Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 16:45

Un peu plus d’un mois déjà que nous sommes à bord.

Jusque-là, bien que nos journées soient assez semblables, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Le « rythme » de vie est essentiellement dicté par le temps qu’il fait. Nous scrutons les prévisions météo chaque jour, et organisons nos travaux, nos courses, nos sorties en conséquence.

Pour être efficaces, nous avons réparti les choses à faire sur deux listes : « travaux intérieurs » et « travaux extérieurs ». Inutile de préciser que nous sommes régulièrement concentrés sur la liste réservée aux jours de mauvais temps car il pleut vraiment souvent sur Hendaye en cette saison. Nous avons aussi des listes d’articles à acheter suivant les magasins. Chaque descente à terre est ainsi pleinement rentabilisée (sauf lorsque nous égarons les fameuses listes).

En dehors des jours de pluie continue, nous scrutons le ciel à la recherche de la moindre trouée nuageuse qui pourrait permettre au soleil plus ou moins voilé de nous atteindre. Il n’est pas question de bronzer mais plutôt d’exposer au mieux nos trois panneaux solaires, espérant voir ainsi la magie de quelques ampères couler vers les batteries ;  c’est de la gestion de notre énergie électrique dont il est question. Le frigo, l’éclairage, les pompes à eau dégustent chaque jour leur cota, et nos 4 grosses batteries couplées essayent d’y faire face le plus longtemps possible, aidées au mieux par nos comportements économes en la matière.

Côté théorique, nous renouons de fait avec les problèmes arithmétiques d’antan ; on se souvient des robinets qui remplissaient les baignoires en même temps qu’elles se vidaient… En combien de temps seront-elles vides ? Casse-tête certes, mais qui avait au moins le mérite d’avoir une solution.

C’est à peu près pareil pour les batteries, sauf qu’en cours de calcul il semble que plus de la moitié des ampères se volatilisent on ne sait où, dans les batteries qui seraient proches de leur fin de vie. Les conclusions sont hasardeuses, puis convergent au fil des jours vers la décision que nous aurions eu envie de reporter très loin dans le temps. Il va falloir changer ces satanées batteries… Investissement imminent donc.

Côté pratique, suivant que l’éclaircie vient de tribord ou de bâbord, nous devons déplacer la bôme en conséquence, pour éviter quelle ne fasse de l’ombre aux  précieuses cellules photovoltaïques. Ca occupe et çà réchauffe ! D’autant que dans la baie il y a de nombreux courants qui font tourner le bateau sur lui-même plusieurs fois par demi-jour…

 

En dehors de ces préoccupations hautement stratégiques, les aménagements que nous avions prévus avancent bien, même si pratiquement chaque jour, nous devons faire face en parallèle à la sacro sainte règle de la vie en bateau : un jour = une panne. Une foule de petites interventions imprévues ici ou là, du genre : une entrée d’eau de pluie, une pompe qui ne marche plus, une porte de frigo qui se détraque, la condensation qui ruisselle dans les éclairages, etc…

Sachant que toute action prend énormément plus de temps qu’à terre :

-          par le manque de place pour agir, qui par voie de conséquence nécessite le rangement assez rapide de tout objet utilisé, 

-          par l’eau tout autour de nous ; nous sommes au mouillage au milieu de la baie, et coupés de la facilité d’aller spontanément chercher la petite pièce qui manque à la boutique du coin, le tube de colle spéciale, ou le seul outil qui n’est bizarrement pas à bord. Bien sûr il y a l’annexe, mais il faut la mettre à l’eau, la démarrer, et aimer avoir les fesses au frais…

-          par le fait que pour utiliser un outillage électrique (ou bien la machine à coudre), il y a une bonne demi-heure de préparation, qui consiste à sortir le groupe électrogène, les rallonges, les accessoires etc, mettre en marche, brancher, faire le petit boulot et repasser une demi-heure à tout remettre en place.

C’est ainsi que nous sommes régulièrement surpris par la tombée de la nuit, étonnés de constater qu’un jour de plus vient de s’échapper, ce qui me ramène tout logiquement à mon titre : « un mois déjà » !

Nous nous faisons souvent la réflexion que la vie sur le bateau ressemble à celle que vivaient nos ancêtres au fond des campagnes reculées, avec peu de confort, peu de facilités, et en compensation beaucoup d’ingéniosité. Curieusement nous ressentons une sensation de sérénité, en nous sentant moins dépendant du « système », en redevenant plus autonome donc.

Nous sommes en phase tous deux par rapport à ce sens de vie, certainement en référence à des souvenirs d’enfance bien ancrés, partagés avec nos grands parents respectifs. Heureusement dirais-je, car j’imagine assez mal ce que je pourrais lire dans le regard d’une compagne « pure citadine », au sortir du cabinet de toilette où il ne fait que 6 ou 8 degrés (on ne peut pas assurer le chauffage dans tout le bateau) et dans lequel l’eau semble sortir d’une machine à glaçons.

Alors c’est vrai que de temps en temps, nous nous offrons le luxe d’une vaisselle à l’eau chaude, et parfois même une escale dans la marina, où il nous semble que ce soit la fête : Electricité 220V, 19 degrés partout, douches chaudes, wifi à bord ; comme à la maison quoi !

Bon ; avec quelques dizaines de mètres carrés en moins quand-même !

Mais avec vue sur mer, ou sur l’aquarium géant selon que l’on mette le nez sur un hublot extérieur, ou ceux qui sont sous les coques…

-          Bon d’accord ! relativise Syl :

C’est vrai mais il y a aussi un groupe électrogène avec lequel on peut chauffer le cumulus et se prendre une bonne douche chaude, c’est aussi ce qui me fait apprécier ce bateau, et puis on n’est pas sensé vivre tous les hivers à Hendaye !!!

  Quelques images capturées ici et là :

Partager cet article

Repost0

commentaires

Feeling Du Blog

  • : le blog de Ciao...
  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
  • Contact

Profil De L'auteur

  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon... J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...

feeling du blog

A mi-chemin  

entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

à travers le monde,  

et l'homme qui se regarde avec un peu de recul, déplie son rêve, l'observe, et tente d'exprimer

sa propre découverte...

 

Recherche

Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

Liens