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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 18:39

Dans le voyage du Covid 19, qui emmène tout le monde sur le même bateau, on ne sait pas bien où on va. Nous voilà depuis 14 jours à bord et point de terre à l'horizon !

Depuis la vigie, (disons la Chine), on nous signale une possible arrivée proche, mais des rumeurs circulent sur cette information qui serait faussée par des observations déformées. Alors on n'écoute plus la vigie, et on avance dans le brouillard en colmatant les voies d'eau à mesure qu'elles apparaissent.

Encore 15 jours au minimum, et certainement davantage, pour pouvoir sortir avec mille précautions de ce navire abîmé.

Il reste juste à espérer très fort, qu'après cette errance des plus coûteuses, nous ne soyons pas revenus au point de départ. Je ne parle pas de l'épidémie, mais du tourbillon délirant dans lequel elle s'est révélée.

Et pourtant c'est curieusement ce que beaucoup espèrent. Pouvoir reprendre la vie d'avant, avec encore davantage de frénésie, pouvoir relancer de plus belle l'économie par un effet de rebond tant attendu et jugé indispensable...

Bien sûr nous allons nous prémunir contre une future répétition du scénario. Nous aurons des réserves de tout ce matériel qui nous manque tant aujourd'hui...

Mais pourquoi mettre tout notre courage pour reconstruire le même genre d'édifice, encore plus haut, encore plus instable avec la certitude qu'il va tomber encore ?

Il serait temps d'examiner quels autres choix nous aurions. Quel sens trouver à cette humanité divisée, opposée, déséquilibrée.

Serait-ce aller contre la nature de l'homme que de remplacer profit par partage, violence par puissance, individualité par unité ?

Beaucoup de gens se montrent dans cette ouverture, et même s' il y a une énorme résistance en face parce que jusqu'à présent on peut constater que c'est "en face" qui règne, il n'est pas interdit d'espérer !

 

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Février 2016 - Sur le voilier en transatlantique - jour 14 -

Le ronronnement des moteurs nous berce toute la nuit.

Dès le matin  quelques grains réapparaissent au loin. Au voisinage de l'un d'entre eux, nous percevons un petit vent de 10 nœuds.

2020 03 31 - Confinement - jour 14 -

Nous renvoyons les voiles et gagnons deux heures de moteur, puis le calme revient et nous englue à nouveau. Redémarrage de la mécanique.

La réserve de gasoil est sérieusement entamée et dans quelques heures nous n'aurons plus la possibilité d'avancer au moteur. Espérons que le vent se réinstalle avant cette échéance...

Tiens, bizarrement les trains d’algues ont disparu de la surface. Je vois des poissons sauter devant le bateau et nous provoquer. Je tente la ligne à maquereaux.

 

Presque aussitôt, bingo ! Un jeune barracuda mord à la cuillère ; en prenant toutes les précautions pour éviter ses dents pointues, nous l'invitons à monter à bord. Il est suivi de près par une petite bonite.

Quand les poissons sont de bonne volonté le pêcheur est meilleur !

Après ces deux semaines de mer, nous accueillons avec le sourire ces deux ou trois très bons repas en perspective.

2020 03 31 - Confinement - jour 14 -

14.50N - 57.50 W - il reste 180 milles (320 km)

2020 03 31 - Confinement - jour 14 -
2020 03 31 - Confinement - jour 14 -

En fin d’après midi, la jauge de carburant est sur la limite basse que nous nous sommes fixés. Le niveau physique dans le tuyau bricolé sur le réservoir le confirme.

Nous stoppons les moteurs. Ils ont tourné 58 heures en tout.

2020 03 31 - Confinement - jour 14 -

Mais les alizés ne sont pas au rendez-vous. Il y a entre 1 et 3 nœuds de vent en cherchant bien, c'est à dire quasiment rien ; le bateau s’arrête…

Il nous reste 150 milles (270 km) à couvrir pour arriver en Martinique. C'est rageant !

 

Grand voile sur un bord, barre à contre, le bateau est « en panne » dérivant très doucement avec le courant qui heureusement est favorable.

2020 03 31 - Confinement - jour 14 -

Nous vivons une fin de journée totalement atypique, comme dans un bon mouillage. De très légers mouvements nous bercent.

 

Il n’y a pas un bruit, pas même celui du rivage que l’on entend habituellement toujours au mouillage.

 

Nous sommes et resterons là, impuissants jusqu'à ce que le vent se décide à se lever.

 

Nous entamons une nuit de vrai repos.

Pas besoin de veiller.

Le bateau est statique. Il est éclairé au cas où une autre embarcation passerait par là, ce qui est bien improbable car nous n'avons aperçu personne depuis 12 jours.

Pas de quart, quel luxe !

 

 

A demain

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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