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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 22:26

Du point de vue de la météo, les côtes Sud tiennent leurs promesses ; quelques degrés en plus, un peu plus de soleil (quoique pas tous les jours), et moins de vent ! Mais de là à dire que les lieux sont agréables…

 Gran Canaria sud

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Hotels-immeubles ou immeubles-hôtels ;  et entre ces lieux « sur-bétonnés » : pas grand-chose !

 

En dehors du site naturel de Maspalomas, coqueluche des documents touristiques, constitué il est vrai, de jolies dunes évoquant un coin de désert africain, le reste n’est que roches grises, éboulis et galets.

Bref, normalement il n’y aurait pas de quoi provoquer une déferlante d’admirateurs ; et pourtant ils y sont venus, ils y viennent par avions complets, et il y a fort à croire qu’ils y viendront encore longtemps…

 

Ils sont allemands en grande majorité, d’autres débarquent de Scandinavie, ou du Royaume Uni. Actuellement, durant les mois d’hiver les hôtels affichent leur fréquentation maximale.

Ce beau monde s’ébat sur les terrasses des palaces, rares endroits où l’herbe (parfois synthétique) est verte, et où s’élèvent de fiers bouquets de palmiers ornant les lagons bleus des piscines. C’est en effet assez joli, luxueux même, mais c’est totalement artificiel. Jusqu’à avoir créé de toutes pièces des plages de sable blanc sur lesquelles stationnent des bataillons de parasols et de transats alignés à la perfection , prêts à accueillir l’offensive des fesses pâles.

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Au pied des hôtels, il ne manque rien : boutiques de gadgets tous azimuts, restaurants,  salles de fitness, spa, soins esthétiques, coiffeurs, bijouteries, parfumeries, supermarchés, activités nautiques variées et organisées… Et quelques centaines de mètres plus loin, face à une autre zone hôtelière, on prend les mêmes et on recommence.

Systématiquement, avant toute salutation dans leur langue maternelle, les  commerçants qui semblent immédiatement nous avoir identifiés comme des « proies »,  (ou des poires ?) s’adressent à nous en allemand, puis en deuxième tentative en anglais. Ils paraissent particulièrement étonnés lorsque nous demandons des explications en espagnol, et très souvent ils nous répondent en anglais, cachant assez mal leur empressement à nous vendre quelque chose… Nous faisons évidemment rarement affaire dans ce cas, mais peu importe, il y a tant de gibier à plumer ici qu’ils passent à d’autres tourtereaux.

En vitrine des magasins, restaurants ou points d’information, les affichages sont en allemand.

La musique diffusée sur les terrasses est allemande parfois anglaise, la bière est de marque « Bavaria », les écrans sont calés sur les chaines allemandes.

Nous n’avons rien contre le peuple germanique, mais nous trouvons surréaliste, qu’ici, les Canaries ne soient plus tout à fait espagnoles ; serions-nous passés outre Rhin au milieu de l’atlantique ! Un monde parallèle ?

Soyons sérieux, hormis quelques degrés, et la sécheresse, nous cherchons encore à comprendre quel est le dépaysement pour ces touristes qui quittent leur pays pour retrouver quelques milliers de kilomètres plus loin quasiment les mêmes repères que chez eux.

 

Déçus et perplexes, nous avons de manière générale des difficultés à comprendre où se trouve l’intérêt touristique de ce littoral ; nous en déduisons que les canariens ont vendu « le soleil » à ceux qui en sont le plus privés, et ils y ont ajouté tout la panoplie « touristique » qui l’accompagne.

Ils semblent bien avoir vendu en même temps une bonne partie de leur âme, mais en ont-ils seulement pris conscience ?

 

Même avec de la bonne volonté, il est inutile de chercher une quelconque profondeur ici, tout n’est que superficie, vernis de faux exotisme, qui est de surcroît, posé sur un support qui laisse sérieusement à désirer…

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En dehors des grandes structures touristiques aux vitrines impeccables et luxueuses, les aménagements urbains sont souvent brouillons, inachevés, parfois sales, malodorants.  Les villages de pêcheurs, sont devenus des petites villes, mal structurées, mal agencées, manifestement dépassées par cet accroissement massif et rapide de la fréquentation et de la population.

 

Encore un peu plus loin, au hasard d’une ballade dans les écarts d’un village de pêcheurs qui a perdu son identité, un camping aux allures de bidonville abritant sommairement les échoués du système, achève de nous soulever le cœur.  Une révolte intérieure dépitée monte vis-à-vis de cette société consumériste de laquelle nous sommes issus, mais dont nous en observons ici une sorte de caricature, ou tout simplement l’illustration de sa dérive.

 

Peut-être avons-nous eu tort, mais nous avons remis à plus tard la visite de l’intérieur de l’île, le massif étant à cette période de l’année engorgé de nuages, et nous sommes du même coup restés sur cette « plutôt mauvaise » impression de Gran Canaria. Il est vraisemblable que la quiétude des villages montagnards aurait pu nous apaiser un peu. Nous gardons en mémoire cette ouverture ; nous repasserons peut-être.

 2015-02 9975 WEBPuerto Mogan, le lieu réputé le plus charmant de la côte sud de Gran Canaria,

 

Nous avons profité d’un jour de calme plat pour remonter vers la capitale, Las Palmas, n’ayant pas ainsi à affronter le vent violent du Nord caractérisé par les accélérations, véritables courants d’air entre les îles, puis nous avons enchaîné par la traversée vers le nord de  l’île de Ténérife, un peu plus à l’ouest.

Navigation d’une journée, récompensée par un mouillage spectaculaire dans la baie d’Antequera, et descente rapide le lendemain au vent arrière le long de la côte Est de l’île, ont plus ou moins effacé de nos mémoires les ressentis négatifs accumulés précédemment.

DSC00387 WEBBaie d’Antequera

 

Ténérife

Au premier coup d’œil en longeant les côtes, l’île de Ténérife nous semble plus jolie, mieux urbanisée, même si elle est tout autant touristique que la précédente. Elle parait plus attirante.

Mais à ce stade, nous ignorions encore l’accueil qui nous serait réservé en qualité de « nomades des mers ».

Depuis le début du voyage, c’est la première fois qu’en tant que « voyageurs » nous avons la sensation d’être rejetés, repoussés, évités, sauf à entrer pleinement dans le système « plaisance » des marinas aux prix gonflés.

Nous avons posé pied à Las Galletas, petite baie au sud de Ténérife où selon nos informations nous pensions jeter l’ancre pour quelques jours. Le mouillage n’existe plus,  une marina a pris sa place... Contre mauvaise fortune bon cœur, nous y accostons avec l’idée de rester quelques jours si les conditions sont correctes.

Elles ne le sont pas.

Le coût d’une place est le triple de celui réclamé à Las Palmas, les aménagements sont basiques, l’amarrage sur pendilles est peu pratique ; nous quittons donc Las Galettas après deux nuits, ayant fait les pleins d’eau et la lessive, frustrés de n’avoir pas eu le temps de profiter de cette première escale sur Ténérife.

Nous constatons au passage qu’il serait encore possible, pour une courte période, de jeter l’ancre à l’extérieur de la marina, devant l’entrée. Mais c’est un environnement houleux et rocheux, qui ne nous séduit pas, et de toute façon, mouiller à cet endroit ne permet pas de débarquer, car renseignements pris, l’annexe ne peut pas être laissée dans la marina.

Ici la règle est simple : soit on paye sa place au prix fort, soit on passe son chemin…

 

En quittant Las Galettas, nous ne savons pas trop où aller, car l’île de Tenerife se révèle bien pauvre en possibilités de mouillages et nous devons obligatoirement rester sur le côté sud de l’île pour nous abriter des vents forts de Nord-Est attendus les jours suivants.

Nous errons devant la ville de Los Cristianos. Le port est complet, réservé aux locaux, et il est interdit là aussi d’y débarquer en annexe sous peine d’amende. Nous jetons l’ancre au pied d’une falaise à l’extrémité EST de la ville ; nous nous trouvons néanmoins un peu loin pour aller débarquer à la plage…

Le lendemain, nous déplaçons le catamaran et nous mouillons devant la plage à bonne distance, respectant la signalisation des bouées ; la Guardia Civil nous en déloge aussitôt, et nous prie de repartir d’où nous venions, au pied de la falaise, où il semble que cela ne puisse déranger personne, puisqu’il n’y a personne ! Les goélands quand à eux, nous font bonne figure, et une tortue qui nage par là ne s’offusque pas de notre présence ; sur ces encouragements nous essayons de nous convaincre de rester avec eux.

Nous ressentons assez clairement que nous ne correspondons pas au type de clientèle attendu sur ce littoral. Nous partageons notre amertume avec l’équipage d’un autre catamaran de voyage, posé au même endroit que nous, pour les mêmes raisons. Nous partageons aussi quelques apéros, et diverses informations sur les autres îles à découvrir.

Face à l’hostilité de ces terriens farouches, la sensation communautaire des voyageurs au long cours se renforce, et donne envie de poursuivre la route dès que possible.

 

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Agur, l'un des deux catas à gauche (celui qui n'a pas de voile)

 

Depuis maintenant 10 jours nous caressons du regard la douce falaise qui nous abrite totalement des vents violents du Nord Est, mais qui se révèle impuissante contre le retour de houle qui nous agite copieusement nuit et jour.

Agur s’incline, bondit, sursaute, balance, oscille, pendant que nous nous déplaçons agrippés aux mains courantes, et qu’aux heures de cuisine nous rusons pour maintenir les récipients dans une position où les liquides ont le plus de chance de rester à l’intérieur…

Pas si simple la vie en mer…

 DSC00390 WEBLe calme est  revenu, et nous nous préparons à rejoindre l’île de La Goméra.

 

 

*** MENTION SPECIALE pour nos jeunes qui ont déjà réservé leurs vols et qui débarqueront à Gran Canaria en Juin prochain :

Ne perdez pas votre sourire à la lecture de cet article !

Si nous avons bien compris vos motivations, vous vouliez faire de la voile et naviguer…

Alors c’est parfait ; notre plan prévoit de passer un minimum de temps sur ces côtes surchargées, et de vous emmener batifoler ailleurs, sur d’autres petites plages naturelles qui existent bien sûr aussi, mais qui se méritent par quelques heures de navigation dans l’alizé impétueux…

A bientôt sur d’autres rivages !

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commentaires

Crespo Martine 01/03/2015 18:24


Bonjour à vous deux, Toujours autant de plaisir à vous lire, je sens le printemps arriver...


A bientôt 


Martine et Jean Loup

Michel 06/03/2015 20:41



Merci Martine.


Plein de pensées vers vous, et quelques rayons de soleil en plus... Les conditions quasi estivales sont déjà revenues ici, aux Canaries. C'est l'ensoleillement qui le montre car l'apparence de
la nature varie peu selon les saisons. Et d'ailleurs le climat ne se prêterait pas du tout à l'une de tes passions (le jardinage) ; tout est sec, aride, désolé, rocheux. Seules les cultures
massives sous serre, semblent vraiment productives...


Prenez soin de vous.


 



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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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