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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 21:14

Nous sommes restés près d’un mois à musarder dans le tout petit archipel des Saintes… 

Le bourg - Terre de Haut

Le bourg - Terre de Haut

2016 05 03 - Tours et détours en Guadeloupe

De quoi faire rager tous ceux qui y débarquent pour la journée sur Terre de Haut, sillonnent à la hâte, en scooter de location les lieux les plus connus, avant de rembarquer dans la dernière navette à 17 heures.

 

Même s’ils repartent vraisemblablement contents d’avoir « fait les Saintes », confortés par leur appareil photo numérique repu de clichés dignes de cartes postales, ces gens ne peuvent, s’ils s’écoutent, échapper au sentiment d’avoir manqué quelque chose…

L’idéal, dit-on aux touristes, serait de passer au moins une nuit aux Saintes.

 

En effet, c’est après 17 heures, lorsque les scooters se sont tus, que les rues se sont vidées, n’y laissant que quelques locaux discutant avec les commerçants apaisés, que le bourg de Terre de Haut reprend sa respiration.

Les familles sont dehors profitant des lumières blondes des fins de journées ; quelques enfants, après l’école, jouent sur la plage.

 

Les petits matins, avant l’arrivée du premier ferry, ont cette même simplicité ; c’est l’évidence de la vie d’un village, que l’on perçoit bien ancrée depuis quelques dizaines d’années en arrière.

 

Quelques pêcheurs nettoient et proposent aux plus matinaux leurs dernières prises toutes fraîches, pendant que  les pélicans disputent aux frégates le menu fretin écarté de l’étal.

 

Des villageois s’interpellent de loin dans leur créole coloré, se saluent, engagent entre eux pour la mise en forme, une petite joute taquine.

Tout le monde semble se connaître, et cohabiter en harmonie ; en tous cas c’est ce qui apparaît.

 

Un tableau charmeur.

Avoir le temps de se glisser dans ces moments-là, c’est avoir une chance de faire connaissance avec cette grande famille.

Baie de Marigot - Terre de Haut

Baie de Marigot - Terre de Haut

A la lumière de notre vécu, je me risquerais bien à ce petit jeu de mots : fréquenter les Saintes, c’est quand même approcher d’assez près l’idée qu’on se ferait du Paradis !

 

Pourtant nous sommes arrivés aux Saintes le 23 Mars, sous un ciel plombé agrémenté de fortes averses. La grande baie de Terre de Haut, classée paraît-il la 3° plus belle baie du monde, nous est d’abord apparue bien terne. Un instant, nous nous sommes demandés si nous n’étions pas simplement blasés, ou si quelque chose nous aurait échappé ?

aux abris !

aux abris !

Tout le monde sait que sous la pluie, peu d’endroits sont charmants, et il se trouve en effet que la baie des Saintes ne s’exprime pleinement que sous la lumière des beaux jours. C’est alors que les couleurs claquent, que les reliefs se révèlent, que les bleus hypnotisent et que la magie opère.

Plage du fond du curé - Terre de Haut

Plage du fond du curé - Terre de Haut

le bourg - Terre de Bas

le bourg - Terre de Bas

Il a donc fallu supporter ces quelques jours capricieux, anormalement arrosés en pleine « saison sèche » et attendre que le ciel bleu se décide à reprendre ses droits.

 

Il fallait juste un peu de patience ; histoire que nous prenions pleinement conscience de notre privilège de disposer d’autant de temps que nous le souhaitons. Un luxe presque indécent…

 

 

Aux Saintes, nous savions que nous allions retrouver des copains-bateaux, rencontrés aux Canaries il y a un an.

Ce fut donc un plaisir de revoir Yves et Pati accompagnés de leur chien savant Looping, et de passer quelques après-midis ensemble. Retrouvailles animées, voire parfois hilares, sur l’un ou l’autre bateau, autour de quelques jeux, en attendant que les nuages à grains sortent du champ de vision.

Ils nous ont appris que Les Saintois n’ont parait-il pas connu une saison « de car’wèm’ » (carème) aussi arrosée depuis 1975. Une chance que ça tombe sur nous !

De là à nous faire une réputation de - « Agur, le cata de mauvaise Agur qui amène la pluie » - il n’y avait qu’un pas que nos amis ne se sont pas gênés de franchir !

 

Après la pluie, comme promis, le festival de couleurs a pu commencer ; les maisons aux toits rouges et aux façades multicolores se sont mises à nous caresser le regard, et pour le peu que l’on ait pris quelques mètres d’altitude, les esthétiques perspectives qui positionnent cette poignée d’îles nous déclenchaient des sourires admiratifs.

Voilà, nous étions conquis.

 

Les crayons et papiers à dessin sont sortis de leur boîte, et plusieurs heures durant, nous nous sommes surpris à communier avec les lieux.

La caméra vidéo a souvent été aussi de la partie, pour rassembler quelques minutes de ces moments et tenter de donner un aperçu de notre dure existence… (la vidéo est en fin d’article)

 

De petites plages confidentielles, intimistes, en promenades solitaires au hasard de sentiers qui ne semblent fréquentés que par les iguanes, nous nous sommes nourris de silence, de couleurs et de plaisirs simples comme, par exemple, reconnaître les fleurs et plantes autour de nous, ou encore collecter quelques graines décoratives...

Anse Figuier - Terre de haut

Anse Figuier - Terre de haut

Le point d’orgue de ce séjour aux Saintes a certainement été l’originalité d’un dimanche midi  sous les cocotiers avec nos amis qui nous ont fait rencontrer Yvon, pêcheur saintois toujours prêt à nous conter son île et ses astuces.

 

L’essence de cette journée réussie, pourrait se résumer à quelques pierres disposées sur le sable, un peu de bois sec, un feu qui crépite sous la grille accueillant la généreuse pêche d’Yvon, et la bonne humeur d’une poignée de marins heureux…

Ajoutez à cela une petite touche de féerie, par l’apparition timide d’un iguane farouche, la chorégraphie boitillante d’un agouti, l’histoire de famille d’une poule sur le sable et le ballet majestueux de frégates sur le bord de cette plage insolente d’exotisme et ça devient un souvenir majeur qu’il sera impossible de déloger…

Le Pain de Sucre - Terre de Haut

Le Pain de Sucre - Terre de Haut

Quelques jours plus tard, toujours à l’initiative d’Yvon le pêcheur, un petit tour en « saintoise » la barque typique locale, pour une sortie sur un ilet voisin, inhabité, pour le simple plaisir de découvrir des fonds sous-marins encore préservés. Cet épisode a poussé encore un peu plus loin notre appréciation de l’endroit.

 

Ces quelques semaines sur place, ont permis aussi de multiples ballades dans le bourg, à échanger quelques mots avec certains commerçants, à qui nos têtes commençaient à être familières ; nous avons d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises des profils de navigateurs au long cours, qui durant les années 80 ou 90, ont un jour posé leur sac marin sur la terre des Saintes.

Ils passaient, ils se sont arrêtés quelques semaines, quelques mois et finalement ils ont tellement prolongé leur séjour qu’ils y habitent maintenant, et y sont totalement intégrés.

 

Un signe ? Un appel du pied ?

Nous poser à terre, non, clairement nous n’y songeons pas.

2016 05 03 - Tours et détours en Guadeloupe

Mais reconnaissons que nous aurions certainement pu rester 3 mois aux Saintes sans nous en lasser, et qu’à peine partis, nous savons déjà que nous allons y revenir…

 

L’endroit est attachant, il pénètre doucement l’esprit, il invite sournoisement à rester y vivre chaque jour jusqu’au lendemain et ainsi de suite. Et c’est peut-être là le piège …

 

Voilà en tous cas un petit havre de paix où nous amènerons volontiers nos futurs visiteurs.

 

Cela valait bien un bouquet d’images ; les voici.

Un clic ci-dessus pour un voyage de 4 minutes avec nous !

(Cliquer sur « youtube » en bas du cadre de l’image puis passer en lecture plein écran)

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commentaires

guillaume 12/05/2016 14:29

A ben bravo
Et pendant ce temps là, de l'autre coté de l'océan les courageux (ou stupide on sais pas trop encore, seul l'histoire le dira) continue de bosser ;-) pour pouvoir se payer un bout de paradis et venir vous voir quelques jours! Quelle vie

Et sinon chez nous aussi c'est pas terrible le temps, on commence juste les beaux jours

Allez ciao au capitaine mon capitaine

lefebvre 04/05/2016 11:46

waouh ! sublime !
il me tarde de vous rendre visite, ça met l'eau à la bouche !!
je vous embrasse fort ! vous etes beaux !
olivia

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  • Michel
  • Je suis né dans un petit village du Nord de la France ; 1/2 siècle plus tard, je me réveillais tous les matins avec l'envie d'aller voir de l'autre côté de l'horizon...
J'ai rencontré Syl, et ensemble nous prenons le départ en 2014...
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entre l'aventure concrète d'un terrien qui appréhende la vie sur un bateau, ouvre les pages d'un grand voyage

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