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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 19:51

La « rentrée » à Porto Santo –

Nous nous félicitons tous les jours d’avoir profité des alizés portugais, ce flux énergique, qui nous a promptement fait traverser, fin Août, en un peu moins de 72 heures.

Très peu de temps après notre arrivée, un système météorologique précoce et particulièrement stable (dépression centrée sur les Açores), a généré, à la surprise générale, des vents contraires durant plusieurs semaines sur ce parcours, clouant ainsi sur le continent les voiliers à destination du sud.

Il y a donc eu très peu d’arrivées pendant cette période, et ceux qui tentaient l’expérience, accostaient exténués, comme l’équipage de ce gros catamaran qui a mis 5 jours, essentiellement au moteur, pour venir de Gibraltar ou encore comme cette famille en monocoque avec 3 jeunes enfants qui a lutté 8 jours, au près serré, depuis la côte sud du Portugal. Dans la troisième semaine de Septembre, le barrage météorologique, jugeant la blague suffisante, a rouvert ses vannes, libérant d’une manière automatique et prévisible, des chapelets de voiliers que l’on voyait pointer un à un, sur l’horizon, chaque jour. Tous les matins, le jeu consistait à compter les nouvelles arrivées nocturnes, et telles des commères de quartier, nous commentions pendant le petit déjeuner, les farandoles de linge mis à sécher ou les levers très tardifs de ceux qui avaient navigué une grande partie de la nuit…

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Nous sommes passés de 2 bateaux au mouillage, à une quinzaine…

 

Tous ces voyageurs s’arrêtent quelques jours, rarement plus d’une semaine, et enclenchent assez rapidement leur descente vers les Canaries et le Cap vert, archipels qu’ils visiteront avant la traversée atlantique calée idéalement entre décembre et Janvier.

N’ayant pas le projet de traverser cette année, nous serions bien placés, s’il y avait un concours, pour gagner le record de la plus longue escale 2014 à Porto Santo…

Nous profitons  largement de l’endroit, laissant la part belle aux bains de soleil et d’eau de mer, et ce, depuis le début de notre séjour, ressentant clairement que Porto Santo marque un nouveau tempo et que doucement l’esprit du voyage s’installe.

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Oh ! Un imposant voisin !

 

Fin Août, dès le pied mis à terre, j’avais envie de parcourir, et pourquoi pas de courir de long en large et d’explorer chaque mètre carré de ce territoire rocheux qui ressemble à une grande maquette. Curieuse sensation qui m’habitait à l’arrivée, comme si rien ne devait m’échapper… Peut-être l’excitation de la première escale un peu plus exotique que les autres ?

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2,5 km nous séparent du village de Vila Baleira ; à pieds ou en vélo, nous les avons arpentés de nombreuses fois pour nos ravitaillements, et le soleil nous a vite fait comprendre qu’entre 11 heures et 17 heures il était préférable de rester au frais, à moins de suer sang et eau et de se griller l’échine ; il n’en fallait pas davantage pour calmer mes ardeurs face aux perspectives effrénées sur les sentiers caillouteux du massif.

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Début Septembre, sous nos yeux amusés, les rues du village de Vila Baleira se sont subitement vidées des flots de visiteurs estivaux ; les terrasses des petits  restaurants, elles aussi surprises par la date, ont gardé leurs parasols ouverts au dessus des tables sans convives.

De son côté, le ferry qui effectue machinalement ses rotations quotidiennes entre Madère et ici, et dont les ponts étaient garnis d’une frange multicolore ininterrompue de passagers, s’est mis  à naviguer quasiment à vide, longeant la plage de l’île, elle aussi devenue déserte…

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Eh oui, à Porto Santo comme ailleurs, la « rentrée » a sonné le rappel.

Et ce rappel a sonné fort, car même ici sur le bateau, où nous aurions pu nous imaginer à l’abri de toute tentative de récupération de la part du continent et de ses tentacules aliénantes, l’un de nous deux a été pris au lasso de la société...

C’est Syl qui a fait les frais de cette capture à la volée ! Et il y a trois semaines, notre voyage s’est mis en apnée dès la réception d’un texto :

 « Sylvie au secours ! Contrôle Urssaf».

Eh oui, on le sait, Sylvie est secrétaire comptable, à ce titre elle gère à distance, par internet, les salaires de 8 personnes, toute la comptabilité et le secrétariat d’une association. Pour un contrôle Urssaf, pas de mystère, elle devra nécessairement être présente ; ce sera début Octobre. Aïe !

 

Nous avons appris par la suite que cet avis de contrôle avait été émis par l’administration début juillet (avant notre départ de Hendaye). Par le hasard d’un courrier égaré qui a dû être renvoyé, et qui est resté (pour la deuxième fois) lettre morte durant les vacances de la personne désignée pour le réceptionner, nous avons eu le temps nécessaire pour arriver paisiblement jusqu’ ici sans nous douter de quoi que ce soit…

Réveil brusque ensuite, certes, mais au moins notre cheminement  est ainsi resté préservé de toute tracasserie parasite. Et je peux confier ici, sans trahir un secret, qu’en matière de tracasserie et de stress, le second du bord est passé en première ligne !

Singulières circonstances de la vie, tout de même, car nous analysons à présent qu’il y a de fortes chance que le cours du voyage ait été modifié si nous avions eu plus tôt la connaissance de cet épisode à gérer.

D’ailleurs serions-nous partis de Hendaye ?

Ou serions-nous partis et restés sur le continent, au sud Portugal, pour gérer plus facilement le retour de Syl ?

 

Quoi qu’il en soit, il va sans dire, que ce sujet bien terre à terre nous a occupé tout l’espace dès qu’il a été connu ; le carré du bateau s’est trouvé envahi de papiers administratifs en préparation de cette journée que tout comptable a (curieusement) une tendance naturelle à redouter, ou en tous cas à bien préparer.

Les descentes à terre pour de longues connexions internet ne se comptent plus ; il a aussi fallu réserver les vols pour la France, le ferry pour rejoindre Funchal et son aéroport, bref, s’organiser en fonction de cet évènement surprise qui a totalement ravi la vedette à Porto Santo, malgré la quiétude qu’inspirerait cette île perdue au milieu du bleu atlantique. 

 

Bon, même si notre ambiance s’en est trouvée perturbée, avouons que la frustration par rapport aux lieux est modérée car il y a malgré tout assez peu choses à faire, à voir, ou à visiter à Porto Santo.

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Au passage, signalons que nous trouvons l’organisation touristique portugaise particulièrement adroite,  avec ses documents publicitaires aux photos alléchantes, et sa promotion aveuglante d’excursions en autobus, en bateau, en taxis,  en location de voiture et scooters pour motiver coûte que coûte des visites sur l’île et alimenter la seule ressource qui semble faire vivre les 5500 habitants.

On ne peut pas réellement en être choqué…

D’ailleurs on sent que la vie, elle-même, a longuement hésité et peiné pour s’installer ici.

La végétation est quasi absente, et pour le peu qu’elle ait pu se hasarder aux rares endroits où la roche s’efface, une malheureuse introduction, vers le XV e siècle, de rongeurs aux grandes oreilles, (cousins du lièvre), a eu raison de cet effort végétal sur le minéral… Les tentatives ultérieures de reboisement sont restées sans réel résultat. Sur la majorité du massif la roche est à nu, avec quelques tâches verdâtres qui se révèlent le plus souvent être des cactus.

L’eau est rare, les sources sont insuffisantes pour pourvoir la population ; l’eau courante est produite par désalinisation de l’eau de mer.

Du côté humain, l’histoire relate de multiples raids de pirates de diverses origines, trouvant ici un débarcadère facile, offert  par la longue plage de la côte Sud, saccageant tout lors de leurs incursions barbares, obligeant les habitants à se terrer dans le relief, et faisant en sorte qu’ils n’aient d’autre choix que de tout rebâtir après leur départ…

Cette île aux peuplades téméraires semble donc avoir rebouclé plusieurs fois sur la construction des bases mêmes de la survie, et se trouve aujourd’hui peut-être encore un peu « à la traîne » cherchant encore comment elle pourrait mieux sourire à cette ultime ressource, moderne mais fugace, qu’est le tourisme.

 

En cette fin Septembre, le temps reste superbe et le soleil est devenu un peu plus doux ; profitant d’une rare journée de repos que s’est accordée Syl, nous avons pu entreprendre une randonnée jusqu’au sommet du pic Castello (487 m), qui offre une vue dominante sur toute l’île. Bien que l’aridité générale soit criante ; le pic Castello est l’un des rares massifs à être un peu plus vert ; il présente une ballade aménagée très agréable sous les pins, et après avoir traversé les plaines desséchées, il vaut réellement l’effort de grimpe qu’il demande.

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Bref, une belle journée qui oxygène muscles et méninges, et qui ravit rétines et objectifs photos.

  

L’île de Madère que nous apercevons à une quarantaine de kilomètres vers le Sud, est, on le sait, plus attrayante par sa végétation abondante, le terrain de ballades et randonnées qu’elle présente, ainsi que pour ses centres d’intérêts urbains.

Nous aurions déjà pu rejoindre Madère, et nous y attarder. Nous ne sommes qu’à cinq heures de navigation environ, et le vent est pratiquement toujours favorable pour y aller. C’était là notre plan initial, et nous comptions bien d’ailleurs, prolonger notre stationnement sur l’île principale, jusque vers le mois de Mai prochain…

Sur ce point, ce n’est pas le surcroît de travail de Syl qui a motivé la remise en question ; c’est simplement que Madère laisse très peu de choix en matière de port et de mouillage.

La seule marina où il est pratiquement envisageable de stationner sur un long terme est placée à l’extrémité Est de l’île. Non seulement son implantation oblige à deux heures de transport en commun pour rejoindre Funchal et les divers centre d’intérêts, mais nous avons eu confirmation que le coût d’une place pour notre bateau est près de 3 fois plus élevé là-bas qu’ici à Porto Santo.

Circonstance aggravante, il n’y a pratiquement pas de mouillage possible sur l’île qui permettent de séjourner lors des mois d’hiver. L’entrée en l’unique marina devient donc incontournable ce qui ne correspond ni à notre conception du voyage, ni au budget disponible.

 

L’escale à Porto Santo, nous a donné l’occasion de communiquer fréquemment avec d’autres équipages, et nous constatons que même à la belle saison comme à présent, nombre de voyageurs en bateau (toujours à la recherche du meilleur plan possible), trouvent un avantage à laisser le voilier en escale à Porto Santo, à prendre le ferry vers Madère, y trouver un hébergement en gîte pour quelques nuits et revenir relativement satisfaits d’une courte escapade qu’ils jugent suffisante sur l’île principale.

Nous avons fait nos calculs, et sans surprise, les résultats amènent à une conclusion identique ; nous projetons donc d’adopter cette stratégie.

Quelques jours sur Madère au lieu de quelque mois ! Dommage, tant pis… Nous ne savons pas trop comment clôturer cette réflexion sur cette île dont nous avions longuement parlé et où nous avions fait nombre de projections.

Disons donc qu’il semblerait que le cours logique du voyage nous emmène plutôt ailleurs…

 

En conséquence, nous tournons à présent nos regards plus au Sud, vers les îles Canaries.

L’archipel comprenant 7 îles, présente un littoral naturellement plus diversifié et offre apparemment davantage de possibilités de mouillages et de stationnements en abris protégés. Nous espérons y trouver les conditions que nous recherchons, et l’équation n’est pas facile, car elle se partage entre :

-          sécurité face aux intempéries hivernales,

-          intérêt des lieux,

-          proximité des réseaux internet pour Syl,

-          et coûts cohérents…  

 

Nous nous souhaitons bonne chance !

 

Nous n’en sommes pas encore tout à fait là ; pour l’heure, Syl boucle ses dossiers et ses bagages, (non sans quelques soupirs appuyés) et s’apprête à passer une semaine laborieuse dans la fraîcheur automnale du Sud-Ouest.

Je ne l’accompagnerai qu’en pensée, restant à bord de Agur je profiterai de son absence pour préparer nos prochaines destinations, glaner toute information utile, de telle sorte qu’avant la fin du mois d’Octobre, et dès lors qu’elle sera rentrée de son voyage « d’affaires » en France, nous puissions prendre alors la direction des Canaries… 

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commentaires

patrick lochner 01/10/2014 13:55


Bonjour à vous deux,


Pour Madère, essayez d'aller à Calleta, à la marina, et de trouver une place à l'extérieur du dernier catway...pas de supplément cata, du coup!


Quinta de Lorde....bof, effectivement!Bonne continuation...et RDV quelquepart aux Canaries, qui sait?

Michel 06/10/2014 20:51



Bonjour, et merci pour l'info. Mais je pense que l'on va se contenter d'une courte visite à Madère et descendre sur les Canaries qui laisseront, à priori, davantage de choix. Merci et peut-être à
bientôt ...



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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

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