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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 13:15

L’île de Porto Santo, par son calme et sa sobriété naturelle, nous avait transportés sur le seuil d’une nouvelle ambiance. C’était là le début du voyage ; on nous l’avait dit, et c’était vrai. Le fait d’y passer deux mois en escale, a encore renforcé cette sensation. Nous n’étions vraiment pas pressés de quitter, mais la proximité du mois de Novembre et des perturbations météorologiques qui le caractérisent nous a incités à lever l’ancre sans plus attendre.

Le 27 Octobre, nous avons longuement observé ce petit bout de terre s’éloigner dans le sillage d’Agur  jusqu’à ce que l’horizon finisse de grignoter la cime des pics les plus hauts de l’île.

N’en déplaise au cousin Jules, fin régatier, nous avons choisi des « petites conditions » pour traverser ; c'est-à-dire un vent portant mais relativement faible ; pas envie d’être secoués après deux mois d’escale ! De jour, comme de nuit, la mer est restée belle, parfois arrondie d’une longue houle venue du Nord.

Ce fut une lente traversée cette fois, à 5 noeuds de moyenne souvent appuyée au moteur, mais confortable ; nous avons pu, en pleine mer, mener une vie tranquille à bord, entre lectures, siestes, et un coup d’œil sur la route pour esquiver les nombreux cargos ; au cours de la deuxième nuit, à l’approche de l’archipel canarien, il est arrivé que nous soyons entourés simultanément de cinq bâtiments, cargos, pétroliers et même paquebots,  dont les directions sont parfois restées énigmatiques pendant de longues minutes... C’est une activité qui, naturellement, tient éveillé.

En cette saison, les nuits sont plus longues, et entre 19 h et 7 heures le matin, nous avons organisés nos quarts de veille en créneaux de 3 heures et demies environ de manière à respecter un petit temps pour s’endormir, et bénéficier consécutivement de deux cycles de sommeil d’une heure et demie. 

Cet aménagement que nous n’avions pas encore testé nous a radicalement changé la vie ; il va sans dire qu’il est adopté. La récupération a été bien meilleure et les quarts de veille plus faciles à tenir.

Une cinquantaine et quelques heures plus tard, à l’approche des premiers îlots, au Nord de Lanzarote, notre ligne de pêche s’est égayée à l’initiative d’une jolie bonite de plus de 2 kg, première prise depuis notre départ. Elle a fourni trois excellents repas, d’autant meilleurs qu’il semblerait que là où nous l’avons prise, c’était une réserve de pêche ; nous l’ignorions bien sûr... (et la marmotte…)

 La-Graciosa.jpg

La Graciosa, au premier coup d’œil n’est pas spécialement renversante, mais la belle sait cacher ses charmes pour mieux les révéler ensuite, c’est peut-être ce qui lui a fait mériter son nom ; allez savoir…

Nous avons jeté l’ancre parmi une quinzaine d’autres bateaux, devant la plage sud de l’île, la playa Francesca, bien à l’abri des vents de Nord et Nord Est qui sont actuellement établis.

 

Plage Graciosa

 Playa Francesca – en face, les falaises de Lanzarote.

 

Ici il faut débarquer en annexe directement sur la plage ; il n’y a pas de ponton ; en fait il n’y a rien. C’est un paysage presque lunaire qui environne cette plage, et la sensation d’isolement, au cœur de cette nature sauvage est totale.

 Amarilla-Graciosa.jpg

Montaña Amarilla – (173 m)

Quelques cônes volcaniques dominent l’île à quelques centaines de mètres d’altitude. Ici des coulées de lave, là des scories de roches expulsées jadis des cratères ; du sable, beaucoup de sable, des dunes, quelques boules de buissons desséchés ; un décor de cinéma sculpté par le vent.

C’est une beauté naturelle caractérisée non pas par l’extravagance ou le sensationnel, mais par la pureté et le dénuement, le tout enveloppé d’un silence absolu.

Aguras-Graciosa.jpg Montaña del Mojon – Agujas – (266 m)

 

Il n’y a pas de route sur l’île, juste quelques pistes pour les rares véhicules tous-terrains des résidents.

Pour rejoindre Caleta del Sebo, seul lieu habité, il faut marcher trois quarts d’heure, en bord de plage pour commencer, puis progresser sans repère au milieu des dunes, avant de voir pointer quelques blocs cubiques blancs qui sont les premières maisons du village.  dunes-graciosa.jpg

 

Nous ne sommes pas spécialement ermites dans l’âme, mais que cette sensation de « seul au monde », a été bonne à ressentir !

Pour qui sait encore s’émerveiller d’une nature intacte et dépouillée, ce petit bout d’île est un baume qui nettoie, purifie, ressource l’âme des occidentaux que nous sommes encore un peu ; de moins en moins quand-même…

 

Le village, aux allures marocaines frappantes, révèle lui aussi un charme inattendu.

Malgré son apparent dénuement, quelques commerces, épicerie, pharmacie, boulangerie, permettent d’y trouver le nécessaire. A la terrasse du cybercafé, nous y rencontrons d’autres navigateurs, (souvent des français) les plaisanteries fusent, les échanges sont spontanés et agréables…

A chaque table un ordinateur portable ou une tablette sont en action pour la météo ou la communication avec les proches…  Au calme oui, mais pas isolés !

Face au tout petit  port, actuellement complet, quelques restaurants accueillent la poignée de touristes qui viennent en ferry depuis Lanzarote.

Quelques maisons à usage locatif, quelques résidences secondaires, une zone de camping libre, bref de quoi donner envie de se poser quelques jours… Avis aux amateurs…

 Nous avons même aperçu une discothèque !

 

caleta-del-Sebo.jpg Pas de passage piétons ! Mais pas la peine, non plus, de regarder en traversant…

 Caleta-del-sebo-Graciosa.JPG

Une des rues pistes principales du village.

 

La Graciosa nous a donc rapidement séduits ; il est probable que nous y attardions un peu, ne serait-ce que pour faire le tour de l’île, voir les cônes volcaniques de plus près, nous griser d’espace, de vent, de calme,  avant de découvrir Lanzarote toute proche et plus touristique puis Fuerteventura.

Nous sommes du côté Est de l’archipel, ces îles ont comme point commun leur caractère semi désertique ; les terres africaines sont en effet très proches.

En ce début Novembre c’est encore l’été, le thermomètre est coincé entre 23 degrés la nuit et 27 le jour. L’océan attend avec impatience notre premier bain canarien !

Que dire de plus ?

A un prochain album photo …

 

 

 

 

 

 

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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