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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 12:06

Syl – le retour !

Un mois plus tard, et 4000 kilomètres aériens plus loin, cet article répond au précédent, et vient solder l’épisode « Retour-en-France-pour-raison-de-contrôle-Urssaf » avec,

dans le rôle principal :  Syl,

Clé de voûte administrative et comptable de l’association qui l‘emploie - justement - pour qu’il n’y ait pas de problème avec la dite Administration, ni avec la comptabilité d’ailleurs…

En pleine nuit du 12 au 13 Octobre, vers 3 heures du matin, j’attendais sur le trottoir de l’Avenida de la mar à Funchal l’arrivée de l’aérobus, qui, comme son nom l’indique vient de l’aéroport, et accessoirement ramène à la « vraie vie » les comptables en fin de mission spéciale.

Interrompu dans un premier sommeil, et bien qu’ayant marché dix minutes depuis la chambre d’hôtel réservée pour l’occasion, je flottais encore entre deux songes, avec l’impression d’attendre le retour d’un vaisseau spatial en provenance d’un autre monde, lorsque l’aérobus s’est stationné, sans surprise, à quelques mètres de moi, m’obligeant alors à me réveiller tout à fait.

C’est comme dans un film tourné au ralenti, à peine la porte du bus escamotée dans son « pshiiittt » caractéristique, qu’est apparue Syl, aérienne, souriante, radieuse, éblouissante même…

Une Syl, à la fois encombrée de ses bagages (pourtant allégés de quelques gros dossiers), et surtout (beaucoup plus visiblement) débarrassée de certains poids, enclumes et menhirs psychologiques.

J’ignore réellement s’il y avait d’autres passagers dans le bus, en tous cas ce qui est certain, c’est qu’à la descente, je n’ai vu qu’elle, c’est dire si l’image prenait de la place !

Pour comprendre ma surprise (bonne surprise !) il faut préciser que nous avions très peu communiqué pendant son séjour en France ; juste quelques échanges de textos, synthétiques et suffisants pour que nous nous sentions malgré tout bien en phase. Et comme nous savons tous que certaines subtilités ne peuvent se transmettre en quelques mots, j’étais resté sur son image de départ…

 Au final, un fabuleux décalage énergétique était palpable entre nous, et s’il avait pu être canalisé, il aurait certainement été de nature à pouvoir éclairer un stade de foot pendant toute la durée d’un match, prolongations incluses. A bien y réfléchir c’est certainement ce qui m’a ébloui à son arrivée.

-          De son côté, je décryptais une surprenante dynamique que je mettais au crédit de son vécu extrêmement riche  des dix jours écoulés, un peps effervescent probablement dopé par l’accueil des copines, un cœur gonflé par quelques heures chaleureuses passées avec ses enfants, ou je ne sais quel pétillant provoqué par le rappel de la vie urbaine dans les rues grouillantes de Bordeaux… A moins que ce ne soit cette belle assurance (même si elle le dirait avec beaucoup plus de modestie) posée sur une satisfaction légitime d’avoir rempli son rôle professionnel à l’excellence…

 

-          Par chez moi, saurais-je avouer une toute simple sérénité du genre monastique, après un vécu solitaire certes, mais ressourcé au maximum par cet isolement particulier, juste peuplé de bruits de vagues, uniquement habité de sensations d’accord parfait avec la nature, générant inévitablement un calme, proportionnel à ce rythme arrêté propre à une très longue journée qui en aurait duré dix.

 

Un certain nombre d’heures a donc nécessairement été investi entre nous pour niveler, par les récits détaillés et argumentés, cet immense escalier qui, loin de nous séparer, nous faisait apprécier réciproquement la force de nos différences et l’écart colossal de ces deux modes de vie que nous venons pour la première fois de mettre directement en parallèle.

J’ai appris alors que toute cette énergie n’avait été accumulée que sur les dernières 24 heures, c'est-à-dire à l’issue de l’ultime épreuve du contrôle, libérant automatiquement toutes les soupapes sur-pressurisées depuis quelques semaines, et à la limite de la rupture dans les jours (et les nuits) précédant l’évènement…

Heureusement pour moi, Syl manquait de sommeil, et le voyage de retour avec escale de plusieurs heures à Lisbonne l’avait fatiguée (elle se sentait rincée à l’arrivée, disait-elle) ; je réalisais alors être passé assez près de l’électrocution immédiate sur le trottoir en face du fameux aérobus, si par hasard elle avait été en forme…

 De la même manière qu’une première adaptation sur quelques jours avait été nécessaire à Syl lors de son arrivée sur le sol français, un second sas de décompression s’est imposé à son retour et aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre.

 

Avec le recul, nous avons conscience que ce sont bien de deux mondes distincts dont il s’agit.

Au cours de notre préparation du bateau, et sur le début de ce voyage, nous avons muté doucement de l’un à l’autre mode de vie, et nous en avions perdu la mesure de l’écart qui les sépare…

 

Retenons donc pour l’essentiel que le contrôle Urssaf s’est bien passé, et qu’en dehors de deux petites remarques incidentes, aucun redressement n’est prononcé. De ce côté c’est mission accomplie. Syl est une pro !

 

Par contre, en rebond, une autre évidence est apparue assez clairement à la lumière de cet épisode :

Il est particulièrement difficile d’être cette « pro » là,  et en même temps de vivre  pleinement un voyage comme celui que nous avons entrepris.

Aïe !

 

Mon récit ci-dessus, même s’il est illustré, n’est pas exagéré. Et, entre vivre sur le bateau et être secrétaire-comptable pour une entreprise à terre, il existe un tel différentiel qu’il semble bien difficile de concilier les deux durablement.

Provisoirement oui, mais durablement il semble que non ! Voici la nuance qui fait évidence.

 

Un grand écart est réellement en train de se creuser sous les pieds de Syl, et la longueur de ses jambes (pourtant…) ne suffisent bientôt plus pour tenir en même temps les deux appuis…

 

Comment en effet se sentir en phase avec la vie d’une structure professionnelle en France en étant à quelques milliers de kilomètres, avec un décalage horaire, une connexion internet occasionnelle et parfois même hypothétique en certaines zones ?

Comment conjuguer la conscience professionnelle et sa nécessaire présence d’esprit, et aussi les communications par téléphone, par mail, par courrier parfois, et se trouver dans le même temps en mode « nomade » sur une longue période, orientée sur la découverte d’autres cultures, le plus souvent « désoccidentalisées » ?

Comment conjuguer avec une météo qui ne nous permet pas d’être où on veut quant on veut, et être opérationnel à des moments clés de la vie de l’entreprise ?

 

Sans précipitation, mais d’ici environ un an, Syl transmettra vraisemblablement son expérience.

Le but est de mettre les deux pieds au même endroit, sur le bateau, et de vivre de manière plus sereine et plus entière ce que nous avons entrepris, et d’éviter par la même occasion ce porte-à-faux permanent, ces figures d’équilibristes à chaque nouvelle escale, pour retrouver en urgence ses repères minimum pour travailler.

Ce retour en France a donc permis de mieux mesurer les enjeux, de clarifier, de mettre des mots sur la situation et d’exprimer aux collaborateurs concernés la problématique vécue.

C’est incontestablement une nouvelle étape de taille qui se profile, d’autres liens nourriciers à couper, une mutation à effectuer.

Pas d’urgence a-t-on dit ; notre projet incluait une année complète dans le secteur Madère – Canaries afin de tester ce vécu, et éventuellement y apporter des aménagements. Nous sommes donc au cœur du sujet.

 

Au chapitre « marin » nous profitons encore quelques jours de Porto Santo, de la quiétude qu’inspire cette escale, alternant les périodes au mouillage et les entrées en marina pour esquiver les coups de vent du Sud.

Nous veillons les fichiers météo, redevenus calmes pour le moment, et qui laissent deviner des vents favorables en fin de mois pour descendre aux Canaries.

En attendant, nous regardons amusés la diversité des équipages qui s’arrêtent ici… et il y aurait bien de quoi faire un article de blog… 

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commentaires

Guillaume 31/10/2014 13:46


Hey,


Le retoru en france au moins à permis de nous voir et permet un départ plus en douceur finalement que si on ne c'etait pas vu pendant 1 an.


Donc l'un dans l'autre, ce déplacement reste interessant. Et vous revenz quand vous voulez, ou alors on viendra. Le soucis est de savoir quand!


Bises

Michel 04/11/2014 13:55



Ca serait cool de vous recevoir... Profitez tant que nous sommes encore proches de la France... Nous pensons souvent à vous, au mouillage lorsque le vent monte et que le cata bouge un peu... Mais
il y a toujours des solutions "marina" beaucoup plus calmes... Bises à vous deux



Patrick PENNEQUIN 25/10/2014 07:51


Bonjour Sylvie et Michel,


 


Toujours aussi passionnant votre blog ! Il me permet presque de vivre votre aventure !


C'est vrai que la fonction de Sylvie me paraissait inconciliable avec votre projet mais ce contrôle vous aidera je pense.


Bonne continuation


Patrick

Michel 04/11/2014 13:52



Bonjour Patrick,


Nous avons eu besoin de tester, de vivre cette expérience du travail en voyageant, (ou du voyage en travaillant ?), pour valider face à la réalité s'il était possible ou non de concilier les
deux, et jusqu'où...


Nous sommes conscients que bien souvent, nous prenons des décisions au travers de projections qui peuvent contenir des erreurs ; les décisions sont en conséquence mal ciblées. Nous ne
voulions pas nous tromper sur ce sujet important.


Et puis il fallait aussi éclaircir ceci : si le travail et le voyage ne sont pas conciliables en même temps, lequel des deux remettre en question ?


Cet épisode nous a en effet éclairé...


Merci pour ce petit mot ; au plaisir...


 


 



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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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