentrer les idées, d’écrire pour le blog… (et de dire à chacun des lecteurs :  « merci pour vos petits mots laissés en commentaires sur nos précédents écrits… on a l’impression de vous emmener avec nous »)

 

Ce sera aussi une escale technique pour régler un souci mineur mais particulièrement casse-pieds.

Nous devons trouver de quoi réparer le palan de grand-voile de Ciao qui a fréquemment lâché prise dans la première navigation ; au démontage, il montre des signes de faiblesse, il est fendu et menace de casser ; il va falloir le remplacer.

 

L’autre avantage (et pas des moindres) de l’escale au port dans ces conditions humides et fraîches, est de pouvoir brancher un chauffage électrique, pour sécher l’atmosphère, les vêtements, la literie qui absorbe l’humidité ambiante.

 

Et pour fêter çà nous ferons du pain, et une tarte aux pommes puisque le four est chaud !

 

Allez un petit coup d’œil sur internet :

Une amélioration s’annonce pour le Mercredi 23, si elle se confirme, notre papillon Ciao prendra un cap au Sud, direct vers Minorque (la plus petite des Baléares, la plus à l’Est aussi).

 

C’est une navigation « XXL » pour Ciao au stade où il en est. Minorque est à 155 milles de là où nous sommes, ce qui devrait nous occuper pendant environ 30 heures, donc tout le monde a compris qu’il y a une nuit incluse… Reste à souhaiter que le pilote automatique soit vaillant cette fois (n’est ce pas Mimi ?), et la mer clémente…

 

Quant au seau bleu oublions-le, peut-être nous oubliera-t-il aussi ! 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 23:21

Baptême du feu…

 

Voilà 6 mois que nous fantasmions sur la première navigation du nouveau Ciao avec des dizaines de questions…

 

Cette « nav » revêt aussi toute son importance dans beaucoup de domaines, car elle réunit en elle beaucoup de « premières fois »…

 

A vous, qui nous accompagnez par vos petits mots dans le blog, vos sms,  vos petits mails, la voici dans ses principales lignes :

 

Jeudi 17 Mai 2012

Au départ de Port Napoléon à Port Saint louis du Rhône, l’humeur est légère ; il est 05 h 30 au point du jour l’image est jolie, prometteuse d’une belle journée, ciel limpide, rosé vers l’est, vent faible et dans le bon sens pour nous… Les prévisions météo se confirment, et nous devrions avoir ce temps toute la traversée. Nous nous dirigeons vers Cadaquès (Espagne), à 100 milles (180 km)

 

Tout fonctionne correctement, le bateau avance vite, à pratiquement 7-8 nœuds ; je n’ai pas d’anémomètre et j’estime que nous avons un force 3 ; nous portons toute la toile…

 

Deux heures après le départ, le vent faiblit un peu, nous envoyons le spi… Super !

Nous avançons à 5 nœuds à présent. C’est agréable, mais nous savons qu’à cette allure nous n’arriverons pas de jour.

 

Nous nous prenons à faire des parallèles avec ce que nous connaissons du bateau précédent, et nous sommes ravis, d’évoluer à plat. Le sillage est vif, bruyant, comme le roulement des vagues en bord de plage ; il y a une certaine puissance qui se dégage de ce déplacement fluide, sur une mer belle. Un régal.

 

Nous enclenchons le pilote automatique, et comble du luxe en navigation, nous prenons un bon petit déjeuner à table, (c’est une première fois) café, pain beurre confiture, comme à la maison… et jusque-là, tout est conforme au rêve !

 

Vers 11 heures le vent changeant de direction, nous devons affaler le spi.

Tiens ! Voilà la première blague de la journée : le spi se coince dans sa chaussette ; il reste totalement déplié, battant au vent qui monte un peu maintenant. Il ne faut pas trop traîner comme çà…

Je dois finalement batailler pour l’affaler en grand sur le trampoline, avant qu’il ne passe à la mer, et le rentrer petit à petit dans son fourreau. Quelque chose ne fonctionne pas dans ce montage !

Il faudra y regarder plus tard, au calme, car là avec ce petit quart d’heure tonique sur l’avant du bateau, à regarder en l’air, j’ai le cœur à l’envers. La mer est un peu agitée maintenant.

 

C’est d’ailleurs aussi la première fois que nous entreprenons une longue navigation sans être amarinés ; c’est la première sortie de la saison, et il faut croire que « la patate » qui me sert de cerveau a oublié ses acquis de l’an dernier !

Il me faudrait une petite récupération au calme...

 

Que nenni ! C’est le vent qui commande, et là il me donne l’ordre de réduire la voile ; Il arrive de travers, le bateau accélère, les vagues se forment, et ciao commence à me dire qu’il a besoin qu’on s’occupe de lui.  Bon ok, on prend 2 ris d’emblée on sera tranquilles…

 

Monter sur le pont se concentrer sur la voile, capeler correctement les bosses de ris, font que j’oublie de gérer mon équilibre pendant le même temps…

 

Et c’est comme çà qu’a commencé le « festival du seau bleu » !

Quand on a l’estomac près des lèvres, les manœuvres ont tendance à accélérer les choses…

 

Vers 13 heures Syl, se prépare des œufs durs, et une grande salade dans le carré qui gigote passablement. Globalement pas trop perturbée par les mouvements du bateau, elle se fera un repas en tête à tête avec elle-même...

Pour ma part un simple regard sur le plat me suffit…

 

Je pense que maintenant les choses vont rentrer dans l’ordre. Le bateau est stable, et file à 7 nœuds avec les voiles réduites ; nous sommes maintenant au près, à 60 ° du vent environ.

 

Une heure plus tard de gros nuages noirs se profilent devant nous, et par précaution je prends le 3° ris dans la grand voile.

Ca c’est une idée que j’ai trouvé excellente par la suite, il est 16 heures 30, nous sommes maintenant à environ la moitié de la route, au beau milieu du golfe du Lion, et la mer est bien formée à présent, le vent nous gifle à Force 5-6 maintenant, Ciao est secoué à cette allure de près qu’il devient difficile de tenir.

 

Le baromètre du bord, sonne une alerte « baisse de pression - vents forts probables »

 

Nous prenons la décision de nous dérouter vers Port Vendres, pour soulager le bateau, et avoir un angle moins pointu avec le vent. De toute façon, nous savons que nous arriverons de nuit, et qu’un mouillage entre les rochers de Cadaquès ne serait pas envisageable.

 

Petit à petit le vent monte encore, la mer aussi ; Force 6 établi, avec parfois des rafales supérieures. 3 ris, et génois ½ roulé, nous défonçons les vagues à 8-9 nœuds. C’est une machine à laver, et nous sommes la petite boule de lessive au milieu…

 

Il m’est à nouveau arrivé de me confier deux ou trois fois au seau bleu, et Syl m’a maintenant rejoint ; la grande salade a fait demi-tour…

 

Vers 19 heures, le pilote automatique (amicalement surnommé « Mimi ») nous lâche, incapable de tenir le bateau sous les impacts des vagues. Bravo Mimi ! Mais bon… On t’en veut pas…

Nous comprenons que nous allons devoir tenir la barre pour le reste de la route. Heure d’arrivée prévue par le GPS : 03 h du matin… çà fait 8 heures à tenir, çà promet d’être chaud !

 

La nuit tombée, nous fonçons littéralement dans le néant, ne voyant que les étraves du bateau qui bondissent et nos deux petits bouts de voile qui frétillent dans les écarts de barre.

Regard scotché au compas, tour à tour, nous maintenons notre cap vers Port Vendres, mais le vent a tourné encore un peu ; l’allure est très près du vent donc très inconfortable… J’avais lu que les catamarans n’aiment pas les allures de près, maintenant c’est vérifié…

 

Le festival du seau bleu bat son plein, tour à tour, c’est organisé, minuté, rythmé! Tous les quart d’heure, il y a maintenant une vaccation… C’est amusant à écrire après, mais sur le moment, les forces commencent à manquer, le froid à attaquer. Il faut s’auto-motiver pour tenir bon.

Syl pensait à un bon lit bien chaud, ou encore à cambrioler la valise de secours de la Mimi (voir précédente vidéo). Moi je me disais que j’allais inscrire des mots d’encouragement au fond du seau pour les prochaines fois…

 

Régulièrement les plus grosses vagues franchissent le bord du bateau, et scotché à la barre on se fait copieusement rincer.

 

Là, aux petites heures de la nuit, le rêve, a clairement pris une tête de cauchemar. Comme dit Renaud, c’est de la plaisance, c’est le pied !

 


 

 

Et la Baston dans la nuit était aussi une première …

 

Néanmoins, à aucun moment, il nous a semblé être en danger ; le bateau a gardé un comportement bien équilibré malgré les coups de boutoir de la mer ; même si à un moment nous avons eu la sensation de décoller et de retomber lourdement. Juste impressionnant…

 

Lorsque le cap Béart a pointé son phare juste devant, nous avions encore environ deux heures à tenir, et petit à petit la mer et le vent se sont modérés.

 

Les lumières de la côte devenant visibles, nous retrouvions nos forces dans le calme relatif, mais nous ignorions qu’il nous restait une petite épreuve juste pour tester notre combativité…

 

Des éclairs lointains, puis de plus en plus proches se sont mis à nous entourer… Dans le fracas des vagues encore bien présentes, nous entendions le tonnerre se rapprocher…

Pour le bien il aurait fallu débrancher les appareils électroniques, et poser la tresse de masse prévue pour canaliser la foudre en cas d’impact (improbable mais quand même…) avec le mât.

Nous nous sommes regardés, et nous avons poursuivi notre route sans rien modifier, un peu dépassés pour lutter, et nous disant « si on doit griller ce soir, c’est que c’était notre heure »… Je me souviens avoir dit à Syl, « si tu connais le langage des anges, c’est le moment de leur faire un petit coucou »…

 

Finalement, sans recevoir plus que quelques gouttes éparses, les éclairs nous ont considérablement aidés à repérer l’entrée du port dans la nuit d’encre ; chaque coup de flash, nous renseignait un peu plus précisément sur l’approche à réaliser. Excellent !

Cadeau des anges ? En tous cas merci, car nous avons eu vraiment la sensation d’être aidés sur la fin…

 

03 heures du matin, après 21 h de navigation nous nous amarrons dans le bassin de pêche de Port-Vendres, nous échangeons quelques mots dans le carré, conscients d’avoir approché nos limites (pas celles du bateau), et nous relativisons notre « gentille promenade » avec les exploits des tour-du-mondistes de course en solitaire…

 

Le sommeil fut particulièrement lourd et profond à bord de Ciao, mais seulement pendant 2 heures, car interrompu par :

« toc toc toc… Faut changer de place ! Il y a un paquebot qui arrive ! »

Grrrr !!! gchmele !!! et autres onomatopées non transcrites ici…

 

A bientôt pour la suite…

 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 23:16

De rêver sa vie… à vivre son rêve, il y a une transposition à faire, pour changer de registre ;

 

On peut aussi dire "changer de plan", si on considère que les rêves (légers, aériens, insensibles aux lois de la pesanteur) sont dans les parties supérieures et la réalité sur des plans en dessous,  bien « terre à terre ».

 

Passer du tout imaginaire au réel, nécessite de matérialiser.

 

C’est le passage où on a recours à la technique, aux travaux, aux dépenses financières pour mettre en place les éléments dont on a besoin pour être dans la configuration rêvée…

 

Cette étape, nous venons de la franchir avec l’achat, la préparation du bateau, et la mise en place des conditions générales pour effectuer ce voyage.

 

Un moment important qui symbolise la transition : la mise à flots du bateau.

 

Accompagné par les « copains-bateaux », rencontrés à Port Napoléon, et du père Jacques, fidèle au poste, Ciao est mis à l’eau, guidé, amarré de mains de maîtres pour rejoindre sa place d’une nuit…

 

En images :

 

 


 

 

Demain c’est le grand jour…

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 20:12

Le catamaran Ciao est prêt au départ …

 

Petit rappel du contexte pour ceux qui nous rejoignent sur le blog :

Acheté fin Octobre 2011, Ciao, est un catamaran Louisiane sorti des chantiers Fountaine-Pajot en 1986. Il a été précédemment bien entretenu, il rentre d’un « tour de méditerranée de 6 mois » et nous avons complété son équipement pour qu’il soit au niveau de la nouvelle ballade qui l’attend…

A son bord, nous nous apprêtons à effectuer une grande croisière au départ de Port-Saint-Louis-du-Rhône, près de Marseille pour rejoindre le pays basque, et plus précisément Hendaye sur la Côte Atlantique. 1800 à 2000 Milles environ, (soit 3000 – 3500 kilomètres) selon les options de route choisies.

J’ai recherché tous les témoignages possibles sur les comportements marins du Louisiane, sans trouver beaucoup de littérature sur internet…

A croire que ces bateaux ne naviguent pas (?) ou que leurs propriétaires n’écrivent pas  (!)

En synthèse des quelques bribes parcourus sur les forums spécialisés, j’ai retenu que le Louisiane est un bateau rapide avec des entrées d’eau fines ; il fait partie des catamarans aux comportements dits « marins », ce qui veut dire privilégiant les qualités de navigation plutôt que le grand confort au port. Il en résulte des formes effilées, un profil offrant peu de fardage (faible résistance au vent due aux formes de la coque) et la contre partie sera forcément un espace à bord plus restreint que sur les nouveaux catamarans beaucoup plus volumineux, plus lourds pour la même taille. Le Louisiane serait capable de vitesse dépassant assez facilement les 10 nœuds, vitesse qu’il est nécessaire de maitriser d’ailleurs en cas de vents forts de l’arrière (c’est comment qu’on freine ?)…

Dans les autres directions, aux dires de certains, la nacelle serait un peu basse sur l’eau, risquant de « taper » dans les vagues lorsque la mer est formée et le vent contraire à la route ; ce qui est d’ailleurs une particularité propre aux catamarans en général…

Voilà ; guère plus d’informations que cela… 

Tout reste donc à découvrir, et au regard de la diversité de notre croisière, il semble qu’il y aura matière à découvertes …

Nous allons avoir l’occasion de nous faire une opinion toute neuve, et au fil du parcours que nous allons entreprendre, je ne manquerai pas de commenter nos ressentis à bord dans les différentes conditions de navigation, de mouillage, de manœuvres, de vie à bord, etc…

Au terme de cette croisière nous devrions être en mesure de tirer des conclusions sur les possibilités du bateau, sur les nôtres, la conjugaison des deux, et d’envisager quelle sera la suite de l’aventure…

                                                            ____________________________

 

Dans l’attente des quelques jours qui nous séparent de la mise à flots et de larguer les amarres, nous avons terminé le lifting de Ciao.

L’une des tâches les moins plaisantes a été de gratter manuellement chaque centimètre carré de la partie sous-marine de la coque, afin d’éliminer les couches abimées de l’ancienne peinture anti-fouling  (traitement anti-algues et anti-coquillages).

Notons au passage, qu’en dépit des avantages du catamaran, quant il s’agit d’entretenir 2 coques c’est 2 fois plus de travail, de fatigue, de poussières dans les yeux et dans le nez…

En l’occurrence, ce fut environ 40 heures de grattage, et 9 heures à deux (soit 18 h en tout) pour la peinture neuve réalisée en 3 couches… Yes c’est fait !

Un petit tour en tête de mat, pour vérifier le gréement, et doter le traditionnel feu de route tricolore Rouge / vert / blanc d’une ampoule à leds (basse consommation) pour épargner les batteries lors des navigations nocturnes et quelques autres derniers petits aménagements et nettoyages…

L’équipage de Ciao vous  livre une petite vidéo de ces instants « besogneux », agrémentés par la sympathique visite de Jacques, le père de Sylvie …

 

 

Fin Avril, même les voiles sont à poste ; tout est prêt maintenant.

Rendez-vous est pris pour la mise à flots le 16 Mai… Il y aura certainement quelques autres images pour l’occasion… La suite, ce sera en mer au fil de nos navigations et de nos escales…

Si vous lisez ces lignes, souhaitez-nous de bons vents, mais surtout : « pas trop, et si possible dans le bon sens !!! »

L’itinéraire prévu (dont nous ne manquerons pas d’envoyer des cartes postales sur le blog) se résume par :

-          La traversée du Golfe du Lion

-          Direction la Costa Brava (Cadaques)

-          Traversée vers les Baléares,

-          Les Iles Baléares, Minorque, Majorque, Ibiza, Formentera…

-          Traversée vers Alicante

-          Descente jusque Alméria

-          Traversée de la Mer D’alboran et atterrissage sur les côtes marocaines vers Mellila (enclave espagnole), Al Hoceima, El Jebeha, ports de pêche marocains …

-          Puis enfin Ceuta (enclave espagnole) au Maroc en face de Gibraltar

-          Gibraltar (territoire britannique)

-          Navigation atlantique vers l’Ouest, Cadix, Séville…

-          Les côtes sud du Portugal, Le Cap San vicente (au Sud-Ouest du Portugal)

-          Remontées de la côte Ouest du Portugal (contre les vents dominants… grr.. la valise de secours de Mimi sera la bienvenue).

-          Vigo et les iles Cies

-          Le cap Finisterre, et entrée en golfe de Gascogne

-          La Corogne

-          La côte Nord espagnole

-          Le pays basque

-          Et l’arrivée sur Hendaye.

Ce sont là des prévisions, que nous adapterons aux conditions du moment bien sûr, sachant que selon la formule de Syl : « on ne sait jamais rien, et il faut s’attendre à tout » …

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:16

Confidences de bers…

 

Pour ceux qui ne savent pas, « un ber », c’est un ensemble de supports (le plus souvent métalliques, bien lourds, et bien costauds), pour accueillir les bateaux lorsqu’ils sont sortis de l’eau et posés sur le parking du chantier naval.

Ils se composent d’un cadre au sol, de chandelles verticales, et au bout des chandelles sont disposés des patins sur lesquels repose la coque du bateau.

 

Les bers tiennent donc délicatement les bateaux bien droits, au bout de leurs chandelles, comme on tiendrait un œuf devant soi, au bout des doigts…

 

Un ber par bateau, sauf cas particulier.

Et bien sûr, pas question de laisser tomber « l’affaire » ! Une « omelette de bateau »  ne serait pas la bienvenue…

 

Il s’en raconte des histoires entre les bers de Port Saint Louis du Rhône, en Camargue ; d’abord des histoires de coup de vent à 50, 60, et des rafales à 80 nœuds (145 km/h) sur la zone, pendant lesquels ils vibrent, oscillent, se cramponnent au sol en entendant les mats et les haubans des voiliers hurler, et les supplier de tenir bon.

Il est particulièrement assourdissant de vivre une journée de vent fort sur une zone portuaire ; il suffit d’imaginer chaque câble, chaque cordage, chaque filière, et ces mats de dizaines de mètres de haut, être l’occasion pour le vent de se faire entendre. Tous chuchotent dans les graves quand le vent commence à monter, puis d’un commun accord, ils grimpent dans les aigus à mesure que la vitesse du vent augmente…

Ils chantent tous ensemble sans chef d’orchestre ; ce n’est évidemment pas très harmonieux, mais quelle puissance !

Et un peu plus tard lorsque le coup de vent est bien établi, c’est un grondement hurlant incessant, présent en tous points, qui s’impose ; pour nous, Etres fragiles devant cette force de la nature, il faut se tenir pour ne pas être déséquilibré, crier pour tenter de se comprendre à quelques mètres de distance ; il faut tout attacher, ne rien poser, (sauf peut être un marteau) sous peine de voir s’échapper dans les secondes suivantes, le seau, les gants, le chiffon, la poubelle, ou encore le pinceau et même la boîte de peinture à moitié pleine…

En Camargue, principalement l’hiver, les coups de vent sont monnaie courante, ils durent plusieurs jours consécutifs… La sensation de froid est pénétrante.

La nuit, le vent reste tout aussi puissant, et dormir dans un bateau posé dans ses conditions suppose ne pas être inquiet de nature, et se convaincre que les vibrations et tremblements divers ne sont que de vagues hallucinations, ainsi d’ailleurs que les quelques dizaines de décibels superflus environnants la couchette…

 

C’est lorsque tout se calme après plusieurs jours sans relâche, que l’on pourrait imaginer les bers se laissant aller à jacasser entre eux, sur des sujets plus légers :

 

-          T’as vu, les propriétaires du cata Ciao sont arrivés !

-          Levés tôt, couchés tôt, et entre les deux, tout le temps au boulot ! Et vas-y que je te grimpe dans le mat quatre fois dans la même demi-journée, que je te gratte la coque par ici, que je te gratte la coque par là…

-          Le capitaine qui scie des planches, le second qui les ponce… Parfois l’inverse…

-          Et je ne t’explique pas les colis qu’ils montent à bord ! Le pauvre cata a déjà pris une centaine de kilos de chargement sans comprendre ce qui lui arrive…

-          Et ce nouveau radar sur son tube inox t’as vu çà ?

-          Flambant neuf, mais quelque chose ne fonctionnait pas dans l’appareil quand les techniciens ont fait les essais ! Tout était posé, fixé, câblé, ils ont dû tout démonter, renvoyer à l’atelier, et plus tard refaire l’installation…

-          Ah oui ! Et le chaudronnier qui avait en charge la fabrication sur mesure du tube inox devant servir de support au radar ; il disait toujours « je passerai demain soir », et à chaque fois il zappait.

 

 

 

A force de relances Il a fini par arriver… passer prendre les mesures, puis quelques jours plus tard (après vaccin de rappel), passer pour essayer, puis revenir encore pour poser la chose, et en final (avec quelques petites impulsions motivantes), installer quelques petits renforts…

 

Cà a pris presque 15 jours à cet artisan, pour que le support du radar soit opérationnel et reconnaissons-le « impeccable »!

Le comble c’est que ce brave monsieur se prénomme « Sylvain »… comme « s’il vint »…

Mais bon ; il est sympa alors… Et quand Sylvain vint, nous l’accueillîmes, (ying) avec un sourire zen.

 

En fait, bien que l’histoire soit vraie, ni les bers, ni les résidents sur le chantier ne se préoccupent réellement de ce que fait le voisin.

 

 cata jpciao 3 jp

 

Le Port Napoléon à Port Saint Louis du Rhône, dispose d’un bassin à flot d’assez modestes capacités, et une grande zone à terre où sont déposés des centaines de bateaux. C’est le concept (assez récent) du « port à sec ». Les moyens de manutention sont impressionnants en nombre, le personnel est présent en conséquence pour assurer les incessantes manœuvres  de mise à l’eau, de sortie, ou de dépose sur des remorques de transports exceptionnels…

 

Sur ce port, qui est en même temps une sorte de chantier naval,  il y a quelques profils de « pré-globe-flotters » qui habitent en permanence sur leur bateau ; ils font des travaux d’aménagement, certains en achèvent la construction…

Chacun s’est réglé un timing personnel, composant avec la météo du moment, et un compte à rebours avant le grand départ à la saison jugée idéale en fonction de la destination choisie ; en attendant ils jonglent entre petits boulots pour remplir la caisse de bord et préparation sur place, à mesure que le compte en banque le permet…

 

Ils sont faciles à reconnaître les « globe-flotters » en puissance : Il suffit de regarder sous le bateau pour y découvrir un véritable « foutoir » constitué d’établis, de bâches, des échelles, des morceaux de bois, des ferrailles, des longueurs de tuyaux d’eau, des bidons de peinture, des vieux vélos, une annexe à moitié dégonflée… Et pour confirmer il y a juste à écouter au-dessus, d’où on entend des bruits de meuleuse, des jurons parfois, et des conversations compliquées de stratification, d’électronique, de panneaux photos-voltaïques, et autres termes en « hic »…

En résumé : sous le bateau, çà ressemble à un vide-grenier concentré… Et au dessus, à un chantier ; concentré aussi !

 

Ici sur la zone du port à sec, tout est très organisé ; il y a des chaudronniers, des spécialistes de l’aluminium, des voileries, des préparateurs professionnels, des peintres, des menuisiers, des mécaniciens, des magasins d’accastillage, un restaurant, une laverie, des locations de containers, des appartements à louer, des vendeurs de bateaux d’occasion… C’est un vrai business !

Les allées du chantier sont sillonnées à longueur de journée par les camionnettes de ces professionnels, ou les petites voiturettes électriques du personnel portuaire…

 

Il y a des centaines d’embarcations à terre, du « petit » voilier de 10 ou 12 mètres au yacht de 40 mètres et plus ; ils sont là en stationnement, tous plus surprenants les uns que les autres. Certains me semblent gigantesques ; Pour la très grande majorité d’entre eux il semble n’y avoir jamais personne à bord. Tout est rangé, rien ne traine…

Je suppose que l’été prochain quelqu’un viendra et que le propriétaire donnera des ordres pour qu’on mette le navire à l’eau le temps des vacances, et après ce sera le « retour sur le ber » pour l’hiver.

Une question me revient régulièrement : à qui sont ces bateaux qui coûtent des fortunes, et qui dorment là, 11 mois de l’année ? Ou encore sa variante : quel métier peut-on bien exercer pour être propriétaire d’un navire à 2 millions d’Euros, et assumer des frais de stationnement d’entretien, et parfois d’équipage, de plusieurs milliers d’Euros par mois ?

Je laisse mes interrogations au vent qui invariablement me répond : « Hoouuuu  ! »… Parfois les drisses le long d’un grand mat, et qui me semblent bien placées pour avoir un avis, répondent « Bling Bling ! » …

 

 

Sur le cata Ciao, qui semble tout petit dans son allée, le plaisir est ailleurs ; comme par exemple tourner et retourner dans tous les sens pour trouver des combines pour éviter de trop dépenser… Faire tout ce que l’on peut faire soi-même… Par exemple des mélanges délicats de peintures pour n’acheter que deux petits pots au lieu des 4 qu’il faudrait pour gérer les différentes teintes ; démonter l’échelle de bains pour la restaurer, considérer l’aspect miteux des bouées de sauvetage, pour peut-être les repeindre, ou changer la housse, etc…

 

Nous avons eu aussi le plaisir d’échanger sur nos projets, avec des voisins de parking, qui ont entrepris en couple la restauration d’un trimaran de croisière. Le capitaine soude et façonne lui-même les pièces inox dont il a besoin ; il s’est en outre, initié à la stratification lui permettant d’effectuer des réparations importantes sur la structure du bateau ; sa compagne et lui en font un adorable boat tout pimpant et au confort de haut niveau, avant de « s’envoler » vers on ne sait quel genre « d’Ouest » au mois de juin… Peut-être nous recroiserons-nous sur les flots… (Clin d’œil à Fred et à JB…)

 

Sur le chantier, le rythme de vie sur Ciao est calé sur le soleil ; ce sont ses premiers rayons, qui en inondant la couchette, font savoir qu’il est aux environs de 8 heures. A cette saison, chaque jour l’astre grignote quelques minutes, et en fin de séjour, notre lever était de plus en plus proche de 07 h 30… 

Oui, pour les incrédules… je confirme : lever à 07 h 30 du matin, et sans se forcer… Etonnant non ?

Non ! Simplement attirés par l’activité du bord, l’envie d’avancer, l’envie de concrétiser, le plaisir de voir le bateau se préparer, et nous-mêmes de ressentir que petit à petit notre environnement s’imprègne de notre signature.

Inutile de préciser que le soir, peu de temps après le coucher du soleil, sous le ressenti une journée bien active au grand air, les yeux se font lourds.

Le repas du soir, nous trouve bien calés dans le carré réchauffé par un petit chauffage électrique d’appoint, et sert de conclusion ; entre 21 h 30 et 22 heures, l’équipage vaillant de Ciao est malgré lui, abandonné à une saine et profonde récupération…

 

Malgré ce rythme tonique, les 8 jours prévus sur place se sont vus allongés à 12 jours pour boucler l’essentiel.

 

Alors que nous nous préparions à quitter les lieux, un bonus « temps » inattendu a retenti ; un peu comme dans un jeu vidéo « Glong ! - 8 jours de plus - voiture en panne ».

Oups… Alternateur HS ; faire enlever la voiture par une dépanneuse, commander la pièce, faire réparer, récupérer la voiture à 30 km de là …

Profitant de cette rallonge impromptue, bloqués sur place avec pour tout moyen de locomotion les vélos pliables, nous avons eu du temps pour accéder aux détails de finition sur Ciao, aux petites retouches esthétiques, qui finalement agrémenteront le séjour à bord.

Il serait fastidieux d’énumérer ici toutes les réparations et aménagements effectués ; nous les avons listés pour mémoire, et nous avons été surpris de compter plus de 50 lignes diverses et variées, dont certaines ont demandé qu’on y consacre seulement 2 heures de travail, mais d’autres parfois 3 jours…

 

 Un petit aperçu en vidéo :

  

 

Il nous reste avant le départ à traiter la partie immergée de la coque (décapage, ponçage, peinture anti-fouling), à vérifier les éléments du gréement dormant (mat, haubans, étai, enrouleur), et à gréer les voiles.

 

Ce sera la part d’Avril…

Avec aussi les derniers petits réglages, les dernières questions, avant de se retrouver sur l’eau avec 3000 kilomètres devant les étraves d’un bateau dont nous ignorons pratiquement tout de son comportement marin.

 

Autant dire que les premières heures seront attentives et intenses, sachant que d’une manière générale, les inconnues sont en même temps les épices de ce type d’expérience…

 

A bientôt…

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 16:08

Voilà passée la période des fêtes…

 

Et aussitôt après, dès le 2 Janvier, je me suis vu plonger la tête la première, dans la préparation de ce voyage en mer, et j’y baigne toujours (dans la préparation ; pas dans la mer), à mon plus grand plaisir…

 

Je fais par conséquent le constat que ce sujet m’attire réellement très fort… Et même…

Ir-ré-sis-ti-ble-ment !

 

J’avais par exemple, un montage vidéo à réaliser en fin d’année ; cela signifie quelques jours entiers de concentration (c’est quelque chose que j’aime pourtant beaucoup)… Non seulement j’ai eu du mal à m’y mettre, mais en plus, j’étais vraiment impatient de terminer pour -enfin- accéder à « ce » qui m’attirait depuis quelques semaines...

 

Que se passe-t-il ?

Je ne prends plus le temps de bouquiner…

Je suis en permanence sur le sujet.

 

Impossible de « rester dans le moment présent ». J’ai beau en être conscient… Je suis aspiré…

Pendant que je terminais ma vidéo, je me voyais profiter d’une petite heure ici ou là pour fouiner sur internet à la recherche de tel ou tel renseignement relatif à ce « fameux » voyage.

 

Cela me rappelle un sujet de philo de l’un de mes enfants : « Le passionné mérite-t-il d’être plaint ? »

J’avais un avis partagé à l’époque (il y a une dizaine d’années)… Mais je me souviens bien du sujet et de l’interrogation qu’il a suscité en moi.

Maintenant je répondrais « Oui ! S’il ne parvenait pas à vivre sa passion »…

Mais à bien y réfléchir, est-il possible d’aller dans une autre direction, de faire autrement ?

Volontairement et consciemment, j’en doute, mais comme c’est de la philo, la discussion reste ouverte…

 

Passion ou pas, il y a incontestablement un courant marin assez puissant, et bien chaud qui m’entraîne au large…

 

trajet ciao

 

Traverser la Méditerranée, saluer les Baléares, Gibraltar, faire un clin d’œil aux côtes marocaines, (en profiter pour regarder discrètement sur bâbord en direction des Canaries), contourner l’Espagne, longer le Portugal, tenter un tout-droit dans le golfe de Gascogne, pour rejoindre les côtes d’Aquitaine, ce n’est pourtant rien d’extraordinaire aux yeux d’un marin… Me dis-je parfois…

En réponse à moi-même (je me parle toujours tout seul ; çà ne s’arrange pas), je citerais France Gall, qui chante : « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup »…

 

 

Alors oui, j’ai les deux mains dans le « cambouis » de la préparation, et j’aime bien çà.

 

Il y a quelques années ou quelques mois,  lorsque je lisais d’autres récits de voyages en bateau, je m’interrogeais sur ce que pouvait bien contenir cette longue étape de préparation souvent évoquée… Elle s’étale sur des mois, et même des années pour certains.

 

Vu de l’intérieur, le sujet est vaste en effet.

Il est nécessaire déjà de se préparer soi-même à vivre sur une longue période en dehors des repères habituels, et en même temps harmoniser la relation avec les proches et la famille, pour pouvoir partir sans un élastique (réel ou psychologique) dans le dos.

 

Vérifier sa santé, anticiper toutes les démarches administratives, les factures et autres échéances qui dégringolent sans laisser plus de 10 ou 15 jours de délai, gérer le courrier, organiser les aspects financiers du voyage, sans oublier le côté professionnel pour ceux qui y sont encore liés.

 

Ensuite s’occuper de cette « maison flottante », qui est un véhicule en même temps, et qui potentiellement peut devenir cellule de survie au cas où…

Un voilier, c’est un véhicule particulier qui, lorsqu’il a pris le départ, est soumis aux éléments naturels ; cléments la plupart du temps, mais qui peuvent devenir agités en cours de route, voire parfois hostiles et éprouvants pour le matériel et les occupants. C’est dans cette hypothèse qu’il faut laisser un minimum de choses au hasard, sachant qu’il est impossible de se garer sur le côté et appeler une dépanneuse ou un taxi si quelque chose pose soucis…

 

Préparer le bateau, consiste donc à trouver des aménagements facilitant telle ou telle manœuvre à bord, lister les choses à ne pas oublier, acheter ce qui semble indispensable de compléter, équiper, sécuriser, améliorer le confort, fabriquer, « embaucher » le second du bord (qui ne se fait pas prier) pour quelques dizaines de mètres de coutures de renfort du lazzy-bag…(ce qui permet de contenir et ranger la grand-voile prête à être hissée)

 

Néanmoins, cadrer la démarche est difficile … Certains s’y perdent parait-il…

Par exemple, confectionner un récupérateur d’eau de pluie peut paraître incohérent pour qui voyage au sud de l’Espagne en été… et pourtant… si c’est fait, ce sera fait pour après…

Bon  ok … Je le mets en fin de liste…

 

Par contre m’initier à toutes les techniques de pêche à bord, voila qui est concret et utile ! Tout comme apprendre à faire du pain pour ne pas être contraint de débarquer tous les matins…

Alors tant que j’y suis, je ratisse large…

Et je me surprends à récupérer des recettes pratiques de conserves ou de séchage de poisson (ben oui, si la pêche… pêchait tant… qu’elle pêcherait trop), des conseils pour les pousses de graines germées… etc…

 

D’accord il y avait plus urgent ; comme calculer les ressources électriques à partir des consommations quotidiennes prévisibles (le frigo, l’éclairage, les appareils de navigation) et les comparer aux capacités de recharge par les panneaux solaires, ou par le groupe électrogène. Le but de la manœuvre est d’être le plus autonome possible, pour éviter les frais de port…

Le calcul est fait…

Comme bien souvent, en théorie ça colle. La réalité dira si les vrais ampères sont aussi nombreux que dans les formules…

 

Prévoir la bibliothèque, les films, la musique, les passe-temps…

A ce propos, je n’ai jamais réussi à m’ennuyer sur un bateau, mais sait-on jamais… Cinq jours consécutifs bloqués dans un mouillage sous pluie et vent, cela peut sembler long… C’est effectivement bien improbable l’été en méditerranée, mais il paraît que la remontée du Portugal peut être grise et bien humide, même en Juillet-Août…

 

Repérer sur les cartes les points de chute possibles, les caractéristiques météo de chaque région, les fonds marins, la réglementation locale, solliciter les autorisations de mouillage dans les zones préservées…

Repérer les lieux où les accès à internet seront aisés, prioritairement pour permettre à Syl de gérer ses impératifs professionnels, et aussi pour mettre à jour le blog d’ailleurs…

 

Optimiser au meilleur coût les moyens de communication téléphoniques à terre avec la famille, et se donner la possibilité de consulter quotidiennement la météo…

 

Puiser dans les généreux récits d’expériences d’autres voyageurs qui sont partis avant nous, et qui d’ailleurs, voyagent encore après 7, 10 ou 20 ans d’aventures…

 

Composer avec un budget serré… Voila un exercice qui demande de longues réflexions, et oblige à être créatif. 

 

Bref c’est ce que l’on appelle préparer…

 

Ce sont de nombreuses tâches banales ou qui pourraient être considérées comme ingrates ou rébarbatives pour certains, et qui sont en fait comme les trésors d’une caverne d’Alibaba pour moi.

Je me dis alors que je suis dans mon axe  et qu’il n’y a aucune autre question à se poser…

 

Finalement, je prépare un voyage de 3 mois avec la même énergie que si c’était un départ définitif, avec pour tout habitat le bateau… Approche extrémiste ?

Derrière cette préparation, je sens bien que je résous autre chose qui m’habite depuis longtemps…

Tout en affirmant sincèrement que rien n’est décidé à l’avance, il est vraisemblable (pour ne pas dire évident) que ce voyage est un terrain de tests et d’entrainement grandeur nature, une épreuve préparatoire à un périple d’une autre envergure, une répétition générale…

 

Revenons en ce mois de Janvier 2012…

Tout se fait pour l’instant à distance ; le catamaran est stationné, en attente, sur les starting-blocks, près de Marseille, et je passe l’hiver sur la côte atlantique…

Plus de 500 km séparent les deux lieux, et au prix où se vend le litre de Gasoil aujourd’hui, les coûts de voyage imposent d’éviter de faire des allers-retours fréquents.

Alors les préparatifs se font sur plans, d’après photos, vidéos, ou relevés de cotes effectués en Novembre dernier.

 

D’ici le départ, il y aura 2 séjours techniques d’environ une semaine à bord pour installer les préparations réalisées à distance, finaliser les choses, corriger les erreurs, trouver d’autres astuces à creuser.

 

CONTREPLAQUE

Côté terre, les empilages de sacs se forment, les outils se regroupent, ils voisinent la canne à pêche toute neuve, les masques et tubas soigneusement nettoyés, des paillassons, moules à gâteaux, support pivotant pour l’écran radar, et autres morceaux de contreplaqués fraîchement découpés qui apporteront une amélioration des assises du carré…

 

 

 

 

LISTE

 

 A mesure que les objets s’accumulent, les listes interminables commencent à avoir davantage de lignes rayées que de lignes « à faire ».

 

 

 

Ca sent bon le déplacement de mise au point n°1, avec la voiture chargée à bloc, l’esprit gonflé de projets, et le plein d’énergie de vie (gratuite celle-là).

En parlant « d’énergie de vie », il y a aussi une autre conscience qui se joue ; cette énergie est peut-être gratuite, mais elle n’est pas inépuisable…

54 ans au compteur du capitaine, 50 tout rond pour le second… Les indicateurs sont au vert, certes ; mais la sensation ne trompe pas.

S’il y a quelque chose à réaliser, c’est maintenant ; pas dans 10 ans…

 

A l’eau ; à l’eau ? Ne quittez-pas…

Bientôt des nouvelles du bord de « Ciao » !

 

Notons que le catamaran a été rebaptisé du même nom que le précédent bateau, complice révélateur et, rendons-lui hommage, « incitateur d’une certaine idée de départ »…

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 20:59

L équipière Syl, et second du bord, vient de fêter ses 2 fois 25 printemps début décembre…

 

Alors, pour l’occasion, nous lui avons donné une grande fête lors de laquelle elle a été entourée de toute sa famille, et de ses amis…

 

Une soirée rythmée, riche en émotions, et en partages…en chansons et en surprises…

 

Une soirée qui a détourné le capitaine du blog de ciao pendant quelques semaines, (peut-être même un peu plus), le temps des préparatifs.

 

Et tiens, voilà Noel arrive dans quelques jours !

Il tient la main au réveillon du nouvel an…

 

Mais après le passage de ces deux là, c’est la préparation de la croisière 2012 qui s’installera au premier plan.

 

C’est un joli morceau « La croisière 2012 ». Elle consiste à prendre en mains le catamaran nouvellement acheté dans les environs de Marseille, et à le convoyer de Marseille à Hendaye… en passant par les Baléares, l’Andalousie, Gibraltar, pour remonter les côtes du Portugal, saluer les îles Cies, puis passer le remuant Cap Finisterre, et finalement longer la côte Nord Espagnole jusqu’au pays Basque.

 

Une ballade de 1700 milles, (un peu plus de 3000 km), sur un Louisiane 37 de 1986 sur lequel nous avons tout à découvrir , quelque part à la belle saison.

 

Auparavant, nous devrons compléter ses équipements par la pose d’un radar, et aussi d’un moyen (encore à définir) de recevoir une météo à jour à bord. Des articles plus techniques témoigneront certainement de ces opérations.

 

Pour le reste, comment regarder cette croisière 2012 ? Juste un bout de vacances ?

 

Ou est-ce là, la mise en jambes et la préparation d’un grand voyage ensuite ?

 

Sincèrement nous l’ignorons à ce stade.

 

Le nouveau Ciao est prometteur, certes ; il nous promet d’ailleurs de faire la part du rêve et de la réalité…

 

A très bientôt donc sur ce chemin…

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:22

Fin de saison ! C’est l’heure des bilans…

Bilan… Le mot est fort, mais un petit point sur le vécu de cette saison semble bienvenu…

 

Allez, un petit avis sur la région de navigation que nous découvrons pour la 2ème saison estivale :

 

Ah ! La baie de Hendaye ! La corniche, la falaise, les rouleaux qui se fracassent sur les récifs ! Personnellement, je n’en taris pas d’éloges. Je suis toujours émerveillé par le côté exotique, (oui je dis bien exotique de ce lieu). La mer la montagne en arrière plan, les coteaux verts, la vaste baie de Txingudi ! Les averses exotiques aussi, mais plus fraîches que celles des Tropiques… Bon ! Ca fait partie du paysage !

Parfois je me demande d’ailleurs pour quelle bonne raison, on la quitte la baie de Hendaye, pour aller vers on ne sait quelle destination à consonance hispanique…

Pour le plaisir de changer de lieu sans doute, et de découvrir « un ailleurs »…

 

D’accord ! Go vers l’ouest !

 

Plutôt naturellement joli, agréable, rocheux, escarpé, sont les mots qui me viennent pour décrire ce trait de côte entre Hendaye et Santander ; j’ajouterais aussi « souvent nature » et « parfois très industriel »… A l’image des implantations immobilières, qui plâtrent parfois le littoral de grandes barres d’immeubles inesthétiques au possible, ou qui se résument un peu plus loin en quelques charmantes petites maisons de pêcheurs accrochées au relief… Parfois le mélange des deux genres… Là c’est carrément la hantise du photographe !

Curieuse logique d’aménagement du territoire, en Espagne, ou absence de toute logique ?

Que penser des architectes qui ont conçu et réalisé l’adjonction d’un ascenseur moderne, métallique et vitré accroché à une église gothique (à Ondarroa) ? Et ce n’est qu’un exemple…

 

Bref, dans tous les cas, le dépaysement est assez rapide une fois la frontière passée.

 

A bord de Ciao, nous aimons particulièrement les multiples petits ports de pêche, les rias (embouchures des fleuves) pour mouiller en relative tranquillité, et aussi le fait que la fréquentation touristique soit très discrète.

Mais où sont les touristes ?

Certains points de la côte un peu plus aménagés, comme Guétaria, Lekeitio, Santander, provoquent des agglutinations bruyantes sur la plage ; mais ailleurs, vu de la mer, on pourrait se croire en Bretagne au mois de Mai…

 

Bonne ballade donc… Belle expérience en bateau…

 

« Mais » … (on le sentait arriver celui-là)

 

Mais…

Si j’ajoute mentalement quelques calanques, un bleu plus intense au ciel, 2 ou 3 degrés à la température de l’eau, je constate que l’indice de satisfaction, y aurait gagné des points…

Jamais content !

Va falloir aller plus loin !

 

Quoi de neuf à bord de Ciao ?

 

Nous avons « rempli le contrat » qui était de nous tester sur des navigations plus longues, des navigations de nuit avec quarts, des prises de repas simples mais chauds en mer, et aussi de nous affranchir du mal de mer dans des conditions dites « normales ».

 

Nous avons également validé nos capacités à utiliser au minimum les marinas, au profit de nuits au mouillage, ou en abris non équipés pour la plaisance. C’est ainsi que sur 25 nuits, nous n’avons fait que 3 escales payantes ; et nous en sommes ravis.

 

Bien sûr, nous avons eu recours à la douche solaire (poche d’eau douce qui réchauffe sous les rayons du soleil), aux lingettes bébé, et à quelques approvisionnements en eau sans avoir besoin de prendre une place au port.

 

Ciao s’est révélé un compagnon efficace, parfaitement adapté à ce programme semi-nomade avec 2 personnes à bord, sur une période d’un peu moins d’un mois…

 

Un bilan clairement positif donc…

 

 

L’équipage ?

 

En 2010, l’équipage de Ciao s’essayait ; il tâtonnait, se questionnait…

 

En 2011, Il semble avoir trouvé les réponses aux questions de l’an passé, mais voilà qu’il a trouvé d’autres questions ; des nouvelles … La vie (sans question) serait triste non ?

 

 

La question en vogue en ce moment, est : monocoque ou catamaran ?

 

Lorsqu’il est question d’envisager d’aller plus loin, plus longtemps, il apparaît clairement que Ciao montre ces limites. Ce n’est pas le bateau par lui-même, ce sont surtout ses capacités de « stockage ».

Sur un 8,50 mètres, pourtant bien aménagé, on ne peut guère envisager emmener plus que 100 litres d’eau, 50 litres de Gasoil, et des vivres pour une semaine environ.

Les vêtements, les affaires personnelles, les livres, trouvent leur place dans la couchette avant qui n’est pas utilisée ; cette solution est satisfaisante tant que nous ne sommes que deux à bord, et l’est moins dès qu’il est nécessaire d’accéder aux coffres sous la couchette (là où est rangé le petit outillage, et le matériel utile à une maintenance minimale du bateau).

 

Un 12 mètres conviendrait mieux au niveau d’une autonomie de longue durée :

(voir la page Avril 2011 - Tentation au Salon de l'Occasion de Port Camargue, le 22 Avril 2011.  )

 

Ou encore (l’idée est récente) un petit catamaran, de 10 ou 11 mètres, parmi les premiers sortis des chantiers dans les années 80, pour rester dans un budget accessible et comparable au monocoque de 12 mètres d’occasion…

 

Franchir le pas, du monocoque au catamaran est à la fois tentant et perturbant.

 

 

Tentant…

 

Par le volume du bateau, les deux coques plus la nacelle, sans compter les multiples coffres… Finis les problèmes de rangement !

 

Aussi par le confort de navigation « à plat », dans un  cockpit plus large, ou à l’abri de la nacelle...

 

Par le fait qu’un catamaran va nettement plus vite qu’un monocoque, donc permet de faire plus de distance entre deux escales.

 

Le fameux trampoline et le potentiel de siestes qu’il recèle …

 

Un faible tirant d’eau pour aller dans les petites rias peu profondes…

 

Par son côté « grand voyageur » qui invite cette fois clairement à « mettre les voiles », et à l’équiper correctement pour une autonomie maximale…

 

Par la possibilité qu’il offrirait d’accueillir des invités ou la famille à bord…

 

 

 

Perturbant…

 

Par la difficulté de sentir les efforts dans le gréement, et donc de gérer les limites du bateau ; son légendaire risque de retournement…

 

Par le manque de sensations à la barre en l’absence de gite.

 

Par son encombrement au port, et les coûts plus importants qu’il risque de générer…

 

 

Finalement je remarque qu’il y a 7 lignes dans le premier paragraphe contre 3 dans le second… Hum…

 

                                                                     __________

 

Des visites étaient prévues cet automne… Sur deux coques… Pour voir…

Subitement un coup de cœur s’est présenté, le cupidon des bateaux a frappé juste !

 

Yes ! Nous naviguerons désormais sur deux coques…

 

Pour l’heure, il faut vendre Ciao ! L'annonce ici :  Octobre 2011 - Ciao, Feeling 850 Quillard est à vendre...

La suite au prochain numéro …

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:11

Au gré du vent…

 

 

Mieux qu’un long texte…

Neuf minutes d’images, qui laissent filtrer le feeling et l’ambiance de plus de trois semaines passées à bord de Ciao, sur la côte nord espagnole…

 

 


 
 

 

Au départ de Hendaye fin juillet, vers l’Ouest, et sans trop savoir jusqu’où aller…

 

Au début, retardés par la technique et ses aléas, puis bercés par les flots d’une mer d’huile, accompagnés et salués par les dauphins, pour être un peu plus tard arrêtés par des vents forts et contraires, et à un moment tentés de faire demi-tour…

 

Toujours charmés par les petites villes espagnoles naturellement festives, étonnés de naviguer sur un rivage finalement peu fréquenté, tantôt isolés au mouillage dans une vaste baie, parfois à couple d’autres (plutôt rares) voiliers, sans oublier les escales colorées accostés au cœur de port de pêche à conjuguer la longueur des amarres et les heures de marée…

 

Navigations au moteur par calme plat, d’autres plus sportives toutes voiles dehors, gités et « agités » par une houle atlantique de plusieurs mètres ; les quarts à la barre au clair de lune, les fréquentes tentatives de pêche pour ne prendre qu’un seul poisson sur toute la croisière,  les divers débarquements hasardeux et humides en annexe, et autres… bronzages, baignades frisquettes, soirée tapas, bouquins, quelques sons de guitare, parties de scrabble, partages, bilans et projets sur la comète…

 

L’adieu au mal de mer aussi…

L’envie d’un peu plus grand, un peu plus loin, un peu plus chaud…

 

 

Ce sont là les couleurs d’une belle et heureuse ballade …

 

 

 

 

 

Pour ceux qui aiment les détails, prochains articles à paraître : 

 

 

-          comment une panne électrique aléatoire peut tromper le diagnostic, faire passer de nombreuses     heures de recherches, et engager des frais inutiles…

 

-          La remontée de l’Abra de Bilbao jusqu’au centre-ville (10 km)…

 

-          La fiesta de Castro Urdiales le 14 et 15 Août…

 

-          La baie de Santoña

 

-          Santander vu de loin…

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 19:18

FORTUNE DE MER

 

 

                 J’ai pris comme titre « fortune de mer » …Quelle idée !

 

 

Quoi qu’il en soit, en ce début de mois de Juillet,

il y a réellement eu : Fortune de mer sur Ciao !

           

 

« Fortune de mer » c’est un terme qui m’a toujours semblé étrange, puisqu’il désigne un naufrage, une avarie, une perte en mer… Alors d’où vient le terme de « fortune » ?

 

J’ai cherché ; il vient du latin « fortuna » qui signifie : sort, hasard… donc chance et malchance. Tout s’explique donc !

 

 

Cet article, c’est donc le récit d’une fortune de mer, vécue essentiellement par le capitaine de Ciao, sachant qu’elle ne peut pas être sans un écho sur le concept entier du voyage en bateau, le programme, l’équipage...   

  

C’est une fortune dans le sens d’une chance, je pourrais dire aussi qu’il s’agit d’une fortune qui signifie « grande richesse » aussi.

Pourtant, je n’ai pas gagné au loto, ni hérité d’un tonton d’Amérique quelconque…

 

  

Le bénéfice est ailleurs, à l’intérieur… Et c’est le meilleur !

Tiens c’est marrant ça rimerait facilement avec bonheur …

 

  

De quoi s’agit-il ?

En quelques mots :

 

Il y a quelques jours, je suis simplement allé faire quelques courses au supermarché voisin…

Je traversais d’un pas rapide le rayon des livres, pour aller un peu plus loin chercher des fournitures de bureau. Mon regard a été attiré sur ma droite, par un petit livre de poche, posé là parmi des centaines d’autres, sans qu’il soit mis en évidence par le marketing (forcément) aiguisé du chef de rayon…

En couverture, un arbre, simple, un tronc, un feuillage épanoui, un fond blanc, et c’est tout.

Son titre : « le pouvoir du moment présent » ; pas de quoi faire hérisser les poils…

L’auteur, Eckhart Tolle. Jamais entendu parler jusqu’à présent.

 

Pourtant j’ai attrapé ce livre en passant… Celui-là, et aucun autre…

 

Je l’ai pris en mains, ouvert au hasard, et en quelques mots de lecture, dix secondes tout au plus, j’ai su que ce livre m’était destiné. J’étais étonné et en même temps conscient de mon étonnement ; mon pouce a laissé glisser quelques dizaines de pages, et j’ai lu rapidement un autre passage, comme pour me convaincre de quelquechose…

J’ai ferme le livre, et l’ai déposé dans le chariot, avec la certitude interne inexplicable, et tout autant incontestable que son contenu m’était précieux.

 

J’ai lu ce livre, comme on boirait un jus de fruits très frais un soir d’été ; à petites gorgées, en le posant un moment, le temps d’intégrer ; puis un autre petit chapitre, avant de faire une nouvelle pose…

 

Cette lecture vient pourtant après de très nombreuses autres, en matière de psychologie, de développement personnel, et d’évolution, mais curieusement elle s’est révélée d’une efficacité qui me surprend encore lorsque j’y pense... C'est autre chose...

 

Elle est arrivée à point, au moment où j’en intègre tous les termes, toutes les profondeurs, qui en fait ne sont finalement qu’évidences...

L’ouvrage a été traduit en 33 langues, et édité à plusieurs millions d’exemplaires depuis 2005. Comment suis-je passé à côté tout ce temps ?

 

Le résumer serait maladroit, déformant, désuet ; je vais éviter...

 

Je ne peux témoigner que de son effet sur mon vécu, et ma perception de la vie, et constater que finalement, ça change tout de tout !

  

Peu importe les mots, et les phrases que j'ai lues ; voici ce qu'il en reste :

  

  

Une perception claire et limpide qui met en relief (mieux que la 3D du cinéma), l’essentiel, et tout le reste, (ce qui ne l’est pas) en arrière plan.

 

  

 Le choc a été assez fort lorsque j’ai intégré réellement que ma vie tournait jusqu’à lors tout autour de l’essentiel, en le voulant tellement... sans jamais vraiment l’atteindre, pour le chercher encore… Un jeu de serpent qui se mord la queue… Il fait un joli cercle sans jamais aller au centre...

 

Ce projet de voyage en bateau, tel qu’il est exprimé dans le blog de Ciao en témoigne précisément…

J’ai toujours su que le bateau, la mer, le voyage, approchaient davantage mon essentiel que tout autre sujet…  

 

Un rêve de lointains horizons, autour de la planète...

Un espace illimité...

Sans contrainte du temps...

En des lieux de beauté, en compagnie choisie...

et en recherches de chaleureuses rencontres…

 

Un essentiel, certes, mais en rêves…

 

Tout restait à découvrir...

 

 

 

C’est d'ailleurs ce qui explique l'existence de ce blog et son feeling :

« Voyages au long cours, voyages intérieurs » …

 

 

Sans le savoir, j’effleurais d’un peu plus près le concept dans mon précédent article,

(Juin 2011 - En Vrai, fais ce qu'il te plait ) qui parlait de suivre les perceptions du vécu au « moment présent »…  

 

J’effleurais…

 

Après cette saine lecture, je suis au cœur du sujet maintenant... Miracle ? Magie ?

Non ; un pas de plus, certainement …

 

Je viens d’ouvrir une porte qui m'a fait ressentir « le pouvoir du moment présent ».

Il contient tout, vraiment tout. Il suffisait juste de le percevoir réellement en essence...

 

 

 

Pleine conscience et présence...

 

   

Délivré, et donc libre, à présent ; libre de partir quand même, mais différemment, avec une autre impulsion de base, en sachant que ce n’est ni un besoin, ni une attirance irrésistible ; juste un moment de vie exactement comme celui-ci, où j’écris ces mots. Un moment plein, entier, qui n’attend rien ; qui se vit pleinement.

 

Il vient d’y avoir un virage dans le sillage de Ciao, sans même avoir besoin d’être à bord !

Dorénavant, Ciao naviguera, mais il ne naviguera plus de la même manière...

 

 

Il va probablement naviguer cet été, mais nul ne sait maintenant vers où il va…

Au gré du vent assurément…

 

 

Initialement, je prévoyais très concrètement d’aller cet été vers les îles Cies au nord du Portugal, (voir l’article Mai 2011 - Motivation... préparation... ).

 

Les Iles Cies sont aussi nommées « iles des Dieux »… C’est loin de Hendaye... 400 milles (720 Km) environ en route côtière directe, et près de 500 Milles (900 km) en faisant les contours de côtes et quelques escales…

Mais, dans les Iles des dieux … Ciao semble y être déjà…

 

 

Vers où le vent nous emmènera-t-il alors ?

  

 

Quand on a lu (et reçu) le message de ce livre, on se rend compte que même cette question est de trop…

 

A une prochaine vague donc…

Largage des amarres imminent… Pour un vécu au jour le jour… 

 

 



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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 12:16

En Vrai, fais ce qu’il te plait…

 

 

 

Je constate que j’ai davantage de difficultés que d’ordinaire pour écrire ces quelques lignes.

Voici une quinzaine de jours que je pose petit à petit toutes les phrases qui constituent cette page, que je les relis, et que je n’en suis pas satisfait.

Je les corrige, les relis, et même constat…

 

Je m’interroge, et je m’aperçois que suis partagé entre les deux aspects de ce que je cherche à exprimer…

 

-          D’un côté la simplicité d’un vécu, tellement simple qu’il pourrait sembler sans intérêt ; par exemple au regard des récits extraordinaires d’aventures exotiques au bout du monde ou de traversées insensées aux limites de l’exploit humain… Et je me dis : à quoi bon écrire des banalités, mieux vaut ne rien écrire du tout…Et je ferme ma page.

 

-          De l’autre côté, la riche conscience que tout l’intérêt réside dans la simplicité des choses et dans la manière de les vivre simplement ; c’est important pour moi et je constate en observant autour de moi que cette apparente évidence est souvent complexe à appréhender. Alors, je reste dans mon sens, et dans  le sens de ce blog... Et je ré-ouvre ma page…

 

 

               __________________

 

Voyons …

           

 

Nous sommes sur le concept suivant : l’équipage de Ciao souhaite harmoniser et développer son expérience, dans l’axe de futures navigations plus conséquentes, plus loin, plus longtemps, plus libre… C’est un vieux rêve du capitaine, un rêve comme il en existe d’ailleurs dans beaucoup de têtes…

Il y a aussi Sylvie, propulsée à l’évidence « second du bord », qui après avoir découvert le labyrinthe des songes du capitaine, découvre depuis un an maintenant, le concret : la mer, le bateau, la navigation, la voile, le mode de vie… Elle le découvre avec intérêt, et curiosité, et y amène en même temps et régulièrement des notions de relativité.

 

 

Zoom sur ce mois de Mai 2011, où un programme sur 8 à 10 jours est mis en place ; plusieurs objectifs se sont posés naturellement en parallèle :

 

·         Retrouver les réflexes en mer, et se ré-amariner en ce début de saison,

·         Vérifier si l’anti-fouling tout neuf glisse bien,

·         Dans le cadre de la préparation à de plus longues croisières, faire au moins une navigation de nuit ; ce qui serait une première pour le second… Afin de voir si la nuit en mer, c’est  vrai qu’on n’y voit rien… (même si la phrase n’est pas facile à comprendre)

·         Faire une virée en Espagne, vers Lekeitio (escale que nous avions appréciée l’an dernier, et qui est distante de 35 milles de Hendaye).

·         Passer une semaine agréable. (non exprimé, mais ça va de soi…)

 

 

Avant toute chose, nous décidons de faire un petit tour devant Hendaye, pour remettre les pendules à l’heure, si besoin.

 

Un petit vent de force 3 nous accueille et nous souhaite la bienvenue. Il mollit assez rapidement à 2 et même un peu moins ensuite, et il nous confie à la houle du large qui se charge de nous bercer de son amplitude qui atteint les 2 mètres.

 

Nos centres de l’équilibre comprennent aussitôt qu’ils doivent se mettre au travail activement, et nous constatons qu’ils se souviennent plutôt bien de leurs acquis de l’an dernier. C’est déjà çà ! Nous notons au passage que le fait de séjourner sur le bateau au mouillage, participe discrètement, à intégrer le côté mouvant de l’environnement ; une sorte d’apprentissage passif, plus conséquent qu’il n’y paraît…

 

Sur ce constat serein, Sylvie se demande par ailleurs (parmi les grandes questions de la vie prolongée à bord) comment on peut bien réussir à dormir en mer avec ces balancements incessants, et bien que nous soyons en plein après-midi, elle se propose d’essayer la couchette de navigation dans le carré, histoire de voir ce que ça lui fait...

 

Pendant ce temps de mon côté, je projette de regagner le mouillage à la voile ; le vent paraît suffisant pour nous amener à destination sans l’aide du diesel.  A chacun son petit exercice…

 

Sitôt dit, sitôt fait, Sylvie disparaît donc dans le carré, en ajoutant sur un ton (pourtant) convainquant « appelle-moi, à l’arrivée au mouillage, je viendrai t’aider ».

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Grand largue, 5 nœuds, et petits surfs, Ciao escalade et redescend la houle en douceur, en se rapprochant lentement des jetées de Hendaye.

 

Rapidement le silence qui s’est installé à bord, témoigne que les essais de couchette semblent être concluants… Une demi-heure se passe, et je retarde le moment d’appeler l’équipage sur le pont…

L’approche se déroule agréablement au vent portant.

 

Entre les jetées, la houle disparaît, la coque chuchote à peine quelques bulles, trace un sillage bien net, et une impression de glisse se dégage de notre déplacement. Malgré que le génois soit roulé entièrement, nous progressons à bonne vitesse sous grand-voile seule.…

 

En parlant bien fort à l’entrée du carré, je préviens que nous sommes en fin du chenal d’entrée… « Eho du bateau !!! On arrive !!! Tout le monde sur le pont !!! »

 

Nous arrivons en effet dans la baie de Txingudi où mouillent environ 450 bateaux ; c’est pour l’heure, ici qu’habite Ciao…

180 180 NOIR copie

 

 

-          Eho du bateau !!!

-          Silence radio…( ?)

-          Tu dors ?

-          …zzz…

 

 

  

 

Bon ! Ce n’est plus le moment pour moi de quitter la barre à présent, je dois gérer la grand voile, l’erre du bateau et sa trajectoire sinueuse entre les bouées et les autres embarcations au mouillage dans la baie. Je ferai donc la manœuvre en solo…

 

   

J’aurais bien aimé partager avec Syl ce véritable régal de se glisser sur le plan d’eau calme, presque sans un bruit, avec une vitesse d’environ 3 à 4 nœuds, et d’évoluer avec la majesté d’un grand cygne sur un lac. Je la laisse à ses songes certainement tout aussi doux…

 

 

Nous approchons en un slalom nécessaire mais fluide, et rapidement j’aperçois la bouée marquée « Ciao ». Je décris une jolie boucle pour arriver face au vent, je choque la grand-voile, place la barre dans l’axe, saisis la gaffe, et file à l’avant ; La vitesse chute, la voile claque comme un drapeau, le bateau s’arrête à 1 mètre de la bouée. Hop ! Une aussière est remontée à bord et tournée au taquet ; c’est fait !

 

Manoeuvre simple finalement, presque évidente, et qui me remplit dans son élégance, dans le sens où elle s’inscrit dans le pur style traditionnel de la voile, en harmonie avec l’environnement, en connivence avec lui. A refaire plus souvent…

 

Ciao est à sa place, et j’entreprends aussitôt d’affaler la voile lorsqu’une tête sort du roof avec une allure un peu ailleurs, cheveux en bataille, et un regard dont l’auto-focus semblerait en panne…

 

- Qu’est ce qui se passe ? On est où ? 

- Amarrés à notre place !

- Je n’ai rien entendu, j’ai été réveillée par des bruits de pas au dessus, et dans mon rêve je croyais que c’était la voisine avec ses talons…

 

L’essai est concluant ; on dort bien sur la couchette du carré. La question qui se pose désormais serait plutôt : « comment fait-on pour se réveiller quant on doit prendre des quarts, la nuit ? »

 

Petit sourire amusé, et la tête disparait…

Je constaterai après avoir remis le pont en ordre, que le second est à nouveau en mode « stand-by » ; en train de savourer le deuxième épisode du feuilleton « plus de son, plus d’image ».

 

Sylvie m’expliquera plus tard, comment les bruissements de l’eau sur la coque, en même temps que d’être bercée dans sa bannette lui ont évoqué une sensation de bien être qui certainement, pourrait se rapprocher de sensations prénatales.

Engramme physiologique ou fruit de l’imaginaire ? On ne sait pas…

 

Dans tous les cas c’est une illustration de la manière avec laquelle Sylvie peut transformer une navigation en méditation profonde, et un simple plaisir en sensation de bien-être généralisé.

Pour ma part, je n’aurais pas échangé ma place, préférant cette fois-là, le toucher de l’écoute de grand voile, à celui de l’oreiller…

 

 

Les siestes ont ceci de bon, qu’elles promettent des fins de journées plus toniques, débarrassées de la fatigue résiduelle…

En soirée, je propose de faire une petite sortie de nuit ; la température est douce, et l’idée est séduisante.

 

Après le repas, à 22 heures 30, nous quittons le mouillage.

Le temps est calme, il n’y a pas de vent. La nuit a pris toute sa place à présent. Le ciel moyennement couvert laisse filtrer un timide premier quartier de lune ;

Nous naviguerons au moteur pour cette sortie initiatique, même si le charme du grand cygne est rompu….

 

En quittant la baie, je sensibilise Sylvie aux repères qui nous seront utiles lorsque nous rentrerons. Les bouées vertes, les rouges, les feux scintillants… Ce sont autant d’indications qui d’ordinaire nous échappent totalement dans les navigations diurnes. Malgré quelques zones totalement noires, les axes principaux sont finalement très identifiables.

 

Une demi-heure plus tard, Ciao est en mer.

 

L’horizon apparait comme une toile tendue en fond de scène d’une immense salle obscure. La mer est noire, le ciel est d’un gris très profond.

Au large, de gros halos luminescents soulèvent l’horizon en direction du Nord Nord/Ouest. C’est le grand large dans cet axe, et nous comprenons que ces lueurs témoignent de la présence de gros bateaux que nous ne voyons pas ; ils sont derrière la ligne d’horizon, et le halo de leur éclairage se révèle dans l’humidité ambiante.

 

Ces bateaux, dont nous ne soupçonnerions pas la présence de jour, sont parfaitement repérables ce soir. Il y en a 4 ou 5 à intervalles réguliers ; des cargos ? C’est assez improbable, il n’y a pas de grand port de commerce à proximité… Des pêcheurs, alors ? De grosses unités en tous cas, très éclairées.

Nous n’avons pas de radar à bord de Ciao, et nous validons l’utilité de cet équipement, car sans ces conditions de visibilité ce soir, nous serions à notre insu entourés de toute une flotte invisible et potentiellement dangereuse en matière de risque de collision si nous faisions route au large. Un  radar positionné assez haut dans le mat permettrait de les visualiser, de définir leur trajectoire et donc de sécuriser la zone autour de nous. J’ignorais qu’il y avait autant de trafic ici.

 

Nous nous accoutumons à l’obscurité, l’environnement nous apparaît maintenant tout en teintes de gris foncé ; le trait de côte est visible, souligné par une dentelle claire formée par l’écume des vagues qui se brisent sur les rochers.

 

Nous croisons la route de quelques petites embarcations de pêcheurs et en profitons pour réviser le positionnement des feux de route des autres par rapport aux nôtres – « Vert sur Vert tout est clair – Rouge sur Rouge rien ne bouge ! »

  source-technique 5745

 

Le second confirme ses galons, en ne manifestant aucune crainte, et en adoptant le principe que « si on ne voit rien devant, c’est qu’il n’y a rien ». Ce n’était pourtant pas gagné d’avance, en tant que terrien habitué aux phares puissants de la voiture et aux boulevards éclairés, à la lumière omniprésente…

 

Conclusion : naviguer de nuit - par temps calme - ne pose pas de problème, il restera à renouveler l’opération sous voiles et sur une plus longue navigation…

 

Nous rejoignons le mouillage un peu après minuit, guidé par les bouées rouges à bâbord, et les vertes à tribord…

 

Nous sommes satisfaits de cette journée, riche d’enseignements et de validations. Jusque là, nous collons au programme prévu. Nous pourrions faire une coche verte dans la case devant « essai nav de nuit OK »…

 

 

Avant de partir en Espagne, nous avons besoin d’une journée à la marina, pour l’avitaillement, et aussi pour faire la vidange du moteur, réparer un coulisseau de grand-voile, recharger en eau et électricité...

 

Enfin, c’était prévu comme ça, mais  en milieu de journée, alors que nous venons de prendre notre place au port, les drisses des bateaux voisins se mettent à claquer gaiement sur les mats, tandis que les palmiers de la jetée nous font de grands signes insistants, en sifflant … « Eho Ciao ! Y a du vent !!! »

 

Comment ignorer ces appels de la nature ? Le plaisir l’emportera-t-il sur la raison ?

Questions qui d’ailleurs, ne se posent même pas…

Le programme « bricolage, courses et le reste» est immédiatement revoté et remplacé à l’unanimité par « sortie en mer » ; on verra plus tard pour le reste.

 

Et voilà comment Ciao dévie du droit sillage !

 

Grand-voile haute et génois complet, Ciao se glisse au près, tout contre un vent de Nord de force 4, pratiquement constant. La coque est fraîchement carénée, la glisse est excellente, et nous comptons bien améliorer les 7,01 nœuds enregistrés l’an dernier (en fin d’été) comme meilleure vitesse sous voiles, et après avoir étalonné le loch, précisons-le. 

 

A peine les voiles sont elles en place, que le loch affiche 7,30 - 7,40 très régulièrement...

Hum… Ce temps c’est du caviar pour Ciao !

Et contrairement à ce qu’on raconte habituellement sur les pontons de plaisance (que le vent souffle soit trop fort, soit trop faiblement, soit dans le mauvais sens) les conditions aujourd’hui, sont parfaites…

 

Un petit réglage supplémentaire des voiles, et c’est un 7,98 qui récompense illico Sylvie qui se régale à la barre, arborant un sourire démesuré ; pour être complet dans mon propos, je dois mentionner qu’elle adore jouer, lancer des défis, donner la réplique, et si possible, tenir la tête des résultats, et ce, quelque soit l’activité…

 

Elle a pourtant fait connaissance avec le bateau depuis peu, et déjà elle le mène au doigt et à l’œil ; totalement concentrée, dans le but de gratter les 0,1 nœuds supplémentaires que le capitaine aura certainement du mal à égaler …

Quelle compétitrice !

 

Bon allez ! Fini de rigoler ! Changement de barreur…

 

Mille sabords ! La chose n’est pas facile ! 7,98, ca va être chaud !

 

7,40 – 7,20 – 6,60 – 6,50  - Grrr ! La honte me guette, le discrédit, la faillitte !

 

-          Le vent mollit un peu ? Les voiles sont mal réglées ?

-          Bla bla bla pas d’excuse Capitaine ! les chiffres parlent d’eux mêmes…

 

Moment de solitude…

 

-          C’est sûr le vent mollit maintenant…

 

Quoique …

 

6,50 – 7,20 – 7,47 – Ah ? Ah ?

 

-          Les affaires reprennent !

 

8,01 – 8,24 !!

 

-          Yes !

 

Foule en liesse ! Champagne ! Feux rouges à mains, comme à l’arrivée du Vendée-globe ! Non ! je reviens sur terre ! Mais je suis content de moi et du bateau que je découvre encore, car ce n’est que la deuxième saison avec Ciao.

C’est vraiment une vitesse très honorable pour un voilier de 8,50 mètres naviguant au près bon plein. Je comprends qu’à son époque de jeunesse ce type de bateau était au départ de toutes les régates de club, et à l’arrivée en tête de tableau.

 

Cette fois, c’est le capitaine qui détient le record, mais de peu car il a été taquiné un peu plus tard à 8,14  « tout de même »!

 

En rentrant, nous nous sentons remplis du grand air, des vagues, des sourires, et plaisirs que nous avons partagés. Nous remercions les palmiers de nous avoir invités à sortir en mer, et nous nous remercions nous-mêmes, aussi d’avoir su modifier nos plans pour prendre ce moment de petit bonheur.

Nous ferons les courses, et la vidange du moteur demain… Nous partirons après-demain…

 

Voilà l’important qui émerge du tout simple ;

Une validation qui  n’était pas au programme vient de s’imposer d’elle-même : nous avons vérifié que nous privilégions souvent la perception du moment présent, à tout programme établi, et que ceci nous est finalement profitable.

Cette souplesse qui fait partie de notre manière de voir les choses en général, est aussi notre façon d’envisager les expériences sur le bateau, à moyen comme à long terme. Ce n’est pas le tout de le dire ; là, nous l’avons vécu ; sur un point de détail certes, mais quel plaisir !

Nous avons remarqué que cette ouverture a pour nous l’avantage de générer d’une part, beaucoup plus de moments « plaisir », et d’autre part, de faire naître des sensations plus intenses, car imprévues, et vécues comme des cadeaux…

 

L’inconvénient, si on en cherchait un, serait une certaine inconstance apparente… Ca change toujours d’avis à bord de Ciao, ca navigue à vue, au gré du vent… En même temps c’est normal pour un voilier non ?

 

C’est quand-même vrai que lorsqu’il est question de conjuguer cette souplesse d’adaptation aux prévisions météo, qui sont parfois plus nébuleuses qu’une nuit dans le brouillard, nous passons par des réflexions où il devient difficile de prendre une décision, à moins d’avoir recours au « pile ou face »...

 

Ce qui a failli être le cas pour décider de notre départ vers Lekeitio (qui se trouve à 6 ou 7 heures de navigation plein Ouest).

Côté prévisions météo, les vents s’annoncent dès lors plutôt faibles mais contraires (quoiqu’ils oscillent en direction), le temps sera couvert avec semble-t-il des risques d’averses (prévision espagnole), sans mention de pluie (météo française)…

De notre côté, pour l’expérience, nous avons envie naviguer de nuit, et nous avons à l’origine, très envie d’aller en Espagne.

 

Sans devoir faire appel à des dons extralucides, je pressens que nous bénéficierons vraisemblablement d’une visibilité mauvaise.

 

Une petite phrase parasite passe par là : « finalement nous aurions peut-être dû partir vers l’Espagne, un jour ou deux plus tôt… La météo aurait été meilleure… »

 

Peut-être… Mais la question ne se pose plus…

Je décide de prendre un départ en fin de nuit, vers 3h ou 4 heures, ce qui nous laisse un bon compromis, car nous serons en zone connue pendant les heures d’obscurité, et nous aurons quand même notre expérience de navigation nocturne vers une destination fixée. Nous pourrions être à Lekeitio avant midi.

 

Réveil, petit déjeuner, check-list de départ, largage des amarres…

03 heures 30.

 

C’est un véritable ballet de bateaux de pêche qui croisent dans tous les sens dès la sortie du chenal. La vigilance est maximale, et le décryptage des feux rouges et verts est permanent.

Sylvie aime ce nouveau jeu qui consiste à deviner vers où vont les bateaux, et vers où on doit aller pour les éviter ; et sachant que les bateaux de pêche changent constamment de direction pour les nécessités de leur pratique, les discussions à bord de Ciao, vont bon train…

 

La nuit est noire, sans lune, le temps est couvert comme prévu…

Le ciel et la mer sont exactement dans la même palette de noir profond, nuance « encre de chine »…

S’il n’y avait pas les bateaux au loin, on ne devinerait pas l’horizon. S’il n’y avait pas ces autres bateaux plus proches, on ne pourrait pas situer le plan d’eau par rapport à notre position. L’équilibre à bord, se révèle difficile sans repère visuel.

Seule la côte sur bâbord, est visible, le phare du Cap Higuier, quelques lampadaires…

 

La houle est forte, et de travers ; on ne voit pas arriver les vagues, pourtant elles sont puissantes et très proches les unes des autres ce soir.

 

Nous devons nous propulser au moteur, car le vent est faible, exactement de face dans l’axe de notre route ; tirer des bords sous voiles, reviendrait à faire du surplace…

 

Nous progressons à 5 nœuds à peine, et le bateau se vautre régulièrement sous l’effet de vagues plus hautes qu’il nous est impossible d’anticiper ; la vitesse chute à 3,5 nœuds parfois, puis reprend. A l’intérieur, pourtant bien rangé, des choses tombent ; la porte de la couchette s’est libérée et bat régulièrement, le réchaud à gaz tape en butée.

Un petit tour dans le carré pour calmer le jeu, et j’ai l’impression d’être une bulle dans un shaker.  Je ressorts vite fait au grand air, c’est meilleur, mais avec le sentiment d’être debout sur les pédales d’un vélo trop grand pour moi, et d’essayer de rétablir l’équilibre.

Il n’y a aucun danger, aucune crainte, mais un inconfort maximal, qui petit à petit nous fait perdre le sens de cette navigation. Mais pourquoi est-ce qu’on se fait brasser comme çà ?

Ce qui laisse échapper : « Putain c’est loin le Maroc ! » (une future destination envisagée ; mais c’est une autre histoire…)

 

L’obscurité quant à elle, est totalement gérée ; nous suivons notre route au GPS, nous la reportons sur la carte, en contrôlant avec les repères visibles à terre ; l’expérience est positive de ce côté-là.

 

Régulièrement toutes les minutes un train de vagues plus marqué, continue de malmener le bateau, dans des mouvements désordonnés et difficiles à amortir.

Nous continuons notre route en silence, si on élimine mentalement le ronronnement du moteur…

Nous surfons chacun sur nos pensées… Je me demande si ce serait plus facile au large ; certainement, mais nous éloigner de 10 ou 15 milles rallongerait considérablement le trajet, donc le temps d’inconfort…Déjà que nous n’avançons pas très vite…

 

L’espace de quelques secondes, j’ai une perception bizarre, on n’y voit rien, et c’est comme si un voile encore plus noir était venu nous caresser, nous envelopper, nous, le bateau, et tout ce qu’il y a autour. Je m’interroge sur ce ressenti… La fatigue peut-être ?

Il m’a semblé que c’était différent juste après ce passage encore plus obscur ; ca me semble redevenu un peu moins noir maintenant… je me dis que je dois avoir des hallucinations…

Je scrute tout autour, pour comprendre, pour voir si un effet de lumière quelconque a pu produire cet effet ; je regarde le ciel, et je comprends aussitôt en distinguant tout à peine quelques traces d’un noir moins intense sur le ciel…

En quelques minutes ces traces deviennent grises, puis blanchâtres entre les nuages.

C’est le jour qui se lève…

 

C’est curieux cette manière dont j’ai vécu ce passage de la nuit aux premiers rais de lumière du jour…

Sylvie remarque avec moi ce changement à présent, mais ne fait pas d’autre commentaire.

 

La houle continue de nous secouer ; nous pouvons la voir maintenant, courte, croisée elle est certainement désorganisée par le rebond sur le relief côtier assez proche ; c’est une marmite très désagréable que nous pensons devoir supporter au minimum 6 ou 7 heures encore, car notre vitesse moyenne est inférieure à la prévision…

Nous savons que cette houle venant de très loin au large, n’a aucune raison de disparaître subitement…

 

Nos regards se croisent, interrogateurs… Qu’est ce qu’on fait ? On continue ?

Pfff, je n’ai pas de plaisir dans cet instant ; Sylvie visiblement, non plus…

De plus, il semble que nous allions effectivement vers une zone de pluie…Le ciel est d’un gris plombé devant nous, l’horizon est bouché… La prévision météo espagnole se confirme.

 

-          Faisons une escale à San sébastien ? C’est à une heure d’ici…

-          Non  ce n’est pas une bonne idée ! Un renforcement du vent est prévu demain, à force 5 ou 6 avec des rafales supérieures, et le mouillage sera vraiment inconfortable.

 

-          Demi-tour alors ?

 

Vote à main levée…Enfin non, parce qu’on se cramponne à deux mains…

 

En verbal alors :

Demi-tour ! Adopté à 100 %.

 

Barre à tribord toute, entre deux vagues, Ciao fait un 180 °-

Le phare du Cap Higuier est loin devant à présent ; il marque l’arrivée à Hendaye. Il faut refaire pratiquement 2 heures dans ce sens…

La houle est toujours aussi détestable, et le vent qui est au portant maintenant, est ressenti comme insignifiant. Il ne nous incite pas à établir une voile pour nous caler un peu… Elle ne ferait que claquer sous les mouvements du bateau ; à moins de tangonner le génois… Pas envie de faire l’acrobate… Nous restons au moteur.

 

Nous prenons notre mal en patience, contents de notre expérience nocturne, contents de notre décision de demi-tour, même si la houle imprime cette fois un comportement de culbuto au bateau, avec un roulis sévère, qui se révèle contrariant pour les estomacs, et nous oblige à gérer le désagrément en pompant sur les jambes pour essayer de garder un semblant de verticale.

 

Cette étrange gymnastique permanente pendant deux heures, nous ramène à Hendaye.

 

En rentrant au petit jour, nous faisons un constat étrange : nous avons tous les deux l’impression que nous ne connaissons pas ce lieu… Nous pourrions presque affirmer que nous n’y sommes jamais venus…

Bizarrement tout nous paraît immense, très large, démesuré… Les jetées sont incroyablement longues, et écartées, les immeubles du côté espagnol, éclairés par le soleil levant prennent une place que nous n’avions jamais remarquée. A croire que notre vision de jour est déformée par le fait d’avoir scruté chaque détail dans le noir… Je n’avais jamais fait ce constat auparavant ; c’est une sensation très curieuse, amplifiée vraisemblablement par l’état un peu second dans lequel nous sommes.

 

  Bouée

 

07 h 40, nous sommes revenus au point de départ, à notre chère bouée « Ciao ».

 

 

 

 

Arrêt moteur… Soulagement… Le niveau sonore était finalement assez présent ; il nous a littéralement engourdi la cervelle…

Les interrupteurs des instruments de bord se coupent un à un…

Une urgence se profile ; nous lançons un « COC »  :

Couchette, Oreiller, Couette !

 

A 13 heures 50, à l’heure où j’écris ces quelques lignes sur le livre de bord, je constate que les effets somnifères de la houle sont toujours présents dans le métabolisme de mon second, qui est profondément concentrée sur une rythmique  caractéristique d’une saine récupération…

 

Quelques heures plus tard, la plage de Hendaye, nous accueillera jusque tard dans la soirée sous un soleil bien doux, qui ne nous fait pas regretter les menaces de pluies de Lekeitio, même si son petit port sympathique, la petite île San Nicolas, et le dépaysement du lieu avaient charmé nos projets…

 

Alors que nous sommes allongés sur le sable, nos reflexes croient bon de nous faire encore tanguer ; nos corps, parfaitement immobiles nous transmettent des fortes sensations de balancement, comme si cette houle refusait de nous laisser en paix. Le mal de terre ?

 

En fin de journée, nous décidons de partir le lendemain vers Saint Jean de Luz, (à 2 heures de mer seulement, côté Est).

 

Avec un vent du Nord, force 4, donc de travers cette fois, Ciao file fièrement, arrosant régulièrement le pont de quelques pointes d’écume qu’il soulève depuis l’étrave. C’est une navigation agréable pour moi, même si sous l’effet de la houle encore bien présente, les coups de gîte sont plus marqués, et rendent les positions difficiles à trouver dans le cockpit. Sylvie aime un peu moins trouvant certains mouvements du bateau trop prononcés à son goût ; nous imaginons les avantages que procurerait un cockpit plus grand, une barre à roue, etc…

 

Nous naviguons assez vite et parcourons la douzaine de milles, en un peu moins de 2 heures.

L’idée d’un mouillage en baie de Saint Jean de Luz est rapidement abandonnée, car la houle s’y infiltre suffisamment pour le rendre inconfortable et rouleur.

 

Le port de Ciboure est au fond de la baie de Saint Jean de Luz ; il est tout petit et il n’y a que quelques rares places de passage ; un appel à la VHF à la capitainerie nous confirme que nous pouvons entrer.

 

Nous y faisons une escale qui se révèlera pour nous, finalement assez exceptionnelle.

Pourquoi ? Comment ?

Difficile de répondre si ce n’est que le temps s’est suspendu de lui-même…

Dès notre arrivée, nous profitons pleinement de la plage, des petites boutiques… Nous sommes en totale décontraction, entre séances bronzage, lectures et petites siestes…

Juste le plaisir d’être là, mais pleinement là… Conscience d’avoir fait un choix heureux, l’autre nuit… Pas l’ombre d’un regret, ni d’une déception… Bien au contraire ; ce n’est pas une réduction de programme que nous vivons, mais un recentrage sur une opportunité qui se révèle excellente.

 

Sur notre satisfaction, nous prolongeons d’une nuit, notre séjour au port de Ciboure.

 

Je note pour l’anecdote une soirée passée à la terrasse d’un  petit restaurant dans une rue en pente, où la vue de la table inclinée (certainement interprétée par le cerveau comme la gite du bateau) a réactivé très fortement et pour tous les deux en même temps, la sensation de mal de mer… Incroyables réflexes que même l’apéritif n’a pas réussi à dissiper…

Comment nos sens peuvent-ils nous tromper d’une manière aussi flagrante ?

Ces sensations disparaitront peut-être à mesure que nous amarinerons davantage…

 

 

De retour à Hendaye, nous faisons le point.

Le bilan de cette semaine a été excellent au niveau de notre ressenti ; l’un des meilleurs.

Pourtant nous sommes restés assez loin de ce que nous avions programmé…

 

Excellent, malgré (ou grâce à) la simplicité de ce que nous avons vécu ; c’est d’ailleurs ce qui me crée une difficulté à le traduire sur papier, ou à le transmettre… J’espère y être vaguement parvenu…

 

Définitivement, nous savons que le plaisir n’est pas lié à l’accomplissement de ce qui a été décidé, ni au côté spectaculaire des évènements, pas davantage aux coûts matériels en jeu, mais uniquement au plein accompagnement des circonstances qui se présentent à nous…

 

Sylvie et moi sommes bien en phase à présent sur ce point.

C’est une navigation de vie, en finesse, que j’ai apprise auprès d’elle petit à petit.

 

Auparavant j’avais l’impression que d’abandonner un programme était un peu comme céder à une facilité, conduisant à terme, à ne plus rien faire d’intéressant ou de conséquent dans sa vie…

Selon mes anciens réflexes, ne rien faire d’intéressant ou de conséquent, c’était perdre son temps…

 

Je sais aujourd’hui que c’est l’inverse.

Tout semble venir à point, et ce qui se vit, se vit pleinement ; c’est précisément cela qui procure une sensation de bonheur entier ; et en avoir conscience, c’est la cerise sur le gâteau…

 

Etrangement, nous remarquons que le temps passe moins vite dans le quotidien. Une semaine (comme celle-ci) peut très bien nous sembler en avoir duré le double, et une année en contenir plusieurs… C’est pratique !

 

Je savais que les notions de temps sont subjectives (déjà au lycée une heure de maths semblait plus longue qu’une heure de récré ou de sport) ; et combien de fois ai-je entendu qu’en vieillissant le temps semble s’accélérer…

Je me souviens de cette sensation, je l’ai eue aussi. Elle est totalement disparue.

A mon avis elle est engendrée par nos projections vers le futur, j’en avais beaucoup, et tant d’années y ont été aspirées…

 

Même si les rêves sont les bienvenus, et que de ceux-ci naissent des projets, je suis maintenant convaincu que les projections vers le futur dévorent le présent…

 

Dans l’attente d’avoir (ou dans la crainte de ne pas avoir), on oublierait d’Etre ?

 

Je ne ressens plus l’accélération du temps aujourd’hui, au contraire. L’espace temps se détend, comme moi, pour mieux vivre le moment présent...

Cette semaine à bord de Ciao en est une démonstration de plus.

 

Ce n’est certainement pas un hasard si le mot  - « présent » - est utilisé aussi dans le sens « cadeau »…

Et ce n’est pas un hasard non plus, si parfois son contraire c’est : « absent »…

 

 

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:19

La motivation c’est la graine !

 

Graine :

 

je ne comprends plus ce monde modélisé, dirigé par le profit individuel ; mercantile dans ses moindres recoins, qui petit à petit, fait des troupeaux de pseudos humains lobotomisés, portable à la main, écouteurs sur les oreilles.

Un tour en ville ou dans le tram… Vertige…

Mais que font-ils tous (ou presque) ? Où est la conscience de chacun ?

Ils déambulent…Mêmes démarches, mêmes looks, (il y a quelques variantes pour noyer le poisson, pour que chacun ait l’impression d’être original).

 

Je vois comme un théâtre de marionnettes, dans une pièce étrange dont le scénario serait :

 

Discrètement, et sans que ses membres s’en aperçoivent, toute une société est amenée à oublier son Sens ; elle est incitée à accumuler des biens matériels (de marque si possible), et à les sécuriser au maximum, à payer des redevances croissantes pour la possession de ces biens ; elle se sent obligée de consommer ; elle est sous emprise. Chacun travaille beaucoup pour y avoir sa place et y être reconnu…

 

Propos sévère ? Propos lucide ?

J’étais une marionnette, il y a peu de temps encore…

Mes ficelles se sont emmêlées (et finalement tant mieux !) alors aujourd’hui, une à une, je les ai coupées, et récemment j’ai dit  : « Ciao » !

 

La voilà la graine !

 

Bouh ! Mauvaise graine ! C’est une fuite ! Disent les marionnettes bien programmées…

 

Yes ! Bienvenue au club disent les autres ! (celles qui s'attaquent aux ficelles)... 

 

 

La préparation :

 

c’est laisser le temps à la graine de germer, de pousser d’avoir un climat propice ; favoriser son épanouissement, entretenir le terrain, pour que cette pousse devienne une jolie plante, ou peut-être un arbre…

 

Parfois je me demande ce que je fais là à tapoter mon clavier pour écrire les pages de ce blog, en ce printemps, alors que le temps est au beau, et que je pourrais être sur le bateau, et commencer à organiser concrètement les étapes…

 

J’arrose la graine ?

Non, même pas ! J’évite surtout de tirer sur le germe pour qu’il grandisse plus vite !

 

Je lis ici et là que beaucoup de gens (de plus en plus, et c’est un signe qui me plaît…) nourrissent un projet similaire de voyage, ou de grand départ ; Il est vrai que parfois les motivations sont différentes.

Parmi les candidats, selon mes lectures, on distinguerait grossièrement trois grandes catégories ; c'est certainement réducteur, mais ça m'inspire ...

   

-          Ceux qui partent un peu brusquement, et qui se préparent en cours de route tant bien que mal ; en gérant les surprises, les désagréments, les enseignements, dans le vécu…

C’est le genre : Tiens ! Un arbre pousse dans une jardinière, sur un balcon ! Faudrait le replanter quelque part… Parfois il reprend, parfois il pousse tordu, parfois il meurt…

 

-          Ceux qui se préparent longtemps…Longtemps, dans les moindres détails, et trouvent toujours quelque chose à mettre au point avant de partir, et de ce fait ne partent jamais… A trop arroser la graine, on la noie !

 

-          Ceux, qui suivent un planning de préparation daté, avec une liste d’actions, et qui gèrent le timing comme une entreprise gère ses commandes, et le jour « J » larguent les amarres, conformément aux prévisions. Jardiniers confirmés !

      Et puis le jour  prévu, ils rentrent.

 

 

Par réflexe, je m’apparenterais volontiers au troisième groupe, mais le cadre rigide me gêne (listes, planning…)… Mais moi j'y verrais encore assez facilement des ficelles de marionnette ; et le projet, peut-être une manière de les cacher… Jugement personnel ? C'est possible... 

 

Ca me résonne un peu comme s’il était nécessaire de mettre un cadre pour garantir le bon déroulement des choses, éviter les dérapages, servir de garde-fou...

 

Non ; je n'ai pas envie de rentrer dans cette vision-là du concept... J’appartiens certainement à un quatrième "profil", bien représenté lui aussi, vraisemblablement plus flou dans son organisation, (on ne sait pas trop où ça commence, où ça va, et combien de temps dure le voyage)... Mais C'EST... et c'est déjà beaucoup) ;

  

D’ailleurs pourquoi y aurait-il deux étapes ; avant départ – et – après départ ?

 

Dès que la graine est en terre le coup d’envoi est déjà donné, non ?

 

Pourquoi ne pas vivre le tout, en un immense voyage…

 

C’est déjà un grand chemin à parcourir que de partir d’une vie conventionnelle avec une maison, un travail, une vie sociale bien rangée, vers la conception, puis l’acceptation et finalement le projet d’une existence plus ou moins nomade, justement non cadrée, où le confort matériel s’oublie, où rien n’est établi…

 

Le voyage dont je parle, celui qui m’habite, c’est comme un végétal naturel, en pleine nature ; il s’est mis à pousser tout seul, pas parce qu’on l’a semé, mais simplement parce qu’un jour j’ai débroussaillé autour, parce que je l’ai enfin laissé respirer…

 

Plus haut, je me demandais ce que je fais là, à tapoter mon clavier pour écrire les pages de ce blog, en ce printemps, alors que le temps est au beau ?

 

J'ai la réponse ; je lui fais de la place à cette jolie pousse…

 

De l’intérieur, j’observe son terrain ;

Comment se fait-il que je n’ai pas « cultivé » plus tôt cet endroit de moi ?

Qu’est ce qu’il fait là dans ma vie ?

Est-ce qu’il n’est pas trop tard ?

Aura-t-il le temps de grandir ?

Il ne faudrait-pas que la végétation m’envahisse quand-même !

Comment çà se taille pour lui donner une jolie forme ?

 

 

 

 

Dans le concret, c’est autre chose :

 

J’extériorise ma vision des choses par ce blog, et çà m’aide…

 

Je concocte un petit programme de navigations pour cet été (pour l’entrainement physique et les compléments d’expériences).

vers les iles CiesCe sera au départ de Hendaye, forcément, vers l’Ouest, logiquement ; trois semaines en tout ; pour d’abord atteindre La Corogne, et ensuite si les conditions météo laissent passer Ciao, le Cap Finisterre, (extrémité nord ouest de l’Espagne) et idéalement un peu plus au sud, avant la frontière portugaise, les îles Cies au large de Vigo.

Une semaine là-bas et retour sur Hendaye.

Le programme est jouable en théorie, parfois venté et chahuté paraît-il...

 

Cependant il est attrayant ; il paraît que les îles Cies aussi appelées « îles des Dieux » sont superbes et encore peu fréquentées. Cet objectif implique de longues navigations, quelques nuits en mer, la gestion des repas en navigation, bref tout ce qu’il est besoin de valider…

Pas d’enjeu cependant, on verra au moment…

 

Ce serait sympa quand même, car cette croisière est sur la route d’un autre voyage qui se profile pour un peu plus tard ; celui-ci serait sur les côtes sud du Maroc, à Sidi-Ifni, où un ami nous y a invité, tel un défi, ou un challenge… Et de Sidi Ifni aux Canaries il n’y a qu’un pas… Alors …

 

 

 

Aussi, j’envisage sérieusement de changer de bateau pour un plus grand…

Etape nécessaire dont je m’occuperai l’hiver prochain. (j’y regarde déjà) – voir la page Tentation au Salon de l'Occasion de Port Camargue, le 22 Avril 2011.

 

Je glane des informations sur internet, sur des sites de voyageurs ; Il y a d’excellentes sources ; je viens de commencer une page de liens sur ce blog, à l'usage d'autres qui s'égareraient par ici... page :  Partages : J'ai lu.... Je clique...

 

J’étudie la météo, les particularités climatiques ici et là, la lecture des cartes isobariques, les nuages, lire le ciel… Météo - Sud Ouest - Côte basque - Côte nord Espagne

 

Je bosse aussi la technique (branchements de panneaux solaires, mise en place de régulateurs d’allures, les moyens de communication divers…)

 

 

 

 

Une à une, les pièces de puzzle se rassemblent, le projet se met en place, à son rythme, sereinement.

 

 

Il me plait à penser (*) que l’univers s’organise autour de chacun de nos souhaits profonds, comme pour y répondre ; ou plutôt, pour mieux nous permettre d’y répondre…

 

Croyance ? Peut-être…

 

Loi de la Vie ? Qui sait ?

 

 

 

 

(*) L’avantage pour le marionnettiste (et il le sait), est que les marionnettes ne pensent pas...

 

Dans ce cas l’Univers ne peut rien pour elles … Ca c'est certain !  

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  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

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Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

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