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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 13:23

Prolongation à Cascais…

 

Dans mon précédent article j’évoquais notre autonomie en carburant et j’ignorais qu’un épisode supplémentaire devait venir s’inscrire ici, pour l’anecdote, et aussi pour partager ma réelle incompréhension du monde dans lequel nous évoluons…

 

Nous avions décidé de prendre le départ Lundi 11 Août, en direction de Sines (Portugal) qui se trouve à environ 10 ou 11 heures de navigation au Sud de Cascais.

A 08 heures 45, le bateau totalement préparé pour le départ, nous relevions notre mouillage et quelques minutes plus tard nous nous présentions au ponton de la station service de la marina, afin de faire le plein tant désiré, sachant que l’ouverture de la station est à 09 heures.

Une vedette à moteur de bon gabarit mais pas encore extravagante, un petit yacht dirons-nous, était arrivée dans la nuit et avait pris place devant les pompes ; deux personnes s’affairaient avec les pistolets des distributeurs.

Nous avons appris rapidement que la pompe « gros débit » était en panne, et que la vedette devait remplir ses réservoirs avec la pompe « normale »…

Par contre ce qui ne nous est pas apparu immédiatement comme une évidence, c’est le temps que cela prendrait, et qu’il allait falloir attendre notre tour… Le capitaine du yacht s’est empressé d’émanciper notre naïveté, en annonçant qu’il lui faudrait 2 heures 45 pour faire le plein.

Quoi ? What ? Que es ?

J’ai cru mal entendre ou mal comprendre, j’ai dû loucher bizarrement sur mon interlocuteur, et le yachtman a lu sur mon expression que j’avais vraisemblablement un petit problème d’échelle.

En effet, je suis habitué avec les repères de notre bateau, son réservoir de 250 litres (c’est déjà pas mal, c’est 3 à 4 fois celui d’une voiture) et la consommation de nos moteurs qui est de 2,5 litres à l’heure environ. Je trouve déjà le rendement assez minable pour le déplacement effectué, et c’est aussi ce qui me motive à avancer majoritairement à la voile.

Monsieur, lui, s’apprêtait à ajouter  4000 litres de gasoil dans ses soutes me dit-il…

Waouh ! Suffisamment pour qu’une famille puisse se chauffer pendant 2 hivers dans une maison au Nord de la France !

Et pour bien ancrer son propos, il a précisé, tout content de la performance, que sa consommation en vitesse de croisière était de 400 litres à l’heure.

400 litres à l’heure… Si par hasard j’avais été en train de compléter mon petit déjeuner par un croissant ou une chocolatine, pour sûr je m’étouffais !

Loquace et fier de son embarcation particulièrement énergivore,  ce monsieur m’apprit qu’il pouvait emmener au maximum 6000 litres de carburant, et que 14 heures de navigation à 20 nœuds (36 km/h) de moyenne, suffisaient à vider la réserve.

Bug !

Alors ne trouvant plus de quoi répondre à ses propos, je me suis mis mentalement à retourner ces chiffres dans tous les sens, pour vérifier la cohérence, et en même temps l’invraisemblance :

En effet l’opération est juste : 14 heures à 400 litres/h, et à peu de chose près les 6000 litres sont convertis en rejets de Co2 ! Incroyable !

Mes calculs se font rapidement, et je n’en reviens pas ; en 14 heures on ne couvre pas une grande distance, même à 20 nœuds ; cette vedette vient de Cannes, et va à Vigo (Nord-Ouest de l’Espagne), et elle doit être à son 4° plein du voyage ! Il lui faudra environ 24000 litres en tout…

Allez ; par dépit je m’amuse un peu ; à 1,40 Euro le litre, la croisière de Cannes à Vigo, revient à 33000 euros ; ou encore chaque heure, l’embarcation a parcouru 36 kilomètres qui ont coûté 560 Euros. Ca ressemble à une blague ; et pourtant…

Elle a volatilisé une ressource précieuse et -on le sait- limitée, elle a pollué sans aucune logique par rapport au déplacement effectué.

Non-sens absolu ;  et en même temps réalité palpable !

C’est un jugement personnel peut-être, et je l’assume. A l’époque où l’on vit, avec la conscience de notre impact sur l’environnement, et la conscience de la détresse de certaines communautés qui luttent pour leur survie, je ne comprends vraiment pas.

 

Nous étions en présence d’une vedette de 22 mètres, taille tout à fait modeste et courante parmi toutes celles que nous rencontrons, et en imaginant l’impact global, je ne peux assimiler comment un individu sensé est capable aujourd’hui d’admettre participer à une telle stupidité. 

 DSC00116.jpg 

Et pourtant, la personne que nous avons côtoyée n’a pas l’air diminuée mentalement bien au contraire ; j’ai appris que c’était le patron d’un chantier naval espagnol, construisant des unités comme celle-ci ; cette vedette était d’ailleurs un modèle de présentation…

Lors de nos échanges (limités à cause de la langue) il m’a dit nous envier dans notre aventure de voyage à la voile. Je l’ai invité à faire de même ; impossible ! A-t-il répondu je dois aller travailler !

Espérons qu’il s’arrête prochainement, ainsi que ses homologues ou concurrents, de construire des engins aussi absurdes… Où alors qu’ils mettent leur intelligence à profit pour trouver d’autre moyens de propulsion plus éco-logiques dans tous les sens du terme.

 

La pompe s’est libérée vers midi, et il était trop tard pour entreprendre notre navigation vers Sines et arriver avant la nuit. Qu’importe, nous en avons pris notre parti.

Nous avons reporté en conséquence notre descente vers le sud Portugal, car le vent annoncé est vraiment très fort sur quelques jours…

Repos, détente, et « zenification » sont au programme de cette attente !

A tout bientôt sur le blog de Ciao…

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 17:33

De Muros à Cascais (Portugal).

Avec le recul on peut faire un trait d’humour et dire que Muros est un lieu « attachant ».

Le Mercredi 30 Juillet, nous avions décidé de partir de Muros vers 09 heures.

Le réveil a été plus que difficile après une nuit totalement blanche, secoués par un très sale et fort clapot latéral qui faisait penduler le cata comme un culbuto… Infecte ! La plus mauvaise nuit à bord depuis 8 mois, tempêtes d’hiver à Hendaye incluses !

Il n’empêche qu’en vaillants matelots, à 09 heures, les yeux en tirelire, nous étions sur le pont, prêts à lever l’ancre ; Syl à la barre et aux manettes, et moi à l’avant comme d’habitude pour la manœuvre de guindeau (le treuil électrique qui enroule les 60 mètres de chaine afin de remonter l’ancre).

Tout avait l’air de bien se passer quand subitement, le guindeau s’est mis à ralentir sur les dix derniers mètres, il me semblait comme affaibli ; mal dormi lui aussi ? Constat tout de même anormal et bizarre, puisque je savais les batteries à 100 % de charge et que de toute façon les moteurs étaient en soutien ; allons bon, déjà une panne qui se profilerait ?

Péniblement l’ancre a fait surface ; mais pas seule…

Empêtrée dans une double chaine qui devait traîner sur le fond ; l’ancre était prisonnière de Muros, et nous aussi… J’ai donc compris que le guindeau avait eu de la peine à remonter le tout, épreuve d’effort qui finalement le prouvait en « bonne santé »… Tant mieux !

Par contre, décrocher sous tension une chaine qui tire très fort vers le fond (qui est à dix mètres), et à l’autre extrémité un catamaran de dix tonnes qui, lui aussi, tire sous l’effet du clapot toujours présent (et le tout sans y laisser un doigt), n’a pas été une mince affaire…

Tronçonner la chaîne avec la tronçonneuse électrique a été une des premières solutions qui me sont apparues, mais le fait d’imaginer travailler avec la machine en 220 volts au niveau de l’eau qui remue, m’a convaincu qu’il valait mieux tenter autre chose avant d’en arriver là…

Alors, centimètre par centimètre, en tirant avec un cordage noué autour de l’intruse, puis venant en renfort avec deux ou trois autres bouts, et finalement en jonglant avec cinq ou six ficelages différents, prenant divers angles de tire, divers points de levier, et en appuyant au moyen de quelques insultes méritées, la chose a fini par lâcher prise.  Ouh ! Il était temps…

La tronçonneuse à disques commençait à se profiler comme ultime recours ; il me semble d’ailleurs que çà m’aurait soulagé de voir jaillir des gerbes d’étincelles, et d’entendre cette attache incongrue hurler sa douleur en perdant sa force.

Nous avons enfin pu quitter Muros à 11 heures, les yeux réclamant une sieste d’urgence cette fois.

Accessoirement, nous devions faire le plein de gasoil avant de prendre le large, mais en approchant de la station, la vue du camion citerne de livraison, m’a fait pressentir qu’il valait mieux oublier l’idée, plutôt que de glaner quelques probables impuretés dans le carburant à cause des remous liés au remplissage des cuves. Il y a des jours où il vaut mieux s’abstenir de prendre des risques…

Cet endroit serait facilement attachant, disais-je…

 

Nous sommes donc partis avec un peu plus du quart du réservoir dont la contenance est de 250 litres. Par estimation, il nous nous restait entre 20 et 30 heures d’autonomie moteur ; après tout Agur est un voilier, et un voilier marche au vent…

Direction les iles Cies à 40 milles de Muros.

Agur est parti comme une fusée poussé par un bon vent de force 4 bien établi, et quelques heures plus tard nous avions rattrapé notre retard du matin ; mais comme bien souvent, le vent est tombé dans l’après-midi, et 5 heures de moteur ont été nécessaires pour terminer… Situation stressante, sachant qu’il n’y a pas de station de gasoil aux îles et que l’escale suivante est prévue à Cascais distante de 220 milles (400 km).

Les Iles Cies…

Parc naturel, réserve de pêche, réserve ornithologique ; cet endroit est très protégé, et le premier réflexe en s’en approchant est de le respecter.

Dès les premiers regards, ces îles font envie ; elles sortent de l’eau avec de belles physionomies : montagnes, grandes plages, petites criques, forêts d’eucalyptus et de pins, un régal des yeux.

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Il est nécessaire de faire une demande par Email à l’organisme national qui gère les parcs naturels en Espagne, afin d’obtenir un permis de naviguer et une autorisation de mouillage. Nous avons fait les démarches très réglementairement une semaine avant la date prévue d’arrivée, et à ce jour, (une semaine après y être passés) nous venons juste d’avoir la réponse…

Autant dire que avons été hors la loi pendant 36 heures, en pénétrant dans les limites du parc et en y mouillant l’ancre deux nuits consécutives sans le fameux sésame. Aucun contrôle, ni vus ni connus.

Espace très protégé, mais loin d’être désert. L’île principale recèle un débarcadère sur lequel défilent toute la journée de gros bateaux transporteurs de passagers. L’île se gave de visiteurs chaque jour, et s’en libère à 95 % chaque soir. Le restaurant du débarcadère respire au même rythme, et la nuit, seuls restent sur place les résidents du camping, et nous avons compté, 7 ou 8 bateaux au mouillage.

Les fins de journée sont idylliques sur fonds de plages désertes et les petits matins tentent de leur ravir la vedette par leur calme absolu.

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Nécessairement, l’endroit se partage alors en journée avec ces milliers de visiteurs qui déferlent pour quelques heures, mais les différents chemins de promenade, les plages, les sommets, les points de vue supportent plutôt bien cette fréquentation.

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Rien ne traîne au sol, pas de papiers, pas de détritus, pas de bouteille, rien… Nous avons été surpris d’en déduire que chacun respecte la beauté naturelle des lieux, bien que la surveillance soit très discrète, et que par ailleurs aucune machine de nettoyage ne semble passer sur les plages.

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Les images parlent d’elles-mêmes, ces îles respirent l’esthétique et l’harmonie naturelle.

 

Malgré leur allure exotique,  qui ne leur donnerait rien à envier aux rivages méditerranéens, ces îles  semblent quand-même avoir un secret pour conserver « leur  fraicheur ».

Fraicheur, ce mot est approprié, car le climat ici limite nécessairement les visites aux meilleurs mois de l’année ; même l’été, le grand beau temps cède assez facilement sa place au brouillard et aux vents puissants. De plus, sous l’effet de courants marins froids permanents, les eaux sont particulièrement saisissantes affichant 16 degrés au cœur de l’été, ce qui n’invite guère à s’y attarder.

 

Nous avons d’ailleurs décidé de quitter ce petit paradis où nous nous sentions l’envie de rester encore un peu, à la veille d’une journée de pluie.

  

Le 1 er Août dès le lever du jour, Agur appareillait vers le Sud. Le temps était couvert, brumeux, poisseux. Notre objectif était de rejoindre directement Cascais (proche de Lisbonne), en passant avant une renverse du vent et en esquivant une zone de pluie annoncée depuis quelques jours. Petit défi à tenter.

Nous avons tracé une route très au large pour naviguer sur de grandes profondeurs, et éviter les casiers de pêcheurs qui sont généralement posés sur des fonds inférieurs à 100 mètres, et plus ou moins bien signalés en surface par un flotteur relié au casier par un cordage. Ce cordage est précisément un piège potentiel pour les appendices sous marins des bateaux, (hélices, safrans), dans lequel il ne vaut mieux pas rester accrochés sous peine de devoir prendre un bain en pleine mer avec masque, tuba, et un couteau à la main pour aller se libérer…

Malgré notre envie de préserver nos réserves de gasoil, il a été nécessaire de s’aider du moteur quelques heures avant de trouver un bon vent portant. La navigation à la voile a été ensuite régulière et agréable autour de 5,5 ou 6 Nœuds. Les quarts se sont succédés « comme d’habitude » serais-je tenté d’écrire, pratiquement aucun bateau rencontré, rien autour de nous ; le radar en veille la nuit a permis de faire des quarts « somnolents » pas trop pénibles à tenir...

Côté météo, nous avions de bonnes chances de réussir notre pari, et pour ajouter au plaisir les dauphins étaient présents à chaque navigation par petites apparitions de quelques minutes.

 

Cependant, en mer tout est toujours soumis à la remise en question, et 36 heures plus tard, même si nous avons pu éviter la zone de pluie, le vent est venu petit à petit sur l’avant, nous obligeant à border très plat les voiles, puis  finalement d’heure en heure, à corriger le cap ; et comme il n’était plus question d’envoyer les moteurs ; une escale imprévue s’est alors imposée : Nazaré.

  carte trajet muros cascais

 

Nazaré, petite station balnéaire très fréquentée, et par voie de conséquence très commerçante affiche d’innombrables boutiques colorées et tout autant de terrasses de cafés et restaurants. L’identité du Portugal est partout représentée par les confections artisanales, des drapeaux, des vêtements, des gadgets souvenirs… Le vent anime les étals, l’ambiance est estivale.

 

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Les vélos pliants (clin d’œil complice à Olivia et Jean-Gaël qui sont à l’origine de cet équipement) ont été les bienvenus pour parcourir les 2, 5 km qui séparant la marina de l’agglomération et remonter la rue principale.

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Dans la rue, nous avons été étonnés de remarquer une pratique qui n’existe pas chez nous : ici et là de typiques mamies habillées à la mode  de « mère Denis », trônaient sur leur chaise devant les boutiques ou au milieu du passage ; elles arboraient un petit panneau sur lequel était inscrite une annonce pour des locations d’appartements… Au passage elles nous interpellaient, elles attiraient l’attention sur leur publicité… Scènes d’un autre temps, mais qui témoignent vraisemblablement d’un impérieux besoin de faire rentrer des revenus…

La plage est superbe, les petites rues, très étroites un peu tordues, dépaysent. C’est naturellement très beau, mais ça se voit et ça se sent, le charme de l’authentique ne peut plus réellement se jouer ; l’exploitation commerciale du tourisme domine. Nous entendons très souvent parler français dans la rue, les anglais ou hollandais semblent également attirés par la région.

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Une ascension en funiculaire apporte à son tour des superbes images aériennes et permet de découvrir la ville haute. Les falaises sont impressionnantes, les points de vue coupent le souffle.

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Endroit charmant au final, méritant le détour que nous sommes ravis d’avoir effectué dans l’impromptu.

 

Le Dimanche 3 Août, juste avant le coucher du soleil, nous avons quitté la marina et jeté l’ancre devant la grande plage, blottis tout contre la falaise pour être abrités du vent revenu au secteur Nord ; seul bateau en ce lieu, en contrejour d’un ciel flamboyant. Nous avons vu sur la plage crépiter quelques éclats de flashes ; signes que nous avons dû participer au graphisme de quelques images que nous ne verrons sans doute jamais…

Paisible nuit ; au petit matin nous attaquions les 76 milles qui nous séparaient de Cascais que nous voulions atteindre avant la nuit, vigilance « casiers de pêcheurs » oblige.

Le vent s’est rapidement établi, nous emmenant à près de 7 nœuds. A 20 heures 30 nous arrivions à Cascais, avec l’assistance des moteurs sur les deux dernières heures.

 

Nous ne sommes donc pas tombés en panne de carburant, il en reste d’ailleurs encore pas mal, et nous avons été bien conscients que notre comportement a été davantage économe en la matière, en sentant nos réserves relativement faibles.

Aurions-nous fait escale à Nazaré si nous avions eu le réservoir plein ? Ce n’est pas certain…

 

La facilité d’appuyer sur le bouton des moteurs est une tentation dès que la vitesse passe sous le seuil des 4 Nœuds ; à défaut, changer de cap allonge la route, étire le temps de navigation, et il semble que nous ayons toujours quelque part l’envie de clôturer le plus promptement possible les déplacements, où en tous cas de convertir nos objectifs en réalité… Nous devrons travailler sur ces aspects, car sur les traversées qui durent plusieurs semaines, l’autonomie eu carburant (2 ou 3 jours) est totalement illusoire…

 

Cascais, présente l’avantage d’être à 20 km de Lisbonne, et à 15 km du parc très touristique de Sintra (inscrit à l’Unesco). Les deux sites peuvent être aisément rejoints par les transports en commun. Nous prévoyons de rester une huitaine de jours à Cascais pour le plaisir de ces découvertes.

La baie est large, le plan d’eau est bien protégé du Nord, et bien que soumis à de très fortes rafales qui dégringolent du relief derrière la ville, le mouillage reste relativement confortable.

C’est de Cascais (prononcer « Casscach ») qu’est posté cet article.

La dimension « VV » voyage et vacances s’inscrit doucement à bord. Nous échangeons régulièrement avec d’autres équipages qui descendent vers les alizés. Certains ont déjà fait une boucle atlantique, d’autres ont un tour du monde à leur actif, et ils repartent en variant les itinéraires ; dans le même temps tous types de renseignements affluent sur Agur, comme pour baliser notre route…

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 14:11

En embrassant du regard la côte escarpée, les blocs rocheux qui plongent dans le bleu de l’Océan, les landes vertes qui tapissent les monts environnants, j’ai l’impression d’entendre les cornemuses en fond sonore. Ce n’est qu’une impression et pourtant la Galice croise vraisemblablement dans son histoire certaines racines celtiques.

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La baie de Cedeira nous a retenus moins d’une semaine, nous y sommes restés entre le 16 et le 21 Juillet, en attendant que le vent reprenne un flux d’Est en Ouest.

Deux petites randonnées pédestres ;

-          l’une de 8 km au sud de la baie, dans l’atmosphère un peu moite d’une forêt d'eucalyptus, nous a plongés dans un silence ressourçant et des senteurs florales bien agréables ; détail intéressant : absence totale de moustique dans le secteur, nous avons mis cela au crédit qu’ils ne doivent pas apprécier les inhalations d’eucalyptus…

 

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-          l’autre ballade du côté Nord, d’une dizaine de km environ, nous a fait prendre un peu de hauteur, sollicitant davantage les mollets, et offrant de superbes points de vue sur la côte escarpée de ce presque « Finisterre ». 

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Cedeira a été pour nous une escale sympathique et paisible que nous pouvons recommander ; s’il y avait un bémol il serait pour le climat ; plutôt frais pour la saison, il nous a servi des petits matins à 15 degrés, noyés d’une rosée qui ne disparaissait doucement que vers midi. En ville, les façades des maisons sont presque toutes protégées de survitrages, ce qui laisse supposer que les conditions météorologiques doivent être souvent désagréables ici, en dehors du cœur de la saison estivale…

Autre petite surprise pourtant logique : en avançant rapidement vers l’ouest, nous avons eu le plaisir de bénéficier de soirées nettement plus longues. Le soleil se couchait ici 25 minutes plus tard qu’à Hendaye. Même sans regarder l’horloge, la perception de cette différence est évidente et chaque soir nous nous en faisions la remarque, en observant le soleil descendre doucement vers l’horizon bien après 22 heures.

Nous avons quitté Cédeira le 22 Juillet en début d’après midi, par « bonne brise » dirait le capitaine Hadock, c'est-à-dire propulsés par un vent dépassant régulièrement les 20 nœuds. Agur s’est fait un plaisir de surfer toutes les vagues qui se sont présentées nous entraînant dans des vitesses supérieures à 10 Nœuds avec la meilleure pointe à 13,7. Plaisir et œil attentif sur ces belles vagues qui nous poursuivaient et s’effaçaient sous le bateau en le faisant accélérer.

Nous affichions une moyenne de 7,5 Nœuds après cinq heures de navigation, lorsque Eole a décidé d’aller se coucher en même temps que le soleil, nous laissant bêtement au milieu d’un océan assez agité, avec les voiles molles, et la nécessité de réveiller la mécanique… Dommage…

A défaut de mieux, nous avons alors bifurqué vers Corme, afin d’y jeter l’ancre pour la demi-nuit restante et se remettre en route le lendemain matin avec la reprise du vent comme l’avait annoncé la météo marine.

Le lendemain a été, contre toute attente, d’un calme plat, et Muros a été rejoint inévitablement au moteur. Quand ça ne veut pas le faire…

 

Muros le 23 Juillet.

Le choix de cette escale a été arrêté pour nous permettre de rejoindre SANTIAGO (Saint Jacques de Compostelle) distante de 70 km, en autocar.

Il nous tenait à cœur de fouler les pavés du parvis de la cathédrale, de visiter le cœur de la cité et les lieux religieux, car en 2013, nous avions eu le projet de marcher sur les chemins de Compostelle, et nous nous y étions réellement préparés. Cependant le projet avait ensuite été remis en question, puis annulé en raison de l’achat du bateau et des contraintes liées à la transaction.

Il nous semblait cette année avoir à boucler une boucle, et voilà, nous l’avons fait à notre manière.

Les lieux sont chargés d’histoire, mais sont malheureusement aussi surchargés de visiteurs, ce qui peut-être a faussé notre réceptivité.

Une grande soirée de fête se préparait le 25 juillet pour le 800ème anniversaire du pèlerinage de Saint François d’Assises, avec grand renfort de matériel de sonorisation, de nombreux cars de police et de fourgons de la télévision espagnole…

Nous n’avons donc pas réellement réussi à prendre le pouls de cette cité, ni même de sa cathédrale, même si l’architecture et l’extravagance des ornements tentaient de l’imposer.

En résumé c’est une courte visite que nous sommes contents d’avoir fait, en concluant que vraisemblablement le chemin apporte davantage que la destination…

A ce propos, nous garderons par ailleurs un souvenir assez mitigé de l’aller-retour en autocar (2 heures pour chaque trajet) catapultés dans un bolide à travers villages et campagnes sans réel charme, à se demander comment à une telle vitesse il a fallu deux heures pour parcourir les 70 km théoriques… Beaucoup de détours sans doute…

 

Muros quant à elle est une petite ville organisée autour de son port de pêche auquel s’est adjointe une marina qui offre beaucoup de places disponibles. Dédaignant les facilités des pontons, nous sommes restés au mouillage dans la large et profonde baie dans laquelle nous avons eu le plaisir de recevoir la visite d’une dizaine de dauphins un soir à l’heure du repas, et aussi avec moins de plaisir, un fort clapot levé par un vent d’Est Nord-Est de 25 à 30 nœuds, qui s’est permis d’agiter quelques uns de nos repos nocturnes ou plutôt ce qu’ils auraient pu être.

 

A bord, quinze jours après le départ, nous n’avons pas encore pleinement commuté dans l’aventure. Nous sommes toujours en territoire connu, nous nous arrêtons aux mêmes lieux que ceux que nous avions choisis en 2012, en remontant de Marseille vers Hendaye, parce que stratégiquement et logiquement ces escales sont pratiques et bien placées sur le trajet…

Pas de très grandes découvertes, donc, et pour pallier à ce petit manque, nous projetons une escale plaisir de deux jours aux iles Cies, en face de Vigo. Nous quitterons donc Muros très prochainement, pour prendre « un peu de Sud » vers ces îles, et de là nous prévoyons une descente certainement directe vers Lisbonne (48 heures de navigation).

A bientôt !

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 13:42

Après avoir attendu près d’une semaine que les intempéries cessent et ne transforment la baie de Txingudi en fleuve d’Amazonie…

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…le Lundi 14 Juillet 09 h 40, nous quittons le mouillage de Hendaye.

Voilà quelques dizaines d’années que ce rêve démesuré s’est immiscé en moi, cinq ans que l’on en parle davantage, et plus de deux ans que l’on s’y prépare activement… Il y a des poignées de minutes dans une vie qui semblent compter plus que d’autres…

Amarres larguées, regards conscients sur cette bouée qui s’éloigne, et de l’autre côté la porte qui s’ouvre sur une grande aventure ; nous nous sentons prêts dans la tête, dans le cœur, le corps, et aussi dans le matériel qui nous entoure.

Nous percevons que la famille, les amis proches, tout ce petit monde a compris ce que nous entreprenons et au travers des petits mots que nous recevons nous situons chacun dans sa manière de partager notre voyage qui démarre ; il était capital que la sphère affective soit dépourvue de tension pour que nous puissions partir libres…

C’est maintenant !

Un petit mot sur le blog expédié depuis le réseau téléphonique 3G avec les quelques « Mo » qu’il nous reste sur le forfait internet français :

 

 « Tout le monde sur le pont…»

 

A ce propos, adorable intention, je reçois sur mon téléphone, au moment du départ, une photo de Mathilde, ma petite fille debout sur ses petites jambes qui marchent depuis à peine trois mois, habillée en marinière… Elle est aussi sur le pont en symbole !

Mille mercis à sa maman, Delphine, qui n’hésite jamais à envoyer régulièrement des images de « la pépette »… Celle-ci est particulièrement à propos !

 

Ca y est ! On décolle !

 

Je ne vais pas raconter ici, en détail,  toutes les navigations, mais celle-ci c’est la première du voyage, alors je m’épanche, pardon si c’est long ou trop précis, c’est la première je vous dis !…

 

Evidemment l’instant se voulait fort. Syl garde ses lunettes de soleil vissées sur le nez, derrière elles une petite ondée qui se voulait discrète se révèle sur ses joues… Ah ! Les émotions féminines… Elle vient d’adresser un texto à Hélène, sa « petite dernière »…

De mon côté cela fait deux jours que je m’excitais en sentant le départ proche, comme un gosse juste avant Noël, et Syl qui me regardait d’un œil amusé, heureuse de me voir exprimer à ma manière un bonheur simple et complet. Pour elle, la grosse transition s’est faite en quittant l’appartement et en venant s’installer à bord. Elle avait l’impression d’avoir vécu à ce moment-là, l’épisode le plus marquant, mais force est de constater que le moment du départ a aussi sa part de charge émotionnelle…

Pendant la manœuvre de sortie du mouillage, je ne suis pas trop chamboulé, à peine un peu nerveux. Pourquoi je ne ressens pas les mêmes choses aujourd’hui ? Euh, disons… Parce que je suis un garçon ! Pas très à l’aise avec les ressentis ; pas très clair ce monde-là…

Bref ! J’ai certainement d’autres préoccupations qui prennent la place… Cependant tout est au point, les navigations sont prêtes, les cartes sont sur la table, le frigo est capable de tenir un siège. Ca roule.

Nous disposons d’un assez court créneau de 48 à 72 heures durant lesquelles le vent sera plus ou moins « au portant » (venant de l’arrière du bateau), et le but est d’avancer au maximum sur la côte Nord espagnole pour nous sortir du Golfe de Gascogne. Au moment du départ, en fonction des estimations que nous faisons, nous ne savons pas si nous atteindrons La Corogne, ou si nous pourrons aller plus loin et virer le Cap Finisterre afin de faire escale à Muros, ce qui serait l’idéal ; le cap serait alors derrière nous et le capricieux Golfe de Gascogne aussi… Dans tous les cas nous ne voulons pas caboter quinze jours sur cette côte, certes jolie, mais que nous connaissons déjà, et qui n’est pas réputée pour ses saisons estivales exceptionnelles… Nous sommes davantage tentés par le littoral sud-portugais et nous voulons lui réserver un peu de temps.

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Sortir rapidement du golfe ; tout dépendra de toute façon de notre vitesse d’évolution, il faudrait atteindre le cap avant les premières heures du Jeudi 17, moment où le vent doit encore changer de direction pour revenir au secteur Ouest et de manière soutenue durant plusieurs jours. Drôle d’été !

 

Trois jours et deux nuits (peut-être trois) de navigations non stop… voilà ce qui se prépare. Dans notre petite expérience, nous n’avons jamais passé plus d’une nuit en mer… Nous savons qu’il faudra gérer la fatigue différemment, les repas, les quarts de veille à la barre, et espérer que les centres de l’équilibre ne soient pas trop perturbés en ce début de programme qui s’annonce donc assez intense.

Nous considérons que ce sera un bon test, c’est de fait un petit défi à notre mesure, que nous nous lançons dès le départ. Nous avons besoin de valider notre capacité à enchaîner plusieurs jours en mer ; nous en aurons besoin pour rejoindre Madère, et la suite du programme…

 

Au départ de Hendaye, le vent est à peine perceptible ; pas de quoi faire avancer un duvet de mouette posé sur l’eau. C’est donc la brise « Volvo » qui nous emmène doucement à 5 nœuds, 1500 tours, ça ronronne gentiment…

Au sortir des jetées, est-ce la vue de la plage qui s’éloigne ? La pleine mer qui se dévoile ? Ca y est voilà la petite vague qui me serre la cravate « Pu..(rée) ! Ca y est  on part ! Je percute ». Avaler, cligner un peu des yeux, souffler doucement… Allez ça va passer.

Non pas que ce soit une émotion triste, bien au contraire, mais elle est intense, complexe … Il y a des choses qui nous dépassent, assurément…

Bon me voila rassuré, je suis un humain vivant ! C’est tout de même bizarre, quand je m’y attends il ne se passe rien, et quand j’oublie, paf ! Ca me tombe dessus… Effectivement ; pas très clair ce monde-là…

C’est à ce moment que nous nous sommes remémorés notre souhait : heureusement, il n’y a personne qui nous fait signe sur la jetée…

 

Nous prenons l’option de gagner le large, et peut-être même si besoin, jusqu’à hauteur des 44° N, pour toucher au mieux le vent d’Est annoncé, et accrocher une bonne allure.

L’océan est plissé d’une houle courte d’Ouest de 1,50 mètre environ, qui nous ralentit un peu et entraîne le catamaran dans un tangage pas très agréable.

Nous prenons nos marques, accompagnés d’une chanson de Yannick Noah : « Ose, redonne à ta vie sa vraie valeur, redonne à tes rêves toutes ses couleurs… Ose…»

Syl a préparé quelques repas d’avance.

 

En fin de journée, nous recevons un sms de Marc, un pote vivant avec sa famille sur son bateau à Hendaye ; il nous indique d’avancer au maximum, car la renverse du vent est annoncée dans la nuit de mercredi à jeudi. Nous comprenons qu’il y a peu de chance que nous ayons le temps de virer le cap Finisterre avant cette échéance ; tant pis, l’essentiel est de nous expulser de ce fond de golfe aux vents tournoyants…

Merci Marc, c’est sympa ; nous prenons bonne note… Au passage nous sommes agréablement surpris de recevoir les sms à 12 milles des côtes (plus de 20km).

Le ciel clair nous livre un coucher de soleil serein, présage d’une nuit sans histoire. Petit à petit l’obscurité nous enrobe, nous laissant seuls avec quelques rares éclats lumineux côtiers sur bâbord.

Subitement au gré d’un coup d’œil sur l’arrière j’aperçois un curieux dôme très rougeâtre exactement derrière nous, sur l’horizon. Qu’est ce que c’est que ce truc ? C’est sûr, ce n’est pas la passerelle d’un cargo !

Ah mais bien sûr !  La lune qui se lève au ras de l’eau !

Superbe, impossible à photographier tellement le bateau remue ; un disque rouge énorme pratiquement complet, car nous sommes deux jours après la pleine lune, sort de l’eau. Rapidement elle inonde le plan d’eau d’une lumière généreuse qui nous accompagne toute la nuit.

Nous prenons nos quarts de barre en prenant chacun 2 heures environ. Pour cette première nuit nous dormons tour à tour sur la banquette du cockpit, car la houle encore bien formée rend la couchette arrière assez inconfortable.

Avec l’aide du radar, pilote automatique, et Gps, la navigation proprement dite est particulièrement facile, surtout au moteur.

Syl, qui finit son quart avant les premières lueurs du jour Mardi, me signale de nombreux dauphins autour du bateau ; en effet ils m’accompagneront encore au moins une heure, par petits groupes.

Au petit matin, enfin le vent se lève ; il vient de l’arrière, et nous permet d’avancer à 5 nœuds, sous Grand-voile et génois ; (nous avons fait le choix  de ne pas avoir de spi sur Agur)… La vitesse est faible mais nous nous en contentons. C’est toujours mieux que le moteur !

Journée en mer rythmée par de fréquentes et longues siestes, pour récupérer et préparer la prochaine nuit. Nous avons l’impression de ne faire que dormir ou veiller à la barre. Comme nous nous relayons, nous ne sommes finalement ensemble que quelques heures en fin de journée, et au repas de midi.

A noter d’ailleurs que les courts séjours en cuisine pour finaliser les repas et faire la vaisselle nous obligent encore à rester vigilants au mal de mer qui n’est quand même pas très loin, et à repérer fréquemment l’horizon pour calmer le jeu. L’un des avantages du catamaran est d’avoir une très bonne visibilité sur l’extérieur lorsque l’on est dans le carré ou la cuisine. Les séances de rééducation vestibulaire (séances chez un kiné traitant les troubles de l’équilibre) faites au printemps semblent également avoir été profitables, nous sommes apparemment moins sensibles aux nausées des premières navs. Tout se passe bien.

Olivia, depuis son petit village du pays basque a veillé les cartes météo pour nous. Sur les bases d’une initiation express qu’elle a reçue ces dernières semaines, elle nous signale par sms que le passage du cap Finisterre s’annonce difficile. De son côté Marc, avec son expérience marine fait de même et confirme cette information…

Nous convenons avec Olivia de refaire un dernier point le lendemain à 14 h.

Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas… Sous un plafond nuageux particulièrement dense, la seconde nuit est aussi obscure que la première a été claire.

On n’y voit rien de rien. La côte a disparu elle aussi, et mis à part les feux de navigation de deux ou trois gros navires croisés de loin, nous sommes dans le cirage complet.

Les changements de quart s’enchaînent de deux heures en deux heures, le vent est un peu plus présent ; nous avançons à une vitesse entre 5 et 6 nœuds avec quelques pointes à 7 nœuds.

La matinée de mercredi s’agite avec un vent instable en direction et modulant entre force 3 et 4/5. Le ciel est gris, plombé.

Nous réfléchissons  sur l’option à prendre pour la suite ; je préfère arrêter avant La Corogne et éviter le passage du Finisterre de nuit et risquer un vent contraire pas très défini en puissance : Force 4 rafales à 7 annonce la météo…

En milieu de Journée de mercredi, Olivia renouvelle par sms : Passage du cap pas bon, vent Ouest puis Sud-Ouest assez fort.

C’est décidé, nous allons donc faire relâche à Cedeira.

 ROUTE-2.jpg

 

Mercredi 16 Juillet, 16 heures, 294 Milles parcourus (529 km), 54 heures de navigation ; c’est un bon début.

Nous nous sentons capable à présent d’enchaîner plusieurs jours et nuits. Peut-être allongerons- nous la durée des quarts à 3 ou 4 heures à l’avenir, de manière à mieux nous reposer ? C’est à tester aussi…

 

L’arrivée sur Cedeira se fait après trois heures de navigation rapides au grand largue, un ris dans la grand-voile, nous déboulons au dessus de 8 nœuds, avec une pointe à 9,6 Nœuds (vitesse Gps). Le vent est tonique entre 15 et 20 Nœuds.

C’est un plaisir de barrer Agur qui surfe bruyamment ; nous avons l’impression auditive de remorquer une cascade…

Plus on approche, et plus je me demande si l’entrée dans la ria entre les rochers ne va pas être acrobatique ; il n’y a pas de frein sur l’engin, et il nous faudrait quand-même un peu de calme pour affaler proprement les voiles.

Vœu exaucé, 100 mètres avant l’entrée ; en passant derrière la falaise, le vent tombe et passe directement sur l’avant tout doux. Syl propose d’affaler maintenant ; bonne idée mon second ! Aussitôt dit aussitôt fait.

 

J’ai une bonne sensation à l’arrivée, qui résume ces deux jours en mer. Notre expérience ensemble, et notre complicité, même si elles auront toujours à se parfaire a atteint un niveau agréable ; nous nous complétons souvent, nous partageons toutes les réflexions et décisions. C’est bon pour le capitaine de sentir son second tout près !

 DSC00087

Elle est mimi avec les cheveux coupés !

Ria de CEDEIRA : c’est une petite baie très bien abritée avant La Corogne où nous pouvons mouiller  sur ancre. Cet endroit est calme, charmant et dépaysant.

2014-07-9939.JPG 

Les monts couverts de grands arbres élancés que j'avais à première vue identifié comme étant des sapins, entourent la baie et accrochent les nuages donnant au lieu une allure de lac d’altitude ou de fjord nordique… Ces arbres sont en fait des eucalyptus de 30 à 35 mètres de haut, typiques de ces rias de Galice...

Il y a un ponton pour débarquer avec l’annexe, la petite ville est à peine à 1 kilomètre à pieds, nous y trouvons tous commerces, et un café avec le wifi ; des sentiers de ballade cernent la baie.

Il y a quelques autres bateaux de voyage au mouillage.

L’endroit est parfait pour quelques jours à condition de calculer un minimum les hauteurs d’eau et les marées, et de bien choisir où jeter l’ancre …

2014-07-9941.JPG Un peu juste là, non ?

 

Et le soleil est au rendez-vous !

La semaine prochaine, nous reprendrons notre route vers Sud, et en attendant si on se faisait un petit barbecue ??

 DSC00084

Merci pour tous vos messages, vos sms, et votre présence autour de nous.

Que du bonheur !

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 08:37

 

Tout le monde sur le pont et à son poste !

-          Souquer les Artimuses ! (*)

-          Endraillez les Mouscaillons ! (*)

 

-          Paré à larguer les amarres !

-          Larguez !

Lundi 14 Juillet 2014 - 09 heures – C’est le départ !

 

(*) termes imaginaires issus d’hallucinations provoquées par une consommation excessive de rhum avant le départ !  

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 12:11

« En attente d’une fenêtre météo favorable. »

Ca ressemble à un langage de professionnels de la course autour du monde, mais c’est aussi un langage de voyageurs un minimum logiques ; « la fenêtre météo » constitue la réunion de conditions favorables pour ce que l’on projette de faire en mer soit plutôt une réussite.

Nos exigences sont assez simples, nous attendons juste qu’il s’arrête de pleuvoir (c’est pour le côté agréable) et que le vent souffle modérément et à peu près dans le sens où nous voulons aller, c'est-à-dire vers l’Ouest. Naviguer avec vent et vagues de face c’est possible, tout est possible ou presque,  mais ça n’a rien d’efficace (on dit couramment que tirer des bords : c’est deux fois la distance, et trois fois la fatigue), et le matériel est naturellement très sollicité.

 Nous devons donc encore patienter quelques jours pour quitter le pays basque qui a décidé, cette année, de nous faire un temps d’Avril en Juillet. C’est facile pour connaître la météo : il suffit d’aller voir la tête des vendeurs de glaces et de maillots de bains en bordure de plage ; actuellement on dirait qu’ils sont en deuil… Les plages sont désertes, les promeneurs sont rares.

Notre premier objectif, qui nous prendra quelques jours de navigation, et peut-être davantage d’ailleurs, c’est d’aller virer le cap Finisterre, pointe Nord Ouest de l’Espagne (grosso-modo c’est à 350 milles, soit 600 km de Hendaye) pour nous permettre de descendre ensuite vers les côtes portugaises, où nous comptons flâner un peu sous le soleil, courant Juillet (ou ce qu’il en reste) et Août.

La suite du programme, en Septembre sera de rejoindre Madère ; une vraie première grande nav d’environ 500 milles (900 km) d’une traite en 3 ou 4 jours.

 

Nous sommes prêts au départ, et nous prenons cette attente comme un « bonus temps » qui nous permettra de nous reposer un peu, et de prendre « LE » nouveau rythme, et d’aller encore plus loin dans les petits détails de mise au point ; il y en a toujours…

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Et aussi une rencontre de dernière minute : il y a quelques jours, nous avons croisé Georges, un papi de 83 ans qui a fait un tour du monde en voilier en solo ; il est parti à 59 ans il a mis 8 ans, et lorsqu’il est arrivé (à 67 balais), ses proches lui ont demandé ce qu’il comptait faire alors. Il leur a dit « je repars pour un autre tour, mais ne vous inquiétez pas, j’irai plus vite ».

Pour le deuxième tour il a mis 9 ans…

Rencontre inspirante, juste avant le départ…

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 15:49

1 er Juillet 2014 - Changement de mode -

 

Le mode « préparation » a égrené ses dernières heures, en même temps que le mois de juin affichait son dernier jour. Les lignes de la liste de réparations et modifications sont toutes rayées, relues, vérifiées. Tout est OK.

Aussi, durant ces dernières semaines,  nous avons eu le plaisir de recevoir à bord, notre famille, quelques amis et relations qui sont venus nous souhaiter bon vent, et ponctuer nos travaux de petites pauses sympathiques. Des images aux multiples sourires témoignent de ces moments chaleureux. (voir la vidéo en fin d’article). Nous envoyons encore un grand merci à tous ceux qui ont pu faire la démarche de venir jusqu’à nous.

Après un petit pot de départ symbolique avec  les professionnels qui nous ont accompagnés dans la préparation du bateau, il nous reste maintenant à trouver les conditions favorables pour avancer vers l’ouest et il semblerait que les conditions soient réunies dans quelques jours…

Nous allons donc passer en mode « Voyage ».

C’est une transition importante. Jusque-là nous avions encore une vie sédentaire avec une toute petite racine à Hendaye par ce que représentait la bouée de mouillage. La larguer le jour du départ, signifie couper ce dernier point d’attache, nos repères familiers ici, et engager cette aventure dont il est question depuis si longtemps en ce qui me concerne.

Pour moi c’est une sensation « de plongeoir » faite de toutes les contradictions :

Heureux de réaliser ce qui a longtemps été un rêve ; heureux d’avoir gravi une à une chaque marche de la période préparatoire depuis l’achat du bateau, en passant par le déménagement terrestre, et la vie à bord cet hiver ; heureux de me sentir bien accompagné pour cette nouvelle tranche de vie un peu particulière.

Et paradoxalement aussi un peu tendu à l’idée de ce que représente cette immense inconnue de vie devant nous, les doutes devant les épreuves qui inévitablement nous attendent, l’enjeu que représente toute la mise en place qui a été faite pour réussir ce voyage au mieux, et le constat que tout ne repose que sur nous à présent, car c’est bien connu : « ce n’est pas le bateau qui fait le voyage ».

Enveloppez le tout de projections idylliques sous les cieux tropicaux, de rencontres espérées riches, et de pépites de pur bonheur, et vous aurez une petite idée du mélange émotionnel que représente ce départ proche, et du petit « couic » qu’il laisse au creux de l’estomac…

Je vous laisse en images avec cette vidéo où vous vous apercevrez peut-être. Pour la lire en plein écran (c’est quand même mieux) il faut cliquer sur le signe « Youtube » en bas et à droite du cadre de la vidéo.

A très très bientôt, dès que nous aurons pris notre envol…

 


 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 16:17

Mai 2014 Accélération temporelle.

 

Je profite d’un lever matinal à 6 h 00 (un accident !) pour alimenter le blog de Ciao de quelques nouvelles lignes toutes fraîches.

Je résumerais volontiers par un retentissant « tout va bien à bord » !

La préparation au départ se finalise,  nous sommes toujours dans les temps pour envisager de larguer les amarres entre le 15 et la fin du mois de Juin. Pas de pression néanmoins…

Nous sommes en pleine période de mise au point de l’équipage par rapport aux spécificités du  bateau ; c’est ce que l’on appelle la prise en mains, et nous avons la chance d’avoir un temps idéal pour multiplier nos sorties  en mer, par beau temps dans un flux tonique.

Un vent de force 3, 4 et même 5 il y a quelques jours, et une mer changeante et parfois assez présente avec sa houle d’ouest nous ont mis en situation et nous ont permis de débusquer les principales bourdes à éviter (il y en a eu quelques unes) et les bons plans à retenir.

Je ne taris pas d’éloges quant aux performances du bateau, qui chaque jour se révèle beaucoup plus véloce qu’il ne le laissait supposer. Il faut dire que nous avons fait régler le mat récemment et subitement nous avons pu noter la métamorphose du comportement du bateau aux allures de près (les plus difficiles pour un catamaran).

A mesure que les réglages s’affinent, je vais de surprise en étonnement, à nous voir remonter à 45 degrés du vent à 6 ou 7 nœuds  sans peiner, dans un vent modéré de 10 à 13 Nœuds.

Pour les « non marins »,  retenez juste que le seul point qui semblait être le handicap de ce bateau, vient de passer au plan des « qualités marines intéressantes et sécurisantes », et ce n’est pas négligeable ! J’avais fait un peu mon deuil de ces « possibles », et me voilà aux anges à chaque sortie avec un sourire à me bronzer les dents.

 

Côté animation, Syl a cru bon tester quelles seraient les meilleures places dans le cockpit pour les longues navigations. Je la revois prendre place sur bâbord (côté au vent), adossée sur la cloison de cockpit, regardant vers l’arrière du bateau, et visiblement satisfaite, mimer la lecture d’un livre à cet endroit (par chance ce n’était qu’un mime).

Au même moment comme un fait exprès, une superbe vague isolée est venue se briser conte la coque exactement là où elle s’était assise. Je l’ai aperçue une demi seconde devant une splendide gerbe d’écume explosant verticalement jusqu’à arroser les panneaux solaires (ils sont quand même à 3,50 m du niveau de l’eau); la demi seconde suivante le cockpit était totalement rincé, et mon équipière préférée trempée…  jusqu’au zoo ( ?).  Eclats de rire, et remise au sec en suivant ; il faudra lire à un endroit mieux choisi (sous le vent par exemple), ou acheter des éditions en pages plastifiées comme celles qui existent pour le bain des bébés !... (coucou Mathilde …)

 

 

Les visites de la famille, et des amis se succèdent à bord pour notre plus grand plaisir, et nous nous retrouvons à surfer sur une autre vague, temporelle celle-là, très rapide qui risque fort de nous déposer très proche de la date prévue du départ, sans même que nous ne l’ayons réalisé…

Il nous semble que tout aille beaucoup plus vite à présent.

Il nous reste encore à gérer la mise à sec du bateau, pour le carénage, et en profiter pour planifier l’intervention du mécanicien sur les arbres des moteurs ; nous avons aussi quelques vannes sous la ligne de flottaison à changer, et mettre en place la nouvelle ancre. Tout ceci était prévu.

Au programme des petites embrouilles de dernière minute : notre belle voile d’avant toute neuve reçue en Mars présente un défaut de fabrication. Un faux pli en plein dans le creux de la voile qui, à chaque enroulement, casse un peu plus la structure du tissu et compromet gravement sa longévité. La voile sera refaite sous garantie, mais nous en serons privés pendant une dizaine de jours, le temps de la réexpédier et de recevoir la nouvelle.  

 

Je referme cette courte page pour enchaîner sur l’une ou l’autre des « petites bricoles » qui me permettra de rayer une ligne de plus de la liste des « Reste à faire ».

A bientôt.

201405

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 21:40

Le réveil a sonné ! La léthargie, entretenue par les coups de vent successifs et les chapelets de jours de pluie passés au chaud  à bouquiner, fait partie du passé.

Les nuages noirs et menaçants qui planaient au dessus de nos capuches et de nos bonnets depuis plusieurs mois ont détalé brusquement le 5 mars en fin de journée. Sur les cartes météo, j’ai vu la chaîne de dépressions qui semblaient s’amuser depuis quelque temps à désintégrer le littoral atlantique, se disperser comme une bande de voyous à l’arrivée d’un car de police.

Le  « boss » c’est l’anticyclone des Açores qui, gonflant son périmètre jusque vers chez nous, a nettoyé le ciel de tout voile, nous servant un bleu irréprochable dès le lendemain matin.

Serions-nous passés directement de l’hiver à l’été ? Qu’importe, c’est le genre de transition que l’on est capable d’assimiler très promptement.

La douce chaleur d’un soleil déjà efficace nous a naturellement invités à nous éloigner des polaires, pulls, et autres calfeutrages devenus inutiles pendant que, un peu incrédules mais ravis, nous prenions les petits déjeuners à l’extérieur, sur les bancs du cockpit.

La baie s’est subitement animée de multiples allées et venues de bateaux, dont les diesels engourdis s’ébrouaient après ces longues semaines d’inactivité ; quelques voiles hissées ici et là sur des bateaux qui se préparaient à sortir en mer, le serpentin coloré d’une dizaine d’optimistes barrés par des gamins apprenant les rudiments de la voile à grands renforts de cris et exclamations ; aucun doute ! Plus qu’une éclaircie, c’est carrément la « saison » qui est arrivée !

Nous nous sommes montrés réactifs et en même temps pressurisés, dès le premier matin, en engageant simultanément plusieurs actions, comme si un chronomètre invisible venait de déclencher un compte à rebours avant une hypothétique prochaine période de mauvais temps…

En composant avec plusieurs éléments en présence, tels que les temps de séchage des produits utilisés (peintures, résines, enduits), ou encore la disponibilité relative des professionnels sollicités, et aussi notre énergie du moment, nous avons attaqué sauvagement la fameuse (quoique très raisonnable) liste des travaux restants à effectuer.

 

Concrètement, pour les amateurs de détails et d’anecdotes, j’ai repris en fin d’article, la liste de nos diverses occupations préparatoires (***).

 

Nous avions à la fois la conscience d’utiliser au mieux cette faste période qui tombait à point nommé, et le réflexe d’emmagasiner dès que possible quelques minutes de pause au soleil qui commençait sérieusement à manquer… Pas toujours facile à conjuguer ces deux pôles, car lorsque venait naturellement l’envie de lever le pied, il était souvent aux environs de 19 heures, le soleil venait de s’éclipser derrière le relief espagnol, et une relative fraîcheur prenait sa place… Trop tard ; la douche, le repas, la nuit ; vivement que les jours rallongent encore un peu !

Bien que précoce, cette belle période  a duré plus d’une quinzaine de jours consécutifs sans une seule menace de pluie. La sensation d’être pressés par le temps s’est peu à peu estompée et quelques vraies siestes au soleil sont écloses en même temps que les premières fleurs de magnolias dans les petites rues adjacentes à la plage…

A bord, une douce effervescence est née ; le bleu de l’océan, beaucoup plus charmeur que son armada de grosses déferlantes d’hiver, a de nouveau lancé ses appels au départ, à l’aventure.

Détail important, le bateau a été regréé, c'est-à-dire qu’il est à nouveau prêt à naviguer à la voile, et d’autant mieux, que la voile d’avant est neuve, la grand-voile nettoyée et réparée. C’est un peu comme à la rentrée, cahiers neufs, trousse neuve, l’instant est prometteur…

Notre bateau n’est donc plus un simple lieu d’habitat sédentaire, il a repris toute sa dimension de voilier, et il s’est remis à nous susurrer le prénom de quelques îles du soleil.

Le changement d’heure, et une nouvelle période de jours aux températures chaudes sous un vent du Sud ont confirmé s’il le fallait, que nous sommes passés en ambiance « estivale » maintenant. 

 

Nous avons entamé notre programme de sorties d’essais - par temps calme (15 Nœuds de vents maxi) pour l’instant - histoire de bien se coordonner, et de sentir ce qui se passe à bord dans les moindres détails. Nous sommes sur un bateau très confortable à beaucoup d’égards, le cockpit est bien protégé, bien abrité, la barre se tient du bout des doigts ; l’inconvénient qui en résulte est que toutes les perceptions (direction du vent, trajectoire du bateau, visibilité sur l’avant, visibilité de la forme des voiles) sont sensiblement moins accessibles que sur les bateaux que j’ai connus jusqu’à présent. Il faut donc vraiment s’habituer à ce nouvel environnement, et affiner les réflexes.

C’est ainsi que la première sortie a réuni les cafouillages habituels des premières sorties de saison, auxquels nous avons cru bon d’ajouter les cafouillages propres à la découverte du bateau. La trajectoire suivie a été plutôt sinueuse, et l’efficacité des virements de bords plus que douteuse. Quelque chose d’anormal faisait en sorte que le bateau n’obéissait plus réellement à la barre, mais à des forces invisibles que nous avions peine à localiser. Les différentes actions sur l’orientation des voiles n’ayant pour effet que d’atténuer le phénomène mais pas de le faire disparaître complètement ; nous sommes rentrés assez perplexes.

Ce n’est qu’une fois revenu au mouillage, me gratouillant le menton pour aider le fonctionnement des neurones (si si ça marche !), que je me suis souvenu avoir oublié de régler la bordure de grand-voile (la tension de la partie basse de la voile). Bêtise sans nom !

Avec le nombre d’éléments à surveiller pour cette première, et les dizaines de questions qui se sont présentées, la bordure a zappé du champ de vigilance… Ce « détail » avait pour effet de creuser très fort la grand-voile. J’avais évidemment remarqué qu’elle était beaucoup trop creuse ! J’avais imputé ce « trop gros ventre » à la vieillesse relative du tissu et à son nettoyage récent qui aurait pu trop l’assouplir, mais je restais dérangé par ce constat…

voiles

La grand-voile prenait donc anormalement trop de vent et par son action surpuissante déviait le bateau exagérément, le rendant difficilement contrôlable à la barre. Pas plus compliqué que ça !

 

La deuxième sortie, deux jours plus tard, s’est déroulée approximativement dans les mêmes conditions de temps ; cette fois, ce fut un « sans faute ». Autant dire que la bordure a fait l’objet d’une attention toute particulière. Pour le reste, la chorégraphie de l’équipage a été en harmonie sur chacune des manœuvres ; nous avons corsé un peu, jusqu’à intervertir nos rôles pour que l’exercice soit complet… Il importe en effet que chacun de nous deux connaisse parfaitement chaque action, qu’il prenne le rôle de barreur, ou d’équipier.

Nous en sommes rentrés soulagés et guillerets. Bonne nav ! Bonnes sensations.

« Enfin c’est nous qui barrons le bateau, et pas le bateau qui se barre dans tous les sens et tout seul ! » C’est plus pratique.

sortie voilessyl 1 nav

Avec une vitesse de 6 à 7,5 N au travers avec un petit vent entre 10 et 15 N, nous avons maintenant une bonne idée des performances de ce catamaran qui restent très correctes même par petit temps. Nous avions craint qu’il ne soit un peu poussif à cause de ces 7,5 tonnes (poids lège, c'est-à-dire sans les réserves d’eau, le carburant, l’avitaillement, l’équipage), mais il s’avère que le plan de voilure est efficace.

Petit à petit nous le solliciterons dans des conditions plus musclées, mais les premières impressions sont bonnes.

 

D’ici le départ, le planning reste encore souple ; nous n’avons pas arrêté précisément la date où nous larguerons les amarres. Nous évoquons souvent la mi-Juin.

A ce propos, Syl me souffle d’indiquer que la cabine « invités » est prête (2 places), et que ceux qui ont manifesté l’envie de venir nous saluer avant le départ sont les bienvenus.

Nous sommes incapables de planifier ces invitations sur les 2 mois et demi qui nous séparent du départ ; une chose est sûre, le temps passe vite ! Une seule solution : contactez-nous dès maintenant en fonction de vos envies, et de vos disponibilités, nous conjuguerons ensemble et avec la météo du moment.

 

 

(***) liste récréative  des bricolages en tous genres de ce mois de Mars et début Avril :

 

-          refaire quelques nécessaires retouches d’étanchéité à l’eau de pluie, en deux points déjà traités, mais particulièrement récalcitrants : les hublots avant du carré…

 

-          renforcer la stratification de la coque au niveau des balcons arrière qui avaient été maladroitement malmenés lors des premières manutentions d’annexe ; ok c’est de ma faute (encore !), mais d’autres marins du dimanche avaient dû vraiment forcer la manœuvre avant moi. Les balcons présentaient des traces anciennes d’un quasi arrachement, et il a fallu reprendre complètement la base de leurs fixations avec des renforts inox sous le pont.

 

-          Définir un nouvel emplacement fonctionnel pour le radeau de survie que nous avons trouvé relégué au fond d’un coffre avant, totalement inaccessible en cas de besoin. C’est le comble pour un matériel de sécurité et d’urgence, obligatoire à bord, de ne pouvoir être mis en œuvre facilement et immédiatement. Il nous a fallu vingt minutes à deux, pour le sortir en rusant pour contourner les réservoirs d’eau et le présenter en face de la porte de coffre et enfin le sortir sur le pont. Il sera dorénavant installé à l’arrière du bateau, prêt à être largué au besoin, même si on n’a nulle envie de le solliciter.

 

-          Compartimenter les cales techniques efficacement pour y organiser des rangements supplémentaires sans gêner l’accessibilité et la maintenance, et faire en sorte que rien ne puisse se déplacer en cours de navigation et ne vienne compromettre le libre fonctionnement de la mécanique. Plusieurs petites cloisons de contreplaqué-marine coupé en forme et stratifiées à la coque puis peintes donnent à présent pleine satisfaction. (Merci à Fred de Papyrus pour l’initiation en 2012 et la démystification du processus de « strat »).

 

-          6 Mars : Motiver l’artisan voilier à qui nous avons confié la grand-voile à réparer en Octobre et la fabrication du nouveau génois en Février, afin qu’à présent il soit en mesure de nous livrer rapidement… Bien sûr nous avions entretenu un contact régulier pendant l’hiver, pour qu’il soit prêt dès l’arrivée des beaux-jours… Mais jusque-là l’efficacité de nos interventions restait discutable…

 

-          Accessoirement tenter de percer le mystère du fonctionnement du frigo qui semble-t-il s’évertue à consommer de plus en plus d’électricité tout en faisant moins de froid… Tiens donc ! J’y reviendrai.

 

-          Confectionner les moustiquaires pour une dizaine de hublots ouvrants. (maitre  d’œuvre : Syl) et aussi couture de quelques rideaux occultant les hublots des couchettes et du carré.

 

-          Changer les drisses, et autres cordages usés ou trop usagés qui risqueraient bien sûr de déclarer forfait au mauvais moment.

 

-          12 Mars : Hum hum ! Relancer avec insistance l’artisan voilier, qui n’a peut-être pas encore totalement pris conscience que le beau temps est là. (Allo ? On voudrait bien nos voiles maintenant !)

 

-          En attendant refaire une sortie d’essai au moteur pour évacuer un souci de circuit de refroidissement moteur particulièrement récurrent depuis le début. (On va y arriver un jour ! J’avais  repéré que l’on perdait du liquide, maintenant je sais par où il s’échappe !) YAPLUKA !

 

-          « Ciaotiser » le voilier ! Attention ici la chose est sérieuse ! Ce bateau a un nom officiel d’immatriculation et ce nom c’est « AGUR ». Nous avons déjà expliqué que Agur est un nom basque qui signifie grosso-modo « Ciao » mais il se trouve que la traduction a beau être la même, la perception est différente, et psychologiquement il semblerait que ce soit important.

Il nous faut donc « Ciaotiser » le navire c'est-à-dire apposer sur sa fesse gauche (un peu comme on le ferait pour le bétail dans les western) le symbole représentatif du concept… C'est-à-dire : « Ciao… » en quatre lettres joliment dessinées par main de Syl, trois petits points (très important), deux palmiers dans des tonalités de bleus précisément éprouvées par l’artiste du bord, et chacun pourra confirmer  à la vue des images « Que ça change tout ! »

(Non mais ! Il y a des choses à ne pas négliger pour le bien être de l’équipage !)

  peinture Ciao 1peinture Ciao

  peinture Ciao 2

-          17 Mars : Recevoir l’artisan voilier qui livre enfin les voiles et leurs accessoires et qui passe une demi-journée avec nous pour les installer à bord. Quelques petites erreurs, mais nous allons pouvoir y remédier. Livraison acceptée !

voiles avant

 

 

-          Tout ceci en gérant tout un panel de rendez-vous avec le corps médical :

 

§  chez le dentiste : une dent (de sagesse) en moins pour Syl ;  une couronne en plus pour moi (nous sommes pour un certain équilibre)

§  Le médecin : bilan sanguin complet et vaccinations spécifiques.

§  Le cardiologue : Bilan avec  « épreuve d’effort » (sans doute la dernière avant longtemps)

§  Le kiné pour un bilan et une rééducation du système vestibulaire, afin de retarder le seuil des naupathies. (pour ceux qui suivent, c’est un « anti seau bleu »). Il s’agit d’apprendre au cerveau à mieux gérer les informations liées aux perceptions d’équilibre et donc de mieux accepter les situations que l’on rencontre systématiquement en navigation. Il paraît que cette rééducation est efficace dans le temps contrairement aux remèdes chimiques qui ne couvrent que quelques heures et altèrent la vigilance.

 Il s’agit de faire des « tournicotis » sur un fauteuil spécial à une certaine vitesse, un certain rythme. Puis de passer plus tard dans une pièce obscure ou des points lumineux tourbillonnants sont projetés sur les cloisons ; debout sur un coussin mou, sans appui, il faut conserver l’équilibre. Aux premières séances les mollets et les chevilles travaillent dur ! Inutilement d’ailleurs car rien ne bouge à part  les points lumineux. Ah ! Ce cerveau !

 

-          Le frigo,  j’y reviens : mettre la tête dedans trois ou quatre fois par jour pour comprendre pourquoi cette satanée sonde du thermostat ne se déclenche plus et qu’il tourne tout le temps ; pour que ce soit plus « vivant », nous nous y sommes mis à deux…

 Imaginer la situation sur plus d’une semaine d’investigations quotidiennes :

-          déplacer la sonde, la repositionner,

-          pas assez serrée, trop serrée,

-          un peu plus à droite au fond, un peu plus à gauche devant,

-          trop haute,

-          trop loin,

-          plus comme-ci

-          plus comme ça…

 

-          et M…. !  Cassé la sonde…

-          Si çà se trouve c’était elle qui était en panne ? Oui eh bien comme ça c’est réglé !

 

-          Résoudre l’énigme du pilote automatique qui semble anémique quand il s’agit de tourner la barre pour redresser le cap. Question de paramétrage ??? Faudrait bosser la documentation en anglais… Humm … Pour un prochain jour de mauvais temps peut-être...

Un sympathique revendeur spécialisé dans la marque est passé à bord et a modifié quelques paramètres. Tout semble rentré dans l’ordre. Affaire à suivre.

 

-          Le frigo j’y reviens encore : acheter une nouvelle sonde de thermostat, faire tester le compresseur par un professionnel (toujours le même, et toujours aussi sympathique), et recommencer le jeu de « touche-touche » avec la nouvelle sonde.

Nous avons fini par en plaisanter, sauf que le diagnostic s’annonce assez mauvais. Ce n’était pas la sonde qui était en cause. C’est le système complet de production de froid qui semble en fin de vie.

Sur un bateau le système  est un peu plus délicat qu’un frigo domestique « terrien », car il fonctionne sur les batteries en 12 Volts, et se doit d’être économique en énergie ; sur notre cata il présente la particularité de fonctionner avec des plaques eutectiques (système d’accumulation de froid) qui lui permettrait de mieux résister aux chaudes ambiances tropicales. Tout serait à changer ; bouh !! Affaire à suivre.

 

-          Sur le pont : régler tous les petits détails propres aux manœuvres sous voiles : ajouter une manille ici, une poulie là-bas, déplacer un taquet, modifier, essayer, scruter tous les points d’usure, les goupilles tordues, les rondelles disparues, les vis mal serrées, bref débusquer à l’avance le maximum de pannes potentielles, qui seront plus coriaces à corriger une fois que nous serons partis.

 

-          Ce dernier week-end de Mars, nous avons profité du passage de ma fille Olivia et de Jean Gaël son compagnon, pour les recruter à l’assistance de Syl afin de me hisser en tête de mât. Ce fut l’occasion de changer la drisse de Grand-voile, et de réparer la girouette-anémomètre qui indiquait à peu près tout, sauf la direction du vent.

Je suis resté plus d’une heure accroché au sommet de l’espar, à 18 mètres du niveau de l’eau, accusant tant bien que mal les écarts angulaires plutôt prononcés à chaque fois que le catamaran était sollicité par une vaguelette, ou que l’équipage se déplaçait soudainement sur le pont d’un bord sur l’autre (pour la bonne cause, mais quand-même !). Alors… Est-ce à cause de la hauteur, des balancements, de l’appréhension ou de la réverbération de mon polo vert, je ne sais pas, mais il paraît que j’avais le teint plutôt pâlot/verdâtre à l’arrivée sur le pont en fin d’escalade. Ma sensation interne confirmait d’ailleurs cette teinte printanière qui semblait me trahir. Un petit apéro en famille a remis tout çà en ordre.

mat  mat 3

mat OJG

  mat 1

 

-          Entre-temps, j’ai trouvé le temps de passer trois jours entre couchette et banquette à soigner une fièvre de 39° provoquée par une indésirable « rhino-pneumo-sténo-dactylo », résultant peut-être de mes séjours prolongés avec la tête dans le frigo, ou plus sérieusement d’un courant d’air plus frais pris sur le pont.

 

On dit   « Avril ne te découvre pas d’un fil ! »

Mais pour Mars on dit quoi ?  « Un coup de barre, Mars et çà repart ! »

 

Ok ! Allez c’est reparti !

A bientôt sur le blog, ou mieux : venez nous faire un coucou à bord !

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 18:07

Bientôt deux mois sans un mot sur le blog !

D’un certain point de vue cette situation est  inqualifiable, je le reconnais, et je serais facilement pétri de honte pour le peu que j’en reçoive de gentilles et pourtant discrètes relances des uns ou des autres qui se disent à juste titre : « mais enfin qu’est ce que vous devenez ?  On ne sait plus, vous n’écrivez plus…»

Profil bas.

Bien sûr le blog de Ciao est une passerelle précieuse de communication entre vous restés à terre, et nous évaporés quelque part derrière l’horizon. Il est évident qu’elle nous nourrit tout autant du côté écriture, que vous, semble-t-il, du côté lecture ; sans négliger notre plaisir de recevoir vos réactions spontanées…  

Le problème est que si je cédais à l’idée qu’à intervalle bien régulier une prose en bonne et due forme doive atterrir sur le blog, j’y perdrais à coup sûr mon sens et mon plaisir. Alors… Parfois deux articles la même semaine, et parfois rien pendant deux mois ; la fréquence se détermine toute seule, au feeling, il semble que je n’aie pas trop le choix…

Bon allez je dédramatise : il y a eu juste deux bonnes poignées de semaines  qui sont passées très vite pour nous et qui nous ont fait transiter comme le ferait un clap de cinéma d’une ambiance d’attente (ou il n’y avait pas grand-chose à en dire) à « Action » (ou on n’avait plus le temps pour écrire). Voilà pour l’excuse !

 

Si je rembobine ma mémoire sur Février, il me reste en prédominance nos scrutations quotidiennes des prévisions météo sur notre zone, et les soupirs un peu fatigués qui s’échappaient le matin à la visualisation sur l’écran du site, d’une enfilade de dépressions attachées les unes aux autres laissant à peine quelques heures de répit entre elles. Elles se sont confirmées, elles sont passées, elles nous ont confiné une grande partie de ce petit mois de février dans le carré du bateau où nous pestions d’être incommodés par le chauffage d’appoint au gaz, qui ne fonctionnait plus en appoint mais pratiquement en permanence la journée, avec une difficile ventilation de l’habitacle sous les grains.

Vis à vis de la force des éléments, heureusement, dans la baie nous sommes très abrités de la houle. Il y a bien eu quelques ondes qui se sont infiltrées à marée haute, mais c’était à peine perceptible, 50 ou 60 centimètres d’amplitude tout au plus là où nous sommes. Par contre le vent pouvait lever en quelques minutes et pour quelques heures un clapot impressionnant, fait de petites vagues courtes qui défilent très vite nous donnant l’impression de naviguer alors que nous étions (normalement) solidement amarrés sur la bouée.

Le catamaran, pourtant d’ordinaire bien stable, se tortillait brutalement dans les rafales les plus fortes, tirant alternativement sur l’une ou l’autre amarre de la patte d’oie. A l’intérieur, bien que  dérangés par les craquements désagréables des aussières passées sur les taquets avant, nous étions amusés de voir défiler le paysage de 90 degrés en quelques secondes. Si on a la certitude que tous les éléments qui tiennent le bateau sont indestructibles, on peut trouver le manège sympathique, mais si on a le moindre doute, par exemple, sur la manille du fond que l’on n’a pas pu vérifier, on serre un peu les fesses dans les moments les plus intenses.

C’est ainsi que lorsque quelques objets ont commencé à tomber dans le carré, dans les mêmes moments que quelques  vagues sont venues  se lever et se fracasser sous la nacelle, nous avons envisagé devoir prendre la main au cas où l’amarrage ne finisse par se rompre.

Par deux fois, nous avons sorti du coffre les bottes, les cirés, préparé le poste de barre et mis les contacts sur « ON», pour être opérationnels en quelques secondes en cas de besoin. La prévision était 35 Nœuds établis, rafales à 49, donc  Force 8 à 9 bien servi ; ça fait du vent tout ça !

 La ligne d’amarrage n’a pas bougé. Seule la bouée nous a salués d’un gros « bang » en tapant sous le bateau, et nous l’avons vue s’éloigner derrière nous…  A la fin de la période agitée nous l’avons cherchée mais nous ne l’avons pas retrouvée ; quelqu’un l’a récupérée avant notre passage parmi les débris entassés sur la berge. Nous avons appris que c’est une activité assez prisée des locaux que de fouiner le rivage immédiatement après un coup de vent pour glaner quelques bricoles échappées en douce des bateaux. Ok nous nous en souviendrons.

Outre les dites bricoles, nous avons compté lors de ces mois venteux une vingtaine de bateaux positionnés sur le mouillage qui se sont retrouvés jetés à la côte, posés sur le flanc au petit matin.

Sur 500 bateaux présents, cela  ne représente que 4 % ; les moins entretenus parait-il… De l’avis des professionnels qui travaillent sur le plan d’eau nous pouvions raisonnablement  nous détendre un peu. Certes, en début de saison se décrochaient effectivement des rafiots verdis d’ennui, mais sur les derniers coups de ventilateur, de jolis bateaux récents se sont quand-même joints à la danse…

Nous en conclurons à un  hiver un peu particulier en discutant avec plusieurs résidents de Hendaye depuis leur tendre enfance ; ils se sont montré étonnés, l’un de voir pour la première fois des vagues aussi fortes dans la baie, l’autre de constater que jamais auparavant il n’ait vu autant de bois mort échoué sur la grève, un troisième de compter la sixième tempête alors que d’ordinaire une ou deux viennent ponctuer la période hivernale…

Nous n’avons pas la télévision à bord (nous n’en voulons surtout pas) et nous écoutons principalement les programmes musicaux d’une radio espagnole peu bavarde, alors nous sommes restés dans une conscience très locale des conditions météo de cet hiver, jusqu’à ce que plusieurs appels téléphoniques de la famille ou des amis s’inquiétant de notre sort, nous aient fait prendre la mesure  du grabuge vécu sur toute la côte Ouest.

Nous avons débarqué sur une journée de calme pour nous joindre aux passants, stupéfaits comme nous de constater que le bord de mer à Hendaye s’est fait violemment déborder, et qu’au casino de Biarritz rien ne va plus… Les bulldozers se sont installés sur la terrasse pour lever un rempart de sable à chaque marée basse, dans le but de freiner les ardeurs du flot suivant qui aurait tendance à rentrer dans les salles de jeux… Les croupiers devront bientôt posséder un diplôme de maître nageur !

Nous avons trouvé la baie de Biarritz totalement blanche de gros bouillonnements impétueux, et la grand-plage interdite d’accès au public, parée d’immenses nappes d’écume légère et frissonnante. Nous avons croisé plusieurs fois des équipes de télévision qui retransmettaient avec commentateur décoiffé et micro-plumeau sur un arrière plan de vagues rebelles, des images que vous avez dû voir au « 20 heures »…

C’est surtout la beauté, la grâce, l’élégance et la force de cette nature qui nous sont apparues, ainsi que le tumulte dominant de toute cette masse liquide empreinte de liberté… Cette vision d’une crème de capuccino géant délicatement déposée à l’extrémité de chaque rouleau, puis reprise et amenée un peu plus loin ou elle s’accumule en congère improbable… C’était tellement beau, délicat et spontanément dessiné.

J’avais l’impression d’un changement d’échelle dans ce décor superbe ou le littoral serait resté à sa dimension ordinaire devenu ridiculement trop petit pour accueillir la mer deux ou trois fois plus haute, plus forte, plus vive…

Un  spectacle que nombre de personnes sont venues observer dans un calme presque recueilli. Nous sommes rentrés tard dans la soirée, remplis du rythme de cette belle danse assourdissante et puissante, même si en arrière plan il est permis de se demander si elle ne résulte pas plus ou moins des dérèglements climatiques en cours…

L’hiver a vraisemblablement rendu son dernier souffle de tempête, et pas des moindres, les 2 et 3 mars ; trois jours plus tard nous étions sous des températures de plus de 20 degrés, grand soleil et temps calme…

Nous avons eu, un de ces beaux matins, la nette impression d’être passés à une autre phase de cette préparation, celle qui fait ressentir que les choses se précisent, que maintenant le départ approche, et qu’il va falloir enclencher la vitesse supérieure…

Je vous laisse (je promets pour peu de temps cette fois) sur l’inertie de la période précédente par

ces quelques images filmées à l’occasion des jours agités.

   

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 20:35

Zoom journal de bord du 21 Janvier 2014 – (Pour toi Mimi)

  

« Bienvenue à bord ! », 

 

J’ignorais que ces trois mots pouvaient avoir la puissance d’une formule magique du style peut-être de : « Sésame ouvre-toi »  ou encore « Alohomora » utilisée par Harry Potter pour ouvrir quelque chose

 

En cet après-midi de janvier, nous attendons la visite d’une ancienne voisine et de sa fille, en séjour dans le pays basque. Les visites sont encore rares sur notre catamaran au cœur de l’hiver dans cette région au climat très doux certes, mais qui par ailleurs ne craint absolument pas la sécheresse. Nous sommes conscients que nous manquons encore d’arguments exotiques pour motiver les venues à bord.

Néanmoins c’est confirmé, aujourd’hui nous recevons pour l’heure du café !

Nos invitées n’ont pas spécialement le pied marin, et le hasard fait bien les choses car nous avions décidé d’entrer dans la marina pour quelques jours afin de recharger nos batteries. Ce sera plus simple de monter à bord et plus confortable pour elles.

Nous avons pris la même place que nous prenons à chaque fois que nous rentrons au port. Nous avons nos petites habitudes, c’est presque devenu une routine. Deux ou trois fois par mois, selon que le soleil a timidement (ou pas) regonflé notre stock d’énergie électrique nous venons nous  ressourcer au sein de notre bonne vieille société nourricière…

Selon une toute autre formule magique très efficace qui comprend un chiffre suivi du mot «…Euros » nous accédons de facto pour 24, 48 ou 72  heures, à ce que nous appelons les commodités de la vie terrestre. Ce qui pour vous, sans même vous en interroger est  la base normale et minimale des conditions de vie, pour nous prend au fil du temps des allures de petit luxe…

Nous savons que nous allons pouvoir brancher le bateau à la borne du quai, profiter du chauffage électrique et d’une merveilleuse ambiance à 19 ° dans tout le bateau ; nous allons faire le plein d’eau que nous pourrons utiliser sans précisément compter les fractions de secondes pendant lesquelles les robinets restent ouverts, et plaisir suprême pour Syl : elle pourra même faire la vaisselle à l’eau chaude !

Ne croyez pas que je m’égare ; ce projet insensé de vaisselle à l’eau chaude est justement le propos qui va sans que je le sache encore, me révéler grand sorcier. Il est vrai que la vaisselle s’est un peu accumulée dans l’évier, en l’attente de cette circonstance rarissime.

Immédiatement après que le bateau soit amarré, un câble gris se précipite donc sur le ponton et sa prise affamée rejoint la source salvatrice, comme un bébé se précipite sur la tétine de son biberon. Sur le tableau de bord les lucioles orangées s’animent :

-          230 V : « ON »,

-          Chargeur de batteries : « ON »,

-          Prises électriques : « ON »,

-          Cumulus : « ON ».

C’est peut-être pathologique, mais je ne peux contester une micro jouissance intérieure, de constater que tout marche bien. Le gestionnaire de batteries indique que 30 ampères se déversent parmi elles. Une certaine sensation lointaine de sécurité matérielle est présente dès que la connexion avec la terre est refaite.

C’est dire si nous sommes conditionnés…

 

S’en suit un peu de rangement sommaire pour que notre « chez nous » ressemble un peu à quelque chose, un petit casse-croûte vite fait, le temps que le cumulus monte bien en température, et Syl de s’éclater dans une symphonie de casseroles, poeles, et couverts, que je m’empresse d’essuyer pour conserver d’harmonieuses relations à bord… (mais non, c’est une blague)

Nos invitées appellent sur le portable, et déjà elles apparaissent en bout de ponton.

Bienvenue à bord ! Bienvenue à bord !

Magique ! A peine avais-je prononcé cette expression pour les accueillir, facilitant leur passage du ponton aux jupes arrière du bateau, qu’un bruit inhabituel me donne la réplique immédiatement. Un très sonore « Pof – Pschuiiiiiiii » venant du côté arrière tribord, me détourne totalement de ma fonction d’hôte poli et attentionné, pour reprendre ma casquette de capitaine et courir vite fait sur tribord afin de découvrir l’origine de cette complainte bizarre, comme déclenchée automatiquement au prononcé des trois mots.

Pas de bateau à proximité, pas de remous dans l’eau. L’origine n’est pas extérieure au bateau, mais interne… Qu’est ce donc ? Sur un bateau, par expérience, on n’aime pas trop les bruits non expliqués ; alors on cherche, jusqu’à trouver une explication rationnelle, et on essaye de faire rapidement faute de quoi les déconvenues arrivent avant que l’énigme ne soit résolue.

Très vite je soulève instinctivement le couvercle de la cale technique tribord, et ma vision confirme mes craintes : un puissant jet d’eau et de vapeur traverse la cale technique comme si une cocotte minute s’y soulageait… L’eau brûlante pulvérisée entreprend d’inonder tout ce qui se trouve à proximité, de l’outillage, du matériel stocké là, le moteur, et pire, l’installation électrique qui je le sais est actuellement branchée au secteur. A première vue c’est vers le cumulus que quelque chose a lâché.

Dans ce cas  le sens des priorités reste certainement instinctif : au tableau de commande je stoppe la pompe à eau qui envoie la pression dans le circuit, et je saute sur le ponton immédiatement en me disant que s’il est encore temps, il faut débrancher d’urgence car on le sait l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage.

Débranchement est synonyme de soulagement. En écrivant ce mots je me dis « faudrait savoir ! ». Eh bien oui : content de se brancher, et finalement heureux de se débrancher… (Bon ok, je laisse ça de côté.)

Il me reste à fermer les vannes des cuves qui contiennent 800 litres d’eau qui ne demandent qu’à rejoindre les fonds de la cale moteur. Un calme apparent revient aussitôt.

Syl et nos deux invitées s’interrogent de tant d’agitation subite, qui a eu pour effet de voler la vedette à leur arrivée, et de faire en sorte que nous soyons maintenant totalement privés d’eau et d’électricité…

-          « Bienvenue à bord ! C’est comme çà sur les bateaux ! Un jour = Une panne », dis-je quand-même un peu dépité.

Curieux d’évaluer l’étendue des dégâts, et de comprendre l’origine réelle du « Pof – Pschuiiiiiiii » je me soustrais encore à la petite communauté, pour me faufiler dans la partie « garçon » du bateau (là où personne ne vient visiter et s’exclamer que c’est chouette). Admettons que pour y aller Il faut se contorsionner un peu, descendre à la force des bras par la trappe d’accès, passer entre les commandes de la barre, se baisser fortement et arriver là où sont regroupées les installations techniques : réservoir de carburant, cumulus, chargeur de batteries, régulateur de panneaux solaires, transformateur, tableau électrique, fusibles, et moteur tribord du bateau. (pas glamour tout ça).

Je fais ce petit parcours assez souvent, ce qui me permet d’être assez prompt à la manœuvre.

En dehors du fait que tout autour de moi est trempé et que mes deux pieds sont dans l’eau, je remarque immédiatement que le tuyau d’eau chaude est débranché du cumulus. Il pend lamentablement avec son raccord de plastique accroché dessus, laissant sur l’appareil un orifice béant d’où précisément semblait venir le geyser.

J’étais déjà intervenu sur ce raccord il y a une semaine car il laissait une légère fuite en goutte à goutte. Il était nécessaire de remplacer un petit morceau de quelques centimètres de tuyau d’eau chaude abîmé ; tuyau de couleur rouge. N’ayant pas de tuyau rouge en stock, j’avais fait la réparation avec un tuyau d’eau froide de même diamètre et même matière mais de couleur bleue.

Je me disais que l’eau devait bien se moquer de la couleur du tuyau pour circuler à l’intérieur. Sur ce plan ma réflexion était juste.

Concernant la dilatation physique du tuyau sous l’effet de la chaleur j’avais peut-être omis un paramètre. Toute expérience est donc utile, mais je n’étais pas encore à ce stade avancé de conclusion.

Comme si le geyser et son « Pof – Pschuiiiiiiii » n’avait pas délivré un message suffisamment clair, il me fallait en avoir le cœur net. Je rebranche donc soigneusement le raccord et son bout de tuyau bleu, j’insiste bien sur mes gestes pour bien accrocher le tout et je ressors par mon petit itinéraire de contorsionniste pour aller dans le carré ouvrir les vannes, et remettre la pompe en marche.

J’en profite pour échanger quelques mots avec Syl et mos amies.

La pression se reconstitue en quelques secondes, et apparemment tout est rentré dans l’ordre. C’est du moins ma conviction du moment. Par acquis de conscience je repars me faufiler à nouveau dans ma cale préférée pour inspecter la chose. Pas même une goutte ! Même en regardant de tout près !

Juste satisfaction.          

Mais satisfaction qui n’a duré que quelques dixièmes de secondes, car bien que je me sois gardé de prononcer la formule magique, j’étais aux premières loges pour un autre superbe « Pof – Pschuiiiiiiii » en 3 dimensions celui-là puisque j’étais bêtement dans l’axe du geyser, et à 50 centimètres de sa source !

J’aurais certainement dû m’y attendre mais je n’avais pas précisément cru à l’irruption spontanée et directe de toute cette eau brûlante ; j’imaginais au pire, apercevoir une fuite qui me préviendrait.

L’improvisation a suivi par une esquive réflexe sur ma droite, mais aussitôt après par l’obligation de passer devant le geyser reprendre une deuxième salve au passage, afin de gagner la sortie qui elle, est à gauche.

Je pense avoir atteint un de mes records de rapidité pour me retrouver à l’air libre, tout en tirant sur mes vêtements mouillés et chauds pour les éloigner de ma peau, gestes d’ailleurs nettement insuffisants, car la sensation de brûlure devenait intense. Quelques secondes plus tard je m’étais débarrassé de tout vêtement au dessus de la ceinture, criant en même temps à Syl de couper l’alimentation de la pompe et de fermer les vannes. Retour à la case départ.

Si j’avais eu l’esprit orienté à l’humour, j’aurais été fier d’annoncer, en grand sorcier que j’étais devenu, d’avoir inventé l’eau chaude ! Je n’y ai pas pensé, dommage !

Plus concrètement je me suis laissé badigeonner par Syl, les quelques rougeurs bien visibles sur la poitrine et les épaules avec la crème cicatrisante « Biafine », expliquant synthétiquement à ces dames étonnées mon « trip » solitaire du moment. Plus de peur que de mal…

Une fois les émotions stabilisées, le problème restant entier au niveau du raccordement du chauffe-eau, je laisse à nouveau Syl et nos amies, pour aller acheter de quoi dépanner définitivement et correctement cette fois, avec un « vrai tuyau vraiment ROUGE » et un raccord neuf.

En fin d’après-midi, la cale séchée, les raccordements sécurisés, et l’électricité rebranchée, me permet enfin de partager un rapide goûter avec nos hôtes avant leur départ ; l’oreille attentive toutefois aux éventuels bruits d'eau, et ma présence quelque peu distraite…

Désolé, mesdames. Je n’oserais dire que c’est exceptionnel ; mais cette fois c’est vraiment tombé au mauvais moment ! A croire qu’il faille raisonnablement changer de formule d’accueil.

 

                                                                  _____________________

 

Dans l’analyse que j’en fais à postériori, entre les risques liés à une électrocution accidentelle, et ceux que représente l’eau qui jaillit à 70 degrés, je constate que les dangers de ce mode de vie ne sont peut-être pas là où on les imagine.

Nous prenons d’innombrables précautions, parfois redondantes et superflues pour qu’il n’arrive rien de fâcheux en mer, ou en tous cas pour avoir tous les moyens de faire face à une défaillance matérielle, et lorsque nos proches nous interrogent c’est aussi au large qu’ils imaginent le danger le plus présent.

Et là, le plus banalement possible, très sagement amarré à une place de port, dans la louable intention de permettre de faire la vaisselle à l’eau chaude,  je passe finalement assez près d’un épisode critique…

Les risques d’accident dits « ménagers » sont ils plus sournois, mais mieux acceptés parce que mieux connus de nous tous ? Ou est-ce encore un de ces conditionnements dont nous semblons être les spécialistes ?

Que ceux qui s’inquiètent ne s’inquiètent plus, nous allons investir dans la vaisselle jetable !

« Ce qui ne tue pas rend plus fort ! » (Freidrich Nietzsche)

 

 

PS :

Mimi, cette fois t’es priée de laisser un commentaire, et pas un mail KIDIKECETROCOURT !!!

Parce que nous aussi on aime vous lire !

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 23:24

Les lecteurs du blog, amateurs de performances à la voile, les férus de chiffres, de sensations de navigation et de records, (je pense à toi, Julien) ne trouveront pas leur compte à la lecture de ce billet de Janvier ; et pour cause : les voiles du bateau sont à la voilerie, en révision.

Pas de navigation donc, en dépit de très belles journées aux lumières claquantes et aux températures très douces pour la saison. Quelques heures au soleil dans la baie, sont néanmoins bien agréables…

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Il n’empêche que c’est tout de même le remue-méninges sur le pont ; les améliorations majeures, nécessaires avant le départ sont engagées, comme : l’optimisation du mouillage, la sélection du matériel de sécurité, le remplacement et le repositionnement du radeau de survie, les réglages et essais du pilote automatique, la pose d’un radar, la révision du gréement, le changement des drisses, et quelques autres restaurations de taquets d’amarrage… etc…

Ca commence à sentir bon, l’iode… Je sens l’énergie du départ monter doucement, en même temps que les jours s’allongent. D’ici un mois environ, on y verra plus clair, pour aborder nos premières vraies sorties d’essais en mer.

La mer, ah oui ! Ou plus exactement l’Océan !

A rester statiques, scotchés à notre bouée, bien abrités dans la baie, on oublierait (presque) que nous sommes sur l’eau salée.

Nous allons pourtant régulièrement lui faire une visite de courtoisie, et ces temps-ci l’océan n’a pas l’air de plaisanter ; quelque chose le contrarie ; ce que l’humain lui fait subir peut-être ?

Il a sérieusement bousculé les rivages de l’Ouest ces dernières semaines.

Ici, sur le front de mer des blocs de roche de plusieurs tonnes ont été déplacés par le choc des vagues ; de solides parapets métalliques sécurisant l’accès à la plage en sont tordus, mêlés et aplatis comme des spaghettis trop cuits.

Les pieds bien ancrés sur le sable pour quelque temps encore, mes pensées interpellent les flots bouillonnants et enflés par une forte houle venue du large qui masque l’horizon et tout ce qu’il contient de mystère…

 

Océan !

Je  ressens ton énergie, celle qui fait ta beauté, ta majesté, ta suprématie, et d’une manière indissociable je ressens aussi le vertige d’être un jour confronté à la force des éléments,

à la toute puissance de ta nature…

 

En cet hiver, avec pour seuls témoins quelques paisibles mouettes, nous venons tutoyer tes vagues déferlantes, admirer ton élégance, avant de te confier aux jours meilleurs, notre voyage, notre bateau et aussi nos vies…

 

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En images ci-dessous, quelques instants témoins de ces moments heureux, qui dans leur simplicité conjuguent à souhait, la légèreté et la conscience.

A mon sens, une belle dimension de vie à l’aube de cette aventure…

 


 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 16:16

Carte de Noël

 

Ici, pas de rennes, pas de paysage enneigé ; bien qu’avec un peu d’imagination, la couleur de la neige soit représentée par le plumage des mouettes, et les quelques boules de mie de pain que je jette par-dessus bord… J’en ai compté 54 à tournoyer et à se poser autour du bateau lançant des cris stridents pour s’assurer cette prise, pourtant facile, en tentant d’éloigner les autres.

Un cormoran guette au loin, depuis la plage de « l’île aux oiseaux », il ne tente même pas sa chance. Trop indépendant peut-être, à moins qu’il n’apprécie pas que le bénéfice de la situation revienne à celui qui fait le plus de bruit… Plus certainement préfère-t-il un poisson frétillant qu’il ira se choisir lui-même un peu plus au large, comme il en a le secret… A chacun son sens…

Ici les guirlandes scintillantes flottent en larges filets dorés sur la surface de l’eau. C’est parce que le soleil est très présent en cet après-midi de mi-décembre. Le spectacle est éblouissant, aveuglant même. Mille reflets et bien davantage, diffusant toutes les teintes chaudes du jaune à l’orangé s’offrent à nous des heures durant… C’est d’une simplicité sublime, et il n’y a pas de foule pour s’en émerveiller, comme si la représentation se donnait en catimini.

Une douce chaleur m’imprègne le visage, jusqu’à filtrer doucement au plus profond.

C’est un instant privilégié d’en prendre conscience, les yeux fermés. Pas un bruit ; ou presque.

A bien y prêter attention je discerne quelques cliquetis de cordages sur les mats des bateaux voisins, un clapotis léger contre la coque qui oscille de quelques millimètres ; plus loin encore le léger ronronnement d’une barque de pêcheur qui passe, puis le bruit du moteur s’estompe pour laisser libre tout l’espace. Un moment qui pourrait durer une éternité…

C’est cette ambiance, essentiellement marine c’est vrai, empreinte au sens général d’une nature à première vue encore sereine, qui m’a soufflé l’impulsion de vous souhaiter de cette manière-là, de passer de belles fêtes de fin d’année…

Soyez donc remplis, si vous le pouvez, de cette même et paisible chaleur en vous-même ; puis comblés par la réalisation de tous vos vœux pour l’année qui arrive…

Le charme aurait pu brusquement s’interrompre par l’insoutenable déchirement sonore, le « boucan d’enfer » aurait dit un certain chanteur, qui accompagne le décollage d’un avion depuis la piste espagnole à quelques centaines de mètres de nous. Il semble frôler les mats, avant de se cabrer et de s’imposer aux lois de la gravité atomisant au dessus de nos têtes quelques milliers de litres de carburant. Quelques minutes de souffrance auditive, et avec elle l’illustration d’une réalité hurlante qui met en relief tous les contrastes en présence…

Je me force à avoir l’esprit sélectif, et ce que je grave vous l’aurez deviné, c’est bien sûr le silence qui a précédé, et les sensations qu’il a générées ; certainement aussi, mais d’une manière plus spontanée, la résolution du cormoran…  ;-)

JOYEUX NOËL !

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 16:45

Un peu plus d’un mois déjà que nous sommes à bord.

Jusque-là, bien que nos journées soient assez semblables, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Le « rythme » de vie est essentiellement dicté par le temps qu’il fait. Nous scrutons les prévisions météo chaque jour, et organisons nos travaux, nos courses, nos sorties en conséquence.

Pour être efficaces, nous avons réparti les choses à faire sur deux listes : « travaux intérieurs » et « travaux extérieurs ». Inutile de préciser que nous sommes régulièrement concentrés sur la liste réservée aux jours de mauvais temps car il pleut vraiment souvent sur Hendaye en cette saison. Nous avons aussi des listes d’articles à acheter suivant les magasins. Chaque descente à terre est ainsi pleinement rentabilisée (sauf lorsque nous égarons les fameuses listes).

En dehors des jours de pluie continue, nous scrutons le ciel à la recherche de la moindre trouée nuageuse qui pourrait permettre au soleil plus ou moins voilé de nous atteindre. Il n’est pas question de bronzer mais plutôt d’exposer au mieux nos trois panneaux solaires, espérant voir ainsi la magie de quelques ampères couler vers les batteries ;  c’est de la gestion de notre énergie électrique dont il est question. Le frigo, l’éclairage, les pompes à eau dégustent chaque jour leur cota, et nos 4 grosses batteries couplées essayent d’y faire face le plus longtemps possible, aidées au mieux par nos comportements économes en la matière.

Côté théorique, nous renouons de fait avec les problèmes arithmétiques d’antan ; on se souvient des robinets qui remplissaient les baignoires en même temps qu’elles se vidaient… En combien de temps seront-elles vides ? Casse-tête certes, mais qui avait au moins le mérite d’avoir une solution.

C’est à peu près pareil pour les batteries, sauf qu’en cours de calcul il semble que plus de la moitié des ampères se volatilisent on ne sait où, dans les batteries qui seraient proches de leur fin de vie. Les conclusions sont hasardeuses, puis convergent au fil des jours vers la décision que nous aurions eu envie de reporter très loin dans le temps. Il va falloir changer ces satanées batteries… Investissement imminent donc.

Côté pratique, suivant que l’éclaircie vient de tribord ou de bâbord, nous devons déplacer la bôme en conséquence, pour éviter quelle ne fasse de l’ombre aux  précieuses cellules photovoltaïques. Ca occupe et çà réchauffe ! D’autant que dans la baie il y a de nombreux courants qui font tourner le bateau sur lui-même plusieurs fois par demi-jour…

 

En dehors de ces préoccupations hautement stratégiques, les aménagements que nous avions prévus avancent bien, même si pratiquement chaque jour, nous devons faire face en parallèle à la sacro sainte règle de la vie en bateau : un jour = une panne. Une foule de petites interventions imprévues ici ou là, du genre : une entrée d’eau de pluie, une pompe qui ne marche plus, une porte de frigo qui se détraque, la condensation qui ruisselle dans les éclairages, etc…

Sachant que toute action prend énormément plus de temps qu’à terre :

-          par le manque de place pour agir, qui par voie de conséquence nécessite le rangement assez rapide de tout objet utilisé, 

-          par l’eau tout autour de nous ; nous sommes au mouillage au milieu de la baie, et coupés de la facilité d’aller spontanément chercher la petite pièce qui manque à la boutique du coin, le tube de colle spéciale, ou le seul outil qui n’est bizarrement pas à bord. Bien sûr il y a l’annexe, mais il faut la mettre à l’eau, la démarrer, et aimer avoir les fesses au frais…

-          par le fait que pour utiliser un outillage électrique (ou bien la machine à coudre), il y a une bonne demi-heure de préparation, qui consiste à sortir le groupe électrogène, les rallonges, les accessoires etc, mettre en marche, brancher, faire le petit boulot et repasser une demi-heure à tout remettre en place.

C’est ainsi que nous sommes régulièrement surpris par la tombée de la nuit, étonnés de constater qu’un jour de plus vient de s’échapper, ce qui me ramène tout logiquement à mon titre : « un mois déjà » !

Nous nous faisons souvent la réflexion que la vie sur le bateau ressemble à celle que vivaient nos ancêtres au fond des campagnes reculées, avec peu de confort, peu de facilités, et en compensation beaucoup d’ingéniosité. Curieusement nous ressentons une sensation de sérénité, en nous sentant moins dépendant du « système », en redevenant plus autonome donc.

Nous sommes en phase tous deux par rapport à ce sens de vie, certainement en référence à des souvenirs d’enfance bien ancrés, partagés avec nos grands parents respectifs. Heureusement dirais-je, car j’imagine assez mal ce que je pourrais lire dans le regard d’une compagne « pure citadine », au sortir du cabinet de toilette où il ne fait que 6 ou 8 degrés (on ne peut pas assurer le chauffage dans tout le bateau) et dans lequel l’eau semble sortir d’une machine à glaçons.

Alors c’est vrai que de temps en temps, nous nous offrons le luxe d’une vaisselle à l’eau chaude, et parfois même une escale dans la marina, où il nous semble que ce soit la fête : Electricité 220V, 19 degrés partout, douches chaudes, wifi à bord ; comme à la maison quoi !

Bon ; avec quelques dizaines de mètres carrés en moins quand-même !

Mais avec vue sur mer, ou sur l’aquarium géant selon que l’on mette le nez sur un hublot extérieur, ou ceux qui sont sous les coques…

-          Bon d’accord ! relativise Syl :

C’est vrai mais il y a aussi un groupe électrogène avec lequel on peut chauffer le cumulus et se prendre une bonne douche chaude, c’est aussi ce qui me fait apprécier ce bateau, et puis on n’est pas sensé vivre tous les hivers à Hendaye !!!

  Quelques images capturées ici et là :

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 13:40

Voilà une jolie formule qui s’assortit bien avec une autre, que l’on voit fleurir sur presque toutes les lèvres qui cherchent à parler zen : le « lâcher prise »…

C’est à la mode, et en théorie c’est très simple.

En l’occurrence, pour nous il s’agit ici de lâcher ce à quoi l’on tient (ou l’on se tient), de vider l’espace que l’on a rempli depuis plus d’un demi-siècle, de se détacher des contingences matérielles superflues, de sélectionner le strict essentiel.

C’est en fait plus compliqué et plus profond qu’il n’y paraît…

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Au seuil du projet de « grand voyage » tel que nous le concevons (c'est-à-dire sans aucune limite de temps définie à l’avance), et avant de pouvoir « lâcher la fameuse prise », nous avons d’abord entrepris de la « débrancher ».

Lorsque nous avons pris la décision de partir nous avons commencé par vérifier que nous réunissions certaines conditions indispensables, (santé, moyens de subsistance, autonomie…) puis nous nous sommes rapidement confrontés à la nécessité de désamorcer nos propres jugements, et aussi de regarder nos doutes et nos peurs bien en face. Le travail c’est fait petit à petit. Puis nous avons trouvé le bateau…

Maintenant, concrétiser le départ sous-entend de se libérer réellement de tous les liens à terre, et ils sont si familiers qu’on ne les voit même plus.

Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des « liens »… Ils attachent dans le meilleur des cas et parfois ils ligotent, ou ils entravent.

En matière de liens principaux, le maître est certainement « l’administratif » qui comprend la notion de domicile (et son fameux justificatif), la situation fiscale, la sécurité sociale, les assurances, le courrier…

Suivent de près les questions liées aux moyens matériels et financiers  et l’éventualité de conserver ou de rechercher une activité rémunératrice ; et comment la gérer ? Dans quel cadre ? Comment procéder avec les diverses cotisations de retraite et autres…

D’une importance non négligeable dans la tresse qui nous retient : les liens de cœur, liens de famille, sphères amicales, et autres douceurs que bien-sûr, nous n’aimerions pas rudoyer…

Nos questions ne trouvent pas toujours de réponses formelles. Le statut de « grand voyageur » n’est pas encore totalement entré dans les « mœurs » ; il surprend, il étonne, il inquiète, il fascine, il dérange, et c’est pourtant  tout naturellement qu’il existe…

Lorsqu’il s’agit de partir pour 3 mois ou pour un an, chacun envisage bien comment faire ; ce sont de très grandes vacances. C’est au-delà que les choses se compliquent.

Il faut nécessairement être créatif et trouver ses propres aménagements. Le vertige n’est pas loin, car nous manquons de références, d’informations claires, de témoignages. Il y a bien quelques récits sur les blogs, mais les globes-flotters restent assez discrets sur certains choix. C’est bien légitime, et nous devrons d’ailleurs faire de même. Certaines choses se disent, certains tuyaux s’échangent certainement, mais ne s’écrivent pas…

Petit coup d’œil autour de nous : quand on évoquait l’idée de partir en bateau, personne n’émettait quoi que ce soit de vraiment remarquable… En fait, nous avons constaté que jusque-là personne ne réalisait vraiment. Il a suffit que le bateau soit acquis, que l’appartement soit en vente pour que les questions deviennent plus précises, plus pertinentes aussi, et plus pressantes…

Les passions s’animent dans certains regards, les peurs et angoisses en voilent d’autres…

La préparation du départ est à elle seule une expérience de vie singulière !

Tout s’est subitement mis en mouvement depuis cet été. Nous prenons nous-mêmes la mesure de ce que nous venons d’initier.

Choisir de voyager au gré du vent, des découvertes et des rencontres, caresser les rivages enchanteurs, choisir de vivre sur un bateau, semble être un projet tout doux, mais c’est finalement très radical dès la première étape : il va falloir couper le cordon terrestre ! Le seul que nous connaissons, notre unique repère… Nous avons à peine quelques mois pour le faire.

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Quitter le confort d’une résidence spacieuse et bien aménagée, s’affranchir de la sécurité des structures sociales, s’éloigner du cocon médical, s’exposer sur des investissements non conventionnels, réduire les possibilités de communication, appréhender un nouvel élément naturel pas toujours clément, et aussi accepter d’être nomade…

Bref ! Oublier la sacro-sainte sécurité de tout, et en tout, qui à bien y réfléchir, nous enrubanne jusqu’à nous momifier sans même que nous en soyons conscients.

Ce n’est pas une petite fantaisie, ce départ ; c’est une totale remise en question !

Et « cerise sur le bateau », il faut commencer par éliminer l’extraordinaire redondance de nos possessions matérielles, (pourtant il semble que nous fassions partie des gens qui ayons assez peu de biens mobiliers) pour ne partir qu’avec l’essentiel.

C’est notre actuel challenge. Faire le vide ! Voilà qui est concret.

 

Au début çà va vite à orchestrer ! Exit le grand écran télé, la sono, la bibliothèque, le canapé, les poufs, la table basse, l’armoire, le surplus de vaisselle, les deux ordinateurs fixes, la chambre… Tout çà, nous savons qu’en faire, les enfants en auront besoin. Plutôt facile !

Le mobilier de style, les œuvres  d’art classées, çà va encore plus vite ; il n’y en a pas.

Quoi d’autre ?

Vient alors « l’objet» qui a son Histoire avec un grand « H » (tiens je me souviens lorsque nous l’avons acheté… je l’ai depuis … J’ai fait ci… et çà avec…) par exemple : une simple paire de baskets rouges archi usées d’avoir foulé (il y a une quinzaine d’années) le sol de l’oncle Sam : un demi-drame…

Nous avons en définitive chacun nos objets avec des grands « H », selon nos sensibilités. Il faut aller doucement. Peser les « pour et les contre », les « avec et les sans ». Décider.

Puis vient l’heure des objets de déco (ah ! mais çà c’était un cadeau… Et là aussi).

Les rideaux confectionnés à la main… Ahhh !

Et le bureau (qu’on s’était dessiné et fabriqué)... Pffff...

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Le meuble gris, recherché durant des mois, enfin acheté en version « bois brut », puis peint et patiné, et touche par touche personnalisé jusqu’à ce qu’il porte une signature unique d’un chez nous qui est bon à ressentir à chaque fois que nous rentrons. (Aïe… aïe… aïe… çà coince un peu).

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Le dressing, les « fringues », les chaussures, et là-bas les superbes plantes vertes, (là c’est trop dur ; petites larmes chaudes… Mais dans quoi on s’embarque ? J’espère qu’on ne fait pas une connerie…)

Les cartons de souvenirs, les photos, les papiers, que dis-je ? Les-dizaines-de-kilos-de-papiers, les écritures amoncelées dans le passé restées comme des témoins des moments les plus durs, les plus doux, les plus significatifs… (Encore heureux ! Pour les moments normaux il n’y a pas d’écrit...)

Les archives « perso » pour lesquelles on avait dit : « çà je garde »…

Les outils, les peintures, les tissus, les morceaux de bois, les fournitures diverses que l’on entasse car « on ne sait jamais, çà peut servir »…

Bref, tout le monde a compris - et nous aussi : on ne peut rien emmener de tout cela !

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Alors on se motive : à quoi bon faire des conserves de son passé ?

Pourtant c’est le passé qui fait ce que nous sommes.  Oui, mais pas les possessions… Ah !

Et  je me souviens de ma formation de coaching : « La carte n’est pas le terrain ». Alors plusieurs fois nous nous répétons « La carte n’est pas le terrain » et nous poursuivons…

 

Confusion, questions, tris, organisation… Allers-retours à la benne de recyclage (pour les papiers).

Transporter, donner aux enfants qui construisent leur propre nid, comme nous l’avions fait dans d’autres temps ; leur confier parfois « LE » symbolique objet dont on ne pourra vraiment pas se séparer (mais pas trop, pour ne pas les encombrer)

Mettre des annonces, vendre quelques bricoles, déplacer, réunir, emballer, donner, faire en sorte que quelqu’un puisse en profiter, et jeter le moins possible…

Réduire encore, car tout ce qui pourra aller dans le bateau devra tenir dans le coffre de la voiture… (D’ailleurs la voiture, il faudra penser à la mettre en vente…)

 

Mais de quoi semble-t-on se plaindre ? Nous l’avons choisi ! C’est vrai, et personne ne se plaint, au contraire… 

Cette étape a été une expérience très positive, nous permettant de relativiser notre démarche, par rapport à ce que seraient les mêmes actions dans un contexte d’obligation (pour des raisons graves de santé ou familiales, par exemple…).

Mais reconnaissons que c’est parfois difficile de ressentir ces montées d’émotions authentiques, devant tous ces objets que nous avons accumulés, et auxquels nous sommes attachés uniquement parce qu’ils portent et évoquent le souvenir de notre vécu. Dans ce travail, (parce que c’est un travail sur soi, oui !) nous apprenons à nous centrer sur l’Etre et non sur l’Avoir, nous apprenons à revenir pleinement au présent, laissant le passé uniquement dans nos mémoires.

C’est çà  faire le vide! Et pour faire le vide il nous a fallu réellement lâcher prise.

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Progressivement, nous avons eu le plaisir de sentir monter en nous un sentiment de légèreté, et avec lui la sensation d’être prêts à partir. « Faire le vide » a eu pour effet de créer un espace neuf, vide, et maintenant prêt à accueillir cet inconnu qui s’ouvre à nous…

 

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Avant de partir, nous avons eu l’agréable surprise de ressentir une adhésion, un soutien généreux et énormément de sympathie de la part de quelques-uns de nos voisins d’immeuble… Nous avons reçu profondément chacune de leurs attentions qui font chaud au cœur.

 

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Un grand merci à vous. 

 

 

 

 

Et moi Michel, ma conscience est totale ; c’est moi qui ai initié ce départ. Je le rêvais depuis l’adolescence. C’est une longue, très longue gestation, qui a connu d’ailleurs quelques hibernations…

La vie m’a fait rencontrer Syl. Elle m’a souvent entendu parler de ce rêve de voyage au cours de ces dernières années ; elle sait ce que signifie cette petite flamme au fond... Elle le sait tellement ! Elle en avait une semblable, qui l’a amenée sur les scènes de la région dix ans durant, sa guitare à la main, ses chansons dans le cœur, puis gravées en albums « Même Si », et « Battements de Syl »…

Pour Syl, il n’y a pas de doute, ce genre de petite flamme s’écoute ; alors « on va le faire ! » a-t-elle dit…

Même si elle n’attend rien en retour, le moment est venu de lui rendre hommage ; à son écoute, à son respect, à son énergie, à sa présence, à son accompagnement, à son envie de participer à la réalisation « d’un rêve de gosse », à son investissement, à la générosité de cette âme qui vibre à l’authentique, à ses choix et à tout le remue-ménage qui en ont suivi…

« Merci » est un mot bien trop petit, et ma reconnaissance est bien trop grande pour tenir sur un blog…

J’ai donc là un problème d’expression ! Et je compte bien trouver en route de quoi y remédier…

 

A l’heure de ces lignes nous prenons place sur le bateau, au mouillage ; tout est là autour de nous, tout ce dont nous avons besoin ; très peu de choses finalement, mais tout est là !

Durant l’hiver nous ferons quelques aménagements complémentaires jugés essentiels sur le bateau. J’aurai l’occasion d’y revenir.

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Dans le même temps, nous peaufinerons en parallèle, le nécessaire détachement en douceur de quelques points de dentelle sur les fibres sensibles de la tresse affective…

Et dans quelques mois, aux beaux jours après plusieurs sorties de prise en mains, d’essais, de réglages, lorsque nous serons prêts, nous lâcherons le bord de la piscine.

Nous laisserons Hendaye dans notre sillage, pour aller faire ce que nous appelons, non pas un tour du monde, mais plutôt « un tour dans le monde ».

Nous le partagerons ici tel que nous le vivrons…

Et si le cœur vous dit de nous suivre (où de nous rejoindre) nous vous disons : «  Bienvenue dans l’aventure de Ciao, et/ou Agur » puisque par chance, ces deux noms ont la même signification…

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Dimanche 27 Octobre 2013                                 Lundi 28 Octobre 2013

24 ° Soleil - vent faible Sud                                  19° Pluie – Vent F6 Ouest

Journée plage                                                       Journée blog !!!

 

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  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

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