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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 21:22

Nous voilà revenus en Martinique depuis une semaine, au terme d’une navigation directe depuis Carriacou, et au gré de ces quelques jours un tourbillon s’est enclenché. Ce n’est pas un cyclone, car la saison est terminée ; c’est le tourbillon de la Vie qui parfois nous emmène à nous donner le vertige. Mais c’est une bonne spirale, alors même si ça va très vite, nous nous laissons porter.

Nous sommes au mouillage de Sainte Anne ; ce village nous est familier. C’est avec un double plaisir que nous retrouvons les rivages, en constatant que le littoral ne montre aucune trace du passage d’Irma et de Maria.

2017 12 04 Pas si viiiite !

Ce lieu porte quelque chose. C’est ici que nous avons posé le pied à l’arrivée de la transatlantique il y a deux ans.

Et c’est encore ici que nous sommes en train de poser une réponse à une toute petite interrogation constituée de deux mots, aux allures de virage décisif, et qui nous trotte depuis un moment :

  • « Et maintenant ? »

 

C’est vrai, je ne l’ai pas encore évoqué dans le blog, mais depuis plusieurs mois, presque un an d’ailleurs, une farandole de questions s’est mise à tournicoter et à nous revenir régulièrement :

 

Que faire ensuite, où aller ?

Comment orienter ce voyage ?

 

D’abord, en tout premier, nous avons depuis assez longtemps écarté l’option de poursuivre dans le Pacifique et la Polynésie. Comme 90 % de ceux qui en ont l’intention au départ, nous sommes freinés par l’éloignement, les coûts liés aux retours aériens en France en cas de nécessité, et par l’évidence que le travail de Sylvie n’y serait plus envisageable, faute d’accès à internet dont elle use quotidiennement.

La porte du Pacifique s’étant refermée, l’originalité du programme s’est montrée restreinte :

 

Rester dans l’arc Antillais ?

Aller vers Cuba, les pays d’Amérique centrale ?

 

Et, quel que soit le choix, répondre à la nécessité de jongler avec la saison cyclonique et d’opérer le repli systématique, entre Juillet et Novembre, dans les îles Grenadines que nous connaissons bien maintenant.

Autre option, rentrer en France en clôturant la boucle Atlantique ?

 

Les « pourquoi ? », les « pourquoi-pas ? » et les « comment ? » sont venus épicer les réflexions.

Régulièrement et naturellement nous avons abordé ce sujet, le laissant ouvert, lui permettant de décanter, d’infuser ; et de se représenter plus tard.

C’est ainsi, qu’oscillant d’une option à l’autre, l’une d’entre elles revenant plus souvent, et paraissant mieux correspondre à nos envies, a fini par se fixer :

Nous envisageons notre retour en France, tranquillement, en parcourant d’abord les îles du Nord de l’arc antillais que nous ne connaissons pas, puis en engageant la longue traversée de retour en milieu d’année 2018.

 Nous sommes tous deux totalement en accord et en phase sur cette perspective, et nos derniers mois passés dans les îles Grenadines, ont été portés par cette conscience ; nous avons profité intensément de chaque escale et de chaque moment.

2017 12 04 Pas si viiiite !

Nous avons fait nos adieux à certains lieux. Ici en Novembre à Saint Georges (Grenade), le « grand Sud » de notre voyage.

 

Nous nous sentons remplis de cette aventure, heureux de l’avoir engagée il y a quatre ans, et comme un peintre regarde son œuvre prêt à poser sa signature, nous sommes prêts à la sauvegarder parmi nos meilleurs souvenirs.

Des centaines de photos et vidéos viendront étayer notre mémoire, mais l’essentiel est moins dans les images que dans notre vécu et la découverte de nous-mêmes au travers de ce voyage. J’aurai certainement l’occasion d’y revenir.

 

 

La préparation psychologique pour la traversée de retour s’est activée dans le même temps, et la préparation du bateau au dernier carénage a été faite dans ce sens.

Il y a très peu de temps le programme prenait donc cette forme :

  • Découverte des îles Antigua, Barbuda, St Barthélémy, St Martin et îles Vierges Britanniques.
  • Départ en Avril pour la transat depuis l’île de Saint Martin ou la Guadeloupe.
  • Une première partie de traversée (20 jours environ) jusqu’aux Açores, avec l’appui d’un routeur météo.
  • Une visite des Açores en Mai Juin,
  • La deuxième partie de la transat (8 à 10 jours) vers La Rochelle en Juillet, (c’est bien c’est l’été) où nous avions sélectionné un point de chute pour accueillir le bateau.
  • Vente du bateau et départ sur un autre projet de voyage en France puis en Europe… en camping car !

 

Oui mais …

A notre arrivée en Martinique, nous avons retrouvé des amis, Jacques et Monique, qui naviguent depuis dix ans dans la région, sur un bateau identique au nôtre, et avec lesquels nous avons partagé nos projets.

Il est toujours bon de s’entendre annoncer ce que l’on échafaude, et d’en recevoir les retours, les avis d’autres personnes.

Leur spontanéité nous a surpris :

  • mais pourquoi vous ne vendez pas votre bateau ici, en Martinique ? Pourquoi retraverser ? C’est ici que le marché de l’occasion est le plus actif  actuellement.

C’est exact, il y a une circonstance récente que nous connaissons comme tout le monde, mais que n’avions pas appréhendée dans toutes ses conséquences.

Les îles situées au Nord de la Guadeloupe, Saint Martin, Saint Barthélémy, Les îles vierges britanniques et américaines ont été détruites par le passage des cyclones il y a deux mois, et toute la flotte de plaisance qui y était stationnée s’est trouvée anéantie.

Le marché de l’occasion sur toute cette zone est privé de bateaux, et il se reporte dans une logique presque mécanique sur la Martinique et la Guadeloupe qui ont été épargnées.

Prenant la mesure de ce propos de pur bon sens, nous avons reconsidéré la question, d’autant que notre idée d’aller visiter les îles du nord, précisément celles qui ont malheureusement été sinistrées, n’est peut-être pas opportune… Les structures d’accueil n’existent plus, la végétation est meurtrie, et dans certaines zones l’insécurité est évoquée.

Nous avons recroisé ces informations avec d’autres avis qui nous ont confortés dans ce sens.

Alors voilà !

Tout est allé très vite car ici aux Antilles c’est le début de la saison touristique, celle où les bateaux s’achètent et se revendent…

Tout ceci amène à ce que désormais Agur porte fièrement son « étiquette » !

2017 12 04 Pas si viiiite !

C’est un bateau des îles, et quelque chose me dit qu’il préfère rester sous ces latitudes…

 

Il nous faut à présent explorer la suite de ce nouveau programme, si  la revente se concrétise en Martinique :

  • Rentrer par avion avec 2 valises, et faire acheminer parallèlement nos quelques rares possessions entassées à bord, par fret maritime ; vers quel port ? Comment les récupérer ? où les stocker ?
  • Réinventer un nouveau point de chute quelque part pour deux bronzés égarés qui atterrissent en plein hiver, en short et en tongs…

 

et

 

  • Réadapter nos existences devenues nomades et marines sur le plancher des vaches.

 

Les neurones fonctionnent à plein régime, une nouvelle dynamique est en place, nous surfons une vague d’un autre type.

à vendre ?

à vendre ?

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commentaires

Patricia 19/12/2017 21:02

n'empêche tu as le look avec ton galure ^^

Gros bisous les amis,

dur dur pour moi ici, ne soyez pas trop pressés de rentrer.

Patricia

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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