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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 21:36

Alors que la saison cyclonique tire à sa fin, le séjour sur l’île de Grenade ajoute à notre plaisir plusieurs ballades en forêt tropicale à la recherche de cascades plus belles les unes que les autres. Il ajoute accessoirement aussi des épisodes plus « terre à terre »…

Les waterfalls :

Les taxis collectifs, appelés ici « bus », nous emmènent, parfois à grands risques, aux quatre coins du territoire. Nous sommes toujours étonnés d’y être compressés à 19 sur des mini-banquettes, dans ces mêmes véhicules qu’en France où le nombre maximum est fixé à 7 ou 9 passagers… C’est dire si on voyage à l’aise !

Mais c’est souple, rapide (parfois trop), et peu onéreux ; alors…

Quoi qu’il arrive, on essaye de se convaincre qu’ils nous conduisent au paradis !

Carmel Falls près de Greenville.

Carmel Falls près de Greenville.

Même si les itinéraires pédestres ne sont pas encore très bien répertoriés à Grenade ; les départs des ballades sont connus, les bus nous y arrêtent. Ensuite des guides en quête de quelques dollars caraïbes se proposent de nous accompagner ; nous déclinons aimablement leur proposition préférant découvrir par nous-mêmes, et jusque là nous arrivons toujours à destination.

Ici nous sommes spontanément accueillis par un couple de locaux. Ils nous indiquent leur petit coin préféré où madame fait sa lessive dans le torrent, et où son compagnon tout en muscle, batifole comme un enfant.

Spontanément il nous fait goûter un fruit qu’il nomme « apple sugar » ; c’est l’occasion d’un échange de quelques minutes, comme toujours, simple et chaleureux.

2016 11 16 - Pêle-mêle

Un autre jour, plus au centre de l’île, nous engageons une nouvelle randonnée avec nos amis Ivan et Patricia.

D’après les cartes touristiques, le site comprendrait en tout 7 cascades différentes, nommées « Sisters falls ».

Nous trouvons facilement les deux premières de cette grande famille. De vraies sœurs jumelles, avec leurs deux piscines dans un écrin de verdure qui ne manque pas de charme.

En admirant quelques minutes ce site, nous retenons qu’au retour une baignade serait forcément bienfaisante.

Patricia, certainement mieux inspirée, reste sur place et profite d’ores et déjà en solo du brumisateur naturel environnant.

2016 11 16 - Pêle-mêle

Poursuivant notre motivation de découvrir les cinq cascades suivantes, nous engageons le sentier escarpé qui remonte vers les sommets de l’île.

2016 11 16 - Pêle-mêle

Le sentier est balisé ici et là par les liens de plastique autour des troncs d’arbres.

Nous savons que nous ne nous sommes pas perdus, mais une demi-heure, trois quart d’heure plus tard, fréquemment trompés par le bruit du vent qui nous évoque celui d’un torrent proche, le découragement fait surface.

Il faut se rendre à l’évidence il n’y a pas d’autre cascade à proximité.

Trop long, trop loin ! Le jeu vaut peut-être l’effort, mais en l’absence de carte précise et d’information sur le trajet restant à parcourir, c’est la convoitise du bain qui finit par l’emporter.

Nous faisons demi-tour et revenons aux deux premières chutes d’eau.

2016 11 16 - Pêle-mêle

Ce torrent est juste suffisamment frais pour que l’on apprécie d’être enfin quelques minutes en dessous des 30 degrés dans lesquels nous mijotons nuit et jour depuis des mois.

Soulagement et détente dans cette grande piscine fraîche et évidemment non salée ce qui ajoute un contraste intéressant à ce bain irrésistible !

Cette ballade c’est aussi l’occasion de réunir 3 minutes de vidéo sur cet itinéraire de charme, en partage avec Patricia et Ivan.

La rhumerie River Antoine.

C’est aussi en leur compagnie que nous avons visité une rhumerie ancestrale.  Les installations datent de 1785.

2016 11 16 - Pêle-mêle

La mécanique est entraînée par une roue à aubes, les alambics sont chauffés au bois. Toutes les opérations sont évidemment manuelles, du chargement des cannes à sucre, au chauffage des alambics, en passant par les étapes de décantation et de fermentation.

2016 11 16 - Pêle-mêle
2016 11 16 - Pêle-mêle
2016 11 16 - Pêle-mêle
2016 11 16 - Pêle-mêle
Champs de canne à sucre à proximité de la rhumerie

Champs de canne à sucre à proximité de la rhumerie

La distribution reste locale, car le rhum qui sort de cette installation est interdit à l’exportation en raison de son fort titrage d’alcool. Plus de 75 ° !

2016 11 16 - Pêle-mêle

Celui que nous dégustons avec parcimonie est étiqueté à 69 ° et déjà il ne passe pas inaperçu !

 

Quand Agur attire l’attention…

Octobre s’étire, nous nous déplaçons de baie en baie sur le sud de la côte de Grenade pour varier les plaisirs, découvrir d’autres lieux.

2016 11 16 - Pêle-mêle

Les criques très enfoncées offrent souvent un calme plat. En réciproque les fonds sont parfois envasés.

C’est le cas à Calivigny, où nous nous y prenons à trois reprises pour tenter d’accrocher l’ancre qui invariablement dérape sur la vase. Lorsque nous tirons en marche arrière sur le mouillage pour tester sa tenue, le bateau recule et recule encore, labourant le fond avec notre charrue à un seul soc…

Aucune accroche.

Ces vaines manœuvres sont agaçantes d’autant que la chaîne d’ancre maintenant corrodée remonte mal sur le guindeau. Il faut reprendre à chaque fois la totalité de la manœuvre qui, dans ces conditions, dure un quart d’heure.

Passablement tendus, nous décidons énergiquement de quitter cette baie, qui en apparence nous refuse, afin de rejoindre un endroit que nous connaissons et qui accroche bien.

Sylvie, à la barre, se dirige promptement vers la sortie de la baie. Son attention est détournée par le fait que je lui demande d’arrêter l’un des moteurs devenu inutile pour le trajet que nous avons à faire.

C’est alors qu’Agur, vraisemblablement mécontent de nos choix et de notre manque de concentration, nous gratifie d’une figure de style :

2016 11 16 - Pêle-mêle

Il freine et s’arrête.

La marche-arrière à pleine puissance n’y change rien. La situation est claire : nous sommes bêtement échoués.

 

  • Point positif : l’atterrissage s’est fait en douceur sur l’extrémité d’un banc de sable herbeux. Pas de dégât à craindre, les ailerons sous le bateau sont prévus pour se poser.
  • Note moins optimiste : bien que l’amplitude des marées soit faible ici aux Antilles ; il y a environ 50 cm de variation de niveau, et là précisément nous avons échoué exactement à l’heure de la marée haute !

 

Le temps de quelques essais de dégagement, et la carène émerge de plus en plus. C’est trop tard…

Agur est en train de nous donner une leçon de patience. A bord, tout est légèrement incliné, mais particulièrement stable ! Au passage nous nous réconfortons d’être sur un catamaran car sur un monocoque nous serions vautrés sur le côté !

La prochaine marée haute est en pleine nuit. Pas besoin de réveil, la contrariété suffit…

A 3 heures du matin, nos relevés de hauteur d’eau nous indiquent que nous sommes presque à l’étale de la pleine mer. Les diverses tentatives de marche arrière ne donnent que de légers mouvements de balancement, mais nous ne sortons pas de notre piège.

Agur décide de rester là jusqu’à la marée suivante !

2016 11 16 - Pêle-mêle
2016 11 16 - Pêle-mêle

A basse mer nous avons de l’eau aux chevilles. Avec les moyens du bord, nous grattons le sol de manière à creuser deux sillons qui sont sensés faciliter la sortie par l’arrière. Ivan nous donne un coup de main et se propose de tirer Agur avec son bateau lors de nos prochains essais de dégagement. Cette aide semble en effet indispensable.

24 heures après notre arrêt sur le banc de sable, tout est mis en œuvre pour sortir, car détail non négligeable, suivant l’évolution des coefficients, les prochaines marées seront moins hautes de quelques centimètres…Ce qui signifie que si la sortie ne se fait pas maintenant, elle sera encore plus difficile ultérieurement.

Aux deux moteurs d’Agur en arrière-toute, s’ajoutent la traction du bateau d’Ivan et Patricia au maximum, et aussi l’annexe à plein régime qui pousse sur une des étraves.

C’est à ce prix qu’Agur consent petit à petit à glisser doucement vers les eaux libres.

Cet épisode s’est clôturé sur un sourire, autour d’un casse-croûte en commun sur une table locale, avec chicken, et maïs-pays grillés au barbecue… Merci à Ivan et Patricia, avec qui nous passons encore quelques jours à Calivigny, l’ancre ayant cette fois daigné s’accrocher correctement.

 

On pourrait croire que j’en rajoute si j’écris qu’à l’escale suivante nous avons encore frisé le même type d’incident, mais en pire ; sur fond corallien…

Cherchant un autre mouillage, avec cette fois toute l’attention requise, mais une mauvaise visibilité due au soleil de face, un banc de corail aiguisé comme un rasoir s’est subitement dévoilé des transparences relatives de l’eau juste à l’avant du bateau. Le temps de crier « stop – arrière »  à Sylvie, le sondeur n’indiquait déjà plus que 90 cm de profondeur.

La réaction instantanée a été payante. Les têtes de corail se sont éloignées sans aucun contact. Ouf !

 

Comprenant alors qu’Agur avait vraisemblablement des envies « terrestres », nous avons opté pour lui donner satisfaction.

2016 11 16 - Pêle-mêle

Plus sérieusement, cette sortie à sec était prévue de longue date.

Le nettoyage des coques effectué à flots environ une fois par mois n’étant plus suffisant, le moment est venu de rafraîchir les peintures sous-marines.

Ce travail n’a pas été fait depuis notre départ d’Hendaye en Juillet 2014.

2016 11 16 - Pêle-mêle
Carénage à Courts Clark Bay

Carénage à Courts Clark Bay

Une semaine intense début Novembre.

Disposant de l’eau à volonté, circonstance rare dans la région, c’est aussi un décrassage complet que nous avons entrepris pour refaire une beauté à notre complice !

Avec un lever à 5 heures 30 le matin pour profiter des premières lueurs du jour, marquant juste une courte pause le midi, et reprenant jusqu’à la nuit tombante vers 18 heures, nous avons produit une énergie de travail digne de solder à elle seule toute l’année 2016 !

 

Cap au Nord.

Compatissants et impuissants au fait que vous entrez doucement dans l’hiver, nous nous préparons à sortir de notre « cachette anti-cyclones », et à profiter bientôt de la « belle saison » dans les Antilles Françaises en partage avec la famille qui viendra nous rendre visite.

Agur pointe donc maintenant ses étraves vers le Nord, attendant (comme toujours) un  créneau de vent compatible avec ce projet.

Nous sommes à Carriacou, juste au nord de Grenade et convoitons pour les jours prochains de rejoindre directement la Martinique par une navigation d’un peu plus de 24 heures qui s’annonce au près serré dans le meilleur des cas, et à conjuguer avec le courant et le dévent des îles.

L’idée un peu pesante de cette grande navigation avec ses inévitables quarts de nuit est adoucie par la projection de retrouver dès l’arrivée une bonne partie de nos repères en matière alimentaire après six mois de contrainte récurrente : chicken, chicken, chicken…

Une salade de tomates, un steak-frites, une glace !

Le rêve !

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  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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Nous sommes partis de Hendaye le Lundi 14 Juillet 2014

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