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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 20:15

A l’approche de l’automne en France, si le propos de la pluie et du beau temps est de toutes les conversations, il l’est encore davantage ici dans l’arc antillais lorsqu’au milieu de l’atlantique se profile « IRMA ».

Irma est une grande dame à la chevelure ébouriffée qui valse sur l’océan. Détectée depuis quelques jours déjà, cette dépression tropicale s’est mutée en tempête, puis en cyclone, et depuis quelques heures en cyclone dit « majeur » de catégorie 3 sur une échelle qui en comporte 5.

Autant dire que dame Irma ne manque pas d’air !

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Plutôt jolie vue de loin, c’est donc tout naturel que tous les regards se tournent vers elle.

Selon les estimations de trajectoires, Irma qui titube un peu en ce moment, devrait prendre un virage vers le Nord dans les prochains jours.

 

Comme à chaque fois, nous croisons les doigts pour que cette prévision se révèle exacte, néanmoins par précaution nous sommes descendus un peu vers le Sud jusque Union Island (la petite croix rouge); on ne sait jamais trop ce qu’une Irma, qui plus est dépressive, peut inventer comme ballade… Une fugue c’est si vite fait !

Ou alors, il suffirait juste qu’elle loupe son virage…

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Dans tous les cas ce cyclone va remuer beaucoup d’eau autour de son centre, sur plus de 300 kilomètres de diamètre, et Agur n’a pas trop envie de se faire secouer les coques.

 

La semaine dernière, alors que nous étions encore à Bequia,  nous avons vécu de très près le passage d’une dépression naissante qui est devenue plus tard « Harvey » (oui oui c’est Harvey qui a tout cassé aux USA). Bien qu’il s’agisse du tout début de la formation du système sans danger majeur, nous avons confirmé, par l’inconfort vécu, ce que nous savions déjà c'est-à-dire qu’il est préférable d’en être le plus éloigné possible.

 

Nous avons passé une journée de tangage et roulis dans la baie de Bequia ballottés par une mer désordonnée avec 1 m 50 de creux. En catamaran la sensation était désagréable, mais nous étions impressionnés à la vue de nos voisins monocoques transformés en métronomes, ou en balais (ballets) d’essuie-glaces, oscillant chacun à leur rythme jusqu’à plus de quarante cinq degrés de chaque côté de la verticale.

 

Juste après Irma, si elle a la délicatesse de nous épargner, nous traverserons, quarante huit heures plus tard, une autre dépression tropicale assez confuse mais gérable, qui couvre toutes les îles de l’arc antillais avec des vents de l’ordre de 25 à 30 nœuds, et servira à priori beaucoup de pluie.

Les réserves d’eau seront complétées et probablement beaucoup plus qu’il nous en faut.

C’est la saison !

Mustique island

 

Entre ces épisodes agités, il y a de très belles périodes de temps radieux ; c’est la compensation.

C’est alors que pour divertir le quotidien, nous décidons de saluer l’île voisine de Bequia : Mustique.

 

Mustique Island, écrit à la française, c’est l’île de Moustique ; elle dépend administrativement de Saint Vincent.

 

La particularité de Moustique c’est d’être un repaire de milliardaires.

 

Durant trois jours et trois nuits, nous partageons avec eux l’immense privilège de fouler ce sol de luxe, avouons-le, davantage par curiosité que par intérêt.

 

5 kilomètres de long, 3 kilomètres de large, des plages, un massif boisé culminant à quelques deux cents mètres.

« Mais qu’est ce que cette île peut bien avoir de si particulier pour attirer les plus confortables fortunes de ce monde ? »

C’est la question que nous nous posions.

 

La réponse est basique :

Rien de plus ni de moins que les autres îles des Grenadines, si ce n’est qu’elle est privée et exclusivement réservée à cette clientèle aux multiples zéros juste avant le signe dollars.

Les zéros, nous les avons de commun avec eux, leur secret est d’avoir des chiffres non nuls en début de ligne !

 

89 propriétés de haut standing sont érigées sur ce petit territoire, et une organisation spécifique nommée la « Mustique Compagny » dont les résidents sont actionnaires, gère toute la logistique, la sécurité, les infrastructures, les aménagements de ce petit monde. Et ce n’est pas une petite organisation ! Une sorte de super syndic de propriétaires à l’échelle d’une île…

 

Les employés sont des locaux triés sur le volet. Ils vivent sur place et sont regroupés dans l’unique village de l’île. Ici pas de case en bois, le personnel a les moyens de disposer de petites villas pimpantes.

 

Parmi les VIP, quelques noms connus reviennent souvent : Mick Jagger, David Bowie, Tommy Hilfiger, Madonna et, plus vaguement, certains membres de la famille Royale britannique, mais discrétion et mystère voilent pudiquement l’identité des propriétaires. 

 

Nous sommes d’ailleurs étonnés que l’accès à cette île nous soit autorisé sans autre complication que celle de régler l’équivalent de 67 Euros pour un droit d’amarrage sur bouée, valable pour une durée de 3 nuits.

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Aucun autre contrôle d’entrée n’est opéré.

 

Nous comprendrons plus tard que l’accès à l’île ne signifie pas côtoyer ses résidents, de la même manière qu’entrer dans une banque ne signifie pas se retrouver dans la salle des coffres.

 

C’est sac à dos garni de biscuits secs et d’eau que nous y débarquons, car sur cette île, à part un petit magasin d’alimentation proche du lieu de débarquement, il n’y a pas d’autre oasis en cours de promenade.

 

Ce matin-là un énorme pétrolier est ancré au large de l’unique ponton de service.

Ne pouvant s’approcher en raison de son trop important tirant d’eau, une ligne de tuyau balisée par des bouées est tirée sur environ trois cents mètres pour permettre la livraison. Le pipeline flottant est surveillé en permanence par un puissant canot de la « Mustique Compagny », dont les pilotes nous prescrivent de contourner toute l’installation, y compris le pétrolier pour rejoindre avec notre annexe le ponton de débarquement. La livraison de carburant dure toute la journée.

 

Avant d’atteindre les zones les plus tranquilles de l’île, notre promenade sur les axes principaux bétonnés est d’abord « agrémentée » par le passage incessant de semi-remorques, camions-bennes, fourgonnettes à l’enseigne de la « Mustique Compagny ».

Il nous apparaît comme une évidence que cette organisation est suréquipée et très active.  Nous en avons confirmation en longeant la clôture d’un vaste dépôt de matériaux de construction près duquel sont stationnés de nombreux engins de travaux en tous genres.

Le ton est donné, il n’y a pas de petits moyens à Moustique !

 

Les abords des routes sont propres tondus, arborés, fleuris ; des ouvriers apparaissent ici et là entretenant les espaces verts collectifs.

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…
2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Tout est ratissé, balayé, tamisé peut-être, j’exagère à peine car même les noix de coco sont cueillies pour éviter que l’une d’elles, par mégarde ou par malice ne fracasse une tête précieuse.

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Voici l’entrée de l’école primaire, dont la fraîcheur donnerait envie au dernier des cancres d’aller s’y inscrire.

 

Sur la route, plusieurs fois nous sommes doublés par des véhicules tous terrains blancs estampillés « Sécurity » circulant à faible vitesse, avec à bord un colosse au regard du genre scanner qui décrypte à la fois qui nous sommes et nos intentions.

 

Une première fois nous nous engageons sur une voie secondaire sans indication particulière, et à peine avions-nous parcouru vingt mètres qu’un de ces véhicules blancs «Sécurity » nous rattrape.

Cette route ne nous est pas autorisée.

Nous indiquons aimablement à monsieur Muscle que nous cherchons à voir l’unique hôtel de l’île, qui selon nos repères pifométriques se trouverait dans cette direction.

Ne répondant pas à notre demande, le vigile nous répète un peu plus fermement que la route ne nous est pas autorisée.

 

Supposant qu’il n’avait pas bien saisi notre question, nous la lui posons à nouveau.

Cette fois avec un hochement de tête et un regard jeté au plafond de son quatre-quatre, expression faciale qui doit signifier quelque chose comme «çà y est je suis tombé sur les casse-pieds du jour», il prend une longue inspiration et choisit de nous expliquer le B-a ba des règles de vie ici.

 

  • Hum … Je vois, c’est la première fois que vous venez à Moustique…

Si vous vous allez à l’hôtel, vous devez leur téléphoner et une voiture viendra vous chercher. Il n’y a aucun autre moyen d’y accéder. C’est comme cela qu’il faut procéder.

Et vous, me dit-il, je vois que vous tenez une caméra dans les mains. Je vous informe qu’il n’est pas autorisé de photographier les propriétés. Qu’avez-vous déjà pris comme photos ?

  • Euh… des cocotiers et la plage !
  • Je vous le redis il est interdit de photographier toute propriété et s’il vous plait, à présent, restez sur les axes principaux.

 

Bien compris le message ; le problème avec les interdictions, c’est qu’elles génèrent dans les esprits mal tournés des désirs irrépressibles !

 

N’est-ce pas « .… »  (ami qui se reconnaitra) ? Nous avons repéré deux squelettes de perroquets qui gisent par 5 mètres de fond attachés à un bout de nylon !)

 

Bref passons, mais c’est dommage que nous n’ayons pas vu l’hôtel ; notre curiosité est en reste. Le seul hôtel de l’île, avec seulement 17 chambres et suites, dont le tarif se situe entre 1280 et 4740 dollars la nuit, devrait être mignon…

 

Plus loin nous sommes à nouveau rattrapés par une voiture et son vigile, après une autre incursion involontaire de quelques mètres sur un chemin privé… C’est difficile pour nous, Moustique !

 

Après cet autre rappel à l’ordre, nous ne prenons plus de risque.

Au pire nous nous arrêtons quelques secondes devant des entrées prometteuses.

Classiquement le nom de la propriété est plaqué sur l’un des piliers de maçonnerie, au-delà desquels un chemin gravillonné impeccable s’enfuit entre les plantes tropicales. La majeure partie du temps nous n’en voyons pas davantage.

Quelque fois un morceau de toiture se hisse au loin au dessus de la cime des arbres pour nous narguer, plus rarement un coin de piscine scintille parmi la végétation. Maigre butin.

 

Souvent nous apercevons les membres du personnel qui entretiennent ces parcs privés. Ils se déplacent en petits véhicules qui évoquent les voiturettes de golf dans une version un peu plus grande et plus véloce. Chacun de ces véhicules porte le nom de la propriété à laquelle il est rattaché. Tout cela est très chic.

 

Toute une population s’agite, grouille, travaille, aménage l’environnement avec efficacité et discrétion. Ce n’est pas sans me rappeler le fonctionnement des fourmilières avec leurs centaines d’ouvrières pour servir les reines…

 

Nous croisons aussi quelques uns de ces résidents VIP, dans les mêmes voiturettes ouvertes.

A quoi les distingue-t-on des employés ?

C’est facile, teint clair, chemise blanche, pantalon de toile ou sobre short pour les messieurs ; chapeau et mousseline au vent pour ces dames, et en prime un généreux tourbillon parfumé à leur passage.

Ils nous saluent tous de la main en nous croisant. Nous imaginent-ils d’une quelconque propriété voisine ? C’est assez improbable vu notre look de baroudeurs transpirants ; alors ce doit être un geste automatique.

A part cette charmante demoiselle et quelques unes de ses sœurs, nous ne reconnaissons personne, et personne ne nous reconnait.

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Par accident en essayant de photographier des insectes qui passent par là, il semble que l’on aperçoive en arrière plan quelques constructions ; les moins discrètes, ou les plus imposantes ; ou les deux à la fois...

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…
2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…
2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…
2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

Décidément cet appareil ne vaut rien, j’ai raté toutes les mises au point sur les papillons !

 

Bon en même temps, ces demeures sont tellement visibles de loin, que je me donne bonne conscience en me disant que leur image passe dans le domaine public ! Et hop !

 

Nous ne trouvons rien d’autre de transcendant à Moustique ; les fonds coralliens sont beaux, mais ils le sont partout ailleurs ;  il fallait la voir cette île, et voila qui est fait.

 

Ah si ! Fait étonnant : pendant notre escale, un imposant banc de poissons chirurgiens bleus s’est passionné pour la flore et la faune accrochée à la carène d’Agur. Le résultat est spectaculaire. Toutes les œuvres vives du bateau, hélices comprises, sont nettoyées comme des couverts sortant du lave-vaisselle. 

Merci les gars ! J’avais justement un peu de retard en la matière !

Je ne dis pas que nous reviendrons, mais je retiens l’idée au cas où…

 

Petit Nevis.

 

Au retour vers Bequia, nous nous arrêtons à Petit Nevis. Ce caillou inhabité, est un ancien lieu de  dépeçage des baleines chassées dans les eaux environnantes. Même s’il Il reste quelques vestiges des constructions, le lieu est calme et offre un petit mouillage serein.

 

Une courte escale pour le plaisir des yeux et la quiétude de l’esprit sur un territoire qui lui, ne vaut rien, mais contient tout…

2017 09 03 – Quelques mots sur le temps qu’il fait, et une visite à Mustique Island…

A bientôt pour un prochain post sur le blog de Ciao, si toutefois nous survivons au passage de Irma !

 

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commentaires

poirier 04/09/2017 07:06

Merci à vous, c'est toujours un plaisir de lire vos news et de voyager dans les Caraïbes car on pense souvent à vous! Prudence, prudence avec ce qui vient vers vous. A bientôt, bisous à vous 2

Marie-pierre et Henri 03/09/2017 22:17

Coucou vous deux,
C'est toujours un plaisir de lire votre blog. Nous voyageons avec vous. Nous espérons qu'Irma vous laissera tranquille. Nous allons bien. Nous revenons de vacances d'Hendaye où, il faut bien le dire, la météo ne fut pas parfaite mais nous y avons quand même passé de bons moments. À bientôt. Bisous

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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