Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 13:40

Voilà une jolie formule qui s’assortit bien avec une autre, que l’on voit fleurir sur presque toutes les lèvres qui cherchent à parler zen : le « lâcher prise »…

C’est à la mode, et en théorie c’est très simple.

En l’occurrence, pour nous il s’agit ici de lâcher ce à quoi l’on tient (ou l’on se tient), de vider l’espace que l’on a rempli depuis plus d’un demi-siècle, de se détacher des contingences matérielles superflues, de sélectionner le strict essentiel.

C’est en fait plus compliqué et plus profond qu’il n’y paraît…

------------

Au seuil du projet de « grand voyage » tel que nous le concevons (c'est-à-dire sans aucune limite de temps définie à l’avance), et avant de pouvoir « lâcher la fameuse prise », nous avons d’abord entrepris de la « débrancher ».

Lorsque nous avons pris la décision de partir nous avons commencé par vérifier que nous réunissions certaines conditions indispensables, (santé, moyens de subsistance, autonomie…) puis nous nous sommes rapidement confrontés à la nécessité de désamorcer nos propres jugements, et aussi de regarder nos doutes et nos peurs bien en face. Le travail c’est fait petit à petit. Puis nous avons trouvé le bateau…

Maintenant, concrétiser le départ sous-entend de se libérer réellement de tous les liens à terre, et ils sont si familiers qu’on ne les voit même plus.

Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle des « liens »… Ils attachent dans le meilleur des cas et parfois ils ligotent, ou ils entravent.

En matière de liens principaux, le maître est certainement « l’administratif » qui comprend la notion de domicile (et son fameux justificatif), la situation fiscale, la sécurité sociale, les assurances, le courrier…

Suivent de près les questions liées aux moyens matériels et financiers  et l’éventualité de conserver ou de rechercher une activité rémunératrice ; et comment la gérer ? Dans quel cadre ? Comment procéder avec les diverses cotisations de retraite et autres…

D’une importance non négligeable dans la tresse qui nous retient : les liens de cœur, liens de famille, sphères amicales, et autres douceurs que bien-sûr, nous n’aimerions pas rudoyer…

Nos questions ne trouvent pas toujours de réponses formelles. Le statut de « grand voyageur » n’est pas encore totalement entré dans les « mœurs » ; il surprend, il étonne, il inquiète, il fascine, il dérange, et c’est pourtant  tout naturellement qu’il existe…

Lorsqu’il s’agit de partir pour 3 mois ou pour un an, chacun envisage bien comment faire ; ce sont de très grandes vacances. C’est au-delà que les choses se compliquent.

Il faut nécessairement être créatif et trouver ses propres aménagements. Le vertige n’est pas loin, car nous manquons de références, d’informations claires, de témoignages. Il y a bien quelques récits sur les blogs, mais les globes-flotters restent assez discrets sur certains choix. C’est bien légitime, et nous devrons d’ailleurs faire de même. Certaines choses se disent, certains tuyaux s’échangent certainement, mais ne s’écrivent pas…

Petit coup d’œil autour de nous : quand on évoquait l’idée de partir en bateau, personne n’émettait quoi que ce soit de vraiment remarquable… En fait, nous avons constaté que jusque-là personne ne réalisait vraiment. Il a suffit que le bateau soit acquis, que l’appartement soit en vente pour que les questions deviennent plus précises, plus pertinentes aussi, et plus pressantes…

Les passions s’animent dans certains regards, les peurs et angoisses en voilent d’autres…

La préparation du départ est à elle seule une expérience de vie singulière !

Tout s’est subitement mis en mouvement depuis cet été. Nous prenons nous-mêmes la mesure de ce que nous venons d’initier.

Choisir de voyager au gré du vent, des découvertes et des rencontres, caresser les rivages enchanteurs, choisir de vivre sur un bateau, semble être un projet tout doux, mais c’est finalement très radical dès la première étape : il va falloir couper le cordon terrestre ! Le seul que nous connaissons, notre unique repère… Nous avons à peine quelques mois pour le faire.

 faire-le-vide 8909

Quitter le confort d’une résidence spacieuse et bien aménagée, s’affranchir de la sécurité des structures sociales, s’éloigner du cocon médical, s’exposer sur des investissements non conventionnels, réduire les possibilités de communication, appréhender un nouvel élément naturel pas toujours clément, et aussi accepter d’être nomade…

Bref ! Oublier la sacro-sainte sécurité de tout, et en tout, qui à bien y réfléchir, nous enrubanne jusqu’à nous momifier sans même que nous en soyons conscients.

Ce n’est pas une petite fantaisie, ce départ ; c’est une totale remise en question !

Et « cerise sur le bateau », il faut commencer par éliminer l’extraordinaire redondance de nos possessions matérielles, (pourtant il semble que nous fassions partie des gens qui ayons assez peu de biens mobiliers) pour ne partir qu’avec l’essentiel.

C’est notre actuel challenge. Faire le vide ! Voilà qui est concret.

 

Au début çà va vite à orchestrer ! Exit le grand écran télé, la sono, la bibliothèque, le canapé, les poufs, la table basse, l’armoire, le surplus de vaisselle, les deux ordinateurs fixes, la chambre… Tout çà, nous savons qu’en faire, les enfants en auront besoin. Plutôt facile !

Le mobilier de style, les œuvres  d’art classées, çà va encore plus vite ; il n’y en a pas.

Quoi d’autre ?

Vient alors « l’objet» qui a son Histoire avec un grand « H » (tiens je me souviens lorsque nous l’avons acheté… je l’ai depuis … J’ai fait ci… et çà avec…) par exemple : une simple paire de baskets rouges archi usées d’avoir foulé (il y a une quinzaine d’années) le sol de l’oncle Sam : un demi-drame…

Nous avons en définitive chacun nos objets avec des grands « H », selon nos sensibilités. Il faut aller doucement. Peser les « pour et les contre », les « avec et les sans ». Décider.

Puis vient l’heure des objets de déco (ah ! mais çà c’était un cadeau… Et là aussi).

Les rideaux confectionnés à la main… Ahhh !

Et le bureau (qu’on s’était dessiné et fabriqué)... Pffff...

faire-le-vide 9282 

Le meuble gris, recherché durant des mois, enfin acheté en version « bois brut », puis peint et patiné, et touche par touche personnalisé jusqu’à ce qu’il porte une signature unique d’un chez nous qui est bon à ressentir à chaque fois que nous rentrons. (Aïe… aïe… aïe… çà coince un peu).

faire-le-vide 4765 

Le dressing, les « fringues », les chaussures, et là-bas les superbes plantes vertes, (là c’est trop dur ; petites larmes chaudes… Mais dans quoi on s’embarque ? J’espère qu’on ne fait pas une connerie…)

Les cartons de souvenirs, les photos, les papiers, que dis-je ? Les-dizaines-de-kilos-de-papiers, les écritures amoncelées dans le passé restées comme des témoins des moments les plus durs, les plus doux, les plus significatifs… (Encore heureux ! Pour les moments normaux il n’y a pas d’écrit...)

Les archives « perso » pour lesquelles on avait dit : « çà je garde »…

Les outils, les peintures, les tissus, les morceaux de bois, les fournitures diverses que l’on entasse car « on ne sait jamais, çà peut servir »…

Bref, tout le monde a compris - et nous aussi : on ne peut rien emmener de tout cela !

 faire-le-vide 9135

faire-le-vide 9136faire-le-vide 9133

  

Alors on se motive : à quoi bon faire des conserves de son passé ?

Pourtant c’est le passé qui fait ce que nous sommes.  Oui, mais pas les possessions… Ah !

Et  je me souviens de ma formation de coaching : « La carte n’est pas le terrain ». Alors plusieurs fois nous nous répétons « La carte n’est pas le terrain » et nous poursuivons…

 

Confusion, questions, tris, organisation… Allers-retours à la benne de recyclage (pour les papiers).

Transporter, donner aux enfants qui construisent leur propre nid, comme nous l’avions fait dans d’autres temps ; leur confier parfois « LE » symbolique objet dont on ne pourra vraiment pas se séparer (mais pas trop, pour ne pas les encombrer)

Mettre des annonces, vendre quelques bricoles, déplacer, réunir, emballer, donner, faire en sorte que quelqu’un puisse en profiter, et jeter le moins possible…

Réduire encore, car tout ce qui pourra aller dans le bateau devra tenir dans le coffre de la voiture… (D’ailleurs la voiture, il faudra penser à la mettre en vente…)

 

Mais de quoi semble-t-on se plaindre ? Nous l’avons choisi ! C’est vrai, et personne ne se plaint, au contraire… 

Cette étape a été une expérience très positive, nous permettant de relativiser notre démarche, par rapport à ce que seraient les mêmes actions dans un contexte d’obligation (pour des raisons graves de santé ou familiales, par exemple…).

Mais reconnaissons que c’est parfois difficile de ressentir ces montées d’émotions authentiques, devant tous ces objets que nous avons accumulés, et auxquels nous sommes attachés uniquement parce qu’ils portent et évoquent le souvenir de notre vécu. Dans ce travail, (parce que c’est un travail sur soi, oui !) nous apprenons à nous centrer sur l’Etre et non sur l’Avoir, nous apprenons à revenir pleinement au présent, laissant le passé uniquement dans nos mémoires.

C’est çà  faire le vide! Et pour faire le vide il nous a fallu réellement lâcher prise.

 faire-le-vide 9284

Progressivement, nous avons eu le plaisir de sentir monter en nous un sentiment de légèreté, et avec lui la sensation d’être prêts à partir. « Faire le vide » a eu pour effet de créer un espace neuf, vide, et maintenant prêt à accueillir cet inconnu qui s’ouvre à nous…

 

 faire-le-vide 9285

 

Avant de partir, nous avons eu l’agréable surprise de ressentir une adhésion, un soutien généreux et énormément de sympathie de la part de quelques-uns de nos voisins d’immeuble… Nous avons reçu profondément chacune de leurs attentions qui font chaud au cœur.

 

 faire-le-vide 9188

faire-le-vide 9204faire-le-vide 9236

 

 

 

 

Un grand merci à vous. 

 

 

 

 

Et moi Michel, ma conscience est totale ; c’est moi qui ai initié ce départ. Je le rêvais depuis l’adolescence. C’est une longue, très longue gestation, qui a connu d’ailleurs quelques hibernations…

La vie m’a fait rencontrer Syl. Elle m’a souvent entendu parler de ce rêve de voyage au cours de ces dernières années ; elle sait ce que signifie cette petite flamme au fond... Elle le sait tellement ! Elle en avait une semblable, qui l’a amenée sur les scènes de la région dix ans durant, sa guitare à la main, ses chansons dans le cœur, puis gravées en albums « Même Si », et « Battements de Syl »…

Pour Syl, il n’y a pas de doute, ce genre de petite flamme s’écoute ; alors « on va le faire ! » a-t-elle dit…

Même si elle n’attend rien en retour, le moment est venu de lui rendre hommage ; à son écoute, à son respect, à son énergie, à sa présence, à son accompagnement, à son envie de participer à la réalisation « d’un rêve de gosse », à son investissement, à la générosité de cette âme qui vibre à l’authentique, à ses choix et à tout le remue-ménage qui en ont suivi…

« Merci » est un mot bien trop petit, et ma reconnaissance est bien trop grande pour tenir sur un blog…

J’ai donc là un problème d’expression ! Et je compte bien trouver en route de quoi y remédier…

 

A l’heure de ces lignes nous prenons place sur le bateau, au mouillage ; tout est là autour de nous, tout ce dont nous avons besoin ; très peu de choses finalement, mais tout est là !

Durant l’hiver nous ferons quelques aménagements complémentaires jugés essentiels sur le bateau. J’aurai l’occasion d’y revenir.

faire-le-vide 9137

faire-le-vide 9138

 

 

 

 

 

 

 

 

faire-le-vide 9142

Dans le même temps, nous peaufinerons en parallèle, le nécessaire détachement en douceur de quelques points de dentelle sur les fibres sensibles de la tresse affective…

Et dans quelques mois, aux beaux jours après plusieurs sorties de prise en mains, d’essais, de réglages, lorsque nous serons prêts, nous lâcherons le bord de la piscine.

Nous laisserons Hendaye dans notre sillage, pour aller faire ce que nous appelons, non pas un tour du monde, mais plutôt « un tour dans le monde ».

Nous le partagerons ici tel que nous le vivrons…

Et si le cœur vous dit de nous suivre (où de nous rejoindre) nous vous disons : «  Bienvenue dans l’aventure de Ciao, et/ou Agur » puisque par chance, ces deux noms ont la même signification…

----------

Dimanche 27 Octobre 2013                                 Lundi 28 Octobre 2013

24 ° Soleil - vent faible Sud                                  19° Pluie – Vent F6 Ouest

Journée plage                                                       Journée blog !!!

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

BREDA 29/10/2013 14:07


Merci  captain'Mimi de nous faire partager tout cela en mots !


et merci à toi de faire "voyager" par le coeur ma Syl que j'aime tant !


desbisous mes loulous 2 mer !

Feeling Du Blog

  • : le blog de Ciao...
  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
  • Contact

Profil De L'auteur

  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon... J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...

feeling du blog

A mi-chemin  

entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

à travers le monde,  

et l'homme qui se regarde avec un peu de recul, déplie son rêve, l'observe, et tente d'exprimer

sa propre découverte...

 

Recherche

Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

Liens