Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 15:04

On n'est pas prêts d'en voir le bout ...

 

Les chinois :

 

- ils ont respecté des conditions de confinement très strictes.

 

- Ils se sont tous protégés avec des masques.

 

- Ils ont testé un maximum de gens, ils ont isolés les cas positifs et soustrait de la multitude ceux qui risquaient de l'être.

 

- Leurs personnels médicaux et toute la chaîne des acteurs sanitaires étaient, et sont toujours, hyper-protégés.

 

- Ils ont nettoyé, désinfecté et lessivé les villes, les rues, les façades, les rampes d'escalier. Tout.

 

- Et dans ces conditions ils ont mis 60 jours pour sortir maintenant, craintivement, la tête de l'eau!

 

 

Les Français :

 

- ils sont presque confinés, ils circulent encore un peu, ils quittent les villes pour s'éparpiller dans les campagnes, filoutent avec les consignes, se prennent des prunes par des policiers non protégés qui, avec un peu de malchance, peut-être les infectent en prime ! Ce sera la surprise dans 10 jours !

 

- Ils n'ont pas de masque, ne peuvent pas en obtenir, la France en a infiniment trop peu. Comme pour se disculper, les autorités tentent de convaincre les gens que ce n'est pas utile d'en porter.

En France on n'a pas de masque et on se fait des idées !

Les rares spécimens, ce sont les médecins qui se les arrachent, beaucoup n'en n'ont pas, les ambulanciers sont dans la même situation ; ils s'indignent.

 

- La France n'a pas assez de tests. Ils ne testent que les malades graves qui de toute manière sont au lit, et les autres ne sont pas testés. Les autorités se convainquent d'elles-mêmes que c'est mieux ainsi.

 

- Les lieux publics ne sont pas désinfectés ; avec quoi le ferait-on ? D'ici à ce qu'on nous explique que c'est superflu...

 

Nous sommes au 4° jour d'un confinement  annoncé pour 15 jours. On parle d'une possible prolongation... Franchement, dans ces conditions la question est : "pendant combien de mois ?"

 

Zoom très local :

Nous n'avons pas approché d'autre humain depuis samedi dernier, deux jours avant le début du confinement.

Nous revenions d'une semaine de déplacement professionnel avec de multiples contacts, des repas en collectivité, et donc avec une probabilité non négligeable d'avoir croisé Coco.

Pour le moment pas de symptôme.

 

 

 

Janvier 2016 - Sur le voilier en Transatlantique. Jour 4

 

La nuit a été calme.

 

Rien à signaler, mis à part une montée d'adrénaline causée par un soudain remue-ménage dans le cockpit. Trois secondes pour éclairer et comprendre.

C'est le bruit d'une inutile bagarre contre la mort d'un poisson volant kamikaze qui se crashe dans le cockpit. Banzaï !

Volée d'écailles et traces de sang... D'une signature odorante, mélange de marée, de fruits de mer et de peur, il vient de signer la dernière page de son roman.

Pour honorer la peine qu'il s'est donnée et saluer son offrande, après nettoyage, il prend la direction du frigo et rejoint son compagnon d'hier. Et de deux.

 

Bon nombre de sonneries de réveil plus tard, de 30 minutes en demi-heure, c'est un soulagement de discerner la première lueur diaphane du jour qui, en quelques minutes, gomme les étoiles.

Avec la lumière du jour tout est plus simple ; je viens de récupérer l'un de mes cinq sens, et pas des moindres... Je suis donc forcément de bonne humeur.

 

Quand on est réduit à la simplicité des choses de la vie, ces petits bonheurs ordinaires que l'on ne voit plus dans le tourbillon de la société terrestre, retrouvent leur réelle dimension extraordinaire.

 

Lever de soleil limpide.

Sylvie arrive, les yeux en tirelire, éblouie par tant de lumière. Quelques mots d'échange, elle prend le relais, et moi la direction de la couchette.

Deuxième réjouissance profonde. La journée commence bien !

 

Le vent forcit graduellement. Force 4. Le bateau accélère franchement. Sourires.

 

Nous calculons déjà qu’en fonction de cette nouvelle vitesse moyenne, nous serions en mesure de traverser en un peu moins de 15 jours. L’idée est plaisante. Si le bateau n’avait pas ralenti pendant 24 heures, nous aurions encore pu gagner une journée.

 

Le point du midi : 17.21 N - 35.14 W

Il est immense cet océan !

Il est immense cet océan !

2020 03 21 - Confinement - Jour 4

Les alizés sont clairement devenus plus vigoureux, 20 à 25 Nœuds ; la mer se forme.

Nous adaptons la voilure. Agur avance vite, le bruit de cascade derrière nous est impressionnant. Régulièrement, au hasard d’une vague plus forte et de travers, ça cogne, ça vibre.

2020 03 21 - Confinement - Jour 4

Nous espérons que le vent ne se renforcera pas davantage. En mer on passe assez vite du trop peu au trop beaucoup trop !

 

Aujourd'hui nous reculons les horloges d’une heure car nous nous déplaçons plein Ouest ; d’ici l’arrivée il faut se décaler de 3 heures, donc tous les 4 jours nous devons reculer les pendules du bord d'une heure. Pour éviter les confusions, et nous permettre de retrouver nos billes au cas où l'esprit s'embrouillerait, le GPS reste à l'heure du fuseau horaire, et une horloge reste affectée à l'heure de Paris, celle de nos familles.

 

Indéniablement l'énergie des éléments nous est transmise, nous la recevons, nous sommes plus toniques. Il y a connexion.

Nous ne sommes plus comme hier, passifs et contemplatifs, sur un bateau qui, tranquillement glisse doucement sur les flots.

C'est quasiment la sensation d'être en course qui nous habite, avec un objectif sous-jacent : gagner un jour. Les réglages de voiles sont optimisés. Comme on dit "ça envoie".

Au milieu d'une régate imaginaire, nous gagnons du terrain sur d'autres qui, dans d'autres conditions, d'autres traversées ont parfois mis 26 jours pour le même parcours.

 

Bien plus encore que d'habitude la préparation de la nuit est méticuleuse. Les harnais sont sortis. Il faudra s'attacher pour toute manœuvre. Tolérance zéro. Un homme à la mer de nuit, et de surcroît par temps fort, est un homme mort.

L'océan a certes perdu un poisson volant, ce n'est pas un motif valable pour compenser dans l'autre sens !

 

Pour moi il y a un passage délicat chaque soir au moment du crépuscule : la gestion de l'équilibre et le spectre du mal de mer qui n'est jamais bien loin. Passer de la lumière à l'obscurité change les repères et les sensations. Je suis amariné, mais j'ai toujours besoin d'environ une heure d'adaptation attentive, le soir, entre chien et loup "de mer".

L'expression "entre chien et loup" est parlante :

Le chien symboliserait le jour puisque tout comme lui, il peut nous guider ; alors que le loup serait le symbole de la nuit, représentant une menace, mais également les cauchemars et la peur.

 

Voila matière à s'interroger sur les peurs et angoisses inconscientes...

Même si on se dit  que "ça va bien se passer !"

Sur ce...

 

Bonne nuit bon quart ! A demain !

et n'oubliez pas :

1) partagez l'adresse www.ciaociao33.com

2) pour recevoir les prochaines publications inscrivez-vous à la newsletter, à droite de l'article et sous le titre "suivre le voyage de Ciao". L'adresse email reste confidentielle et protégée.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Feeling Du Blog

  • : le blog de Ciao...
  • : Voyages au long cours... Voyages intérieurs ... Ou plutôt les deux ensemble ! A mon avis, il y a une sorte de parallèle entre nos cheminements terrestres (ou maritimes) et nos évolutions intérieures... Faut-il pour autant partir pour se trouver ?
  • Contact

Profil De L'auteur

  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon... J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...

feeling du blog

A mi-chemin  

entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

à travers le monde,  

et l'homme qui se regarde avec un peu de recul, déplie son rêve, l'observe, et tente d'exprimer

sa propre découverte...

 

Recherche

Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

Liens