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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 18:30

Il n'y a pas que le mal de mer qui donne la nausée !

Comment ne pas être dérangé, en cette période de crise, par la perversité de quelques uns qui cherchent et trouvent mille et une arnaques pour tirer profit de la situation ? Vol de masques et revente, faux policiers qui tentent de percevoir des amendes au confinement, attestations payantes, fausse cagnotte de solidarité...

Et le trafic de chiens, pour avoir un prétexte d'aller faire un tour, personne n'y a pensé ?

Tout cela laisse entrevoir ce que serait le capharnaüm en cas de crise économique ou politique qui échapperait au contrôle... Froid dans le dos ! On comprend mieux la batterie de mesures mises en place par le gouvernement, et les moyens colossaux débloqués pour tenter de sauver l'économie et l'organisation sociale qui y est associée.

Il me semble bien qu'il y ait là un danger bien plus grand que le virus lui-même. Contre celui-là il n'y aura jamais de vaccin, il n'y a pas de soignant, et pas de solution de confinement pour s'en protéger...

Autrement tout va bien au neuvième jour !

Je remonte le temps.

Pour un sexagénaire, se retrouver dans la quarantaine, c'est un cadeau !  

Une petite ballade extérieure dans les vignes, incognito, pas plus d'une heure et à moins de 1 km, est au programme de cette journée ensoleillée. Je remplis mon attestation pour la première fois et je mesure la chance que nous avions, avant, d'aller et venir sans condition et sans crainte.

Si seulement cette période pouvait servir à chacun, pour prendre conscience des bonheurs simples quand ils sont là, et pas après, quand ils ne le sont plus...

2020 03 26 - Confinement - jour 9 -

 

Janvier 2016 - Sur le voilier en transatlantique - Jour 9 -

Dès le matin, le vent est calé dans l’axe de la route ; il est constant autour des 15 nœuds. Les trains de vagues sont dans l’axe ; attention, aujourd’hui c’est du sur mesure et ça ressemble à de la haute couture !

 

Je prends la barre en manuel juste pour le plaisir, pendant 3 ou 4 heures dans la matinée.

 

Le ciel est d’un bleu enivrant, l’océan donne la réponse coordonnée quelques tons plus foncés.

Crêtes de vagues blanches, surfs à répétition. Notre vitesse se cale à 6,9 N de moyenne alternant de relatifs ralentissements et de longues accélérations. Les babines se retroussent.

C’est le paradis nautique !

 

Je vole, je plane, la musique en rajoute. A la barre, je danse avec le bateau, les vagues, le vent.

Tout est intuitif, pas besoin de garder les instruments, la coordination est parfaite.

L’émotion m’envahit. C’est exceptionnellement bon.

2020 03 26 - Confinement - jour 9 -

16.04 N - 47.00 W

 

Nous habitons sur l’océan désormais. Cet univers en mouvement tout autour paraît familier, nous en avons fait notre « normale ».

Je ne m’y attendais pas, mais je fais le plein en cette journée du 29 Janvier 2016 de tout un réservoir béant depuis des dizaines d’années.

 

L'après-midi je me remets quelques heures à la barre. C'est irrésistible.

Saoulé de plaisir, le cœur sur-gonflé, je sais que je suis en train de recevoir le cadeau de cette transat. Il s' imprime, se grave, se scelle dans ma mémoire ; c’est un joyau.

 

Je ne le sais pas encore, mais ce moment solde une quantité de mes attentes, je prends conscience que mieux ou plus intense n'existe pas. A partir de là, je suis définitivement délivré de ma quête.

 

Pour Syl c'est une journée paisible, elle me perçoit dans ma lévitation et me laisse la vivre pleinement. Elle en profite pour se relaxer et retrouver son quota de sommeil. Tout est bien.

 

En soirée le vent monte un peu. Redescente sur terre mer ; fin de la cession rêve. Nous hésitons à réduire les voiles.

 

Après le repas pris sur le pouce, l'anémomètre affiche 25 nœuds, force 6.

 

Cette fois la question ne se pose plus : prise de ris dans la grand-voile. En nocturne, j’apprécie moyennement. Je suis solidement attaché à la ligne de vie, flanqué de l'indispensable lampe frontale, pendant que les vagues agitent sérieusement le pont.

Les efforts encaissés par le matériel sont importants. Dix minutes physiquement éprouvantes qui contrastent avec cette journée hors du temps.

J'espère cette saute d’humeur d’Eole passagère. 

 

Nous attaquons cette neuvième nuit avec une petite appréhension. Notre présence à la surveillance du pilote automatique est nécessaire, une embardée étant toujours à craindre.

 

Votre nuit sera certainement meilleure que la nôtre ! A demain !

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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